L'atelier numérique

Deux heures d’émission entièrement dédiées à la transformation digitale des entreprises, et à l’impact du numérique sur nos façons de vivre et de travailler.

n°432 Emission du 07 Juillet 2012


Sommaire de l'émission

  1. 1 - Présentation, sommaire et e-news

    Les Nouveaux Ateliers: une cabine taille vos costumes sur mesure
    WeHostels, réserver sa chambre selon vos ""amis"" de réseaux sociaux
    Une valise-scooter électrique
    Le plantage de Mozilla et LinkedIn
    Cinepop: une start-up pour apporter le cinéma dans les pays émergents

    L'Atelier numérique du 7 juillet 2012 - Présentation et news

    François SOREL : Bonjour à tous. Bon week-end et bonnes vacances à vous toutes et à vous tous. Ça y est, pour certains, ça sent déjà les vacances. J’espère que vous en profitez bien. Mais vous êtes fidèles à l’Atelier Numérique et ça nous fait plaisir. Sachez que toute l’équipe est à mes côtés, nous sommes ravis de vous retrouver. L’Atelier Numérique, deux heures dédiées à l’actualité high-tech avec tout à l’heure le Blogonaute, le Cybergadget d’Antoine, notre Petit Détour au Camping. On évoquera aussi les professionnels de la santé à l’assaut du numérique avec nos invités et Mathilde. Notre Start-up de la Semaine, notre Webstratégie. On découvrira aussi une nouvelle manière d’aller au cinéma qui vient d’être lancée par, vous verrez, deux entrepreneurs qui seront avec nous tout à l’heure. Notre Dossier de l’Atelier depuis la Silicon Valley, on parlera Web TV avec Alice GILLET. Pierre FONTAINE, journaliste à la rédaction de 01net.com, me rejoidra. Et puis bien sûr, Silicon Carnet et Crash Test. Toute l’équipe de l’Atelier est là. Mathilde CRISTIANI, bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :Bonjour.

    François SOREL : Jean De CHAMBURE et Frédéric TARDY sont là aussi. Bonjour, messieurs.

    Jean De CHAMBURE :Bonjour.

    Frédéric TARDY :Bonjour à tous.

    François SOREL : Antoine SIRE est parmi nous aussi. Bonjour, cher Antoine.

    Antoine SIRE :Bonjour.

    François SOREL : Le Crash Test est presque prêt, on le retrouvera tout à l’heure en fin d’émission. De quoi allons-nous parler ?

    Antoine SIRE :Nous allons parler du boson de HIGGS.

    François SOREL : Mais bien sûr.

    Antoine SIRE :Oui, de Peter HIGGS même.

    François SOREL : Peter HIGGS ?

    Antoine SIRE :Peter HIGGS, l’homme qui a trouvé le boson.

    François SOREL : Le boson ?

    Antoine SIRE :Eh bien oui, ça a l’air de vous faire rire. Attendez, c’est la principale info de la semaine.

    François SOREL : Ah bon ?

    Antoine SIRE :La découverte du boson de Higgs bien sûr.

    Jean De CHAMBURE :C’est même l’information de l’année.

    Antoine SIRE :Mais du siècle.

    Jean De CHAMBURE :Peut-être même.

    Antoine SIRE :Le chaînon manquant de la physique théorique.

    Jean De CHAMBURE :On vient de commencer, mais...

    Antoine SIRE :Attendez...

    François SOREL : C’est du lourd.

    Antoine SIRE :Attendez, si la vie était faite normalement, tous les médias en boucle depuis le début de la semaine n’auraient fait que...

    François SOREL : Que du breaking news là-dessus.

    Antoine SIRE :D’expliquer, de consacrer la totalité de leurs émissions à expliquer ce qu’est le boson de Higgs et pourquoi c’est important parce que franchement, le reste, c’est vraiment de la nieu-nieu. C’est vrai.

    François SOREL : C’est vrai, les méduses en Méditerranée.

    Antoine SIRE :Les méduses en Méditerranée, ça ne va pas changer les 3 000 prochaines années.

    François SOREL : Oui, mais on ne sait jamais.

    Antoine SIRE :Oui, peut-être. La découverte du Boson de Higgs, c’est possible. Ce n’est pas sûr, mais c’est possible.

    François SOREL : D’accord. Écoutez, je pense que votre curiosité est à son maximum. Rendez-vous tout à l’heure pour le Crash Test. On va débuter cet Atelier bien sûr par l’actualité de la semaine vue par l’équipe de l’Atelier. Évidemment, on commence par Mathilde.

    Mathilde CRISTIANI :Moi malheureusement, ce dont je vais vous parler, ça ne va pas révolutionner les 3 000 prochaines années.

    François SOREL : Ah non, Mathilde. Alors, au revoir.

    Mathilde CRISTIANI :Mais peut-être votre rentrée parce que là François, ça vous concerne trop.

    François SOREL : Vous nous parlez de rentrée, alors qu’on n’est pas encore parti en vacances.

    Mathilde CRISTIANI :Oui, mais c’est intéressant. Je vais vous parler d’une rentrée que vous pouvez avoir moins cher. Si jamais vous voulez vous acheter des costumes sur mesure et pas cher, ça peut être intéressant quand même pour la rentrée.

    François SOREL : Oui, ça part bien, ça commence bien.

    Mathilde CRISTIANI :On commence à y penser, en plus de manière ludique. J’avais envie de vous parler d’une start-up qui s’appelle Les Nouvelles Ateliers, je ne sais pas si vous connaissez. En fait, ils vous proposent d’avoir des costumes sur mesure moins chers. Comment ? En vous faisant scanner le corps entier dans une sorte de cabine 3D. Vous rentrez donc en sous-vêtement, la machine prend toutes vos mesures au millimètre près et vous en sortez. On vous dit : « Vous voulez quel tissu ? Comment ? Quelle coupe ? ». Après, c’est envoyé. Trois semaines après, vous avez votre costume sur mesure avec le tissu que vous vouliez et c’est moins cher. C’est vrai que c’est rigolo.

    François SOREL : Il est confectionné comment ? Par des robots ou par des vraies personnes ?

    Mathilde CRISTIANI :C’est confectionné par des vraies personnes, pour que ça soit moins cher, qui ne sont pas en France. C’est le petit hic de la start-up.

    François SOREL : Comme souvent avec les textiles d’ailleurs.

    Mathilde CRISTIANI :Exactement. Mais par contre, c’est vrai que le principe est sympathique. On les avait en Webstratégie pour parler de tout ce qui est stratégie numérique, mais on n’a pas vraiment parlé de leur technologie et de leur processus. Je trouve que c’est vraiment original et sympathique. On va dans la boutique, on est accueilli. Après, on se dénude et on se fait scanner.

    François SOREL : Ça ne fait pas mal ?

    Mathilde CRISTIANI :Non, ça ne fait pas mal.

    François SOREL : D’accord.

    Mathilde CRISTIANI :C’est un peu déroutant quand même de rentrer...

    François SOREL : Oui, c’est sûr.

    Mathilde CRISTIANI :Dans cette petite cabine. Il y a des flashs comme en boîte de plein de couleurs.

    Antoine SIRE :Et vous dites : « I want to move it, move it ».

    François SOREL : Voilà, c’est ça, en caleçon en plus.

    Antoine SIRE :En caleçon bien sûr.

    François SOREL : C’est tellement plus sympa. Voilà donc, à la rentrée. Ça s’appelle comment, vous nous avez dit ?

    Mathilde CRISTIANI :Ça s’appelle Les Nouveaux Ateliers. Ça existe déjà depuis un moment.

    François SOREL : C’est vrai qu’il va peut-être falloir renouveler notre garde-robe pour la rentrée, c’est plutôt bien.

    Mathilde CRISTIANI :Refaire sa garde-robe et de manière originale. C’est très sympa.

    François SOREL : Frédéric.

    Frédéric TARDY :Moi, je vais vous parler d’une start-up qui va révolutionner vos vacances. Ça s’appelle WeHostels.

    François SOREL : Vous voyez, ça, c’est mieux. On ne parle pas de rentrée, on parle de vacances.

    Frédéric TARDY : Tout à fait. We, ça s’écrit W-E, « nous » en anglais. Qu’est-ce que permet cette start-up ? De savoir qui sera dans l’hôtel où vous allez aller, donc de réserver l’hôtel en fonction des gens qui sont présents puisque vous pouvez consulter les profils sur les réseaux sociaux des personnes qui seront dans l’hôtel et faire votre réservation en fonction. Ça va être une révolution dans une industrie qui est énorme puisque ce sont 2 200 000 000 $, un gros business. Ça a été fondé par un Colombien qui s’appelle Diego SAEZ-GIL. C’est pour faire des rencontres parce que le tourisme, ce ne sont pas uniquement des lieux, ce sont aussi des rencontres. Donc là, on pourra choisir son hôtel en fonction des gens qui y sont.

    François SOREL : Donc, je pourrais me retrouver dans le même hôtel qu’Antoine SIRE ou Jean De CHAMBURE si je veux.

    Frédéric TARDY :Tout à fait, voilà.

    François SOREL : Ce ne serait pas mal ça. Vous imaginez, on est ensemble toute l’année. En plus, on se retrouverait pour les vacances.

    Antoine SIRE :Oui, c’est une bonne idée.

    François SOREL : Ça vous fait plaisir, Antoine.

    Antoine SIRE :C’est une très bonne idée, François.

    François SOREL : Je vais taper à votre porte le matin à 7h

    Antoine SIRE :Je pense que je vais en parler à mon cheval

    François SOREL : Vous partez en vacances avec votre cheval

    Antoine SIRE :Vous le savez. En même temps si j’avais un cheval franchement, partir en vacances avec, ce ne serait pas absolument idiot. Ça dépend où.

    François SOREL : Si c’est pour aller en Corse, ce n’est pas facile.

    Antoine SIRE :Voilà, mais moi, je ne suis pas très loin de la Camargue.

    François SOREL : On en sait un petit peu plus alors. On peut vous retrouver dans ce coin-là cet été, Antoine ?

    Mathilde CRISTIANI :A cheval.

    Antoine SIRE :Oui, un peu plus vers la montagne quand même.

    François SOREL : Un peu plus vers la montagne.

    Antoine SIRE :Oui.

    François SOREL : Très bien. Jean.

    Jean De CHAMBURE :Vous savez, il y a une nouvelle de Kafka qui commence, très courte et très curieuse. En fait, c’est un garçon qui doit amener un poulet à quelqu’un dans une ville en Tchécoslovaquie. A mesure qu’il marche avec ce poulet, il va dans les airs, il marche extrêmement vite. Là, c’est une société américaine.

    François SOREL : Il ne vide pas le pot de lait en même temps ?

    Jean De CHAMBURE :Non, il vole et puis il... Pourquoi je vous parle de ça ? Parce que là, on est en train de...

    François SOREL : C’est un peu bizarre votre histoire.

    Antoine SIRE :Je ne connaissais pas cette nouvelle de Kafka, cela dit. Merci, Jean.

    François SOREL : Merci.

    Jean De CHAMBURE :Vous allez voir pourquoi.

    François SOREL : C’est du petit-lait, on va dire.

    Jean De CHAMBURE :Oui. Là, c’est une façon d’enchanter le scooter parce qu’il y a la valise. Souvent quand on est assis sur une valise, on rêve que cette valise vous transporte. Eh bien là, c’est une valise qui vous transporte. Accessoirement, ça s’appelle un scooter. Mais en fait, c’est vraiment une valise qui vous transporte.

    François SOREL : Écoutez, Jean, je voulais juste dire, vous avez remarqué comment, avec quel art, il nous apporte cette information ? Il pourrait très bien nous dire : « Voilà, écoutez, j’ai trouvé un truc, c’est une espèce de scooter-valise ». Non, ça va beaucoup plus loin que ça. Rien que pour ça, vous (06:44).

    Jean De CHAMBURE :Écoutez, la page 13 de Direct Matin, une valise sur roues. C’est grâce à Direct Matin que j’ai eu cette news et je trouve que c’est épatant. La société est américaine, elle s’appelle Box Corp., elle est située à Portland. L’idée en fait, c’est très simple. C’est que quand vous avez un scooter généralement, vous pouvez mettre assez peu de choses à l’intérieur. Grâce à cette valise qui n’est pas d’un esthétisme, elle ressemble plutôt à une pile géante, mais peu importe...

    Frédéric TARDY :A une quoi géante, vous avez dit ?

    Jean De CHAMBURE :A une pile géante (07:07).

    François SOREL : A une batterie de téléphone portable, c’était ça ?

    Antoine SIRE :Exactement.

    François SOREL : J’ai l’impression que ce sont déjà les vacances un peu quand même.

    Antoine SIRE :Juste un truc, par contre, ce scooter, vous ne pouvez pas le mettre dans la soute à bagages...

    Jean De CHAMBURE :C’est peut-être l’étape ultime.

    Antoine SIRE :Parce que c’est un scooter-valise, mais ce n’est pas une valise-scooter.

    Jean De CHAMBURE :Oui. Ça fait quand même... ça peut aller à 56 km/h – j’essaie de vous trouver des quand même une information plus sérieuse – et à vide 55 kg. Vous voyez, ça peut aller dans une soute à bagages, mais ça ne peut pas aller effectivement en haut de la soute à bagages ou l’avion. Ça risque de causer problème.

    François SOREL : Et puis, ça va vous coûter quand même un surplus sur la taxe bagages parce que c’est 55 kg.

    Jean De CHAMBURE :Mais là, c’est à garder à proximité. Franchement, c’est un objet essentiel à garder à proximité.

    François SOREL : Oui, ce n’est pas mal. Ça se recharge bien sûr ? Il n’y a pas d’essence là-dedans ?

    Jean De CHAMBURE :C’est électrique.

    François SOREL : C’est électrique. Merci, mon cher Jean. Attention, il est temps de retrouver Antoine SIRE maintenant. Mon cher Antoine.

    Antoine SIRE :Il y a des choses... si vous voulez, ce qui est extraordinaire, c’est la cohabitation de phénomènes complètement différents. Par exemple tout à l’heure, je vous parlais du boson de Higgs où là vraiment, on fait des découvertes sciences fondamentales qui vont avoir un rôle dans l’avenir. Et puis de temps en temps, il y a des gars qui sont assez savants et qui se font avoir pour des trucs tout bêtes, mais tout bêtes en tout cas. Souvenez-vous de l’an 2000, on nous avait bassiné avec le bug de l’an 2000. Le truc, c’était le truc où ça devait déclencher... les avions devaient tomber, les ascenseurs devaient se décrocher...

    François SOREL : La Tour Eiffel devait se démonter.

    Antoine SIRE :La Tour Eiffel devait se démonter, Claire CHAZAL devait arrêter de faire son journal.

    François SOREL : Entre les trucs incroyables.

    Antoine SIRE :Les trucs les plus catastrophiques nous étaient prédits.

    François SOREL : Nous, on ne risquait rien parce que l’émission n’existait pas encore.

    Antoine SIRE :Exactement.

    François SOREL : C’est pour ça qu’on a attendu le bug pour créer l’Atelier Numérique.

    Antoine SIRE :Exactement. Passé le bug, on s’est dit...

    François SOREL : Voilà, on s’est dit qu’on est tranquille.

    Antoine SIRE :En revanche comme vous le savez, il y a eu la semaine dernière une seconde ajoutée au temps universel. Là, tout le monde a trouvé ça rigolo en disant : tu as vu, je...

    François SOREL : « Moi, j’ai mieux dormis. J’ai dormi une seconde de plus, c’était bien ».

    Antoine SIRE :Tout le monde a dit « je recule ma montre d’une seconde », des petites blagues comme ça, des trucs. Eh bien, tu parles, la petite blague, Mozilla et LinkedIn dimanche matin, ils étaient en rade à cause de la seconde.

    François SOREL : Ce n’est pas vrai.

    Antoine SIRE :Mais si. En fait, c’était tout ça, il était prévu, si vous voulez, que toutes les horloges s’ajustent, que tout ça se fasse automatiquement. Mais en fait, il y a plusieurs sites sur lesquels ça n’a pas marché. Notamment, Foursquare, Yelp, LinkedIn, Mozilla ont tous subi le même plantage pendant plusieurs heures. Donc, il a fallu là pour le coup bidouiller à la main. Ils s’en sont tous sortis, ça ne leur a pas pris... le bug de l’an 2000 finalement. Ce qui est drôle, c’est que finalement, ça n’a pas été un bug catastrophique non plus.

