L'atelier numérique

Deux heures d’émission entièrement dédiées à la transformation digitale des entreprises, et à l’impact du numérique sur nos façons de vivre et de travailler.

n°433 Emission du 14 Juillet 2012


Sommaire de l'émission

  1. 1 - Présentation, sommaire et e-news

    Garder sa place grâce à Zenpark
    La Smart Touch Control
    EyeMusic: traduire les couleurs en sons par des lunettes à destination des aveugles
    Les e-déchets: des détritus qui valent de l'or

    Présentation et news du 14 juillet 2012

    François SOREL : Bonjour à tous. Bonjour à tous et bienvenue dans cet Atelier Numérique, l’Atelier Numérique de l’été. Nous sommes ravis de vous retrouver pour deux heures dédiées aux nouvelles technologies avec, à mes côtés, eh bien écoutez, pour une fois la parité est entièrement respectée, en tout cas pour ce bonjour, puisque nous avons d’un côté Lila MEGHRAOUA et Mathilde CRISTIANI. Bonjour mesdemoiselles.

    Lila MEGHRAOUA :Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :Bonjour, mon Dieu !

    François SOREL :Ce n’est pas beau ça, à l’unisson Jean De CHAMBURE, on a de la chance quand même tous les deux.

    Jean De CHAMBURE :Oui, parité, synchronisme, parfait !

    François SOREL :C’est formidable ! Jean De CHAMBURE qui est à mes côtés aussi, et qui, vous le savez, est dans l’Atelier depuis de nombreuses années.

    Jean De CHAMBURE :Je suis dedans maintenant !

    François SOREL :Vous êtes sur l’Atelier et dans l’Atelier, voilà l’un des historiques de l’Atelier. Ça ne nous empêchera pas de retrouver un autre historique tout à l’heure que vous connaissez bien, c’est Antoine SIRE qu’on retrouvera pour le CyberGadget mais aussi pour le Crash Test consacré à Louis ARAGON. Quoi d’autre ? Eh bien le Dico Facétieux du net, bien sûr notre rendez-vous avec le Camping, notre Enquête de l’Atelier, on évoquera les technologies et les réseaux pour repeupler les zones rurales. Vous verrez, il y a des initiatives très intéressantes menées sur ce sujet. Notre Start-up de la semaine, notre WebStratégie. Nous irons en Chine aussi avec Renaud EDOUARD-BARAUD, on évoquera la fabrication de vêtements sur mesure, fabriqués en Chine, vers la France aussi, c’est du shopping personnalisé. Notre Dossier de l’Atelier depuis San Francisco. Pascal SAMAMA, rédacteur en chef adjoint du site 01net.com, nous rejoindra tout à l’heure, on survolera l’actualité high-tech lue sur 01net, et puis donc Silicon Carnet et Crash Test. Voilà, vous savez tout, je vous souhaite de passer deux bonnes heures bien agréables en notre compagnie. Bonnes vacances aussi à vous toutes et à vous tous en ce week-end du 14 juillet, mine de rien. Et on commence par l’Actualité vue par toute l’équipe de l’Atelier. Et on commence par Mathilde CRISTIANI.

    Mathilde CRISTIANI :Eh bien, très bien François SOREL.

    François SOREL :Vous avez vu, c’est beau comme ça hein !

    Mathilde CRISTIANI :N’est-ce pas ? Très bien. J’avais envie de vous parler, vous savez, avec le prix des voitures, la cherté et la rareté des places, il y a de plus en plus de modèles qui se développent autour de la voiture. Jean avait reçu récemment… c’était Zilok et Cityzencar qui proposent de la location de voiture entre particuliers. Il y a une autre start-up qui est très très intéressante, qui s’appelle Zenpark, et en fait il propose d’utiliser des places de parking privé, donc des places de parking proposées par des bailleurs, mais aussi par des universités, des hôpitaux, des entreprises, et qui peuvent… et qui sont souvent inutilisées alors que quand on veut une place de parking publique, c’est impossible à trouver.

    François SOREL :Oui, parce qu’elles sont publiques, donc tout le monde les prend.

    Mathilde CRISTIANI :Exactement. Et là donc du coup, parfois on a des tonnes de places vacantes mais qui sont privées donc on ne peut pas y accéder. Et en fait ce qu’ils proposent…

    François SOREL :Il faut faire comme Jean, se garer sur le trottoir en fait.

    Mathilde CRISTIANI :C’est ça.

    François SOREL :C’est pratique !

    Mathilde CRISTIANI :Ça peut être cher aussi si on se fait enlever la voiture.

    Jean De CHAMBURE :C’est-à-dire que je marche sur le trottoir mais je ne me gare pas. Je suis un utilisateur des transports en commun.

    Mathilde CRISTIANI :Ça c’est une autre solution qui est aussi assez intéressante effectivement. Mais si vous prenez quand même votre voiture, là le système, je trouve, est très très bien fait. Donc vous avez une application mobile, vous regardez s’il y a des partenaires de Zenpark à côté qui propose une place. Si jamais ils le font, vous, comme vous participez à Zenpark, vous avez une sorte de petite télécommande. Zenpark, de son côté, a installé sur le parking privé un système d’ouverture qui ne demande aucune modification du système normal, et sur chaque place il y a une sorte de petit capteur qui voit si la place est libre ou pas, et si elle est libre, vous la réserve pendant 10 min. Voilà, donc ça vous laisse le temps d’arriver, et après vous installez, et vous ne payez donc qu’un tarif horaire qui est plus ou moins celui des parkings normaux. Donc c’est un peu moins cher mais pas énorme, et vous avez votre place, et l’entreprise, l’hôpital, l’université gagnent aussi de l’argent sur ces places.

    François SOREL :… gagnent de l’argent, d’accord. Et j’imagine qu’il y a partage de revenus.

    Mathilde CRISTIANI :Et donc (03:36) se rémunèrent au milieu, voilà, c’est ça, en prenant une commission. Je trouve que c’est vraiment très bien.

    François SOREL :Oui, il y avait aussi une autre application qu’on avait évoquée il y a quelque temps de cela, dans l’Atelier…

    Lila MEGHRAOUA :Oui c’était Antoine oui.

    François SOREL :… qui était assez amusante, où par exemple si vous détectez qu’il y a une place de libre, vous le signalez sur votre appli mobile, comme ça tous les gens qui ont le même appli et qui sont dans le quartier savent qu’une appli… non pas une appli, mais une place vient de se libérer.

    Mathilde CRISTIANI :Oui, ça c’est très bien, mais alors vu la rapidité à laquelle les places libérées se reremplissent, il faut être super rapide quand même !

    François SOREL :Voilà, c’est ça, il faut être très rapide, il faut être vraiment dans le coin.

    Mathilde CRISTIANI :Ou alors il faut utiliser la bonne vieille méthode de bloquer la place.

    Jean De CHAMBURE :Sur le principe, c’est sympa, après dans la réalité, je ne suis pas sûr que ça fonctionne.

    Lila MEGHRAOUA :Mais justement la personne s’engageait à attendre 2 min.

    François SOREL :Voilà, c’est ça. Après, le succès de ce genre d’application c’est qu’il y ait beaucoup de lignes qui s’en servent pour que ça ait un sens, voilà c’est ça !

    Mathilde CRISTIANI :Exactement.

    François SOREL :Mon cher Jean, et après ce sera Lila.

    Jean De CHAMBURE :Alors moi, c’est une sorte de… ce n’est pas vraiment une gadgeto trouvaille, mais c’est un téléviseur assez révolutionnaire !

    François SOREL :Attention, le gadgeto ce sera… non ce n’est pas tout à l’heure, parce que… oui ce sera la gadgeto mais ce sera Antoine qui la fait.

    Jean De CHAMBURE :Ah ben oui. Alors là c’est un téléviseur qui s’appelle… enfin qui est fourni par la marque Samsung.

    François SOREL :Petite marque, petite start-up, PME.

    Jean De CHAMBURE :Alors l’idée de petite PME développée dans un lointain pays.

    François SOREL :Ils débutent, c’est pour ça qu’on les soutient en fait !

    Jean De CHAMBURE :Voilà, ils ont besoin un petit peu de se faire connaître, mes chers amis. Pourquoi est-ce qu’elle est intéressante cette télévision au-delà du fait qu’elle fonctionne avec la voix et avec le geste ? C’est-à-dire qu’au fond, on va pouvoir enfin être devant un téléviseur et ne plus complètement avachi, on va peut-être retrouver une forme de… justement une forme physique en regardant sa télévision.

    François SOREL :Ouh là ! Un peu comme Kinect de Microsoft !

    Jean De CHAMBURE :Ça c’est une nouvelle qui est plutôt sympathique ! Voilà, il y a quelque chose là-dedans. Effectivement, on se rappelle qu’en 2010 Microsoft lançait la Kinect. L’année d’après, Apple lançait avec l’iPhone 4S la possibilité de faire des commandes avec Siri etc., de faire des commandes de reconnaissance vocale, donc des commandes vocales sur son téléphone. Eh bien, on couple tout ça, ça donne la Smart Touch Control, donc c’est une télécommande qui est fournie avec votre fournisseur… enfin avec votre téléviseur pardon Samsung, et qui vous permet de lui parler. Vous pouvez lui dire donc « contrôle vocal », vous pouvez lui dire « augmente le volume », voilà, avec les quelques mots-clés assez simples. Il n’y a pas encore de reconnaissance du langage naturel. C’est dommage, mais vous pouvez donc agir sur votre téléviseur, donc ça c’est bien, avec votre voix, et aussi avec vos gestes. Donc vous pouvez, pour l’instant, faire un certain nombre de choses qui sont assez basiques mais qui, je l’imagine demain, vont devenir de plus en plus intéressantes. Donc on pourra très probablement… ben aujourd’hui là, c’est la (05 :59), ça fait bouger un curseur le poing fermé, valider une action, et après on va pouvoir zoomer, on va pouvoir plonger dans les images, on va pouvoir faire de l’interaction. Ça va être révolutionnaire, ça va être extraordinaire.

    François SOREL :Oh, Jean De CHAMBURE dans la télé !

    Jean De CHAMBURE :Non, moi j’y crois beaucoup à ça parce que franchement parfois, nos téléviseurs nous endorment un peu. Je ne dis pas que intellectuellement, mais aussi un peu physiquement. Là c’est une bonne façon de se réveiller. Donc le Samsung, il s’appelle ES8000. C’est un téléviseur qui a 46 pouces et qui coûte, avec un euro en moins, 2 000 euros.

    François SOREL :D’accord. Eh oui, c’est vrai que ça c’est du marketing.

    Jean De CHAMBURE :Psychologiquement en 1999 c’est bien joué !

    Mathilde CRISTIANI :On est plus léger au niveau de la bourse aussi après !

    François SOREL :Si j’ai bien compris Jean…

    Jean De CHAMBURE :C’est un régime complet ! Vous avez raison Mathilde.

    François SOREL :Jean, si j’ai bien compris, on va parler à sa télécommande. Donc au début on va passer pour un débile, non quand même, au début.

    Jean De CHAMBURE :Il y a des modèles disponibles un peu moins chers. Pardon !

    François SOREL :Si j’ai bien compris, on parle à sa télécommande là !

    Jean De CHAMBURE :Oui voilà, on transmet l’information à son téléviseur.

    François SOREL :Au début, notre entourage va nous prendre un peu pour un débile !

    Jean De CHAMBURE :Un peu oui, c’est ça, ils peuvent vous prendre un peu pour un débile.

    François SOREL :Mais est-ce que par exemple quand on…

    Jean De CHAMBURE :Mais j’y crois juste au geste à vrai dire, mais on peut faire les deux. Pour des gens qui sont un petit peu tout seuls, qui veulent parler, pourquoi pas hein !

    François SOREL :D’accord, oui oui, bien sûr ! Mais est-ce qu’on peut par exemple, quand on zappe, vous savez, la télé, par exemple, durant les soirées, ça a dû vous arriver, on se rend compte qu’il n’y a rien du tout à la télé. On zappe, on zappe, on zappe, et puis ça devient presque hypnotique vous savez. On zappe, on ne s’arrête plus de zapper.

    Jean De CHAMBURE :Alors, ça c’est terminé !

    François SOREL :Non mais attendez, je termine ! Et alors on zappe, on arrive à la chaîne 256, il n’y a toujours rien, est-ce qu’au bout d’un moment, on peut prendre sa télécommande et lui crier dessus pour dire qu’il n’y a rien à la télé ? Est-ce que ça marche, ça peut servir à quelque chose ou pas ?

    Jean De CHAMBURE :Ah ! ça peut avoir une fonction de (07:26) un peu

    François SOREL :Voilà, ça peut être défouloir !

    Jean De CHAMBURE :« C’est nul ça ! ». Voilà, la télé c’était nul aujourd’hui, et puis après on va se coucher par exemple !

    Mathilde CRISTIANI :Alors il faudrait qu’elle puisse vous répondre en vous criant aussi dessus, et du coup par vengeance éteint la télé, et comme ça vous allez vous coucher.

    François SOREL :Et bien voilà !

    Mathilde CRISTIANI :Des fois on a du mal quand même à appuyer sur le bouton.

    Jean De CHAMBURE :Et la boucle est bouclée ! Une sorte de coach un peu ou un tamagotchi de la télé !

    François SOREL :Ce serait pas mal !

    Jean De CHAMBURE :Qui reçoit vos humeurs !

    Mathilde CRISTIANI :Et après on développe des psychoses et tout va bien !

    François SOREL :Ben alors, vous ne vous disputez plus avec votre femme maintenant, c’est avec votre télé !

    Jean De CHAMBURE :Oui, ça peut être, mais je pense quand même que l’interaction reste un peu floue.

    François SOREL :C’est génial !

    Mathilde CRISTIANI :Quel avenir merveilleux vous nous imprégnez !

    Jean De CHAMBURE :L’interaction reste un peu limitée !

    François SOREL :C’est chouette, la paix des ménages. Lila MEGHRAOUA, une petite news quand même !

    Lila MEGHRAOUA :Oui. Moi je vous propose de rallumer la télévision ou plutôt la vue des aveugles.

    François SOREL :Ça c’est quand même un sacré change !

    Lila MEGHRAOUA :… et ce en couleur.

    François SOREL :En plus !

    Lila MEGHRAOUA :Donc c’est une invention assez… je trouve assez poétique, puisqu’en gros ça se propose de traduire les couleurs, les formes des objets en son. Alors, c’est une invention de l’université en Israël. Alors je ne trouve plus le nom. Ce n’est pas grave !

    François SOREL :Alors ça ressemble à quoi ?

    Lila MEGHRAOUA :Ça ressemble à des lunettes. En gros, sur les lunettes noires, vous avez une webcam. Donc la webcam est dotée fatalement de capteurs. Et donc si vous avez un objet, je ne sais pas, un stylo bleu, alors selon la couleur, si par exemple c’est bleu, l’aveugle va entendre le bruit d’une trompette. Si c’est… selon…

    François SOREL :Donc par exemple il voit la chemise de Jean…

    Lila MEGHRAOUA :Voilà, alors…

    François SOREL :Il va entendre une trompette.

    Lila MEGHRAOUA :Il va entendre une trompette pour avoir la forme…

    François SOREL :Moi aussi d’ailleurs, il entendra deux trompettes.

    Lila MEGHRAOUA :Oui, tout à fait.

    Jean De CHAMBURE :Là c’est plus compliqué parce qu’il y a du carreau là !

    François SOREL :En revanche vous…

    Lila MEGHRAOUA :Moi c’est vraiment compliqué !

    François SOREL :Vous, Lila, il va avoir un problème parce que c’est multicolore là. Je pense que la paire de lunettes tombe en panne tout de suite en fait !

    Lila MEGHRAOUA :Exactement ! Mais mieux, ça ne vous donne pas seulement la couleur, ça vous donne aussi la taille. Là, à partir de là, ça va être selon la modulation du son, la taille, selon si le son est aigu ou pas, ça va vous indiquer si l’objet est grand.

    François SOREL :D’accord, c’est-à-dire qu’il va avoir une interprétation de ce que voit cette webcam, elle va l’interpréter en son.

    Lila MEGHRAOUA :Exactement, en musique.

    François SOREL :Et donc après, quand la personne aura reconnu tous les sons, elle saura ce qui se passe dans son entourage.

    Lila MEGHRAOUA :Voilà !

    François SOREL :C’est incroyable !

    Mathilde CRISTIANI :C’est génial !

    François SOREL :Mais c’est génial ce truc-là ! Alors pour l’instant, c’est quoi, c’est un projet ou on en est où ?

    Lila MEGHRAOUA :Ben là, ça devrait… là ils sont en train de développer une application pour tablette, donc on arrive à…

    François SOREL :à quelque chose d’assez sérieux.

    Lila MEGHRAOUA :A quelque chose de plutôt sympa.

    Jean De CHAMBURE :D’assez étonnant ! Un peu comme une langue des signes mais pour les aveugles.

    François SOREL :Voilà, et automatique en quelque sorte.

    Lila MEGHRAOUA :Et surtout ce qui n’est pas mal c’est que ça a été… les sons ont été choisis par des musiciens pour que l’expérience soit très agréable pour les aveugles…

    François SOREL :En plus.

    Mathilde CRISTIANI :Pour qu'ils puissent imaginer.

    Lila MEGHRAOUA : Exactement.

    François SOREL :Pas mal.

    Lila MEGHRAOUA :Donc voilà, ça s’appelle EyeMusic.

    François SOREL :Très bien, on va suivre ce projet de près. En tout cas, c’est très intéressant. Ma chère Mathilde.

    Mathilde CRISTIANI :Oui alors, la petite news catastrophiste de la semaine.

    François SOREL :Pour terminer bien sûr !

    Mathilde CRISTIANI :C’est plus sympathique, n’est-ce pas ? Vous savez, l’or est vraiment de plus en plus prisé, il y a de plus en plus de gens qui revendent leurs bijoux, on dit que c’est une valeur sûre. Il se trouve qu’il y a aussi de plus en plus d’or dans nos téléphones portables. Alors apparemment, chaque année il y aurait besoin de 320 tonnes d’or et de plus de 7 500 tonnes d’argent pour fabriquer un téléphone portable, ordinateur, tablette et autres produits électroniques.

    François SOREL :320 tonnes d’or, c’est ça ?

    Mathilde CRISTIANI :Oui.

    François SOREL :Enfin cela dit, à l’échelle mondiale, ce n’est pas énorme !

    Mathilde CRISTIANI :Oui, à l’échelle mondiale, ce n’est pas énorme. Le problème c’est que ça représente… en tout ça représente 21 milliards de dollars à peu près de (11:04)

    François SOREL :D’accord, de matières précieuses.

    Mathilde CRISTIANI :Exactement. 16 milliards pour l’or et 5 milliards pour l’argent. Et le problème c’est qu’en fait apparemment, il y aurait seulement 15% de ces métaux qui seraient récupérés à la fin.

    François SOREL :Ouh là !

    Mathilde CRISTIANI :Et qu’il y a quand même 85% qui finissent dans des décharges à la poubelle. Or comme de plus en plus de gens ont des téléphones portables, et donc… dans le monde entier, ça veut dire que ça peut devenir une sorte de grande déchetterie pleine d’or et pleine d’argent. Et donc du coup, c’était pendant la e-West Academy (11 :26) qu’on a donné ces chiffres.