    François SOREL : Mais mine de rien, une seconde, c’est une seconde.

    Antoine SIRE :Mais mine de rien, la seconde les a quand même mis en rade pendant quelques heures. C’est probablement la seconde la plus chère de leur histoire quand même.

    François SOREL : Est-ce que vous avez senti le décalage ou pas physiologique ?

    Jean De CHAMBURE : Le jet lag.

    Antoine SIRE :Moi, je suis dans un autre monde depuis...

    François SOREL : C’est vrai.

    Antoine SIRE :Si vous voulez, à chaque fois qu’on ajoute une seconde au temps universel, je suis dans un autre monde.

    Jean De CHAMBURE :A la recherche de la seconde perdue.

    François SOREL : Très bien. Frédéric.

    Frédéric TARDY :Une petite news. C’est vrai qu’à l’Atelier, on est partenaire d’Endeavor qui est une ONG américaine qui aide les start-ups des pays émergents à leur apporter la Silicon Valley et pour les aider. Ils ont aidé récemment une start-up qui s’appelle Cinepop et qui a été fondée Arielle MILERIS. Qu’est-ce que fait cette start-up ? En fait, ils sont partis du constat que 90 % par exemple de la population mexicaine n’a pas accès au cinéma. Ils se sont dit : « Comment on fait pour que les pays émergents, les habitants aient accès au cinéma ? ». Donc, ils ont créé des séances de cinéma, des séances en plein air, pour à peu près 2 000 spectateurs. Ils autofinancent les séances cinéma par des grandes sociétés, des sociétés de la Valley comme Pixar par exemple qui aident et d’autres marques. Ils ont permis à 4 000 000 de personnes de voir une séance de cinéma l’année dernière. Leur objectif, c’est que ce soit 20 % de la population mexicaine, donc 23 000 000 en 2015. Donc, un énorme programme. Ils veulent le faire pour toute l’Amérique du Sud, une vraie révolution pour accéder facilement au cinéma.

    François SOREL : Très bien. Merci, Frédéric. Maintenant sur BFM Business dans cet Atelier Numérique, il est temps de retrouver nos Ouvertures comme chaque semaine, une Ouverture présentée par Lila MEGHRAOUA.

  2. 2 - Les Ouvertures de L'Atelier

    Patric Jean, réalisateur-producteur et Yohanna Dufourg, directrice de production sur le projet Lazarus Mirages

    Les Ouvertures de L’Atelier du 7 juillet 2012

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    Lila MEGHRAOUA : François, je suis en compagnie de Patrick JEAN qui est réalisateur-producteur sur le projet LAZARUS MIRAGES et Yohanna DUFOURG qui est Directrice de Production. Patrick et Yohanna, bonjour.

    Patrick JEAN : Bonjour.

    Yohanna DUFOURG : Bonjour.

    Lila MEGHRAOUA : J’avais une première question. Est-ce que vous pourriez nous expliquer en quelques mots le projet LAZARUS ?

    Patrick JEAN : Alors l’expérience LAZARUS MIRAGES est une expérience Transmedia qui traite de la raison de la pensée septique du doute, comment faire passer nos croyances, qu’elles soient superstitieuses ou croyances sociales par le fil de la raison. Et c’est une expérience Transmedia puisque tout le projet s’écrit à travers différentes plateformes qui sont la télévision, le Web, le jeu, la presse en ligne, le blog, les réseaux sociaux, voire même un tout petit peu ce qu’on appelle le monde réel.

    Lila MEGHRAOUA : Je sais que vous produisez aussi des documentaires. Pourquoi préférer le Transmedia aux documentaires sur ce projet-là ?

    Patrick JEAN : Je pense que l’expérience Transmedia permet de dire des choses différemment mais surtout de dire des choses différentes. Elle ne place pas le spectateur justement en position de spectateur, c'est-à-dire quelqu’un qui est face à quelque chose qu’il regarde. L’expérience Transmedia tente de mettre l’utilisateur – on ne parle plus de spectateur, parce qu’il ne se contente plus de regarder –… l’expérience Transmedia tente de le mettre à l’intérieur d’un univers. Ça veut dire qu’on essaie de le cerner de toute part avec des éléments de l’expérience qui sont connectés entre eux. Donc il peut être sur Facebook voir un élément, ça va le renvoyer peut-être vers un jeu ou vers la télévision ou vers quelque chose qui se passe dans le monde réel. Et dans les expériences Transmedia, on peut même imaginer vers une exposition, vers une bande dessinée, vers plein d’autres choses. Donc c’est ça, cette idée, c’est de créer une histoire mais qui est racontée non plus à travers un fil linéaire, donc qui va d’une première image à une dernière image, ou d’une première page à une dernière page, mais à travers quelque chose qui est de l’ordre d’un processus qui se passe dans le temps sur des mois et avec lequel on peut interagir.

    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que c’est un projet qui se veut « forum », donc participatif ou est-ce que c’est vitrine d’un projet ?

    Yohanna DUFOURG : Non, c’est très participatif. C’est d’ailleurs l’essence même de ce principe Transmedia, c’est que le spectateur, l’internaute est vraiment partie prenante du projet. C'est-à-dire qu’il va nous proposer du contenu, il va réseauter, il va s’exprimer sur Twitter, sur Facebook. Voilà, il va vraiment interagir et permettre aussi à la communauté de s’agrandir.

    Lila MEGHRAOUA : LAZARUS avance masqué. Je me posais la question, est-ce que c’est un choix dramaturgique finalement de faire un Web documentaire sur le doute, avec un personnage qui en soi peut paraître douteux ?

    Patrick JEAN : Ce n’est pas un Web documentaire. C’est une expérience Transmedia, ce qui est très différent. Et d’autre part, il est masqué parce que la personne qui s’exprime ne désirait pas s’exprimer publiquement. Et à partir de là, on s’est dit que c’était intéressant d’utiliser cette contrainte et d’en faire quelque chose de visible justement, et qui consiste à dire aux gens : « Doutez ! ». Et dans ce que dit LAZARUS en permanence, c’est : « Je ne détiens pas la vérité, vous n’êtes pas obligé de croire ce que je vous dis. Et non seulement vous n’êtes pas obligé de me croire mais en plus je vous invite à douter. Si vous doutez de moi, mon pari est gagné ».

    Lila MEGHRAOUA : Le Web, est-ce que pour vous, c’est un espace de liberté ou pas ?

    Patrick JEAN : Moi, je pense que le Web est un média qui est neutre. Il n’est ni bon ni mauvais, ni ceci ni cela, il est tout à la fois, d’une manière plus complexe comme le téléphone. Le téléphone n’est ni bon ni mauvais. En revanche, je pense que les cultures numériques – j’en suis absolument convaincu – nous font changer de civilisation. On ne sera plus dans la même civilisation. Ça c’est sûr. On passe d’une civilisation linéaire à une civilisation non linéaire. Et ça, c’est un changement complet dont on a beaucoup de peine à imaginer même le début des prémices de ce que ça sera parce qu’on est structuré intellectuellement dans un ancien monde qui va disparaître bientôt. Donc on peut s’y intéresser, on peut y réfléchir, mais pour nous qui sommes nés au XXème siècle, c’est très très difficile d’imaginer ce qui va arriver. En tout cas, c’est très enthousiasmant. C’est sûr.

    Lila MEGHRAOUA : Je rappelle, on peut retrouver donc cette expérience Transmedia sur le Web à l’adresse : www.lazarus-mirages.net.

    François SOREL : Lila merci. On revient dans un instant, la suite de l’atelier : Blogonaute, CyberGadget d’Antoine et plein d’autres bonnes choses. Vous restez là, à tout de suite.

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  3. 3 - Le dico facétieux du Net

    Anne Delauney sur "Cours de sémantique et d'étymologie: la communauté" sur le blog MyCommunityManager

    Blogonaute du 7 juillet 2012

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    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Avant de retrouver le CyberGadget d’Antoine SIRE, dans quelques instants, comme chaque semaine, place à notre Blogonaute. Toute l’équipe de l’Atelier qui vous le savez, chaque week-end, eh bien essaie d’aller un petit peu plus loin par rapport à un article d’un blogueur qu’on a pu lire. Et on interviewe ce blogueur justement pour aller plus loin.

    Mathilde CRISTIANI : Oui tout à fait. Alors cette semaine, c’est très sérieux. On va faire un cours de sémantique et d’étymologie sur le mot…

    François SOREL : Alors attention ! Donc là il faut être bien bien réveillé.

    Mathilde CRISTIANI : S’il vous plaît, soyez concentré sur la communauté. Alors en fait c’est un post très intéressant publié sur « My Community Manager » par Anne DELAUNEY, qui est consultante en référencement social chez Première Position, et qui en fait s’est intéressée sur la signification première de « Communauté » et ben comment elle était perçue aujourd’hui quand on dit toutes les communautés sur les réseaux sociaux etc., réseaux sociaux à l’origine n’étant aussi pas affectés à Internet. Bonjour Anne.

    Anne DELAUNEY : Oui. Bonjour Mathilde.

    François SOREL : Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI : Alors est-ce que déjà vous pourriez revenir un petit peu sur l’étymologie du mot « communauté » pour nous expliquer un petit peu ses racines ?

    Anne DELAUNEY : Alors communauté, in fine cela vient de « cum ». Donc on va revenir aux bases, donc le latin. Cum qui veut dire avec, et munus donc les choses. Donc tout ce que les choses ont en commun et tout ce que les gens ont en fait en commun, et donc qui désignent une communauté. Et la communauté va bien au-delà de toutes les choses que les personnes ont en commun. Ça peut toucher donc sur un plan légal tout ce qui est la communauté universelle comme j’ai dû le rappeler sur mon article, la communauté de biens etc., donc c’est vrai que c’est assez vaste, ce qui inclut…

    Mathilde CRISTIANI : Il y avait énormément de sens différents.

    Anne DELAUNEY : Exactement, puis surtout c’est qu’en plus quand on désigne une communauté, en général sur les réseaux sociaux, on a tendance surtout à penser « Bon OK, Community Manager, je gère une communauté ». Mais les communautés il faut savoir qu’elles préexistent en fait à l’apparition du Community Manager et c’est son rôle en fait de l’agréger.

    Mathilde CRISTIANI : Pourquoi vous êtes intéressée d’ailleurs à l’origine du mot ?

    Anne DELAUNEY : A l’origine du mot, c’était pour un petit peu aller plus loin que justement les simples études de cas, les analyses au niveau des outils du Community Manager, et je voulais vraiment revenir aux bases pour faire un article un petit peu atypique et de se dire qu’in fine tout est lié, et tous les sens (02:19), c’est cohérent c’est que tout est imbriqué. C'est-à-dire qu’il ne faut pas se limiter aux réseaux sociaux uniquement mais s’intéresser aux sens des mots, et donc après, je dirais, aller servir après cette communauté au mieux qu’on peut.

    Mathilde CRISTIANI : Et en utilisant justement le mot communauté et réseaux sociaux vraiment communément tous les jours, on en oublie donc presque les autres sens, ça appauvrit un petit peu les différents sens qu’un mot peut avoir, enfin cette généralisation comme ça de certains idiomes ?

    Anne DELAUNEY : Justement oui. Effectivement, le fait d’utiliser un mot dans une seule exception, dans un seul sens, galvaude un petit peu, enfin occulte quelque part les autres exceptions et donc à partir de là, on a par exemple dans d’autres justement communautés, un sens beaucoup plus – je dirais – ethnique, culturel qu’on oublie souvent de mentionner.

    Mathilde CRISTIANI : Et donc aujourd’hui, effectivement le mot communauté a vraiment un sens évolué. Puisque maintenant quand on dit communauté sur les réseaux sociaux, c’est ça, on pense juste à un groupe d’internautes qui partagent un centre d’intérêt commun.

    Anne DELAUNEY : Exactement. Mais sur facebook notamment alors qu’en définitive, je dirais, il y a d’autres communautés qui se regroupent. Par exemple, je vois au niveau même ne serait-ce que des partis politiques, on l’a vu ces derniers temps, je dirais que c’est vraiment quelque chose d’ultra vaste et qui ne se limite au contraire pas du tout aux outils comme certains pourraient le penser.

    Mathilde CRISTIANI : Vous dites quelque chose de très intéressant dans votre article. Vous dites que justement les professionnelles doivent utiliser des mots qui seront compris par tout le monde. Qui finalement va lancer ces mots très populaires ? Ça va être les internautes ou ça va être les pros ?

    Anne DELAUNEY : En fait, en général et donc ce que je disais en (03:48) à mon article et en référencement naturel, c’est important de savoir étudier la demande en ligne. L’annonceur doit fatalement aussi se mettre au service et donc être accessible par les internautes. Donc à partir de là, si on utilise un mot ultra technique et qui in fine… par exemple, j’emploie le mot « fusée » et le mot « lanceur », je dirais, le professionnel va utiliser le mot « lanceur » et les utilisateurs vont utiliser le mot...

    Mathilde CRISTIANI : Et il y aurait une inadéquation. Merci beaucoup Anne DELAUNEY. Je rappelle vous êtes consultante en référencement social chez Première Position et vous bloguez sur My Community Manager. Si vous voulez lire le blog, c’est « Cours de sémantique et d’étymologie : la communauté ».

    François SOREL : Mathilde, merci pour ce Blogonaute et après le Blogonaute donc la Gadgeto ...

  4. 4- Cybergadget

    Les lunettes Google

    Cybergadget du 7 juillet 2012

    François SOREL : ... Gadgeto d’Antoine SIRE. Antoine, parlez-nous un petit peu de ces lunettes particulières que Google s’apprête à lancer.

    Antoine SIRE : D’abord, il faut quand même savoir que les gens qui font des gadgets, en gros ils font deux choses. Ils font des lunettes et des robots.

    François SOREL : Oui. Et pourquoi, c’est bizarre quand même. C’est un peu le fantasme des scientifiques et des chercheurs, j’ai l’impression.

    Antoine SIRE : Là, aujourd’hui ce n’est pas dans la catégorie robot. C’est dans la catégorie lunettes.

    François SOREL : Lunettes.

    Antoine SIRE : Alors ces lunettes, elles sont annoncées par Google, voilà, mercredi dernier. Quand Google il arrive, il ne fait pas les trucs à moitié. Il dit : « Ce sont les lunettes du futur », et elles sont à réalité augmentée. Évidemment, parce que Google, c’est Monsieur PLUS, ce n’est pas Monsieur MOINS.

    François SOREL : Oui, ils ne vont pas sortir une paire de lunettes...

    Antoine SIRE : Donc elles allient des technologies de reconnaissance vocale et gestuelle, elles ont une caméra intégrée, un micro et disposent d’un système de connexion WiFi.

    François SOREL : Et bien dites moi !!

    Antoine SIRE : Le pauvre gars qui faisait des lunettes avant avec des verres et une monture, franchement là.

    François SOREL : Vous êtes quoi ? Stigmate ? Non, je suis WiFi, caméra et GPS s’il vous plaît.

    Antoine SIRE : Évidemment, les verres ont des écrans intégrés affichant toutes sortes d’informations. Elles permettent de savoir par exemple, sans sortir, quel temps il fait dehors, quel chemin emprunter pour aller d’un point A à un point B, voir ses mails d’un clignement d’œil, et il y a une vidéo de démonstration...

    François SOREL : Ensuite si on cligne sans le vouloir, on voit ses mails alors. C’est embêtant. Vous imaginez !

    Antoine SIRE : Il y a une vidéo de démonstration qui est très impressionnante. Imaginez, vous mangez votre petit déj, un sms s’affiche sur vos écrans de lunettes, vous pouvez y répondre directement vocalement grâce au système de reconnaissance vocale. Vous sortez de chez vous pour prendre le métro, une fenêtre s’affiche et vous dit que votre ligne est suspendue, pas de panique, les lunettes vous indiquent calmement et directement un autre chemin. Et là sur le chemin, vous tombez par exemple sur – je ne sais pas – une jolie fresque et vous pouvez la photographier de vos lunettes et la partager sur vos réseaux sociaux. Alors évidemment le danger c’est peut-être un tout petit peu stressant cette quantité d’informations, parce que moi - si vous voulez - quand je vois une fresque, il faut que je digère. Mais la non ! Paf tout de suite, photo.