    Jean De CHAMBURE :Peut-être que dans 10 000 ans, les mines d’or, ce sera…

    Mathilde CRISTIANI :Ça sera les décharges publiques peut-être, voilà !

    Jean De CHAMBURE :(11:32) téléphones engloutis.

    François SOREL :Voilà, c’est ça.

    Mathilde CRISTIANI :Et donc du coup ben un intérêt là qu’on peut peut-être trouver sur la récupération… le recyclage des téléphones, ben c’est de miser sur le fait que dedans il y a de l’or et il y a de l’argent, ça peut être un bon argument quand même pour inciter les gens à recycler.

    François SOREL :Très bien. Il est temps maintenant de retrouver notre rendez-vous avec les Ouvertures de l’Atelier. C’est avec Lila MEGHRAOUA comme chaque semaine.

     

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  2. 2 - Les Ouvertures de L'Atelier

    Michel Ocelot, réalisateur

    Les Ouvertures de L'Atelier du 14 juillet 2012

    Lila MEGHRAOUA : Michel OCELOT bonjour.

    Michel OCELOT :Bonjour.

    Lila MEGHRAOUA :Je vais vous poser la question par rapport au dessin. Est-ce que vous dessinez sur tablette graphique ou est-ce que vous êtes resté au papier ? Comment ça se passe ?

    Michel OCELOT :Je dessine plutôt sur papier, mais j’ai pu passer directement du XIXème siècle au XXIème siècle. Je ne m’étais jamais habitué à la palette graphique avec le dessin téléguidé ailleurs qu’au bout de mes doigts, et je me suis acheté une tablette directe et je suis très heureux, parce que je dessine, le trait a du retard mais je m’y fais, et je peux réellement dessiner. Un programme comme Photoshop m’enchante absolument. C’est le rêve de tout graphiste et de tout peintre. J’ai vraiment un plaisir de peintre avec cette manière de faire des décors. Chacun des décors de mes films, c’est une orgie, et ça c’est bon. Et c’est quelque chose qu’on peut vraiment faire avec l’ordinateur beaucoup mieux qu’avec la peinture. La peinture ne disparaîtra jamais ni le dessin, mais je sens que je vais plus loin avec l’ordinateur, parce que j’ai vraiment à ma disposition toutes les couleurs, toutes les valeurs. Je peux me relire autant que je veux, changer autant que je veux et garder tous les états bouleversés. Je pense qu’on va plus loin.

    Lila MEGHRAOUA :On a eu la déferlante 3D dernièrement. Est-ce que c’est une technique que vous utilisez volontiers, vous vouliez juste tester ? Votre position par rapport à cette technique-là.

    Michel OCELOT :Alors ma vie se divise en deux parties, avant Kirikou et après Kirikou. Avant Kirikou, j’ai énormément de mal à avoir accès aux outils pour travailler. Je voulais me tuer au travail et je n’avais pas accès aux outils. Maintenant que j’ai accès aux outils, je vois à l’horizon passer la 3D stéréoscopique, je la saisis et je joue avec. Mais c’est juste le plaisir d’essayer quelque chose de nouveau et de jouer. Et dans Les contes de la nuit, je crois que j’ai assez bien joué, c’est-à-dire que je n’ai pas été esclave de l’outil, j’ai fait de la 3D plate, et je pense que la 3D plate est plus intéressante que la 3D en forme totale, parce qu’elle garde un petit sourire et une petite magie : stéréoscopie parfaitement réaliste, c’est vous et moi, on est très sympathique, on est en full 3D stéréoscopique mais ça ne nous fait ni chaud ni froid. Et il faut trouver autre chose. Et avec mon jeu dans un théâtre d’ombre, et j’ai utilisé volontiers l’espace, mais j’ai laissé tout le monde plat, ce qui fait que le charme existe jusqu’au bout. Je me suis bien amusé avec Les contes de la nuit. Beaucoup de gens m’ont dit : « C’est la première fois que je vois la 3D justifiée », alors qu’elle n’est pas vraiment en 3D.

    Lila MEGHRAOUA :Et votre rapport au Web, est-ce que c’est quelque chose que vous utilisez beaucoup dans votre travail ?

    Michel OCELOT :D’abord j’ai utilisé très tôt le courriel, parce que j’étais, il y a un certain temps, président de l’Association Internationale des Films d’Animation, l’ASIFA, pendant six ans. Et au début j’ai dit « Désormais nous allons communiquer par fax », j’avais l’impression de faire de la science fiction. Mais en très peu de temps, c’est devenu un vieux truc, et puis je me suis aperçu qu’Internet c’est beaucoup mieux, et c’était vraiment un don du ciel pour une association internationale. Puis j’ai dit « Non maintenant ce n’est plus le fax, c’est Internet ». Donc il y avait longtemps que j’utilise le courrier électronique avec beaucoup de satisfaction. Ensuite bon, les moteurs de recherche, c’est sensationnel ! J’ai pitié des gens qui sont nés avec cet outil et qui ne jubile pas autant que moi. Avant Google, pour faire des recherches, ben il fallait être dans une bibliothèque, remplir des fiches, faire la queue, découvrir que ce n’était pas le bon livre, pouvoir le sortir. Et là, sur n’importe quel sujet, j’avais besoin de savoir comment était une râpe à manioc, je tape « râpe à manioc », et j’ai plusieurs modèles. Là je reviens au conte de fée, pour moi c’est un conte de fée, c’est magique et je jubile !

    Lila MEGHRAOUA :Donc finalement le Web comme une énorme salle de jeux !

    François SOREL :Lila merci, on revient dans un instant, la suite de cet Atelier Numérique sur BFM Business. Notre Dico Facétieux du net et puis le CyberGadget d’Antoine SIRE. A tout de suite.

  3. 3 - Le dico facétieux du Net

     Linus Torvalds

     

    Le dico facétieux du web, du 14 juillet 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Merci d’être là. Dans un instant, vous découvrirez le parapluie chanteur d’Antoine SIRE, et croyez-moi, ça s’annonce comme être un grand moment de radio. Je ne vous en dis pas plus. Mais auparavant, autre grand moment de radio, c’est avec Jean De CHAMBURE, et c’est le Dico Facétieux du net. Mon cher Jean, rappelons-le, chaque semaine ou en tout cas régulièrement dans cet Atelier, vous vous arrêtez sur une lettre de l’alphabet, et vous liez tout ça bien évidemment à l’informatique, au numérique.

    Jean De CHAMBURE :Voilà, alors là, j’attaque quand même un sacré morceau !

    François SOREL :J’ai l’impression que vous attaquez un gros morceau !

    François SOREL :C’est Linus TORVALDS !

    François SOREL :Linus TORVALDS. Monsieur Linux !

    Jean De CHAMBURE :Monsieur Linux, le rabot des systèmes d’exploitation.

    François SOREL :Le rabot, pas le Rambo !

    Jean De CHAMBURE :Pas tellement en fait parce qu’il a préféré… ou si, c’est un Rambo, c’est un guerrier de l’idée, c’est-à-dire qu’il a gardé une…

    François SOREL :C’est un guerrier de l’idée, c’est un guerrier du libre ?

    Jean De CHAMBURE :… certaine rectitude mais pas idéologique mais une rectitude dans un choix, ça c’est assez admirable aussi. Mais revenons à ce qu’il a créé, il avait 22 ans. Donc on était le 25 août 1991, et un petit message sur Usenet, qui est désormais évidemment devenu célèbre, posté donc par Linus, annonce en fait la naissance d’un OS, donc un système d’exploitation de sa part, et il voudrait mettre ce système ouvert pour l’achever grâce à des contributeurs externes. Donc voilà l’idée fondamentale de Linux. On commence à lancer quelque chose et ensuite, progressivement, il y a pratiquement 90% de ce qui a été créé qui est lancé, et ensuite il y a les ajustements qui sont faits par les communautés de développeurs. Alors, ça a été quand même une bombe, on peut le dire, pour toute l’industrie informatique. Je me rappelle, il y a eu des phrases terribles par exemple de Steve BALLMER, qui disait « Linux est le cancer de la propriété intellectuelle », il y a vraiment une opposition très forte. Et de l’autre côté, Microsoft a remarquablement utilisé la communauté des développeurs pour justement améliorer ses systèmes, donc ils ont fait quelque part un peu comme Monsieur JOURDAIN (02:03), ils ont fait du Linux sans vraiment le dire. Donc voilà, ça a été une vraie nouveauté, une vraie transformation dans la logique de l’innovation. J’en profite pour faire une petite incidence parce que Steve BALLMER, on pourrait quand même faire une vraie encyclopédie avec ce qu’il a dit, parce qu’il a quand même aussi expliqué que l’iPhone, ça ne marcherait jamais par exemple. On a retrouvé cette semaine, il y avait une citation de BALLMER qui circulait pas mal sur Twitter, enfin un document (02:28) de BALLMER, qui rappelait qu’il y a cinq ans, puisque l’iPhone c’est il y a cinq ans, il dit « Oui bon… »

    François SOREL :Enfin cela dit, on peut dire que voilà, c’était aussi le discours d’un concurrent sur un produit.

    Jean De CHAMBURE :Oui mais parfois se taire peut être utile !

    François SOREL :Oui je pense, mais BALMER c’est quelqu’un de brillant.

    Jean De CHAMBURE :Et c’est un immense manager, vous voyez quand même Microsoft.

    François SOREL :Mais il a ressorti quand même quelque chose de pas mal !