    François SOREL : Photo, publication, etc.

    Antoine SIRE : Et donc vous n’aurez plus beaucoup le temps de réfléchir. Ce qui, évidemment, est au fond un moyen de lutter contre cette formidable élévation du niveau de l’intelligence collective qu’on remarque en ce moment partout. Et donc pour éviter quand même de trop réfléchir et pour éviter que cette intelligence qui désormais nous anime n’aille trop loin, il est évidemment très important d’avoir des appareils....

    François SOREL : D’avoir des appareils qui justement nous permettent de ne pas trop réfléchir.

    Antoine SIRE : Voilà.

    François SOREL : Ça va être sympa. Imaginez quand même la scène au petit déj le matin. Tout le monde a ses lunettes, plus personne ne se parle, toutes les informations arrivent devant nos yeux et nos cerveaux. Ça va être un régal. Comment on va faire notre émission radio avec ces lunettes Google ?

    Antoine SIRE : Écoutez, il nous reste un an parce qu’elles vont être en vente en 2014 et le prix qui est prévu c’est 1 500 $. Donc c’est très cher mais en se cotisant, si on veut absolument en avoir, on peut y arriver.

    François SOREL : Et la SECU les remboursera ou pas ?

    Fred TARDY : Alors on les a essayées au (03:15). Je ne les ai pas essayées parce que moi j’étais à Paris ce jour-là, mais mes équipes les ont essayées au (03:21) et on devrait en avoir de Google bientôt, donc en fin d’année je pourrais vous apporter pour Noël.

    François SOREL : Attendez, Fred, il va falloir absolument que vous nous fassiez un test complet de ces lunettes. Certains ont dit que c’était un peu décevant.

    Fred TARDY : Ils ont bien aimé, les équipes ont vraiment adoré.

    Antoine SIRE : Vous comprenez pourquoi Fred se réfugie à San Francisco ?

    François SOREL : Oui.

    Antoine SIRE : Parce que s’il venait tous les 15 jours avec tout ce qu’il a là bas, il pourrait nous amener ...

    Fred TARDY :On deviendrait exigeant.

    François SOREL : Bien sûr. On n’arrêterait pas de le questionner.

    Antoine SIRE : Fred, viens cette semaine. Mais au fait, vous n’avez pas quelque chose pour moi, une petite paire de lunettes, un petit robot, une petite grille pain WiFi.

    François SOREL : Il faut lui courir après dans la rue.

    Fred TARDY : Un petit scooter volant.

    François SOREL : Un petit truc comme ça. Et puis lui, il dit : « Mais ça suffit maintenant, laissez-moi tranquille ». Enfin bref, on revient dans un instant sur BFM Business, la suite de l’atelier. Ce sera un Petit Détour au Camping. Et puis notre Enquête de l’Atelier, on va évoquer santé et numérique dans un instant. A tout de suite.

  5. 5 - Un tour au camping

    Sketchfab

    Le Tour au Camping du 7 juillet 2012

    François SOREL :L’atelier Numérique sur BFM Business, notre Enquête de l’Atelier c’est dans un instant. Le téléphone peut-il faire acheter ou fidéliser un client ? On va poser cette question à nos invités dans une minute, mais auparavant et comme chaque semaine dans cet Atelier, il est temps de faire un petit Détour au Camping et c’est avec Mathilde CRISTIANI.

    Mathilde CRISTIANI :Comme je l’avais dit la semaine dernière, la deuxième saison du camping s’est terminée. Quelle conclusion on peut tirer de cette deuxième saison ? Qu’est-ce qui était bien dans l’accélérateur ? Qu’est-ce qui l’était un peu moins ? Ben on va en parler avec Cyrille VINCEY (00:34) de Q&B. Bonjour Cyrille. Ton retour global sur cette expérience, est-ce que Q&B existait déjà et bien quand vous êtes entré au Camping et comment est-ce que vous vous en sortez ?

    Cyrille VINCEY :Q&B quand on est rentré au Camping, c’était un projet porté par deux gars, Jean-Baptiste et moi. Ça faisait 18 mois qu’on planchait sur un projet qui était un petit peu un Everest pour nous et tout ça. On était un peu abîmé par cette période de R&D qui a été assez dure, et le camping en fait, six mois plus tard on en sort, on n’est plus un projet, on est une équipe, on est une boîte. On est sept maintenant, on a levé 500 000 euros. On a sorti notre produit et donc on est vraiment une société qui existe.

    Mathilde CRISTIANI :Tu dirais que ça vous a permis quoi, de vous recentrer ou de vous ouvrir à l’extérieur au contraire ?

    Cyrille VINCEY :Alors, il y a eu plusieurs choses. Déjà en fait, ça nous a permis de sortir un peu de notre vase clos et d’être confronté avec le principal truc dont on avait besoin, ce n’était pas forcément l’idée que notre site soit confronté, mais qu’en revanche la méthode qu’on avait utilisée soit confrontée. C’est-à-dire qu’en fait, on s’assure de semaine en semaine, en se prenant la machine à baffe, que l’on avançait dans le bon sens, qu’on était vraiment challengé sur nos objectifs à court terme et tout ça, ça nous a permis aussi de combattre certains dogmes en fait qu’on s’était fixé sur la façon d’avancer, le fait de vouloir sortir au bout d’un an avec un très beau produit, et tout ça. C’était une très mauvaise idée qu’on avait au départ, et en fait, Patrick, notre entrepreneur (01:44) a vraiment fait attention à ce qu’on essaie de se fixer des objectifs un peu plus à court terme et tout ça. Et donc en fait, ils nous ont beaucoup aidés sur la méthode, c’était vraiment le premier point. Ils nous ont vachement aidés aussi, tout simplement à marketer notre idée et à savoir la vendre, que ce soit à un investisseur, que ce soit à un client, un (01:56) potentiel et tout ça. Et donc en fait, en effet, ils nous ont permis d’aller voir un petit peu le monde extérieur, de voir comment ça se passait dehors.

    Mathilde CRISTIANI :Tu as parlé de la machine à baffe. Par rapport à ton parcours professionnel avant, est-ce que ça c’est… enfin, j’imagine que ce n’était pas vraiment coutumier d’être remis en question en permanence. Ça doit être un peu dur au départ question orgueil et question peut-être confiance en soi aussi.

    Cyrille VINCEY :Très juste. Moi, j’avais un parcours de consultant, j’avais déjà monté une boîte, je pensais… J’étais très présomptueux sur ce que je savais faire. En fait, clairement, le camping c’est d’une certaine façon un retour à l’école, et il faut en effet accepter d’une certaine façon de s’asseoir un peu sur son ego pour le faire. On se retrouve en effet avec un système de promo avec des gens qui sont là pour vous aider mais de façon très ritualisée à travers des réunions hebdomadaires, des choses comme ça. Et donc, en effet, il faut se prêter au jeu des rencontres périodiques comme ça, d’un suivi d’avancement avec un type qui ne fait pas directement partie du projet, mais qui va te servir de miroir sur ton projet et tout ça. Je pense que c’était absolument nécessaire dans notre cas en effet d’accepter justement de, un, s’asseoir sur notre ego en admettant qu’on ne savait pas tout faire nous-mêmes et qu’on avait besoin de s’inspirer un petit peu de gens extérieurs et tout ça, et deux, accepter aussi en effet ces objectifs très court terme et de façon un peu scolaire, et pour nous ça a été vraiment une accélération…

    Mathilde CRISTIANI :Et le retour à l’école, la vie en communauté, ce n’est pas un peu pesant parfois ?

    Cyrille VINCEY :Pour moi qui ai 39 ans, qui suis marié, qui a un enfant et tout ça, me retrouver en effet au milieu d’une bande où je pense que la moyenne d’âge doit être à 23-24 ans, je pense que ça a été pour moi une expérience un peu plus marquante je pense que pour les autres. En fait, le retour à l’école c’est quelque chose de très agréable et j’espère être capable comme ça assez souvent de m’offrir des bouffées d’oxygène aussi rafraîchissantes qu’une expérience comme le camping.

    Mathilde CRISTIANI :Mais tu vas un peu continuer non ? Parce que si j’ai bien compris, vous allez ouvrir un autre after à côté des locaux de l’after qui a été en fait lancé l’année dernière par plusieurs de la promo 1 du camping.

    Cyrille VINCEY : Ce dont on s’est rendu compte, c’est que ça nous avait été tellement profitable, je pense qu’on n’aurait jamais survécu, on n’aurait jamais lancé notre truc si on n’avait pas eu le camping. Donc on a voulu prolonger cet esprit camping après en être sorti. Et donc, on a en effet essayé de tout simplement d’embarquer un petit peu toute la promo avec nous. On a en effet l’opportunité de récupérer un très grand plateau, donc de répliquer ce que la première saison avait fait, grossir les troupes en prenant un plateau à côté, et on crée d’une certaine façon aujourd’hui sans doute la plus grosse concentration de Start-Uppers à Paris, et on est en train de créer en plus quelque chose d’assez unique, c’est le fait qu’à l’issue d’un accélérateur, finalement toutes les promos, je pense, d’une certaine façon par tradition vont se retrouver à se concentrer progressivement sur cette espèce de lien un peu magique qu’on espère créer, où on espère voilà continuer à faire un peu de buzz, faire venir des mentors et tout ça.

    Mathilde CRISTIANI :Eh bien on ira y jeter un œil quand vous l’inaugurerez. Merci Cyrille VINCEY.

  6. 6 - L'enquête de l'Atelier

    Les professionnels de la santé à l'assaut du numérique. Avec Nicolas Postel-Vinay, Hôpital Européen Georges-Pompidou Paris, Directeur du site automesure.com et Jacques Marceau, cofondateur du Collectif Santé Numérique

    L'enquête de L'Atelier du 7 juillet

    François SOREL : Après Claire, place à Mathilde maintenant pour notre Enquête de l’Atelier. On va parler des professionnels de la santé et du numérique, Mathilde.

    Mathilde CRISTIANI :Voilà, tout à fait. Pendant longtemps, on a dit qu’on avait du mal... quand on compare avec les États-Unis, on se dit qu’ils sont quand même plus rapides, plus avancés. On a fait un Thema sur le Quantified Self, sur l’auto-mesure, il y a quelques semaines à l’Atelier. On voyait qu’aux États-Unis, c’est apparemment plus ou moins fréquent de pouvoir envoyer des données par exemple sur l’otite de son enfant à son médecin directement. Ce n’est pas du tout encore banalisé en France, mais ça ne veut pas dire du tout qu’on n’est pas en train d’avancer. Il y a plusieurs initiatives qui le montrent et on va en parler aujourd’hui. On va en parler avec Nicolas POSTEL-VINAY, qui est docteur à l’Hôpital Européen Georges-Pompidou Paris et qui est aussi le directeur du site automesure.com. Bonjour, Nicolas.

    Nicolas POSTEL-VINAY :Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :Et Jacques MARCEAU, qui est le cofondateur du Collectif Santé Numérique – quand je vous dis que ça avance – qui a été lancé il y a une dizaine de jours. Bonjour, Jacques.

    Jacques MARCEAU : Bonsoir.

    Mathilde CRISTIANI :Vous lancez justement ce collectif avec une sorte de figure de proue que vous appelez le parcours de santé numérique. C’est pour un peu accélérer, on va dire, l’adoption par les professionnels des technologies numériques. C’est quoi un parcours de santé numérique et pourquoi est-ce que vous avez adopté ce nom ?

    Jacques MARCEAU : Déjà, si vous permettez, je rectifie un tout petit peu parce que c’est plutôt le parcours de soins intelligent. Pourquoi le parcours de soins intelligent ? Parce que les technologies numériques, c’est-à-dire tout le monde du numérique et des réseaux, permettent non pas de faire des choses plus intelligentes qu’avant, mais de les organiser de façon intelligente. On parle de la ville intelligente, de la smart city. On parle maintenant des smart grids, des réseaux intelligents. On se dit qu’il est intéressant de pouvoir exploiter ce concept sur des questions de santé, notamment...

    Mathilde CRISTIANI :Tout à fait, oui.

    Jacques MARCEAU : Pour le parcours de soins à l’hôpital et en dehors de l’hôpital, d’où le parcours de soins intelligent grâce au numérique.

    Mathilde CRISTIANI :Pourquoi vous avez décidé de lancer ce collectif ? C’est parce que vous vous disiez que ça n’avance pas assez vite en France ou il y a des gros freins, l’égo culturel, je ne sais pas ?

    Jacques MARCEAU : Ça n’avance pas assez vite parce qu’il y a des gros freins.

    Mathilde CRISTIANI :Eh bien, voilà, merci, on va s’arrêter là.

    Jacques MARCEAU : Comment souvent malheureusement, il y a des gros freins qui sont effectivement, comme vous venez de le dire, culturels.

    François SOREL :Éthiques aussi parfois.

    Jacques MARCEAU : Éthiques, culturels, réglementaires. Et puis dans le domaine de la santé, on ne peut pas faire n’importe quoi et c’est normal. Donc, il y a des gros freins. Ces freins, il faut les lever. Pour les lever, il y a de l’éducation, de l’information, des médecins, de tous les professionnels de santé, mais également des politiques qui font notre cadre réglementaire, législatif, et puis globalement toute l’organisation de la santé qui est une organisation rigoureuse, très structurée, très organisée et suivie par le politique. Là, il y a un gros travail à faire.

    Mathilde CRISTIANI :Oui. Nicolas POSTEL-VINAY en tant que praticien, vous partagez ce constat ?

    Nicolas POSTEL-VINAY :Le constat que je partagerais d’abord, c’est au préalable que l’hôpital, si on doit parler de l’hôpital, c’est vraiment une usine extrêmement compliquée. Quand je dis une usine, ce sont des centaines de personnes dans un même lieu qui reçoivent des milliers de personnes pour des tâches très minutées et très complexes. Ces tâches sont très diverses. Ce n’est pas une usine qui produit le même produit, c’est à chaque fois quelque chose d’exceptionnellement divers. On a des zones où le numérique est formidablement dynamique en progrès. On peut prendre tous les services de radiologie. La radiologie, l’imagerie médicale, c’est numérisé ces dernières années de façon extraordinaire. Les nouvelles machines sont là, elles sont interprétées, elles produisent des données qui sont interprétées dans des délais extrêmement rapides. Donc là, il y a des progrès phénoménaux. Et puis si je prends un point de vue patient très simple qui est celui de prendre rendez-vous dans un hôpital...

    Mathilde CRISTIANI :Là, ça reste compliqué.

    Nicolas POSTEL-VINAY :On est en tout cas dans certains gros établissements publics extrêmement en retard quelque part, c’est-à-dire qu’on n’arrive pas facilement à joindre le secrétariat, il n’y a pas une utilisation du mail de façon fluide, alors qu’on envoie des courriers, l’hôpital est fait pour envoyer des courriers aux uns et aux autres. C’est vrai, un courrier médical n’est pas neutre et il y a des règlements éthiques ou juridiques à prendre. On ne peut pas envoyer un mail avec des données nominatives facilement, alors que la poste le permet. Voilà, juste cette remarque préalable pour dire qu’on est dans un secteur formidablement complexe, mais surtout hétérogène. Il y a des zones où le numérique est très présent et marche bien. Et puis, il y a des pans entiers de l’organisation hospitalière où on est encore au scotch et au papier.

    Mathilde CRISTIANI :En fait, toute l’amélioration qu’il faut apporter, c’est la relation du praticien au praticien et entre le praticien et le patient. On va dire que côté technologique, on est quand même bien avancé.

    Nicolas POSTEL-VINAY :Le tout.

    Jacques MARCEAU :Absolument.

    Nicolas POSTEL-VINAY :L’enjeu, c’est de réunir tout le monde, de trouver des outils communs. Un autre exemple de difficulté, vous pouvez avoir un dossier médical numérique. Mais les données numériques provenant du service d’imagerie ne sont pas dans les mêmes logiciels que les données numériques qui proviennent de la biologie qui seront encore différents avec les traitements de texte que vous utilisez avec la secrétaire. Réunir tout ça dans un même outil est un défi incroyable qui est vrai d’ailleurs aussi aux États-Unis. La délivrance d’ordonnance automatique avec contrôle aux États-Unis n’est pas encore courante. Il y a des exemples, ça se fait, mais ce n’est pas encore courant dans tous les services hospitaliers.

    Mathilde CRISTIANI :Jacques MARCEAU.

    Jacques MARCEAU :Je voudrais juste ajouter quelque chose, que les technologies sont là.

    Mathilde CRISTIANI :Oui, c’est vraiment ça, tout à fait.

    Jacques MARCEAU :C’est-à-dire qu’il existe des technologies pour répondre à tout ce qui vient d’être dit. Techniquement, c’est possible. La volonté politique est là et les politiques l’ont prouvé parce que c’est un sujet, le numérique en santé, qu’ils aiment bien. Les politiques ont pris conscience de l’importance de ça. Et puis, il y a de l’argent aussi qui a été mis sur la table pour ça. Le vrai problème de fond, comme on le disait tout à l’heure, il est aussi culturel, c’est-à-dire qu’on ne change pas une organisation – je dis notamment celle de l’hôpital, mais on en parlera après parce que c’est important, il y a ce qu’on appelle la ville après une fois qu’on est sorti de l’hôpital – qui est extrêmement structurée, qui est en silo souvent et très cloisonnée, parfois très cloisonnée. Faire discuter et converser le service de radiologie avec le service de médecine interne par exemple, ça présente des difficultés autres que technologiques.

    Mathilde CRISTIANI :Comme dans une entreprise en fait.

    Jacques MARCEAU :Comme dans une entreprise.

    Nicolas POSTEL-VINAY :Je suis entièrement d’accord avec cette remarque. L’exemple en ce moment des expériences de télémédecine entre l’hôpital Pompidou et l’hôpital Corentin-Celton pour des personnes âgées, on évite de faire déplacer le patient et on transmet les images en direct avec des caméras, etc. En fait, la difficulté, c’est que les deux praticiens, un dans un établissement et l’autre dans l’autre qui fait l’expertise, ont du mal à se retrouver en même temps. Finalement, il faut plus de personnes professionnelles pour brancarder la personne, la mettre dans la pièce qui va bien, que l’autre soit là au même moment, que la connexion se fasse. Alors que dans un service où tout est dans le même lieu, le temps professionnel est géré différemment. C’est en fait le patient qui attend sur sa chaise. Là, c’est différent. La difficulté de l’expérimentation, ils ne s’y attendaient pas, elle n’est pas technique. C’est vrai que les techniques sont là, mais la coïncidence des emplois du temps faisait qu’un des deux professionnels attendait l’autre et on ne s’en sortait pas au fil du temps.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, il faut surtout qu’on apprenne à travailler ensemble véritablement, de manière, on va dire, collaborative ? Jacques MARCEAU.

    Jacques MARCEAU :C’est ce qu’on appelle le travail collaboratif. Bien évidemment, Internet apporte le travail collaboratif.

    Mathilde CRISTIANI :Mais apparemment pas tant que ça.

    Jacques MARCEAU :Bien évidemment, les outils numériques apportent du travail collaboratif, mais on est dans un domaine où c’est très difficile.

    François SOREL :Est-ce qu’il n’y a pas aussi le problème générationnel comme on le voit aussi dans l’éducation nationale où il y a certains profs qui ont un certain âge et qui sont moins enclins à goûter aux nouvelles technologies ? On peut imaginer aussi que des médecins même éminents ne soient pas forcément plongés dans tout ça, non ?

    Nicolas POSTEL-VINAY :C’est absolument vrai et peut-être encore plus vrai pour les médecins qui exercent en milieu libéral seul. Un médecin d’ancienne génération qui n’a pas d’informaticien près de lui, qui doit gérer lui-même son imprimante, ouvrir la porte, sonner quand le patient arrive ne peut pas se mettre à l’informatique du jour au lendemain. Donc, ils ne le font pas. La retraite, c’est pour bientôt. Là, il faut attendre la génération suivante, c’est évident.

    Jacques MARCEAU :J’ajouterais qu’on est en retard peut-être, je ne sais pas, à vrai dire, parce que par rapport à qui, par rapport à quoi. Par rapport aux États-Unis, on est toujours en train de se le dire.

    Mathilde CRISTIANI :Oui, on donne toujours cet exemple.

    Jacques MARCEAU :On est en retard par rapport à la Corée, aux États-Unis. Oui, c’est vrai, il y a peut-être des retards. Au demeurant quand on voyage, on voit qu’on n’est pas si en retard que ça. Mais il y a une nouvelle génération montante qui est née quasiment... en tout cas qui était à la fac avec une tablette sur les genoux ou un ordinateur portable, cette génération montante de médecins et sur Facebook est habituée au travail collaboratif, aux réseaux sociaux. Pour elle, c’est tout naturel. Je pense qu’effectivement, le temps est compté, mais le temps...

    François SOREL :Va jouer le jeu pour nous bien sûr.

    Jacques MARCEAU :Va jouer pour nous en la faveur effectivement de l’avènement de ces technologies.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, vous diriez que par exemple quand on pense au dossier médical personnalisé qui a été un peu un flop, est-ce que c’est parce que c’était trop tôt et que maintenant ça va être presque naturel parce qu’il y aura cette nouvelle génération de médecins qui finalement vont migrer presque normalement et naturellement ?

    Nicolas POSTEL-VINAY :Allez-y, vous répondez d’abord.

    Jacques MARCEAU :Le dossier médical, c’est vrai que c’est le sujet sur lequel on a tendance un peu à trop taper sur les politiques, sur les praticiens de santé. On n’a pas été capable de. Oui, effectivement, c’était extrêmement compliqué, c’est un sujet extrêmement compliqué. Les dossiers médicaux, ils existent. Il y a des dossiers papier et des dossiers informatisés. Le problème, c’est un problème de compatibilité, d’interopérabilité et puis également de cadre dans lequel tout ça va se passer. Parce que de toute façon, le jeune médecin qui effectivement a 30 ans, il ne va pas s’enquiquiner. Il va faire un dossier médical, il va exister le dossier médical. Ce qu’il faut, c’est qu’il soit dans des normes de sécurité et d’hébergement bien définies, qu’on respecte la liberté du patient et puis la confidentialité bien évidemment des données. Tout ça s’encadre et il faut créer un cadre favorable. Aujourd’hui, c’est un travail de longue haleine.

    Mathilde CRISTIANI :Nicolas.

    Nicolas POSTEL-VINAY :Je suis d’accord aussi. Le dossier a pêché quand même sur la finalité de ce dossier médical personnel, personne ne s’est mis d’accord sur à quoi ça sert. Effectivement de toute façon, le praticien, il a une obligation de tenir un dossier médical avec copie papier en tant que professionnel. C’est une obligation.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, c’étaient des doublons en permanence.

    Nicolas POSTEL-VINAY :Il comprenait mal pourquoi il allait faire une autre version accessible au patient. Et il y a une contrainte majeure partagée entre le milieu hospitalier (10:30), c’est que les médecins sont en manque de temps. La démographie médicale qui va s’effondrer va accélérer ça. On a le fait de devoir gérer de plus en plus de choses dans un temps réduit. De dire que la numérisation est une économie de temps à mon niveau ne me paraît pas prouvée. Ça peut être un gain en qualité des soins parce que les données sont mieux organisées, sont mieux partageables – je ne dis pas partagées, mais partageables –, mais le gain de temps n’est pas forcément évident.

    Mathilde CRISTIANI :Et le gain d’argent ?

    Nicolas POSTEL-VINAY :Le gain d’argent, le médecin, il a deux situations. D’abord à l’hôpital, ce n’est pas son problème clairement. Vous voyez le service de financement, les hôpitaux sont en déficit, mais ce n’est pas le problème du praticien hospitalier. En libéral, oui, l’argent, ça compte. La consultation médicale unique n’est pas forcément très chère par rapport à un vétérinaire, il doit pourtant s’acheter l’ordinateur au même prix. Donc, cherchez l’erreur.

    Mathilde CRISTIANI :Merci à tous les deux. On suivra de près le Collectif de Santé Numérique. Merci beaucoup, Nicolas POSTEL-VINAY. Je rappelle que vous êtes praticien à l’Hôpital Georges-Pompidou à Paris et directeur du site automesure.com. Et Jacques MARCEAU, vous êtes cofondateur du Collectif de Santé Numérique.

    François SOREL :Merci à tous les deux. On revient dans un instant. La suite de l’Atelier sur BFM Business dans une minute, notre Start-up de la Semaine. Ça sera aussi notre Webstratégie. A tout de suite.

  7. 7 - Les invités de l'Atelier

    Start-up de la semaine Frenchweb : CarredeBœuf.com

    La start-up de la semaine du 7 juillet 2012

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    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business, merci d’être là comme chaque week-end. Notre Webstratégie dans un instant. Mais auparavant, c’est notre Start-up de la Semaine en collaboration, vous le savez, avec le site frenchweb.fr. On retrouve Marion MOREAU de Frenchweb et Lila MEGHRAOUA.

    Marion MOREAU :Bonjour, François. Bonjour, Lila. Est-ce que vous aimez la viande ? Est-ce que vous avez l’habitude d’en manger ?

    Lila MEGHRAOUA :J’adore ça, j’en suis fan.

    Marion MOREAU :Alors, vous êtes comme un tiers des Français pour qui la viande est une denrée préférée en termes d’alimentation. Il y a un tiers des Français qui mangent beaucoup de viande. Aujourd’hui, ça tombe bien, je vais vous parler de carredeboeuf.com. Carredeboeuf.com s’est créé il y a deux ans et demi. J’avais envie d’en parler aujourd’hui parce qu’on ne les connaît pas vraiment beaucoup, on n’en parle pas beaucoup. Pourtant, ils ont des chiffres qui sont assez étonnants. Ils ont 15 % de croissance par mois, 10 000 clients, 100 000 produits déjà vendus depuis la création. Carredeboeuf.com, c’est tout simple, c’est de la livraison sur Paris ou en province de viande certifiée d’origine et fraîche. C’est vraiment un concept assez nouveau parce que sur l’alimentaire, on sait que c’est compliqué sur Internet. Beaucoup s’y aventurent notamment sur la grande distribution, mais ça demande, comme vous l’imaginez, pas mal de contraintes. Carredeboeuf.com, c’est l’idée d’un ingénieur et puis d’un professionnel de l’alimentaire qui ont tout simplement racheté un atelier de découpe de volaille et de viande qui se trouve en province. Grâce à ça, ils ont créé une sorte de coopérative, si on peut l’appeler comme ça, où ils vont sourcer des viandes de bœuf, de lapin, de volaille, etc., un peu toutes les sortes. Grâce à ça, ils vont pouvoir bien fabriquer sur le site Internet des rubriques en fonction des viandes que l’on aime et après proposer ça en livraison entre 0 et 4° sur Paris le jour même et 48 heures après en province. C’est vraiment nouveau.

    Lila MEGHRAOUA :Une petite question, qui va acheter ce type de viande ?

    Marion MOREAU :C’est un service qu’on peut dire exclusivement en B2C, le très grand public. Le profil des acheteurs sur carredeboeuf.com, c’est un Parisien qui est pressé, qui n’a tout simplement pas le temps d’aller en grande surface ou qui ne trouve pas son bonheur en boucherie. L’idée, c’est qu’il commande sur ce site pour avoir sa viande fraîche, surtout que le prix de la livraison est offerte à partir de 50 € – on sait tous qu’on arrive assez facilement à 50 € sur la viande. Et puis, l’autre cible, c’est un provincial ou quelqu’un qui est en province et qui n’a tout simplement plus de boucherie du fait de la désertion justement des petits commerçants en province et qui ont envie encore de manger de la viande fraîche. Ça, carredeboeuf.com est capable d’aller livrer en zone rurale assez retirée. Voilà un petit peu pour les cibles.

    Lila MEGHRAOUA :Comment ils vont se faire connaître ?

    Marion MOREAU :Ils se sont fait connaître sur trois leviers. Le premier, c’est la pub sur les bannières, se faire un petit peu connaître. Le second, c’est via houra.fr puisque ça représente un tiers finalement... c’est un canal qui représente un tiers de leurs livraisons sous la marque évidemment carredeboeuf.com. Et puis, le troisième, ce sont les blogs culinaires qui ont gagné la confiance justement de cette marque et qui ont pu justement relayer les bons côtés de carredeboeuf.com qui est, je vous le rappelle, l’origine, la viande certifiée d’origine et puis la garantie du frais. Puisque ce que je n’ai pas encore dit, c’est que carredeboeuf.com livre dans un conditionnement qu’ils ont complètement imaginé de A à Z – il ne faut pas oublier qu’il y a un ingénieur dans l’équipe fondatrice – et qui grâce à ce conditionnement permet finalement de ne pas casser la chaîne du froid. C’est évidemment très important.

    Lila MEGHRAOUA :Est-ce que moi en tant que cliente, ça va me revenir plus cher ou pas ?

    Marion MOREAU :L’idée pour offrir un service sur Internet qui soit un plus par rapport aux réseaux de boutiques physiques, c’est que ce soit évidemment moins cher. Ça n’est pas moins cher. Par contre, ça n’est pas plus cher qu’en boucherie à partir du moment où on achète à 50 € puisque la livraison est à partir de ce prix gratuite. Donc non, ce n’est pas plus cher qu’en boucherie à partir d’un certain volume. C’est évidemment ce qui fait le plus de la vente sur Internet.

    Lila MEGHRAOUA :Ça marche ?

    Marion MOREAU :Ça marche super bien, 10 000 clients, 100 000 produits déjà vendus sur tout, les brochettes, le lapin, les viandes de bœuf. Ça marche très bien. Ils ont 15 % de croissance par mois supplémentaire et ils sont déjà à un exercice à plus de 1 000 000 €. Donc, affaire à suivre.

    Lila MEGHRAOUA :Tout à fait. Merci, Marion.

    François SOREL :Mesdemoiselles, merci. Tout de suite notre Webstratégie sur BFM Business.

  8. 8 - Webstratégie

    Philippe Vincent, directeur général d'Etat Pur

    Webstratégie du 7 juillet 2012

    Mathilde CRISTIANI :Je suis aujourd’hui avec Philippe VINCENT d'État Pur. Bonjour, Philippe VINCENT. Vous êtes directeur général d'État Pur. Est-ce que vous pourriez déjà un peu nous présenter la marque, s’il vous plaît ?

    Philippe VINCENT :Bonjour. État Pur, c’est une approche un peu différente de la cosmétique, même très différente, à la fois sur le plan du produit, des produits, à la fois sur le plan du mode de distribution et un peu des valeurs aussi. Sur le plan produits, l’originalité, c’est qu’on a deux lignes de produits, d’un côté ce qu’on appelle les actifs purs et de l’autre côté des cosmétiques. Le fait de pouvoir les séparer permet de vendre des actifs purs les plus efficaces du marché aux doses qui sont vraiment efficaces, ce qui n’est pas toujours le cas dans la cosmétique.

    Mathilde CRISTIANI :Ce qui veut dire que d’un côté, j’ai toute une gamme de démaquillants, de produits du quotidien, et de l’autre, j’ai des produits, on va dire, plus pour le soin ?

    Philippe VINCENT :C’est exactement ça. D’un côté, il y a des produits pour le quotidien, pour l’entretien de la peau au quotidien, avec un principe de formulation qui est biomimétique, qui permet d’avoir des produits en parfaite affinité avec la peau. De l’autre côté, vous avez des actifs purs pour traiter les problèmes de peau que ce soit l’acné, la couperose, tous les problèmes de peau qui existent.

    Mathilde CRISTIANI :Ce qui est très intéressant, c’est que vous avez décidé de n’être quasiment exclusivement distribués que sur Internet. J’imagine que c’est aussi par rapport à une problématique de prix. Est-ce que vous pourriez revenir sur cette stratégie ?

    Philippe VINCENT :Le concept produits permet d’apporter des réponses à tous les gens, à tous les problèmes de peau, partout dans le monde puisqu’on arrive à... avec nos 80 produits, on peut avoir toutes les combinaisons possibles pour tout résoudre. La volonté, c’était de faire une marque mondiale et de faire une marque accessible. Nos produits sont de très haute qualité, on met beaucoup d’actifs. La cosmétique biomimétique, c’est très sélectif en termes de qualité des ingrédients. Donc, nos produits sont chers à fabriquer. Si on passait par des systèmes de distribution classiques avec des marges à plusieurs niveaux, nos produits auraient été chers. Donc, ce n’était pas la volonté, ce n’était pas la philosophie de la marque. On a dû inventer un modèle de distribution différent. Aujourd’hui, c’est possible avec Internet, ça n’aurait pas été possible il y a 10 ans.