    Jean De CHAMBURE :Oui mais est-ce que les gars de Peugeot disent « Oui, la nouvelle BMW… », enfin je ne sais pas. C’est un peu particulier en tout cas comme mode d’expression. Alors, pour poursuivre, en fait qui a utilisé beaucoup de l’Opensource ? Ça a été évidemment aussi des grands concurrents de Microsoft : IBM, Oracle. Il y a eu des introductions en bourse de sociétés qui fonctionnaient sous Linux, qui ont évidemment marché très fort, notamment dans la bulle Internet. Et pour justement rester fidèle en fait à ses idées, il a toujours voulu développer un certain nombre de technologies, notamment des microprocesseurs qui consomment moins d’énergie. On lui a proposé Red Hat, qui est quand même le numéro un de Linux, on lui a proposé d’entrer dans son entreprise. Il a préféré refuser pour se consacrer vraiment à la philosophie de Linux, et il a rejoint en 2003 la Linux Foundation. Il y a quand même un immense personnage de notre cher univers numérique.

    François SOREL :C’est vrai. Eh bien mon cher Jean, après cet hommage presque émouvant, on peut le dire.

    Jean De CHAMBURE :Et il a commencé avec un commodore.

    François SOREL :Vous vous rendez compte !

    Jean De CHAMBURE :A 11 ans quand même !

    François SOREL :Mais oui. Après tout cela, il est temps maintenant de retrouver un autre grand moment de radio, alors peut-être pas aussi marqué par des génies, mais pourquoi pas !

     

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  4. 4- Cybergadget

     I'm singing in the rain ! : le parapluie chanteur et le parapluie chargeur

     

    Le cybergadget du 14 juillet 2012

    François SOREL : Vous allez nous parler de quoi, d’un parapluie un peu particulier, c’est ça, Antoine ?

    Antoine SIRE :Absolument, le parapluie chanteur.

    François SOREL : Le parapluie chanteur ?

    Antoine SIRE :Oui. Imaginez que ce ne soit pas Gene KELLY qui chante, mais le parapluie.

    François SOREL : Ce serait quand même assez surprenant, je suis d’accord.

    Antoine SIRE :Mais il n’empêche qu’il y a deux geeks berlinois qui se sont amusés lors du Music Hack Day de Hambourg à créer un parapluie qui émet une mélodie lorsqu’il pleut. Comment ça marche ? Il y a une douzaine de capteurs qui sont collés sous la surface de la toile. Lorsqu’une goutte d’eau vient s’écraser sur le parapluie, les capteurs réagissent à la pression de l’eau en créant des mini-charges électriques. Celles-ci sont récupérées par un microcontrôleur qui envoie le tout à des haut-parleurs. Voilà, nous avons une belle musique.

    François SOREL : Étonnant.

    Antoine SIRE :Voilà. Il a été fabriqué en 24 heures. Comme il y a eu pas mal de buzz qui a été créé, les deux compères qui ont créé cet objet vont essayer d’en faire un prototype qui sera éventuellement commercialisable.

    François SOREL : Donc pour l’instant, ce projet ne prend pas l’eau.

    Antoine SIRE :Ce projet ne prend pas l’eau. Il y en a un autre qui ne prend pas l’eau du tout bien que ce soit quand même un parapluie, c’est le parapluie qui recharge les smartphones.

    François SOREL : Ah oui ? Vous nous faites un spécial parapluie là.

    Antoine SIRE :Absolument.

    François SOREL : C’est bien.

    Antoine SIRE :Lui a été lancé par Vodafone cet été dans la plupart des festivals musicaux anglais.

    François SOREL : Vodafone, rappelons, opérateur européen.

    Antoine SIRE :Voilà. Là, c’est un objet, disons, promotionnel. Mais c’est vrai que quand vous assistez à trois jours de festival en plein air, vous avez en général en dehors de la pluie un autre problème qui est la batterie éventuellement de votre smartphone.

    François SOREL : Complètement. Comment fait-on là-bas pour recharger son smartphone ?

    Antoine SIRE :Vodafone vous donne donc le Voda-Brella qui évidemment vous protège de la pluie parce que c’est quand même un umbrella, mais qui capte le soleil à travers les gouttes de pluie pour recharger votre smartphone. En plus, il fait antenne et il améliore le réseau que vous recevez.

    François SOREL : C’est génial ça.

    Antoine SIRE :Oui, le Voda-Brella, c’est une belle idée promotionnelle.

    François SOREL : Mais vous savez que chaque année en fait, les opérateurs qui sont présents sur ces festivals inventent de nouveaux produits. Une année, ils avaient inventé des bottes que les participants pouvaient chausser. Quand ils marchaient en fait, ça faisait recharger aussi une petite batterie que vous branchez après sur votre téléphone et qui rechargeait votre téléphone.

    Antoine SIRE :C’est malin ça.

    François SOREL : Oui, il y a eu plein de petits... En fait, ce festival sert aussi à créer de nouveaux appareils, de nouveaux usages. C’est assez amusant. On récapitule parce que c’est quand même important ce que vous nous dites là, Antoine. Le parapluie qui chante et le parapluie qui recharge les téléphones.

    Antoine SIRE :Absolument, vous avez tout compris.

    François SOREL : Écoutez, voilà, je crois qu’on a fait le tour. Merci beaucoup. On va revenir dans un instant pour la suite de cet Atelier sur BFM Business. On va poursuivre avec notre Petit Détour au Camping comme chaque semaine et puis notre Enquête de l’Atelier. On va parler de numérique pour repeupler, pourquoi pas, les zones rurales. Pas mal d’associations justement travaillent sur ce sujet. Mathilde CRISTIANI nous présente ses invités dans un instant sur BFM Business. A tout de suite.

     

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  5. 5 - Un tour au camping

    Fleex

    Claire CAVRET :Bonjour à tous. Je me trouve actuellement au Camping en compagnie de Guillaume DUPUY de Fleex. Guillaume, tu vas nous présenter ton projet qui t’est venu un peu en regardant des séries télévisées américaines.

    Guillaume DUPUY :Oui, exactement. C’est un dîner un soir où on parlait avec des amis et où on se disait un peu... on passait en revue toutes les choses que nos parents avaient essayé de faire pour nous apprendre l’anglais. On a bien rigolé parce que souvent, ce sont des choses qui sont soit hyper chères soit hyper ennuyeuses et qui marchent souvent assez mal. Le lendemain matin, je suis là dans ma douche en train de me dire que c’est marrant. En fait moi, comment est-ce que j’ai appris mon anglais ? Je réalise que les séries télé, ça a été vraiment l’outil n° 1. Donc, je me suis dit qu’il y avait un truc à jouer, c’est un format qui est de plus en plus publicité. Les gens adorent ça et c’est bourré d’anglais évidemment. En plus de ça, c’est une méthode qui marche. Il y a pas mal de rapports de recherche qui expliquent pourquoi est-ce que les pays nordiques comme la Norvège, la Suède, la Finlande, etc., sont si bons que ça dans les langues et dans l’anglais en particulier. Ces rapports de recherche soulignent le fait que c’est justement parce que leurs programmes télé à eux ne sont pas doublés dans leur langue maternelle, mais sont gardés en anglais et sous-titrés. Rien que ça, des estimations de ces rapports de recherche disent que c’est à peu près équivalent à quatre ans d’apprentissage de l’anglais. Donc, il y a vraiment un truc à faire là-dessus.

    Claire CAVRET :Donc, c’est ce que propose ton équipe de faire... d’ajouter une sorte de couche supplémentaire à une vidéo sur n’importe quel format ?

    Guillaume DUPUY :Voilà, c’est ça. Le but à terme, c’est que vous venez avec votre vidéo. Nous, on vous propose de mettre au-dessus de cette vidéo une couche éducative. Il y a plein de choses dans cette couche éducative. L’outil n° 1, ce sont les sous-titres. La première chose qu’on a mise en place, c’est un mix des sous-titres. C’est une manière de dire que je ne fais pas soit du français soit de l’anglais soit rien du tout. Je fais un mix qui dépend un peu de mon niveau. Si je suis un débutant complet, je vais avoir beaucoup de sous-titres en français et puis quelques-uns en anglais. Ces quelques-uns étant ceux dans lesquels il y a des mots qui sont très fréquents, donc il faut que j’apprenne très vite. Et puis à mesure que je deviens de meilleur en meilleur, il y a de plus en plus d’anglais et puis de moins en moins de sous-titres tout court puisque je dois faire travailler vraiment mon écoute. Il y a ça et il y a le fait que dès qu’il y a un mot que vous ne comprenez pas dans un sous-titre en anglais, vous pouvez poser la vidéo, cliquer sur le mot où vous avez la définition, la prononciation, la traduction. Il y a le fait qu’on essaie de faire aussi un suivi qui est un peu un suivi personnalisé où on va vous pousser des mots et vous proposer d’apprendre cinq mots pour chaque vidéo. Ensuite, les mots que vous avez appris, il y a un historique. Quand vous regardez une autre vidéo et qu’il y a un des mots que vous aviez appris avant, il apparaît en disant : « Tiens, celui-là, tu es censé le connaître. Est-ce que tu t’en souviens ? ». Là, l’utilisateur peut mettre en pause, recliquer, il y a une notion de suivi.

    Claire CAVRET :A long terme, comment ça va se développer Fleex ?