    Mathilde CRISTIANI :Ça se passe comment ? Vous avez des boutiques sur Internet et pour l’instant une boutique physique ? Ça va continuer comme ça ?

    Philippe VINCENT :On a notre site qui ne vend exclusivement que de l’état pur en France et dans quelques autres pays. On a aussi une boutique à Paris qui permet de donner un ancrage un peu réel et concret à la marque. La volonté, c’est de développer notre business sur Internet, mais aussi d’explorer d’autres canaux de distribution et en particulier des petites boutiques. Mais aujourd’hui, nos ventes en France sur Internet sont beaucoup plus importantes que celles de notre boutique. Donc, il y a un potentiel Internet qui est très important, c’est évident. Mais c’est vrai que pour se développer plus vite, la boutique est intéressante ou des canaux physiques qui ne sont pas forcément des boutiques. Ça peut être des boutiques éphémères, il y a plusieurs modèles qui existent et qui nous permettraient de compléter notre offre Internet.

    Mathilde CRISTIANI :Quand on est une nouvelle marque, est-ce que ce n’est pas difficile d’avoir une bonne visibilité quand on a justement décidé de ne vendre quasiment que sur Internet ?

    Philippe VINCENT :C’est vrai que le challenge, c’est de se faire connaître. Nous, on a la chance d’avoir une offre marque de produits qui est nouvelle et intéressante, donc qui est différente des autres. Je dirais que spontanément, c’est assez facile de la communiquer. Les gens au moins perçoivent qu’on est différent. Après, il y a différents moyens. Il y a la presse, il y a le bouche-à-oreille, il y a les réseaux sociaux.

    Mathilde CRISTIANI :Justement, parlons-en de Facebook. Qu’est-ce que vous avez mené comme opération ? Est-ce que c’était du relationnel ? Est-ce que c’était de la promotion ? Comment est-ce que vous avez fait pour atteindre les internautes ?

    Philippe VINCENT :Sur Facebook, on a 30 000 fans aujourd’hui, ce qui n’est pas si mal pour une marque nouvelle qui n’a pas fait de publicité classique. Sur Facebook, on fait plusieurs choses. On fait effectivement de l’explication de la marque, on fait du relationnel, on fait de la distribution d’échantillons. On fait des programmes d’ambassadrices avec des ambassadrices qui parlent de la marque, qui parlent de leur expérience, qui ont essayé les produits. On fait tester des produits, des nouveaux produits, en avant-première. On fait des chats avec nos dermatos pour conseiller les utilisatrices. Donc, on fait à la fois du relationnel, du discours de marque, de l’essai de produit qui est vital pour la cosmétique. Notre page Facebook fait plusieurs choses et est extrêmement importante pour nous.

    Mathilde CRISTIANI :Et devenir un peu votre relation client.

    Philippe VINCENT :Oui, la page Facebook dans tous les cas est notre relation client, avec notre service téléphonique qui est aussi très important en termes de relation client.

    Mathilde CRISTIANI :Merci beaucoup, Philippe VINCENT. Je rappelle que vous êtes le directeur général d'État Pur.

    François SOREL :Mathilde, merci.

  9. 9 - Passion selon Saint Net

    La salle de cinéma de demain.  Avec Annie Thomas, directrice du cinéma Le Trianon et Bérengère Arnold, cofondatrice de I Like Cinema

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    Passion selon Saint Net du 7 juillet 2012

    François SOREL : C’est l’Atelier Numérique, c’est BFM Business. Merci d’être là, très bon week-end à vous toutes et à vous tous. Le Dossier de l’Atelier s’annonce passionnant, on va parler de Web TV, le Web TV qui cartonne aux États-Unis. C’est Révision3 ou Revision3, si vous préférez. Alice GILLET nous en parlera dans quelques instants depuis San Francisco. Et puis juste après, nous serons connectés avec la rédaction de 01net.com comme chaque semaine et c’est Pierre FONTAINE qui nous rejoindra. Les vacances, c’est bien beau. Mais les vacances, c’est souvent synonyme de détente, de loisirs et de cinéma, mon cher Jean De CHAMBURE. Peut-être que dans quelques mois, nous allons pouvoir consommer du cinéma différemment. On va en parler maintenant avec nos invités.

    Jean De CHAMBURE :C’est vrai que quand on parle de salle de cinéma, de technologie, tout de suite, on a en tête la déferlante de la 3D, l’image extrêmement bien pixélisée avec de la HD, formidable, etc. Tout ça est intéressant, mais peut-être pas la clé de tout le cinéma non plus.

    François SOREL : Non. Quand on voit d’ailleurs les résultat mitigés de la 3D au cinéma...

    Jean De CHAMBURE :Voilà, j’avoue que mon grand souvenir de 3D, c’est principalement la publicité Haribo avec des bonbons qui...

    François SOREL : C’est quand même embêtant parce que...

    Jean De CHAMBURE :Il y a sûrement la dimension artistique plus forte. Mais j’avoue que pour l’instant, c’est la seule chose que j’ai retenue. J’ai en même temps une mémoire un peu sélective.

    François SOREL : Peut-être parce que vous aimez les bonbons Haribo aussi.

    Jean De CHAMBURE :Donc, il y a sûrement des choses plus intéressantes. Pour parler maintenant vraiment du cœur du sujet, c’est-à-dire comment est-ce qu’on peut imaginer mixer des réseaux sociaux et une envie de revoir des films ensemble dans un même endroit, on a avec nous la personne qui a eu l’idée et la personne qui va la mettre en œuvre pour la première fois. Voilà, ce n’est pas rien.

    François SOREL : C’est beau.

    Jean De CHAMBURE :Non, absolument. Franchement, c’est enthousiasmant. Je trouve que c’est vraiment enthousiasmant. Pour présenter ces deux personnes, on a avec nous Annie THOMAS. Bonjour, Annie.

    Annie THOMAS :Bonjour.

    François SOREL : Bonjour.

    Jean De CHAMBURE :Vous êtes directrice du Cinéma Le Trianon.

    Annie THOMAS :Tout à fait.

    Jean De CHAMBURE :Quand on dit Le Trianon pour ceux qui ne l’ont pas en tête...

    François SOREL : Regardez, Jean n’en peut plus là.

    Jean De CHAMBURE :J’étais presque en phase de décollage, donc on va essayer de canaliser.

    Antoine SIRE :Le Trianon, mes chers amis...

    François SOREL : En une minute, Antoine.

    Antoine SIRE :C’est une salle mythique, c’est un des derniers, beaux, vrais, grands cinémas de quartier d’Europe. C’est un cinéma exceptionnel et c’est entre Romainville et Noisy-le-Sec.

    François SOREL : Je crois qu’il veut des places gratuites, madame.

    Annie THOMAS :Exactement.

    Antoine SIRE :C’est à cheval...

    Annie THOMAS :Entre les deux villes.

    Antoine SIRE :Entre les deux villes. C’est un cinéma... c’est là d’ailleurs qu’Eddy MITCHELL enregistrait La Dernière Séance. Ça vous donne une idée de l’ambiance de ce cinéma. Donc, c’est the cinéma où il faut être en Europe. Et puis en plus maintenant, il y a une programmation à la fois d’art et d’essai. En même temps, il y a aussi des films nouveaux qui paraissent aussi. Il y a une vraie programmation pour les fanas de cinéma. C’est Le Trianon, c’est à Romainville et Noisy-le-Sec.

    François SOREL : En tout cas, si vous cherchez un attaché de presse, on l’a.

    Annie THOMAS :Je l’ai trouvé.

    François SOREL : Vous l’avez.

    Antoine SIRE :Il y a un moment quand même où (02:50) le cinéma.

    François SOREL : Bien sûr, oui.

    Antoine SIRE :Il y a des lieux de mémoire.

    François SOREL : C’est la passion qui s’exprime.

    Antoine SIRE :Si vous voulez, c’est comme si j’étais passionné de grandes structures métalliques et que vous me disiez...

    François SOREL : La Tour Eiffel, c’est moyen. Jean, excusez-nous, c’était Antoine. Mais c’était important, il fallait qu’il le dise.

    Jean De CHAMBURE :La première Tour Eiffel. La deuxième Tour Eiffel, cette idée de dire au fond : « J’ai des amis, on a une nostalgie d’un film. Pourquoi est-ce qu’on n’irait pas le regarder ensemble dans une salle ? ». Cette idée qui paraît déconcertante, tellement elle est simple...

    François SOREL : Mais le film que je veux, on choisit ensemble en plus ? C’est ça qui...

    Jean De CHAMBURE :On va y revenir, c’est vous Bérengère ARNOLD qui l’avez eue. Vous êtes cofondatrice de I Like Cinema.

    François SOREL : Bonjour.

    Bérengère ARNOLD :Bonjour.

    Jean De CHAMBURE :Bonjour. Je me suis dit I Like Cinema, qu’est-ce que c’est ? C’est encore un site où on va dire son avis sur le cinéma « c’est bien » comme il en existe. Mais en fait, pas du tout, c’est beaucoup plus inventif que ça. Racontez-nous un peu comment l’idée vous est venue et puis comment vous avez fait ce lien avec Annie, avec Le Trianon ?

    Bérengère ARNOLD :Écoutez, j’espère qu’à la fin de mon histoire, Antoine sera aussi dithyrambique sur I Like Cinema qu’il l’a été sur Le Trianon. Il manque quelques années encore pour devenir un monument du cinéma.

    Jean De CHAMBURE :Vous serez demain l’Eddy MITCHELL des réseaux sociaux peut-être.

    Bérengère ARNOLD :Peut-être, mais peut-être pas à La Dernière Séance en tout cas. La première séance sera effectivement au Trianon pour I Like Cinema qui est le premier service de cinéma en salle à la demande. Après la VOD que tout le monde connaît sur sa télé ou sur son PC, on a inventé quelque chose qu’on a appelé le TOD. Le TOD, c’est Theatre On Demand. Pardon, mais quand c’est nouveau, on le dit en anglais.

    François SOREL : Et puis, ça fait mieux.

    Bérengère ARNOLD :Et puis que c’est une première mondiale, on peut aussi avoir envie que les autres comprennent ce qu’on a inventé en France.

    François SOREL : C’est une première mondiale ?

    Bérengère ARNOLD :C’est une première mondiale, tout à fait, puisque le cinéma en salle à la demande, c’est le cinéma ou le spectateur devient programmateur de sa salle de cinéma préférée.

    François SOREL : Alors, comment ça marche ?

    Jean De CHAMBURE :Concrètement, comment on fait ?

    Bérengère ARNOLD :Concrètement, c’est I Like pour les réseaux sociaux et Cinema pour le cinéma en salle. Donc, c’est le mariage entre les deux, les réseaux sociaux et la salle de cinéma en quatre claps. Le premier clap, je choisis mon film à travers un large catalogue. Ça peut être un film récent que j’ai raté, ça peut être un film que j’ai envie de voir sur grand écran ou ça peut être un film que j’ai envie de partager avec mes communautés, un film culte.

    François SOREL : Il y a combien de films au catalogue ?

    Bérengère ARNOLD :Il y a 200 films au catalogue. Un film récent comme Marley par exemple qui a mis un peu de temps à... moi, j’ai mis un peu de temps pour m’organiser à y aller. Et puis, deux semaines ont passé. Et puis quand j’arrive au Trianon, il n’y est plus, peut-être pas forcément au Trianon, mais ailleurs. Donc, le film récent que j’ai raté, c’est important. Le film que j’ai envie de voir sur grand écran, c’était un film que je peux voir en VOD ou sur mon PC. Mais Drive par exemple, c’est la bande originale qui est formidable sur Drive. Donc, je n’ai pas envie de voir le crin-crin de mon PC, j’ai envie de le voir sur grand écran. Et puis, le film culte, ça peut être un Fight Club, ça peut être...

    Jean De CHAMBURE :Le Grand Restaurant.

    Bérengère ARNOLD :On n’est pas obligé dans les films de patrimoine, mais les films culte de chaque génération.

    François SOREL : Fantômas.

    Bérengère ARNOLD :Allez-y, vous pouvez avoir chacun vos envies de films culte.

    Jean De CHAMBURE :Le Grand Restaurant, moi, personnellement.

    Annie THOMAS :Faites votre programme.

    Bérengère ARNOLD :Voilà.

    Jean De CHAMBURE :C’est presque... ça équivaut à un anniversaire pour moi. Voir Le Grand Restaurant avec des amis, c’est vrai, presque.

    Antoine SIRE :La Comtesse aux Pieds Nus, ça marche ?

    Bérengère ARNOLD :Ça peut marcher.

    Annie THOMAS :Ça peut marcher.

    François SOREL : Ça peut marcher. Comment tout ce beau monde, par exemple Antoine et moi-même, avons envie de voir le même film ?

    Antoine SIRE :Ça m’étonnerait.

    François SOREL : C’est sûr, surtout si vous me criez dans l’oreille comme ça.

    Jean De CHAMBURE :Il va peut-être aller voir Le Grand Restaurant.

    François SOREL : Je pense que je vais voir un autre film. Mais alors, comment ça marche ? Comment vous mettez tout le monde d’accord et sur la même longueur d’onde, on va dire ?

    Bérengère ARNOLD :I Like Cinema, je crée ma séance en quatre claps. Premier clap, j’ai choisi mon film, on en a parlé. Ensuite, je choisis ma salle, évidemment Le Trianon ou d’autres puisqu’on a beaucoup de salles partenaires dans notre plate-forme. Ensuite, je choisis l’horaire et le jour qui me conviennent. Avec mon film, ma salle et mon horaire, j’achète une place, ma place, au tarif en vigueur dans la salle. Ce n’est pas surtaxé, c’est le même prix. En achetant cette première place, ça suffit pour créer une proposition de séance qui vient s’afficher sur le site Internet à I Like Cinema. Tous les gens qui passent sur le site Internet voient cette magnifique proposition de séance, la rejoignent en achetant leurs places. Dès que 20 à 30 personnes ont rejoint cette proposition de séance, elle est validée.

    Jean De CHAMBURE :A partir de 20-30 personnes, on considère que c’est bon.

    Annie THOMAS :La séance peut avoir lieu, voilà.

    Antoine SIRE :On peut argumenter un peu ?

    Bérengère ARNOLD :Je finis juste pour que vous compreniez parce que vous allez me dire après : « Comment ça marche jusqu’au bout ? »

    François SOREL : Laissez terminer la dame, Antoine, s’il vous plaît.

    Bérengère ARNOLD :Elle est validée, ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu’elle est en vrai dans le vrai cinéma parce que beaucoup de gens nous disent : « Alors, je vais la voir en vrai, mais chez moi ? ». Non, elle est validée dans un cinéma, dans Le Trianon.

    François SOREL : C’est-à-dire que vous réservez l’horaire, etc.

    Annie THOMAS :On a choisi une plage horaire qui nous convient par rapport au reste de la programmation. Donc, on sait que par exemple, jeudi soir à 21h une fois par mois, cette plage-là est réservée pour la séance de cinéma à la demande en salle. Moi, j’ai trouvé cette idée vraiment passionnante. Le Trianon, il n’a qu’une seule salle, une très grande de 430 places, (07:36) sur l’écran, toutes les semaines et tous les mois quand on programme, on a le sentiment de faire une belle programmation. En même temps, on sait qu’on rate des films, on ne peut pas tout montrer. Pour moi, c’est une possibilité de pouvoir proposer à des spectateurs qui ont été frustrés de ne pas voir le film qu’ils auraient voulu voir au Trianon de cette façon-là de le choisir et d’essayer aussi peut-être de (07:57) je n’ose pas peut-être programmer certains films parce que j’ai peur... je ne suis pas sûr d’avoir ce public-là. Ça me permettra aussi de mieux doser et de mieux savoir quels sont les publics potentiels que j’ai au Trianon, mais que je n’ai pas encore identifiés.

    Antoine SIRE :Ma question, est-ce qu’on peut argumenter quand on propose une séance ou est-ce que simplement on propose une séance ?