    Guillaume DUPUY :A long terme, il y a plusieurs problématiques. Il y en a une en particulier dont on n’a pas parlé, c’est le contenu qui est évidemment une problématique importante. J’ai parlé des séries télé tout à l’heure, il y a des problèmes de droit évidemment sur les séries télé. Aujourd’hui, on est, nous, sur le catalogue YouTube. On utilise comme contenu les conférences TED. C’est un site de conférences qui est passionnant, qui se déroulent tous les ans aux États-Unis avec des experts de plein de métiers et de pleins de domaines qui viennent parler de leurs spécialités. Tout le catalogue YouTube est un catalogue qui est à notre disposition, mais il faut qu’on ait la vidéo. Ça, c’est bon, chez YouTube, il y a la vidéo. Il faut qu’on ait aussi les sous-titres. Donc là, il y a un travail à faire. On est en train de travailler pour réussir d’abord à avoir plus de contenus vidéo d’YouTube. Là, c’est vraiment travailler sur les sous-titres, avoir des choses qui sont plus funs, des Web-séries, trouver des choses comme ça, et ensuite à plus long terme avoir un produit qui soit compatible avec n’importe quelle vidéo. L’idée, c’est que l’utilisateur vient avec sa vidéo quelle qu’elle soit. Nous, on va soit chercher des sous-titres soit... où qu’ils soient, c’est-à-dire sur la vidéo ou à l’extérieur sur le Web et proposer à l’utilisateur d’utiliser la couche Fleex au-dessus de sa vidéo à lui.

    Claire CAVRET :Merci beaucoup, Guillaume. En espérant que ça aide tous les Français à parler beaucoup mieux les langues. A très bientôt au Camping.

    François SOREL : Claire, merci.

  6. 6 - L'enquête de l'Atelier

    Les techs, pour "repeupler" les zones rurales? Avec Romain Bilowus, en charge du programme Soho Solo à la CCI du Gers et Fabrice Espin, un Solo

    L'enquête de L'Atelier du 14 juillet

    François SOREL : Place maintenant à notre Enquête de l’Atelier. Cette semaine, on va parler de campagne et de numérique, Mathilde.

    Mathilde CRISTIANI :Un petit problème de micro.

    François SOREL : Voilà, ça y est. Même en ville, on a des problèmes de numérique finalement.

    Mathilde CRISTIANI :Oui, tout à fait, exactement. Souvent, on dit que les zones rurales se dépeuplent. Comment faire donc pour attirer les gens ? Il y a eu pas mal de projets qui ont été menés. La technologie, ça peut être quand même un super moyen parce que c’est vrai qu’on peut travailler à distance, on peut accéder à plusieurs services à distance, administratifs, etc. On a trouvé le moyen pour faire venir de plus en plus de gens qui ont envie et qui pourront continuer à travailler, on va dire, de manière tout à fait classique comme ils le faisaient dans une zone urbaine. On va en parler avec le responsable d’un projet qu’on a trouvé super qui s’appelle Soho Solo, la Small Office Homme Office, qui est dans le Gers et qui est mené par Romain BILOWUS qui est en charge du programme à la CCI du Gers. Bonjour, Romain.

    Romain BILOWUS :Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :Et avec Fabrice ESPIN qui est un de ces fameux Solo, qui est ingénieur et qui est responsable de la société Tiria. Bonjour, Fabrice.

    Fabrice ESPIN :Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :Déjà, est-ce qu’on pourrait revenir sur la genèse du projet ? Pourquoi est-ce que vous avez décidé de lancer ce projet et qu’est-ce qu’il est exactement ?

    Romain BILOWUS :C’est un programme qui a été réfléchi par la CCI du Gers en 98, la volonté de recevoir dans le département du Gers des actifs, des néoruraux qui recherchent une qualité de vie, un coût de la vie beaucoup moins important qu’en ville et qui vont pouvoir exercer leur métier, leur activité, depuis chez eux, depuis leur domicile grâce à Internet.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, vous vous êtes dit que là, ça y est, on a les débits suffisants pour leur permettre de travailler à distance.

    Romain BILOWUS :Voilà. Le territoire a été connecté par Internet et on s’est dit qu’il y avait possibilité d’accueillir des populations d’actifs qui utiliseraient l’outil Internet pour télétravailler, travailler à distance.

    Mathilde CRISTIANI :Comment ça se passe ? Ce sont les gens qui font appel à vous ? Qu’est-ce que vous faites pour eux ? Comment est-ce que vous les accompagnez ?

    Romain BILOWUS :A partir de 2008, on a mis en place le programme de manière opérationnelle. Donc, vous voyez, il y a eu 10 ans quand même de réflexion pour construire ce programme. A travers un site Internet, ce que l’on a, soho-solo-gers.com, on leur fournit beaucoup d’informations et on leur propose de rentrer en contact avec nous pour les accompagner dans leur installation dans le Gers, les accompagner à la fois sur le plan professionnel et sur le plan personnel. Sur le plan professionnel, on est sur un accompagnement de la CCI du Gers. Que ça soit un transfert d’activité ou une création d’activité, on accompagne les porteurs de projet. Sur le plan personnel, on a 83 villages qui sont engagés dans notre démarche, 83 villages Soho Solo qui répondent à un cahier des charges et qui ont donc notamment des débits Internet suffisants pour accueillir ces néoruraux.

    Mathilde CRISTIANI :Fabrice ESPIN, je crois que vous êtes un Solo depuis 2006, c’est ça ?

    Fabrice ESPIN :Depuis 2008.

    Mathilde CRISTIANI :Depuis 2008.

    Fabrice ESPIN :Moi, je suis arrivé dans le Gers en 2008.

    Mathilde CRISTIANI :Vous venez d’où ?

    Fabrice ESPIN :Je venais de Paris, j’avais fait 15 ans dans la région parisienne.

    Mathilde CRISTIANI :Qu’est-ce qui a motivé justement cette envie d’aller dans le Gers ?

    Fabrice ESPIN :A la fois de changer de vie et de rythme de vie et à la fois une rencontre familiale. Je faisais des allers-retours tous les week-ends. En arrivant ici, j’ai créé mon activité et j’ai bien entendu senti le besoin de me rapprocher d’autres personnes qui étaient dans le même cas de moi. En cherchant sur Internet, j’ai trouvé le réseau Soho Solo. Donc, je me suis inscrit dès mon arrivée. Grâce à ce programme effectivement, j’ai pu rencontrer d’autres personnes qui avaient les mêmes problématiques que moi. On a plus des informations puisqu’on arrive dans un territoire qu’on ne connaît pas forcément et de trouver des partenaires aussi pour travailler. C’est vraiment...

    Mathilde CRISTIANI :Est-ce que vous l’auriez fait justement si vous n’aviez pas cette certitude qu’il y avait tout cet accompagnement aussi technologique, de pouvoir travailler à distance chez soi sans se dire que la connexion va couper ?

    Fabrice ESPIN :Bien entendu quand je suis arrivé, la première chose que j’ai regardée, ce sont les connexions Internet. Je suis dans l’informatique. Accéder à des serveurs ou même de travailler avec mes clients qui étaient encore parisiens à l’époque, il fallait vraiment une connexion Internet. Donc, c’était indispensable. Le Gers pour l’instant, c’est bien équipé comme ça, ça marche bien. Après effectivement, c’est de travailler avec d’autres personnes. On est quand même isolé, on a une qualité de vie qui est vraiment très bien. En dehors de ça effectivement, il faut travailler en partenariat avec d’autres personnes, rencontrer d’autres personnes et ne pas rester en vase clos.

    Mathilde CRISTIANI :Bien sûr. Romain BILOWUS, tout à l’heure, vous avez dit quelque chose d’intéressant en disant que justement vous accompagniez les gens. Ça veut dire que les nouvelles technologies finalement, c’est le point de départ, c’est le point d’ancrage. Mais après, il y a vraiment tout cet aspect... si on dit juste aux gens « ok, super, vous pouvez télétravailler », ce n’est pas ça qui va forcément faire venir.

    Romain BILOWUS :Non, tout à fait. La connexion Internet, le débit Internet, est un point d’entrée pour ces télétravailleurs, ces travailleurs indépendants comme c’est le cas pour Fabrice. Mais derrière, c’est un véritable projet de vie de ces indépendants de venir s’installer à la campagne et de tout quitter dans leur région d’origine pour s’installer avec femme et enfants dans un territoire rural.

    Mathilde CRISTIANI :Projet de vie, mais aussi vous les accompagnez au niveau du travail.

    Romain BILOWUS :Exactement. On a vraiment l’appui de la Chambre de commerce du Gers et également derrière le relationnel du réseau Soho Solo qui compte 325 membres à ce jour, qui permet d’arriver dans un territoire dans lequel on peut échanger des bonnes pratiques et avoir des retours d’expérience d’indépendants qui se sont installés déjà depuis de nombreuses années.

    Mathilde CRISTIANI :Tout à l’heure, vous avez dit qu’il y avait 83 villages qui étaient connectés. Est-ce que le télétravail peut être possible... est-ce qu’on peut repeupler entre guillemets les zones rurales en profitant des nouvelles technologies ? Est-ce que ça peut encourager les territoires justement à passer au haut débit ou est-ce que quand même pour que ça fonctionne, il faut que les territoires soient déjà bien connectés ?

    Romain BILOWUS :C’est vraiment une dynamique qui a été initiée au sein des 83 villages. Ils ont vraiment mené une réflexion sur eux-mêmes, sur la volonté de vouloir repeupler, de vouloir accueillir des néoruraux, de vouloir réhabiliter l’habitat, l’existant, l’immobilier. C’est une démarche qui a nécessité du temps et qui est totalement possible pour des villages qui se lancent aujourd’hui dans la démarche. Le cercle des 83 villages n’est pas fermé, on accueille en moyenne un à deux villages par an à nouveau dans notre périmètre de villages Soho Solo.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, des villages qui voient l’intérêt et qui du coup investissent pour avoir des...

    Romain BILOWUS :Exactement. Du coup, on se retrouve avec des villages qui ont fait un réel travail de bilan de l’existant. On retrouve dans le site soho-solo-gers.com une fiche par village dans laquelle sont présentés le débit Internet, une présentation du maire, un comité d’accueil – on a entre six et 10 bénévoles dans chaque village d’accueil qui sont nos interlocuteurs pour accueillir des nouveaux arrivants –, une (06:40) et une présentation des services, des commerces et des services publics présents dans ces villages.