    Bérengère ARNOLD :Tout à fait, c’est indispensable puisque c’est I Like Cinema, donc réseaux sociaux plus cinéma. Quand je propose ma séance et que j’ai après acheté ma place, elle est publiée sur le site. Mais en même temps, elle est publiée sur l’ensemble de mes réseaux sociaux, soit des réseaux sociaux parce que je suis sur des Facebook, Twitter, Viadeo, Vimeo et j’en passe, LinkedIn et compagnie – ils sont tous évidemment partenaires avec nous –, soit parce que je n’aime pas les réseaux sociaux, mais j’ai quand même un bon vieux mail ou même un bon vieux téléphone. Donc, il y a des boutons pour chacun des usages. Je n’ai qu’à les cocher et ça publie automatiquement dans toutes mes communautés.

    Frédéric TARDY :Est-ce qu’il y a une petite prime au mayor, au maire, pour faire un peu comme Foursquare, c’est-à-dire je suis celui qui a initié, j’arrive à avoir 50 personnes pour mon film ?

    François SOREL : J’ai à peu près (08:54).

    Frédéric TARDY :Est-ce que j’ai le droit à un paquet de pop-corn ou je ne sais pas ?

    Bérengère ARNOLD :On voit bien qu’il y a plusieurs usages, c’est-à-dire qu’il y a certaines personnes qui vont utiliser le service pour rameuter leurs communautés qui connaissent déjà parce que finalement, moi j’ai plein d’amis partout. Mais mes amis, ça veut dire quoi ? Ce sont des listes de noms sur des sites bleu-jaune-rouge-vert, mais ce ne sont pas des amis. Donc si je veux que ce soit des amis, il faut que je puisse les voir de temps en temps. C’est une bonne occasion d’aller au cinéma ensemble. Et puis, il y a des gens aussi qui vont vouloir aller programmer des films qui vont devenir des leaders d’opinion parce qu’on sait que Bernard B ou François S...

    François SOREL : Ou Antoine SIRE, voilà, c’est vrai.

    Bérengère ARNOLD :Qui auront des pseudos puisque ça marche comme ça. A chaque fois qu’Antoine S propose une séance, ça plaît.

    François SOREL : Voilà, on pourra faire confiance en ses choix. C’est-à-dire que c’est vrai qu’Antoine nous parle souvent de cinéma, certains films, on les connaît, mais d’autres pas. On peut se sentir rassurés s’ils nous conseillent un film. C’est vrai, on ira peut-être plus volontiers au cinéma et aller le voir.

    Bérengère ARNOLD :C’est une séance qui me ressemble parce que c’est un internaute comme moi qui l’a créé et que j’ai envie de joindre.

    François SOREL : C’est la recommandation en ce moment sur le Web bien sûr.

    Bérengère ARNOLD :Oui, tout à fait.

    Annie THOMAS :Et puis ce qui est intéressant, c’est que ça peut donner une seconde vie à certains films. Derrière, c’est ça qui est vraiment important, je trouve aussi.

    Antoine SIRE :Ce qui est finalement fou, c’est que ce soit... c’est une très bonne idée, mais ce qui est marrant, c’est que ce soit la première fois que quelqu’un y ait pensé.

    Jean De CHAMBURE :Oui, c’est fou ça.

    Bérengère ARNOLD :Il y a une question de tempo, c’est que pour faire tout ça, on n’a pas seulement attendu qu’Annie ait fait ses travaux même si on a quand même attendu qu’Annie ait fait ses travaux puisque Le Trianon est magnifique maintenant. On a aussi attendu qu’en régie, elle s’équipe de la projection numérique.

    François SOREL : Du numérique, voilà, c’est ça.

    Bérengère ARNOLD :Tout à fait.

    Annie THOMAS :Qui est le grand choc technologique.

    François SOREL : Parce que pour vous, il faut réduire les coûts aussi de projection, j’imagine. Donc si vous faites venir une pellicule et tout le toutim, c’est compliqué.

    Annie THOMAS :Et puis aussi avec le numérique, on sait que les copies sont plus facilement accessibles par rapport au panel de choix de films que l’on propose. Avec le 35 mm, on avait le risque qu’il n’y ait plus de copies ou des copies abîmées. Là avec le numérique, il y a vraiment des chances pour que les films soient accessibles facilement et dans de bonnes conditions.

    François SOREL : Là, on parle du Trianon, d’une salle, mais l’objectif...

    Annie THOMAS :Il y en a d’autres.

    Jean De CHAMBURE :C’est que ça soit un peu partout en France.

    Bérengère ARNOLD :Bien sûr, tout à fait. Mais si on a attendu aussi maintenant, pourquoi maintenant I Like Cinema ? Parce qu’il fallait aussi que les spectateurs soient prêts, pas seulement les salles, les films et les distributeurs, mais les spectateurs. Pour réussir à créer une séance sur I Like Cinema en gros, il faut être capable d’acheter un billet à la SNCF. Vous allez me dire : « Moi, facile, ça fait longtemps que je le fais ». Mais pour que I Like Cinema marche, il faut que les séances soient remplies dans l’ensemble des salles de France. Il faut donc que ce soit un service très grand public. Donc, il ne fallait que la façon d’y aller, ce soit compliqué au niveau technologique. Aujourd’hui, ce sont les quatre claps, aussi simple que d’acheter un billet de train. Donc, la majorité des gens peuvent aller sur I Like Cinema et peuvent utiliser le service simplement.

    François SOREL : A terme, combien de salles en France ?

    Bérengère ARNOLD :Aujourd’hui, on lance cet été avec une vingtaine de salles en région Ile-de-France et également région Aquitaine. Progressivement au cours de l’été, le reste de la France va venir pour notre lancement national sur l’ensemble des salles indépendantes en France fin septembre.

    François SOREL : Très bien.

    Jean De CHAMBURE :Merci beaucoup à toutes les deux, c’est vraiment une belle idée. Et puis, on a hâte de voir ce qui va être proposé au Trianon. Je rappelle qu’Annie THOMAS, vous êtes la directrice de cette belle salle, Le Trianon, et Bérengère ARNOLD, la cofondatrice de I Like Cinema. On a compris maintenant pourquoi on fait liked cinema.

    François SOREL : Voilà et on attend avec impatience la première séance d’Antoine, on y sera. On revient dans un instant. La suite de l’Atelier Numérique sur BFM Business, c’est dans une petite minute. A tout de suite.

  10. 10 - Le dossier de l'Atelier

    Revision3, la webTV des geeks. Avec Jim Louderback, CEO de Revision3

    Le dossier de L'Atelier du 7 juillet 2012

    François SOREL : L’actualité high-tech, c’est l’Atelier Numérique sur BFM Business. Pierre FONTAINE me rejoindra dans quelques instants, il fait partie de la rédaction de 01net. On survolera avec lui l’actualité high-tech de cette semaine. Mais auparavant, notre Dossier de l’Atelier réalisé depuis la Silicon Valley depuis San Francisco par Alice GILLET. On va parler du WebTV qui cartonne aux États-Unis, Alice.

    Alice GILLET :Oui, François. Écoutez, aujourd’hui, je ne suis pas dans un studio radio, mais dans un studio télé et je suis chez nos voisins. Vous savez qu’à l’Atelier San Francisco, je vous ai déjà dit, on est dans un building avec énormément de start-ups à côté de nous. Nos voisins, ce sont des gens plutôt cool. Ils s’appellent Revision3, Révision3 en français. C’est une WebTV qu’on va découvrir tout de suite avec Jim LOUDERBACK, CEO de Revision3 qui sera notre invité aujourd’hui. Hi, Jim.

    Jim LOUDERBACK :Hi.

    Alice GILLET :Est-ce que vous parlez français ou pas ?

    Jim LOUDERBACK :Un petit peu, je ne parle pas français.

    Alice GILLET :Si j’ai bien compris, vous venez d’un background plutôt tech ?

    Jim LOUDERBACK :En fait, c’est une combinaison de plusieurs choses. Dans les années 90, je suis venu à San Francisco pour créer un bouquet de chaînes câblées dédiées à la technologie. Ça s’appelait TechTV. C’était génial, mais on ne gagnait pas beaucoup d’argent. C’est là qu’iTunes vidéo est arrivé. Tout d’un coup, on a pu mettre nos programmes en ligne et commencer à les monétiser.

    Alice GILLET :Qu’est-ce que c’est Revision3 ? Comment est-ce que ça a commencé ?

    Jim LOUDERBACK :Revision3 a été créée par une bande de types qui faisaient des émissions sur les nouvelles technologies pour la télé traditionnelle. Ils ont découvert qu’en mettant leurs émissions en ligne sur le Web, ils pourraient toucher la même audience et faire de l’argent. Donc en 2005, ils ont commencé à créer Diggnation, System et d’autres émissions. Ils les ont distribuées sur iTunes et on a transféré notre audience en ligne au lieu de passer par le câble satellite.

    Alice GILLET :Juste pour remettre en contexte, Revision3, c’est super connu aux Etats-Unis. Les gens vous adorent.

    Jim LOUDERBACK :Oui, c’est clair que si vous êtes un geek et que vous habitez aux États-Unis, vous avez sans doute entendu parler de nous. Mais on a commencé à faire aussi autre chose que des émissions de tech, un peu d’émissions politiques, des sujets de société. On sait qu’on a des téléspectateurs en France. Donc, peut-être que les auditeurs connaissent certains de nos shows, comme par exemple Scam School. On apprend à mystifier ses amis dans les bars en faisant des tours de magie ou d’autres émissions vraiment sympas qui marchent un peu partout dans le monde.

    Alice GILLET :Il faut dire à nos auditeurs que je vous ai déjà vus et déjà rencontrés à une conférence il y a quelques années. Vous faisiez partie d’un panel de gens qui sont à la tête des plus grands TV notoires et chaînes de télé américaines, mais vous défendiez corps et âme la télévision en ligne contre la télévision traditionnelle.

    Jim LOUDERBACK :Il faut faire la différence entre deux choses. D’abord, la distribution, je pense qu’effectivement, la distribution du contenu vidéo, ça se fera de plus en plus sur Internet et de moins en moins via le câble et le satellite. Ça, ce sont les programmes traditionnels qu’on connaît déjà. Par contre, la vision pour les émissions spécialement créées pour le Web, c’est que ça coûte de moins en moins cher à produire et il y a moins de contraintes. Du coup, on peut créer du contenu pour des audiences moins larges et les engager de façon beaucoup plus directe. Donc quelle que soit votre passion, ça peut être le fromage, le vin, le vélo, faire du bateau sur la Seine, on peut créer une émission sur ce sujet avec un expert dans ce domaine qui est capable de bien en parler de leur sujet de prédilection. La vision de Revision3, c’est justement ça, créer des émissions très personnelles. Laissez-moi vous expliquer comment on fait des émissions. Pour nous, Internet, c’est un nouveau média. Donc, on prend l’aspect visuel, émotionnel, animé de la vidéo. On lui injecte le côté intime de la radio, un animateur radio, comme quoi tu t’adresses directement à ton audience. Après, on ajoute la dimension très spécialisée d’un magazine. Vous mélangez tout ça et ça vous fait un nouveau média.

    Alice GILLET :C’est vrai que vous avez des shows très personnels. Je sais qu’il y a une de vos hosts qui est une très jolie blonde qui se balade dans les bureaux et qui raconte un peu ce qui se passe dans la vie de Revision3.

    Jim LOUDERBACK :Oui. Au cœur de nos émissions, on a toujours un animateur très authentique. Aucun d’entre eux ne sait lire un pounter ou a appris à être une jolie animatrice un peu bébête. Les animateurs sont tous de vrais gens avec leurs qualités, leurs défauts. Ils parlent tous directement dans la caméra à leur public. Là, tu parlais à l’instant de Annie’s Bits. Annie parle de l’actualité tech en s’adressant directement à ses fans. C’est cette authenticité, cette intimité, qui fait de la vidéo un média unique.

    Alice GILLET :Vos hosts, les gens qui animent vos émissions, ce sont justement des gens qui appartiennent à la communauté à laquelle ils parlent ?

    Jim LOUDERBACK :Oui, exactement, ce sont des experts de leur sujet à la base. Ils construisent leur audience autour de cette expertise. Par exemple, on a une émission qui s’appelle Tekzilla avec deux animateurs. Patrick NORTON, c’est mon rédacteur en chef adjoint à un magazine dans les années 90. Il est passionné de technologie, mais il s’est avéré très bon en vidéo. La co-animatrice, Veronica, c’est une jolie femme, une vraie geek. Elle travaillait avant à CNET ici à San Francisco et elle faisait des critiques de gadgets. Elle aussi sait parfaitement comment parler à une audience. Elle a des tas de followers sur Twitter, sur Instagram. C’est ça le type de gens qu’on recherche.

    Alice GILLET :C’est comme ça que vous avez construit votre communauté qui est d’ailleurs énorme ?

    Jim LOUDERBACK :Oui, la communauté commence toujours avec l’animateur télé. Les gens aiment regarder une émission parce que l’animateur devient comme un ami et ensuite parce que le sujet les passionne. Après, ils découvrent les autres téléspectateurs. Donc, on est une grande communauté qui est découpée en plus petites communautés pour chacune de nos émissions, Tekzilla sur les nouvelles technos, Destructoid sur les jeux vidéo, Film Riot sur les films indépendants, nos émissions sur les BD, etc.

    Alice GILLET :Vous avez aussi pas mal de social features en ligne. J’imagine que ce côté social, ça compte énormément pour construire une audience.

    Jim LOUDERBACK :Vous savez, tous les médias sont profondément sociaux. Quand je faisais des magazines, on avait la lettre au rédac chef qui aidait à animer notre communauté. Le Web, c’est la communauté sous stéroïdes. Tous les outils sociaux du Web permettent à nos animateurs d’interagir avec leur public. Avant quand je bossais dans la télé traditionnelle, on créait une émission, on bossait très dur, on la diffusait et notre boulot était terminé. Aujourd’hui avec la vidéo en ligne, vous travaillez comme un fou, vous publiez votre vidéo et votre journée commence à peine parce que 40 % de votre temps, vous allez le dédier à interagir avec votre audience en ligne. La différence entre télé traditionnelle et WebTV, elle est là. Quand vous faites de la vidéo, une fois que vous avez terminé de produire votre contenu, votre journée ne fait que commencer.

    Alice GILLET :Est-ce que vous avez mine de rien des bonnes pratiques de ce monde de la télévision traditionnelle que vous avez pu apporter et injecter dans votre travail à Revision3 ?

    Jim LOUDERBACK :Oui, absolument. Première chose, il faut une très bonne qualité sonore. On peut croire que parce que c’est de la vidéo, l’image est ce qui compte le plus, mais non. Si ça pêche au niveau du son, vous n’aurez jamais une bonne vidéo. S’il y a une chose dans laquelle investir, c’est un matériel audio de très bonne qualité. Ensuite, pareil pour l’image, il faut aussi que ce soit de bonne qualité. Nous, on fait tout en HD avec différents angles de caméra, on fait attention même aux couleurs. Le plus important, c’est avoir quelqu’un avec qui le public peut s’identifier.

    Alice GILLET :La Web télévision, est-ce que c’est le futur de la télévision ou est-ce que ça complète la télé traditionnelle ?

    Jim LOUDERBACK :Au moins, c’est un complément à la télé traditionnelle. Si vous regardez l’histoire des médias, quand un nouveau média apparaît, ça ne détruit pas les médias traditionnels, mais ça les fait évoluer. En fait, moi je vois trois types de contenus vidéo bons pour le Web. D’abord, le contenu qu’on aime regarder avec une grande communauté. Ça peut être des matchs sportifs, des cérémonies comme les oscars ou des séries comme Game of Thrones. Deuxièmement, le contenu personnel et plus intime que vous avez envie de regarder tranquille à la maison. Au moins, ça va se développer sur les tablettes comme l’iPad. C’est comme s’installer avec un bon bouquin. Maintenant, on va s’installer avec son iPad et une bonne vidéo. Le reste, c’est plutôt le contenu de fond sonore comme les news ou ce qu’on écoute en faisant toujours quelque chose d’autre en même temps.

    Alice GILLET :Vous êtes sur plusieurs écrans, vous ?

    Jim LOUDERBACK :Oui, on est sur plusieurs écrans. Vous savez, Cisco a récemment publié une étude qui prévoit qu’en 2016 aux États-Unis, les gens auront en moyenne huit appareils connectés à Internet. Huit. La plupart de ces appareils auront un écran. Autrement dit, on aura tous l’équivalent de huit télévisions, des grands écrans et des petits écrans. A Revision3, on veut s’assurer qu’on apporte une expérience géniale sur chacun de ces écrans.