    Mathilde CRISTIANI :François.

    François SOREL : Justement, vous parliez de débit Internet, c’est important le débit. Par exemple, on peut avoir quel débit aujourd’hui dans des villages comme ça éloignés ?

    Romain BILOWUS :Ça varie selon l’endroit où on se trouve au sein même du village. Ça peut aller de 1 Mo à 2 Mo en moyenne jusqu’à, je pense, au village de Simorre où on monte facilement à 10-12 Mo. Là, vous êtes dans un village où il y a moins de 200 habitants et vous avez un débit équivalent à une ville comme Toulouse, Bordeaux ou Lyon.

    Mathilde CRISTIANI :Quand on a préparé l’émission, vous me disiez justement que pour les gens qui avaient besoin d’envoyer énormément de données et qui ne bénéficiaient pas d’assez de débit, vous aviez aussi des télécentres, c’est ça ?

    Romain BILOWUS :Exactement, on a mis en place huit télécentres sur le département du Gers. Ce sont des lieux où on retrouve une salle de bureau équipée avec notamment du Wi-Fi, un ordinateur, une imprimante, ce qui fait que le travail indépendant peut se présenter dans ce bureau de manière totalement gratuite, l’avoir à disposition pendant une heure ou une journée et travailler. L’usage qu’on en voit le plus souvent, c’est pouvoir envoyer des gros fichiers quand on est graphiste et que depuis chez soi, la connexion ne suffit pas toujours ou alors s’en servir comme salle de réunion. Quand on est travailleur indépendant ou télétravailleur, on travaille depuis chez soi par définition. Donc, on ne peut pas toujours recevoir le client chez soi. L’idée, c’est de leur offrir un tiers-lieu pour rencontrer leurs clients.

    Mathilde CRISTIANI :Il y a une visée aussi espace de co-working ou pas ?

    Romain BILOWUS :Exactement. On a depuis février un espace de co-working où on a la capacité d’accueillir trois indépendants. C’est sur Auch puisque le télécentre d’Auch est assez grand. On a notamment des salles de réunion et du matériel de vidéoprojection à la disposition des Soho Solo. Normalement en septembre, on ouvre à nouveau un espace de co-working supplémentaire de quatre places plus une cantine. Là, on est sur le principe de la cantine une offre temporaire.

    Mathilde CRISTIANI :C’est quoi le profil de ces néoruraux ? Fabrice ESPIN, vous êtes ingénieur. Est-ce que vos pairs, ce sont un peu les mêmes profils ?

    Fabrice ESPIN :Moi aujourd’hui ingénieur en développement informatique, effectivement, le réseau avec lequel je côtoie aujourd’hui, ce sont soit des graphistes soit des traducteurs. Tout dépend des projets sur lesquels je dois travailler, globalement de l’informatique, traduction, graphisme.

    Mathilde CRISTIANI :Est-ce que justement ces systèmes, ça ne reste pas réservé à une certaine catégorie aussi de profession, Fabrice ?

    Fabrice ESPIN :Là, Romain peut peut-être plus vous en parler. Moi effectivement dans mon domaine, l’informatique du coup offre des possibilités. Le fait de pouvoir télétravailler et accéder à distance à des serveurs, à des données ou à mes clients, ça ne me pose aucun souci. Après, on côtoie lors de certaines réunions d’autres personnes qui ne sont pas du tout dans les mêmes domaines d’activité. Ça peut être de l’artisanat.

    Mathilde CRISTIANI :Éventuellement dans le domaine médical, est-ce que c’est quelque chose sur lequel vous travaillez pour faire venir des médecins par exemple ?

    Romain BILOWUS :Nous, le programme, ça va être vraiment des travailleurs indépendants, des télétravailleurs. Sur les 325 membres qu’on a dans notre réseau et que l’on réunit une fois par mois à travers les clubs, si vous voulez, on retrouve trois grandes familles, la grande famille des métiers liés aux TIC comme Fabrice. On retrouve des consultants SEO, on retrouve des graphistes, on retrouve des personnes qui travaillent dans le développement informatique. On a une autre grande famille qui représente à peu près 40 % du réseau à nouveau où là on a des consultants en ressources humaines, consultants en gestion d’entreprise, audit qualité, etc. Ensuite, on a 20 % où là on a des traducteurs, des photographes, des personnes qui travaillent dans l’audiovisuel, le marketing au sens large, le journalisme et les médias.

    Mathilde CRISTIANI :On va faire des campagnes des néo-Paris, des nouveaux Paris ?

    Romain BILOWUS :Pas spécialement, des néoruraux, néo-Gersois. Mais derrière, on a énormément de personnes de Paris qui rentrent en contact avec nous et de la région du Nord quand on regarde. Ce sont des personnes qui sont à leur compte, installées depuis de nombreuses années et qui ne voient aucun intérêt de rester forcément dans une grande ville pour pérenniser leur activité. Pour continuer leur activité, le Gers est tout aussi bien connecté qu’une grande ville. On a deux aéroports tout autour du département, on a des autoroutes pour rejoindre notamment Bordeaux, Toulouse.

    Mathilde CRISTIANI :Merci beaucoup à tous les deux.

    François SOREL : Merci à tous les deux.

    Mathilde CRISTIANI :Romain BILOWUS, vous êtes en charge du programme Soho Solo à la CCI du Gers. Fabrice ESPIN, vous êtes un Solo et vous êtes ingénieur responsable de Tiria.

    François SOREL : Merci beaucoup, merci à tous les deux. On revient tout de suite pour évidemment continuer cet Atelier Numérique sur BFM Business. On revient dans une minute. A tout de suite.

  7. 7 - Les invités de l'Atelier

    Start-up de la semaine de Frenchweb : Kpsule.me

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business, vous le savez. On vous souhaite un excellent week-end avec nous. Toute l’actualité high-tech, c’est chaque samedi et dimanche sur BFM Business. Notre rendez-vous Webstratégie dans un instant avec Mathilde CRISTIANI. Mais auparavant, notre Start-up de la Semaine en collaboration avec le site frenchweb.fr. On retrouve Marion MOREAU de Frenchweb et Lila MEGHRAOUA.

    Marion MOREAU :Bonjour, François. Bonjour, Lila. Si je vous dis Kpsule en dehors du bouchon de bouteille de bière, ça vous évoque quoi Kpsule ?

    Lila MEGHRAOUA :Le voyage, je ne sais pas, l’espace, aller loin, les étoiles.

    Marion MOREAU :On y est presque, on n’est pas très loin de l’espace. Je vais vous parler de Kpsule en effet aujourd’hui. Kpsule, c’est un truc assez génial dans lequel je suis, je crois, beaucoup. Ce sont deux personnes que j’ai rencontrées il y a un peu plus de six mois qui ont lancé Kpsule. Ils ont lancé tout simplement un outil CMS qui permet d’embarquer du contenu multiforme, vidéos, photos, jeux concours, toutes sortes de contenu, en un seul petit player qui est, figurez-vous, disponible sur n’importe quelle page Web. Par exemple, vous êtes un annonceur et vous avez envie de lancer une campagne. En moins de 72 heures, Kpsule est capable de vous embarquer sur n’importe quelle page Internet du contenu, multi-contenu, sur tous les réseaux sociaux. C’est très nouveau. Ils ont lancé ça il y a quelque temps déjà, ça commence à très bien marcher. Récemment, ils ont conclu une campagne avec Walt Disney pour le prochain film de Pixar et Walt Disney qui va sortir et qui s’appelle Rebelle. Walt Disney leur fait confiance très clairement. En fait, ils ont carrément repris ce concept de capsule où on va complètement retrouver dans une capsule tous ces contenus. On va trouver la bande annonce de ce film Rebelle, les extraits, les photos, le petit jeu concours et tout ça. C’est quand même assez génial pour un annonceur comme Walt Disney par exemple de pouvoir toucher des gens en moins de 72 heures, y compris sur la toile et les réseaux sociaux.

    Lila MEGHRAOUA :Concrètement, ça se présente comment ?

    Marion MOREAU :En fait, ils mettent à disposition une technologie, ils ont développé Kpsule en deux formats. Il y a du HTML5 et du Flash. Cette techno, ils l’ont travaillée d’ailleurs assez longtemps. En fait, vous allez tout simplement acheter la techno auprès de Kpsule et vous servir de cet outil CMS augmenté, je dirais. C’est un petit peu l’idée. Pour que ce soit diffusable sur n’importe quelle page, c’est évidemment sur Rich Media dans des codes qui permettent d’être un peu universels. Le HTML5 est énormément utilisé aujourd’hui. Le Flash, ça l’est un peu moins, mais c’est quand même encore assez populaire. Grâce à cet outil, vous allez pouvoir en 72 heures, ce qui est quand même très rapide pour autant de contenus sur le Web, tout simplement agrémenter dans un seul petit player – ce n’est pas plus gros qu’un player vidéo YouTube par exemple – absolument tout ce que vous voulez en Rich Media, donc vraiment encore une fois des extraits vidéo, des photos, etc. Ça permet surtout à l’annonceur en très peu de temps et en temps réel – c’est une donnée très importante – de pouvoir mettre à jour les informations qu’il envoie, en n’importe quelle langue de pouvoir toucher tout de suite les publics qu’il vise. Il y a un taux d’engagement sur Kpsule qui est de 50 %. C’est dire si le nombre aujourd’hui d’annonceurs viennent voir Kpsule pour tout simplement faire appel au produit. Donc, c’est vraiment très convaincant. C’est une start-up qui a été incubée d’ailleurs à Neuilly Nouveaux Médias. Je vous invite à redécouvrir ce qu’est Neuilly Nouveaux Médias. C’est tout simplement l’initiative de Monsieur FROMANTIN qui est le maire de Neuilly-sur-Seine qui a proposé à toutes les grosses entreprises de sa ville d’incuber pendant six mois des start-ups du Web. Kpsule en a fait partie, mais ils ne le sont plus parce que l’incubation est terminée. Ils ont été chez Clarins pendant six mois, ça leur a donné un énorme coup de pouce. Donc, bravo à cette initiative. Surtout pour Kpsule, ce sont à terme peut-être des investissements futurs et vraiment aujourd’hui une belle réussite à suivre de près.

    Lila MEGHRAOUA :Comment on peut les retrouver ?

    Marion MOREAU :Le nom effectivement, c’est joli d’ailleurs. Je ne sais pas si vous êtes d’accord, Lila, mais le nom de Kpsule est joli. Ça s’écrit K-p-s-u-l-e sans le « a ». L’idée, c’est tout simplement effectivement de personnaliser cette histoire de capsule qui va pouvoir se balader un peu partout sur la toile et toucher le plus de monde possible.

    Lila MEGHRAOUA :Merci.

    François SOREL : Mesdemoiselles, merci.

     

  8. 8 - Webstratégie

    Avec Catherine Bach, directrice de la communication de Renault Trucks

    La webstratégie du 14 juillet 2012

    Mathilde CRISTIANI :Je suis aujourd’hui avec Catherine BACH qui est vice-présidente Renault Trucks en charge de la communication de marque. Bonjour, Catherine.

    Catherine BACH :Bonjour.

    Mathilde CRISTIANI :On va parler aujourd’hui stratégie numérique chez Renault Trucks avec vous. Est-ce que avant, vous pourriez un peu revenir sur l’activité de l’entreprise ?

    Catherine BACH :Renault Trucks est un constructeur de camions. Nous sommes partis du groupe AB Volvo depuis 2001, mais on est né fin du XIXème siècle avec Berlier.

    Mathilde CRISTIANI :Ce qui est intéressant, c’est que vous avez dit que vous êtes constructeur de camion, mais vous proposez beaucoup de services en plus de la construction et de la distribution de ces camions. Est-ce que vous pourriez un peu revenir sur ces services et notamment ces services mobiles ?

    Catherine BACH :C’est une démarche qu’on a initiée pour le mobile sur la deuxième partie des années 2000. On a pris le virage du mobile parce qu’on est dans le monde de la mobilité nous-mêmes. Notre stratégie a été de développer notamment des applications destinées aux chauffeurs qui sont les utilisateurs de nos camions et souvent parmi les prescripteurs importants lorsqu’il s’agit de l’acte d’achat du camion. Notre objectif a été de développer des applications sur deux axes, le premier qui était de leur faciliter la vie avec des choses qui sont vraiment orientées sur leur quotidien et le deuxième de leur proposer des activités plus ludiques puisqu’ils passent beaucoup de temps à l’intérieur de leurs camions à travers le support mobile que ce soit des iPhone, iPad, Android. On a pu leur offrir des moments de détente, on va dire, comme par exemple avec notre application sur les courses de camion, le Truck Racing.

    Mathilde CRISTIANI :Est-ce que ce sont des applications qui sont disponibles uniquement pour les chauffeurs d’un camion Renault Trucks ou est-ce que c’est vraiment, on va dire, pour toute la communauté des chauffeurs ?

    Catherine BACH :Non, bien sûr, elles sont disponibles à l’ensemble de la communauté des chauffeurs et des autres puisqu’elles sont disponibles sur Apple Store et sur Android de manière très ouverte.

    Mathilde CRISTIANI :C’était un choix ? C’était aussi pour sensibiliser pas uniquement, on va dire, les chauffeurs de Renault Trucks ?

    Catherine BACH :Toute la démarche qu’on a eue sur le mobile s’inscrit dans une stratégie plus large qui est d’assurer un maximum de proximité que ce soit avec nos clients, avec nos chauffeurs, mais également parler du camion sur un autre ton. C’est une des choses importantes pour nous, le camion fait partie de notre quotidien, soutient le fonctionnement de la société et on l’affirme haut et fort.

    Mathilde CRISTIANI :Vous avez dit que vous aviez des applications ludiques de divertissement et que vous en aviez d’autres plus informatives. Est-ce que vous en avez qui permettent aussi à l’entreprise par exemple soit de motiver ses salariés soit d’optimiser sa flotte ?

    Catherine BACH :Pour la motivation des salariés, je voudrais en citer une qui s’appelle Deliver Eye qui est la possibilité de prendre des photos géotaguées pour le chauffeur, qui lui permet par exemple, pris dans un embouteillage, de prendre une photo qui sera géotaguée avec l’heure et l’endroit où il se trouve, de l’envoyer à son patron et de lui donner la preuve qu’il va risquer d’avoir un retard parce que vous savez que les temps de livraison sont très minutés pour les chauffeurs. C’est un moyen de motivation. On va d’ailleurs lancer courant septembre une nouvelle appli qui est basée sur un jeu sérieux. L’idée, c’est que vous êtes chauffeur et vous êtes à la tête de votre camion. Vous avez une mission à accomplir qui est de livrer une marchandise, mais en un temps précis et en consommant le moins de carburant possible. L’idée est de pouvoir s’améliorer. Donc, c’est un outil pédagogique de comprendre quels sont les impacts de la manière dont on conduit, comment on va amorcer une courbe, comment on va descendre une côte sur la consommation de carburant.

    Mathilde CRISTIANI :Donc, c’est vraiment un axe stratégique chez Renault Trucks de s’intéresser au service à la fois pour l’image et pour optimiser la flotte pour les entreprises clientes ?

    Catherine BACH :C’est une vraie demande de nos clients, la vie du véhicule ne s’arrête pas au véhicule justement. Une fois qu’on a livré le véhicule, il commence à être un outil de travail. Donc, on assiste nos clients, on est présent à leur côté pour tout ce qui est bien sûr la maintenance, mais on va bien au-delà, pour le suivi de leurs consommations de carburant, la meilleure exploitation de leur véhicule, la gestion des flottes aussi.

    Mathilde CRISTIANI :Merci beaucoup, Catherine BACH. Je rappelle que vous êtes vice-présidente pour Renault Trucks en charge de la communication de marque. Merci.

    François SOREL :Mathilde CRISTIANI, merci. On revient dans un instant. On va retrouver Renaud EDOUARD-BARAUD qui, vous le savez, nous propose depuis plusieurs semaines sa vision des nouvelles technologies depuis la Chine. A tout de suite.

  9. 9 - Passion selon Saint Net

    La fabrication de fringues, sur mesure, par le web, de la Chine vers la France. Avec Gabrielle Chou, fondatrice de MoodbyMe

    Les Envers du Milieu du 14 juillet 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Avant de parler de crowdfunding, mais pas que pour le culturel, ce sera, vous verrez, tout à l’heure avec Alice GILLET depuis San Francisco, je vous propose d’aller en Chine maintenant et d’évoquer la fabrication de vêtements sur mesure par le Web de la Chine vers la France. C’est en quelque sorte du shopping personnalisé. On retrouve Renaud EDOUARD-BARAUD pour nous parler de tout ça. Renaud.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Je suis au Portman à Shanghai avec Gabrielle CHOU qui est PDG de MoodbyMe, anciennement connu sous ID by me. Bonjour.

    Gabrielle CHOU :Bonjour.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Gabrielle, vous êtes en Chine depuis 20 ans, ce qui fait de vous une des plus expérimentées entrepreneuses sur le Web liées aux nouvelles technologies. Est-ce que vous pourriez nous expliquer déjà le concept de MoodbyMe ?

    Gabrielle CHOU :MoodbyMe, c’est de la mode personnalisable, c’est-à-dire que des consommatrices viennent chercher des pièces, des chaussures, des vêtements et elles peuvent entièrement les faire fabriquer sur mesure pour elles en choisissant leur petite touche personnelle.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Qu’est-ce qui est chinois et qu’est-ce qui est européen dans cette start-up parce que ça fait deux ans qu’elle existe ? Qu’est-ce qui se trouve en Chine et qu’est-ce qui se trouve en Europe ?

    Gabrielle CHOU :Nous avons une équipe ici qui est composée de Français et de Chinois. Tout le style et toute la mise en production sont français. Et puis, la fabrication est faite ici et envoyée aux consommateurs en France. Nous avons une équipe en France qui est dédiée au marketing, aux réseaux sociaux.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Est-ce que le frontal Web... parce que c’est quand même une start-up Web, tout le frontal Web, il est fait où pour le coup ?

    Gabrielle CHOU :Le frontal est fait en France. Et puis, on a une partie technologique qui est faite ici.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Clairement, le coup de la fabrication explique ce changement de pays, c’est-à-dire que la fabrication se fait en Chine parce que c’est moins cher ici, c’est ça ?

    Gabrielle CHOU :Ce n’est pas seulement parce que la fabrication est moins chère, parce qu’aujourd’hui en Europe, notamment en Espagne et au Portugal, on peut vraiment avoir des prix presque identiques pour une qualité similaire que celle en Chine. Mais par contre, le mode de production qui est quand même très spécial puisque c’est fabriqué à la commande ne peut être fait qu’ici. On n’a pas réussi à travailler encore avec des producteurs français ou espagnols parce que c’est un mode de production qui demande beaucoup d’attention, beaucoup de détails et chaque commande est différente.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Donc, c’est quasiment la sophistication de l’outil de production qui vous intéresse ici ?

    Gabrielle CHOU :Oui. Et puis, c’est la flexibilité aussi de l’outil de production. Les producteurs chinois sont beaucoup plus... ont envie d’essayer de nouvelles manières de produire. Ils se rendent bien compte que la production à la chaîne deviendra forcément toujours moins chère ailleurs et il y aura toujours un pays moins cher. Donc, ils s’essaient à des productions de meilleure qualité et/ou, comme avec nous, à des productions à la commande.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Vous m’expliquiez que tout cet outil de production n’était pas du tout destiné aux consommateurs chinois. Est-ce que vous pourriez nous expliquer qu’est-ce qui pose problème entre guillemets entre MoodbyMe et les Chinois ? Est-ce que c’est le style de ce qui est fabriqué ? Est-ce que c’est le prix ?