    Alice GILLET :Nous effectivement, on va regarder Revision3 en France. Mais quand est-ce que vous parlez des start-ups européennes ? Vous prévoyez un show sur ce sujet ?

    Jim LOUDERBACK :J’adorerais faire ça. J’étais à Berlin il n’y a pas longtemps, la scène start-up là-bas est incroyable. Ça bouge aussi à Paris, à Londres, à Prague. Pour l’instant, nous on va se concentrer sur les États-Unis. Par contre, si ce qu’on fait vous inspire, vous devriez faire comme nous et lancer une WebTV dans votre langue. Why not ?

    Alice GILLET :Thank you, Jim LOUDERBACK. Je remercie Jim LOUDERBACK qui est CEO de Revision3. Thank you.

    Jim LOUDERBACK :Thank you, merci beaucoup.

    François SOREL :Alice, merci. On revient dans un instant, direction la rédaction de 01net.com. A tout de suite.

  11. 11 - News 01 Net

    Le traité ACTA enterré par l'Union Européenne
    Rumeur: Apple serait en train de développer un iPad mini
    Apple reste propriétaire de la marque iPad pour 60 millions de dollars
    L'ancien PDG d'Orange mis en examen pour harcèlement moral
    Facebook, évitez d'être laide sur les photos de vos amies
    Roaming en Europe: les tarifs vont baisser

    News 01Net du 7 juillet 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business comme tous les week-ends, l’actualité high-tech que vous pouvez suivre le samedi et le dimanche sur BFM Business et puis après en podcast bien évidemment sur atelier.net, mais aussi sur le site bfmbusiness.com. Petit détour par la rédaction de 01net justement, c’est Pierre FONTAINE qui nous rejoint cette semaine. Bonjour, Pierre.

    Pierre FONTAINE :Bonjour.

    François SOREL : Vous êtes journaliste à 01net et on va survoler quelques-uns des titres d’actualité qu’on a pu lire sur ce site. On va commencer par le traité ACTA que l’Union Européenne a enterré cette semaine, on peut le dire.

    Pierre FONTAINE :Voilà, le Parlement européen après beaucoup de remous aussi bien d’un point de vue, on va dire, du peuple où il y avait eu beaucoup de manifestations à travers l’Europe qui étaient contre ce traité...

    François SOREL : Oui, il y a eu beaucoup de manifestations contre, on va dire.

    Pierre FONTAINE :Voilà.

    François SOREL : On rappelle ce que c’est le traité ACTA.

    Pierre FONTAINE :L’ACTA, c’est un accord commercial anti-contrefaçon. Ce n’est en fait pas commercial, c’est un accord qui visait à faire que des pays s’unissaient pour lutter contre la contrefaçon aussi bien de biens pharmaceutiques que de produits high-tech que de logiciels, etc. Le problème, c’est que ça avait des répercussions très lourdes qui menaçaient certains aspects centraux de ce qu’on appelle la démocratie tout bête. Ça mettait en péril par exemple des droits aussi essentiels que le droit de grève ou que la liberté d’utiliser certains logiciels. Donc, le Parlement européen a très largement... il y a eu 478 voix contre, 39 pour et 165 abstentions. Alors, on se demande pourquoi on s’abstient, mais peu importe. En tout cas, il y a une très forte majorité qui a refusé de ratifier ce traité qui avait déjà été par ailleurs signé en janvier dernier par certains pays, dont la France, ce qui fait que le traité est caduc dans tous les pays de l’Union Européenne.

    François SOREL : Voilà, ACTA meurt de sa belle mort, on va dire.

    Pierre FONTAINE :Voilà.

    François SOREL : On poursuit avec des rumeurs qui circulent sur le Web depuis quelques heures maintenant. Apple serait en train de fabriquer un nouvel iPad, Pierre.

    Pierre FONTAINE :Oui, un nouvel iPad. On l’appelle l’iPad mini par commodité parce qu’il serait plus petit que l’iPad actuel qui a à peu près une diagonale de 9 pouces. Là, ce serait une diagonale qui serait un petit peu inférieure à 8 pouces, donc plus petit. Qui dit plus petit dit moins cher. Les rumeurs, ce n’est pas n’importe qui les colporte...

    François SOREL : Oui parce que les rumeurs concernant Apple, il y en a toutes les secondes à peu près.

    Pierre FONTAINE :Voilà, il y en à peu près...

    François SOREL : Pourquoi celle-là remonte et est crédible ?

    Pierre FONTAINE :Celles-là remontent parce qu’elles sont validées, approuvées, par deux grandes pointures de l’information qui sont Bloomberg que tout le monde connaît et le Wall Street Journal que tout le monde connaît également.

    François SOREL : Qui sont la plupart du temps bien informés.

    Pierre FONTAINE :Voilà. Ces deux institutions du journalisme ont eu des sources croisées qui pointent dans cette direction. Pour l’instant, on n’en sait pas beaucoup plus. On sait en tout cas qu’a priori, il semble certain que cet iPad mini n’aura pas un écran Retina, c’est-à-dire un écran super HD. Mais en revanche, il sera effectivement moins cher. Les rumeurs parlent d’un prix s’étalant entre 250 et 300 $.

    François SOREL : L’objectif bien évidemment, c’est d’essayer de couper l’herbe sous le pied du fameux Nexus 7.

    Pierre FONTAINE :Nexus 7.

    François SOREL : La tablette de Google qui a été annoncée il y a quelques jours.

    Pierre FONTAINE :Voilà, et l’éventuel Kindle Fire 2 qu’Amazon ne manquera pas de lancer prochainement pour essayer de rebooster ses ventes qui se sont quand même très étiolées après la période des fêtes. Et puis évidemment, il y a aussi en perspective lointaine, même si ce n’est pas du tout la même dimension d’écran, la Surface de Microsoft.

    François SOREL : De Microsoft, oui. Voilà, une nouvelle taille d’écran pour l’iPad et Apple sans doute proposera un appareil moins cher qui permettrait justement de jouer dans ce segment des 7-8 pouces, c’est ça, visiblement.

    Pierre FONTAINE :Voilà, c’est ça.

    François SOREL : On vous tiendra au courant. La rentrée risque d’être assez chaude.

    Pierre FONTAINE :L’annonce pourrait se faire en même temps que l’iPhone 5 pour octobre a priori, début octobre.

    François SOREL : Que l’iPhone 5, voilà, oui. Dites-moi, on aura du grain à moudre visiblement.

    Pierre FONTAINE :On aura du pain sur la planche.

    François SOREL : Tiens, on reste justement avec Apple, Apple qui a des petits soucis avec ses marques. Vous savez que la propriété intellectuelle des marques, c’est quelque chose dont on ne rigole pas. Il semblerait que justement Apple a eu des problèmes avec la marque iPad et maintenant avec une autre marque emblématique de la pomme.

    Pierre FONTAINE :Depuis décembre dernier, il y avait eu un combat assez acharné entre Apple et une société chinoise qui s’appelle Proview Technology qui pour la petite anecdote n’allait pas bien d’un point de vue économique et qui a attaqué Apple sur l’utilisation de la marque iPad qu’Apple avait achetée pour le monde entier sauf la Chine. La Chine fonctionne de manière assez particulière par rapport aux marques déposées, ce qui fait qu’Apple avait le droit d’utiliser la marque iPad partout dans le monde sauf en Chine. Quand ils sont arrivés en Chine avec l’iPad évidemment, ça a créé des problèmes.

    François SOREL : Il y avait une marque qui avait déjà déposé ce nom-là.

    Pierre FONTAINE :Voilà, Proview Technology qui avait déposé cette marque. Donc, il y a eu des combats acharnés d’un côté et d’un autre. Finalement, ça s’est soldé à l’amiable par un chèque de 60 000 000 $. Apple a fait un virement de 60 000 000 $ à la marque, à l’entreprise Proview.

    François SOREL : Pour Apple, c’est un pourboire.

    Pierre FONTAINE :Oui, c’est de l’argent de poche pour le moins, on va dire, ou pour la journée. Mais le problème qui a été souligné par beaucoup d’avocats et de spécialistes dans le droit des marques, c’est que c’est un petit peu un préalable et que du coup, Apple et les autres marques occidentales risquent de se retrouver de plus en plus souvent confrontées à ce problème : « On vous attaque en justice parce qu’on a déposé une marque de votre produit avant vous sur le marché chinois. On vous attaque en justice et soit vous payez, soit vous avez un procès où vous risquez de perdre ». Il y a eu un exemple qui prouve que c’est bien le cas et que cette inquiétude était fondée, la marque Snow Leopard qui était Mac OS 10.6, Snow Leopard, je ne sais plus comment on le dit en chinois, de toute façon, je ne ferais pas l’affront de le prononcer parce que c’est compliqué...

    François SOREL : Zut, ça aurait été sympa, Pierre.

    Pierre FONTAINE :Oui, je sais, mais je repotasse mon chinois pour la prochaine fois, promis.

    François SOREL : Pour la prochaine fois.

    Pierre FONTAINE :Voilà. La marque Snow Leopard avait été déposée par une entreprise et cette entreprise s’est réveillée il y a assez peu de temps en disant : « Moi, je détiens cette marque sur le sol chinois. Donc, je vous attaque en justice ». Ils sont beaucoup moins gourmands, ils ne demandent que l’équivalent de 80 000 €, mais ils demandent aussi des excuses officielles d’Apple. Pour la petite anecdote, cette entreprise fait aussi un petit peu de high-tech. Surtout son cœur d’activité, ce sont les produits détergents. Mais vu qu’ils vendent aussi des petits écrans LCD, ils sont dans la même catégorie d’Apple, c’est-à-dire la catégorie high-tech.

    François SOREL : Oui, high-tech. C’est étonnant parce qu’on peut dire que Snow Leopard, ce n’est pas une marque qu’on pourrait comme ça imaginer très facilement.

    Pierre FONTAINE :Le produit qui s’appelle Snow Leopard – en chinois, j’ai oublié le nom – est genre un détergent pour faire briller son évier.

    François SOREL : Oui, M. Propre.

    Pierre FONTAINE :Voilà, c’est le M. Propre chinois un peu.

    François SOREL : Voilà, d’où le côté blanc du léopard et tout ça, c’est ça.

    Pierre FONTAINE :J’imagine.

    François SOREL : Sujet un petit peu plus grave cette semaine qui a fait des remous d’ailleurs. C’est l’ancien PDG de France Telecom-Orange, Didier LOMBARD...

    Pierre FONTAINE :Qui a quitté France Telecom en 2009.

    François SOREL : Voilà, qui a quitté France Telecom en 2009. On le sait pourquoi, parce que suite à toutes ces vagues importantes de suicides qu’il y a eu chez France Telecom, il a fallu changer, on va dire, les têtes dirigeantes.

    Pierre FONTAINE :D’après les syndicats. Après, je pense qu’il y a toujours discussion sur les chiffres fournis par les syndicats. Il y avait eu 80 tentatives de suicide ou suicides liées à cette réorganisation très lourde...

    François SOREL : Oui, c’était impressionnant.

    Pierre FONTAINE :Qui impliquait quand même de licencier... il y avait eu 22 000 personnes qui devaient être licenciées, une réorganisation en changement de métier pour 10 000 personnes...

    François SOREL : Un management parfois un petit peu dur.

    Pierre FONTAINE :Et un management très dur où on faisait monter des personnes qui du jour au lendemain se retrouvaient les supérieurs de l’ancien supérieur avec tous les règlements de compte qu’on peut imaginer, vraiment quelque chose de très dur et qui avait vraiment entraîné des suicides.

    François SOREL : Ça, c’était sous le règne de Didier LOMBARD.

    Pierre FONTAINE :Voilà.

    François SOREL : Après, ce n’est pas lui le responsable direct parce qu’on imagine qu’il avait d’autres chats à fouetter.

    Pierre FONTAINE :Sait-on jamais. Lui, il était là pour réorganiser l’entreprise.

    François SOREL : On ne sait pas. Mais en tout cas, par la justice, c’est lui le responsable pénal de tout ça.

    Pierre FONTAINE :Voilà. Donc, il a été mis en examen cette semaine. Il a dû payer une caution de 100 000 €. Il a été mis en examen pour harcèlement moral. La peine pour un harcèlement moral, c’est un an de prison et 15 000 € d’amende, sachant que France Telecom en tant que personne sociale peut elle aussi être...

    François SOREL : Condamnée.

    Pierre FONTAINE :Condamnée, voilà, à une amende pour harcèlement moral.

    François SOREL : C’est assez étonnant comme jugement.

    Pierre FONTAINE :Pour l’instant, ce n’est pas un jugement, c’est une mise en examen.

    François SOREL : C’est une mise en examen, oui, effectivement. On va parler de Facebook maintenant. Attention, si vous utilisez Facebook, les dames font une utilisation de Facebook un peu particulière, notamment les photos.

    Pierre FONTAINE :C’est une petite étude un peu plus légère, un peu plus amusante, que ce qui s’est passé chez France Telecom, on va dire beaucoup plus amusante. C’est une étude qui a montré que sur un panel de 1 500 femmes, au moins un quart de ces femmes ont fait au moins une fois dans leur vie l’acte très cruel de publier en ligne des photos de leurs amies femmes où ces amies femmes sont laides ou complètement en train de loucher, où elles ne sont pas à leur avantage, on va dire.

    François SOREL : Oui, où elles ne sont pas à leur avantage.

    Pierre FONTAINE :Voilà.

    François SOREL : C’est vache, ce n’est pas très sympa.

    Pierre FONTAINE :Le pire, c’est que c’est fait sciemment soit pour se venger soit par déception amicale, sachant que – là, je pense que peut-être certaines femmes qui aiment s’apprêter comprendront la cruauté du geste – deux femmes sur cinq l’ont fait, alors que leurs amies n’étaient pas maquillées. C’est quand même quelque chose d’assez incroyable. Franchement, je trouve ça très humiliant.

    François SOREL : Au réveil, vous imaginez un petit peu, ce n’est pas sympa.

    Pierre FONTAINE :Voilà, c’est quelque chose de très cruel. On pourrait continuer avec les pourcentages et les chiffres, mais c’est vrai que je dirais que la clé reste quand même qu’une femme sur cinq refusent de retirer la photo quand une amie en pleure, vient leur demander de la retirer. Franchement, c’est quelque chose qui vous empêchera de dormir, je suis sûr.

    François SOREL : Cela dit, on peut se détaguer des photos toujours sans avoir l’autorisation de la personne qui les a postées et heureusement d’ailleurs.

    Pierre FONTAINE :Voilà, oui. Facebook n’est pas bête et très prudent, il ne se met pas entre deux femmes qui s’écharpent.

    François SOREL : Non, Mark ZUCKERBERG.

    Pierre FONTAINE :Il dit : « Si ce n’est pas contraire à mon règlement, je ne touche pas à ces photos. Réglez ça entre vous ».

    François SOREL : « Je ne touche pas », voilà. On va terminer par une bonne nouvelle encore, c’est concernant vos communications de téléphone portable à l’étranger que ce soit la voix ou la data. En tout cas pour l’Europe, les prix vont baisser, ont baissé et vont continuer à baisser dans les années qui viennent, Pierre.

    Pierre FONTAINE :Oui, voilà. Régulièrement, il y a la réglementation européenne sur le roaming, c’est-à-dire sur l’utilisation de son téléphone aussi bien en voix qu’en data à l’étranger. Il y a eu une mise à jour au 1er juillet dernier qui fait que tous les tarifs que ce soit pour passer un appel, recevoir un appel ou envoyer un SMS sachant que la réception de SMS est gratuite en zone européenne...

    François SOREL : Voilà, ça a toujours été le cas. Quand on reçoit un SMS, c’est gratuit même dans le monde entier, je crois.

    Pierre FONTAINE :Oui. Les tarifs ont été revus à la baisse. Pour la première fois, il y a eu un plafond qui a été fixé pour le mégaoctet de données à l’étranger qui est maintenant fixé à 70 centimes hors taxe – il faut toujours ajouter hors taxe. Ça évitera d’avoir une facture énorme à la fin du mois, sachant que le plafond a été fixé à 50 € au maximum. Après, on peut régler ce plafond, mais le plafond maximum qu’on peut dépenser à son insu est 50 € en zone euro, précisons-là, parce que par exemple si vous êtes en vacances au Liechtenstein (11:55), ça ne marche pas.

    François SOREL : Ça ne marche pas.

    Pierre FONTAINE :Oui.

    François SOREL : Donc là, il y a une tarification qui est particulière.

    Pierre FONTAINE :Voilà, il faut être dans l’Union Européenne.

    François SOREL : Voilà, c’est ça. Et puis si vous êtes aux États-Unis bien évidemment ou dans les autres pays mondiaux, c’est une autre tarification. Le petit conseil qu’on peut vous donner peut-être si vous vous apprêtez à partir en vacances à l’étranger, c’est d’appeler votre opérateur parce que souvent, il y a des forfaits qui sont proposés justement pour 10, 15 ou 20 € qui vont vous permettre d’avoir un petit peu de SMS, un petit peu de voix et un petit peu de data à l’étranger. Donc, ça vaut vraiment le coup de passer un coup de fil à son opérateur avant de partir.

    Pierre FONTAINE :L’autre solution, c’est de couper la data quand vous êtes à l’étranger sur votre smartphone.

    François SOREL : Voilà.

    Pierre FONTAINE :Vous allez être un peu coupé du monde.

    François SOREL : Mais il y a du Wi-Fi aussi après.

    Pierre FONTAINE :Oui, il y a le Wi-Fi.

    François SOREL : Voilà, c’est ça, on peut trouver du Wi-Fi un peu partout. Merci, Pierre FONTAINE.

    Pierre FONTAINE :Je vous en prie.

    François SOREL : Pierre FONTAINE, journaliste sur le site 01net.com. On revient dans un instant pour la suite de l’Atelier sur BFM Business. On va terminer avec le Silicon Carnet et le Crash Test d’Antoine SIRE comme chaque semaine. A tout de suite.

  12. 12 - Silicon Carnet

    Girls on rails et mes codeuses de la vallée

    SIlicon Carnet du 7 juillet 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique, c’est sur BFM Business. Dans un instant, vous le savez et vous l’attendez ce rendez-vous, leCrash Test d’Antoine. Il va être question de physique visiblement. Donc, accrochez-vous. Mais auparavant, notre Silicon Carnet. Le Silicon Carnet comme chaque semaine, c’est avec Alice GILLET.

    Alice GILLET :Oui, François. Écoutez, ça fait maintenant presque trois ans que j’habite à San Francisco. Des start-ups, des conférences, j’en ai vu, j’y suis allée. Je suis allée aussi dans des incubateurs, des co-working spaces, etc. Il y a quand même une chose qu’on ne peut pas nier, c’est que les nanas sont largement sous-représentées. On est d’accord que... je ne dis pas qu’il n’y a pas de femmes dans les nouvelles technologies, je sais qu’il y a d’ailleurs énormément de femmes qui sont des preuves incontestables de succès. Il y a aussi pas mal de femmes qui disent d’ailleurs qu’elles n’ont jamais senti de différence de traitement entre elles et des entrepreneurs hommes. Tout ça, on est d’accord. Mais moi, je vous assure que quand vous débarquez à une conférence à San Francisco ou dans la Silicon Valley, il y a quand même une grande et même très grande majorité de mecs. Du coup, il y a certaines choses qui sont un petit peu intimidantes quand on est une fille, par exemple débarquer dans un co-working space et être la seule nana. Je ne vous raconte même pas avoir des talons. Là, c’est vraiment la honte. Mais il y a pire encore, c’est de participer à un hackathon. Un hackathon, vous savez ou pour ceux qui ne connaîtraient pas, ce sont ces événements qui se développent en général sur un week-end où pendant à peu près 54 heures. Vous mettez des geeks dans une pièce et vous leur demandez de développer des applications ou des idées de start-up sur un sujet donné ou pour répondre à une problématique particulière. Quand on va en conférence, ça va parce qu’on est spectateur. Quand on assiste à la conférence, on n’a pas besoin de faire autre chose ou de prouver quoi que ce soit. Mais un hackathon, il faut se mettre les mains dans le cambouis et développer une application.

    Là, ça devient un peu plus angoissant quand vous êtes une nana parce que vous êtes à votre ordi avec à côté 150 types qui codent à toute allure sur leur ordinateur. Si vous êtes juste débutante, c’est un petit peu flippant. Apparemment, ce n’est pas le cas uniquement à San Francisco évidemment, mais aussi par exemple en Finlande. En Finlande, il y a un gars et une fille qui se sont dit : « Et si on créait des événements pour les filles ? ». L’idée, ce n’est pas du tout de faire des événements entre filles contre les hommes, ce n’est pas du tout dans cet esprit-là. Ce n’est pas une espèce de féminisme mal placée, c’est un féminisme bien placé. L’idée, c’est de se mettre dans un environnement confortable entre nanas sans pression pour apprendre à coder et donc sans être intimidé par les développeurs hommes qui sont meilleurs et qui peuvent être un petit peu impressionnants. Donc, ce sont des Finlandais qui ont créé un groupe qui s’appelle Rails Girls. Rails, c’est un langage de programmation comme le CSS ou le HTML. L’idée, c’est de rassembler des filles et de faire des petits hackathons plutôt intimistes pour justement leur apprendre à coder. Évidemment, c’est ouvert aux garçons aussi. D’ailleurs, il n’y a pas mal de mentors qui sont des hommes, mais c’est plus focussé sur les filles. Le premier événement de Rails Girls s’est tenu en 2010 à Helsinki et a rassemblé environ 10 femmes. Depuis, ça s’est pas mal développé. Le principe un peu comme les conférences TEDx, c’est que n’importe qui peut organiser un événement Rails Girls dans le monde à condition de respecter un certain nombre de règles et de procédures. Depuis, Rails Girls a organisé des hackathons à Shanghai, à Singapour, à Berlin, à Cracovie et récemment à San Francisco. Malheureusement, je sais que c’est une mauvaise chute pour cette chronique, mais je n’ai pas pu y aller. Mais j’ai envoyé quelques-unes de mes copines qui m’ont dit que c’était assez génial. Donc conclusion, pour toutes les nanas qui nous écoutent et qui ont envie d’apprendre à coder, allez-y, regardez Rails Girls, regardez leur site et pourquoi pas organiser votre propre événement à Paris ?

    François SOREL :Alice, merci.

  13. 13 - Crash Test

    Boson de Higgs

     

     

     

    L’ATELIER NUMERIQUE, BFM BUSINESS

    Crash Test du 7 juillet 2012

    François SOREL : Après donc le Silicon Carnet, place au Crash Test d’Antoine pour conclure cet Atelier Numérique. Antoine, vous voulez rendre aujourd’hui un hommage à quelqu’un qui le mérite.

    Antoine SIRE :Oui. Peter HIGGS parce que Peter HIGGS c’est...

    François SOREL : Il n’est pas inconnu Peter HIGGS.

    Antoine SIRE :Peter HIGGS ce n’est pas X c’est HIGGS : H-I-GG-S. Et ça nous a tellement fasciné, cette nouvelle de la découverte du boson de HIGGS cette semaine.

    François SOREL : Mais Jean De CHAMBURE aussi complètement.

    Antoine SIRE : : Que Jean avait aussi prévu.

    François SOREL : Mais je le sens bouleversé.

    Antoine SIRE : Tiens mais alors Jean, expliquez-nous ce que c’est que le boson de HIGGS parce qu’au fond c’est ça le truc le plus...

    François SOREL : Voilà. on vous laisse tout seul, on ferme le studio et on baisse la lumière.

    Antoine SIRE : Le truc le plus compliqué c’est quand même ça.

    François SOREL : Ce n’est pas très camarade, Antoine.

    Jean De CHAMBURE : Je vais faire court parce qu’il y a beaucoup de choses à raconter quand même. Simplement c’est une particule qui a été imaginée dans les années 60 – c’est déjà un certain historique, c’est comme un bon vin – qui permet d’expliquer pourquoi les autres particules ont une masse. Donc c’est une information extrêmement clé, fondamentale.

    François SOREL : Je crois qu’Antoine n’est pas tout à fait d’accord. Antoine, vous vouliez réagir.

    Jean De CHAMBURE :C’est une théorie de l’infiniment petit, donc c’est une particule qui explique les autres particules si je fais très très court.

    Antoine SIRE : Exactement. C’est le chaînon manquant de l’évolution des particules.

    Jean De CHAMBURE :Sauf qu’elle est très compliquée à trouver et que les orpailleurs en Guyane par exemple ont beaucoup plus de chance de trouver de l’or que la physique de trouver cette fameuse molécule parce que – Antoine va l’expliquer – c’est très très compliqué et on y est arrivé. Franchement, c’est une découverte incroyable.

    Antoine SIRE : Parce que vous savez qu’il y a une théorie qui est la théorie du Big Bang. Et donc la théorie du Big Bang aurait donné naissances aux choses quoi, au fait que les choses ont un poids, une matérialité, une existence. Et dans cette théorie du Big Bang, il existait un manque. On disait : « Oui, mais si il n’y a pas un truc, si il n’y a pas un truc précis, le Big Bang n’a pas pu transformer ce bang en un monde quoi », en gros.

    François SOREL : C’est un peu comme si on oubliait le sel dans l’eau des pâtes quoi ! Ce n’est pas bon.

    Antoine SIRE : Non, parce qu’il y a des pâtes quand même. Non, là c’est plutôt si on oubliait ...

    François SOREL : Si on oubliait l’eau quoi pour faire les pâtes.

    Antoine SIRE : Voilà. c’est plutôt ça. Et donc finalement...

    François SOREL : J’essaie d’imager pour ceux qui sont nuls en physique comme moi.

    Antoine SIRE : C’est quelques notes dans un océan de bruit.

    Jean De CHAMBURE :Ça je trouve que c’est une image qui est bonne.

    François SOREL : Et oui, quelques notes en plus.

    Antoine SIRE : Et donc finalement, cette théorie qui éclaire la structure fondamentale de la matière a été émise il y a environ une vingtaine d’année par Peter HIGGS qui est un scientifique anglais qui était entouré de savants belges. Sauf que quand il a fait cette théorie, personne n’imaginait qu’un jour on arriverait à prouver l’existence du boson de HIGGS. Il a dit « Il doit y avoir un truc, ça doit être le boson » et voilà. et jusqu'à présent, ça n’avait pas été découvert. Et donc ce qui est extraordinaire c’est que c’est le grand collisionneur de Hadrons – donc le grand collisionneur, évidemment c’est une machine absolument diabolique – qui est aux Cern, l’Organisation Européenne pour la Recherche Nucléaire, qui donc aurait découvert, grâce à cette machine. Je rappelle que le Cern c’est aussi là que travaillaient les inventeurs du web. Donc ce Saint Graal des particules, de la physique des particules, ce chaînon manquant, aurait donc été découvert. Voilà.

    François SOREL : Et bien dites-moi. Alors là, franchement, regardez, on reste sans voix. Frédéric a baissé son casque. Il a laissé tomber son casque d’ailleurs.

    Jean De CHAMBURE : Il y a une intuition très ancienne. Vous savez que quand on parlait de l’univers, Platon disait « La musique des sphères ». Donc là en fait, ça peut s’entendre si ça se transforme en bruits : c’est quelques notes dans un océan de bruits.

    François SOREL : Dans un océan de bruits.

    Jean De CHAMBURE : Voilà, c’est des petites subtilités.

    Antoine SIRE : Alors que sauf que lorsque le boson arrive, la polémique n’est pas très loin. Et donc cette polémique elle est déjà déclenchée. Je l’ai trouvé dans un site futura-sicences.com.

    François SOREL : Il y en a qui disent que ça n’existe pas ou c’est lui qui l’a inventé (03:52).

    Antoine SIRE : Oui, sauf que celui qui dit ça ce n’est pas n’importe qui. C’est Stephen HAWKING.

    François SOREL : Ah oui ! Stephen HAWKING !

    Antoine SIRE : Et oui, voilà. je vous lis ce que dit cet article : « HAWKING perdra-t-il son pari après l'annonce du Cern de la découverte du boson de HIGGS ? La blogosphèrecontinue de se remplir de rumeurs sur la conférence du Cerndu 4 juillet 2012 faisant état des dernières recherches concernant le boson– qui ne s’appelle plus seulement de HIGGS, maintenant il s’appelle le boson – de Brout-Englert-Higgs... (parce que BROUT et ENGLERT ce sont deux savants belges et HIGGS c’est un savant britannique).

    Jean De CHAMBURE :C’est les deux papas de la particule.

    Antoine SIRE : ...On pense savoir qu’une découverte ne sera pas encore annoncée » – Alors en fait elle a été annoncée mais déjà Stephen HAWKING lui disait « Non », etc.. Il faut savoir qu’il y a quelques années, il avait fait sensation en prédisant qu’aucune trace du fameux mythique boson ne serait observée, il en avait même fait comme à son habitude un pari qui, loin d’être une lubie de sa part, reposait sur des calculs de gravitation quantique effectués en 1995. Alors Peter HIGGS ne pouvait pas rester silencieux et avait répliqué un peu irrité : « Je suis très sceptique quant aux calculs de Stephen. Franchement, je ne pense pas qu'ils soient vraiment valables ». Donc là apparemment, Stephen HAWKING aurait finalement – si je puis dire – perdu son pari. Voilà. Donc la première publication d’ailleurs qui est un peu à l’origine du boson de HIGGS remonterait à 1967 et s’appuierait sur des travaux de HIGGS de 64. Donc ça c’est quand même quelque chose, ça fait quand même un moment qu’on cherche.

    François SOREL : Oui, qu’il attend.

    Jean De CHAMBURE :Pour faire un lien juste avec les deux papas belges et Monsieur HIGGS, c’est qu’il y a un Japonais – donc Prix Nobel en 2008 de Physiques – YUISHIRO Nambu qui a compris en fait le lien qu’il y avait entre la théorie de Stephen HAWKING et ce que ces deux scientifiques belges avaient trouvé. Donc c’est lui qui a fait le rapprochement en fait en 2008 (05:49) « Ces travaux que vous êtes en train de faire ça peut se connecter avec cette théorie de HIGGS ». Franchement c’est une belle communauté.

    Antoine SIRE : Franchement, pour nous c’est un peu hermétique mais c’est en même temps assez fascinant et assez poétique. Alors Monsieur HIGGS il n’est pas tout jeune. Il est né le 29 mai 1929 à New Castel, et il paraît qu’en homme modeste il a longtemps grincé des dents à l’évocation du terme « boson de HIGGS ». En tant qu’athé, il n’aime pas non plus l’autre surnom donné à ce boson « La particule de Dieu » parce que certains disent finalement « Le (06:20) de Dieu. L’intervention manquante qui a nécessité pour donner vie à tout ça, c’est le boson de HIGGS. »

    François SOREL : Oui, c’est le geste de Dieu qui...

    Antoine SIRE : Désolé pour nos auditeurs scientifiques, nous n’avons donné aucune explication scientifique dans ce Crash test. C’est tout à fait hors de notre portée. Mais donc nous essayons avec notre mince ignorance, avec tout notre body langage d’essayer de faire comprendre que c’est – oui, elle est vraiment à la radio le body langage – ... nous essayons de faire comprendre à nos auditeurs combien cette découverte est importante.

    François SOREL : Oui, et bien dites-moi. Franchement, ça mériterait parfois qu’on ait des caméras dans ce studio. Qu’en pensez-vous mon cher Antoine ?

    Antoine SIRE : Tout à fait.

    François SOREL : Très bien. Et bien voilà pour ce Crash test . La suite au prochain numéro puisque la semaine prochaine vous nous ferez – comment dirais-je ? – la version revisité, non, du boson de HIGGS. Vous n’avez pas envie ?

    Antoine SIRE : Non. Boson is back.

    François SOREL : Boson is back.

    Antoine SIRE : Boson boson !

    François SOREL : Boson, boson. Voilà. l’Atelier Numérique est terminé. C’est les vacances que voulez-vous ! Donc nous sommes encore... oui, on est déjà un petit peu en vacances même si nous serons là tout le mois de juillet et tout le mois d’août avec toute une série de best off. L’Atelier est terminé donc. On se retrouve la semaine prochaine, on sera là samedi et dimanche. D’ici là n’hésitez pas à nous écrire et puis à nous suivre, à réécouter les émissions sur www.atelier.netou sur le site de BFM Business. Portez-vous bien. Très bon week-end à vous tous.

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