    Gabrielle CHOU :Aujourd’hui, les consommateurs chinois, ils sont encore dans une recherche du prix bas sur Internet. Ils font confiance à de grands acteurs comme (03:25) ou des marques qui ont un réseau de distribution déjà très bien ancré en Chine. Comme MoodbyMe est une nouvelle marque avec un mode de distribution uniquement pour Internet, ça nous semblait un petit peu beaucoup avec nos prix à faire passer auprès d’un consommateur chinois.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Ce qui paraît étonnant, c’est vrai que quand on regarde la Chine depuis l’Europe, on a l’impression que c’est l’eldorado, que quand on arrive ici, quand on est une marque française dans le vin ou dans le luxe et quand on pose ses affaires, là tout d’un coup, une ruée de milliards de Chinois arrivent et achètent à peu près tout et n’importe quoi. Globalement, c’est un peu plus compliqué que ça.

    Gabrielle CHOU :Oui, malheureusement, c’est un peu plus compliqué parce que la Chine est un pays qui est immense. En mémoire, c’est 19 fois la France avec une infrastructure de distribution qui est très différente de celle qui existe en France, c’est-à-dire que vous ne pouvez pas prétendre à être absolument partout simplement par la magie du marketing. Il faut aussi acheminer vos produits. Que ce soit dans la distribution classique ou le e-commerce, c’est quand même assez compliqué.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :C’est vrai que d’après ce qu’on me disait, c’est que même à Shanghai qui est quand même une ville considérée comme internationale, quelqu’un me disait « je n’ai jamais envoyé quoi que ce soit par la poste, il y a toujours des coursiers », c’est-à-dire que c’est une logistique assez compliquée.

    Gabrielle CHOU :Pour le coup, la poste est assez extraordinaire en Chine, pas chère et elle délivre très bien dans le fin fond de la Chine. Simplement ici, il y a une attente de service qui est extraordinaire. Donc si vous achetez sur Internet, vous vous attendrez à avoir le produit le jour même ou au pire le lendemain.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Ce qui n’est pas tout à fait compatible avec votre système de production de MoodbyMe. D’ailleurs dans MoodbyMe, qu’est-ce qui est long ? Est-ce qu’on pourrait penser que... moi, je me disais que tous les biens qui sont produits en Chine arrivent par bateau. Donc, c’est ça qui prend du temps. Or, non, ce n’est pas le cas.

    Gabrielle CHOU :Non. MoodbyMe, ce qui prend du temps, c’est la production à la commande puisqu’on va réaliser votre pull en cachemire lorsqu’on aura reçu votre commande. Vraiment en fonction des mesures, on va faire un patronage et on va le mettre en production. Tout ça prend un peu de temps. Un pull, ce n’est pas tricoté dans une machine électronique où on rentre des données et ça ressort de l’autre côté de la chaîne. Là, ça prend un peu de temps. Finalement, le transport n’est pas très long puisqu’il se fait en avion.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :On va parler un petit peu de l’investissement de la création de MoodbyMe. Les fonds que vous avez levés étaient essentiellement européens majoritairement ?

    Gabrielle CHOU :Les fonds sont européens, oui. Il s’agit de Partech International qui est basé notamment en France et d’Auriga qui sont deux fonds assez connus en France dans le Web. On a décidé avec Cyril VERMEULEN avec qui j’ai monté la société d’aller chercher des fonds en France puisqu’on s’adressait au marché français.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :C’est ce que vous me disiez, c’est que pour l’instant, les fonds chinois ne sont pas encore prêts à investir dans une entreprise qui s’adresse majoritairement à l’Europe.

    Gabrielle CHOU :Oui, mais de la même façon, vous aurez très peu de fonds français qui vont investir dans des sociétés qui s’adressent au marché chinois. Quand les fonds connaissent bien un marché, ils se sentent plus en mesure d’accompagner une start-up sur ce marché.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Est-ce que vous pensez qu’il y a une vraie séparation justement entre ces deux mondes, entre le monde occidental et le monde chinois, c’est-à-dire que tous les gens qui sont ici font pour leur pays entre guillemets d’origine même s’ils habitent à Shanghai et que la mixité n’est pas tout à fait au rendez-vous pour le moment ?

    Gabrielle CHOU :C’est assez difficile effectivement en étant occidental de s’adresser au marché chinois. Il y en a qui le font très bien. Les gros groupes après des années d’investissement ont des très gros succès ici, les sociétés françaises notamment. Mais en étant une très jeune start-up et sans beaucoup de fonds, c’est beaucoup plus complexe de s’adresser au marché chinois. Le marketing est très cher en ligne. Donc effectivement, ça limite et il est plus facile de s’adresser aux consommateurs occidentaux en Chine. Ceci étant, c’est un marché extrêmement limité.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Vous parliez de Cyril VERMEULEN qui était à la création de aufeminin. Il y a aussi Orianne GARCIA qui se trouve sur Shanghai. Là, c’était Caramail. Est-ce qu’on pouvait estimer que Shanghai est une zone de création de start-up, de création sur le Web, avec un réseau d’entrepreneurs très occidentaux, très forts, ou est-ce que c’est un hasard et que c’est comme ça ?

    Gabrielle CHOU :Je pense effectivement que Shanghai est une capitale qui attire. Ce n’est pas la capitale de la Chine, mais c’est dans tous les cas une capitale des entrepreneurs. Vous avez de la même façon en Inde un petit peu ce même sentiment et sur la côte Ouest aux États-Unis. Pourquoi ? Parce qu’il y a beaucoup de talents en Chine, des talents dans la technologie, beaucoup de ce qu’on appelle ici les haigui, c’est-à-dire les Chinois qui reviennent au pays, qui ont envie de travailler ici et qui ont été très bien formés en occident. Haigui, ça veut dire les tortues de mer, celles qui reviennent à la mère patrie. Ces Chinois qui reviennent et les occidentaux qui viennent ici arrivent à créer des structures assez facilement en Chine. Créer une structure facilement, ça ne veut pas dire pour autant qu’on arrive à la développer facilement. C’est la différence, c’est un pays qui est un peu complexe pour aborder le consommateur chinois.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Vous parliez tout à l’heure d’outil de production en disant qu’effectivement, la Chine est connue depuis assez longtemps comme l’usine du monde. C’est un peu devenu un cliché même. Vous me disiez qu’en dehors de la production de biens, la Chine allait même plus loin que ça et que son talent sortait un petit peu de tout le système de production.

    Gabrielle CHOU :Effectivement, la Chine est connue depuis une trentaine d’années pour être l’usine du monde. Ceci étant, comme les Bengladesh et le Vietnam sont très concurrentiels sur la production, la Chine perd. L’industrie textile aujourd’hui en Chine est plutôt en souffrance comme en pleine renaissance. Par contre, le système éducatif chinois est vraiment très bon, il a créé beaucoup de talents. C’est ce qui viennent rechercher aussi les entrepreneurs ici. Il y a beaucoup de business de l’outsourcing qui sont ici, l’outsourcing de service ou de biens plus technologiques qui sont créés ici pour le reste du monde.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :A titre personnel, vous, Gabrielle, vous avez des attaches personnelles ici en Chine qui font que vous avez envie de rester ici en Chine. Mais est-ce qu’il y a quelque chose qui vous ferait revenir en Europe pour créer d’autres entreprises ou est-ce que la Chine, c’est votre terreau de création de toute façon ?

    Gabrielle CHOU :Je n’ai pas d'à priori. Effectivement, je suis mariée à un Chinois canadien et on se trouve bien en Chine. Donc a priori, nous y restons. Mais oui, l’occident, j’ai fait une partie de mes études en Angleterre, j’y reviendrais volontiers. La France me semble super intéressante parce que les talents y sont très bons et très pratiques, très orientés dans la logique de la réussite. Donc non, je n’ai pas d'à priori pour ne pas revenir un jour en France.

    Renaud EDOUARD-BARAUD :Écoutez, merci beaucoup, Gabrielle CHOU. Je rappelle que vous êtes PDG Chief Executive Officer de MoodbyMe, anciennement connu sous le nom d’ID by me. Merci.

    François SOREL : Renaud EDOUARD-BARAUD, merci. On revient dans un instant, direction San Francisco pour notre Dossier de l’Atelier. A tout de suite.

  10. 10 - Le dossier de l'Atelier

    Le crowdfunding, mais pas que pour le culturel. Avec Nicholas Fowler, developer chez Indiegogo

    Le dossier de L'Atelier du 14 juillet 2012

    François SOREL : Dans un petit quart d’heure, c’est Pascal SAMAMA qui est rédacteur en chef adjoint du site 01net.com qui me rejoint. On survolera avec lui l’actualité high-tech du site 01net.com. Mais auparavant et comme chaque semaine depuis San Francisco, on retrouve le Dossier de l’Atelier d’Alice GILLET.

    Alice GILLET :Oui, François. Écoutez, aujourd’hui, je suis à SoMa dans le quartier des start-ups de San Francisco, dont je vous ai déjà beaucoup parlé. Aujourd’hui, on va parler d’Indiegogo et du crowdfunding. Je vous ai déjà parlé d’Indiegogo il y a deux semaines dans un Silicon Carnet. Je vous ai raconté qu’à San Francisco, il y a beaucoup de petits commerçants qui se sont fundés sur Indiegogo et qui ont levé de l’argent sur Indiegogo. Donc, on va parler du crowdfunding. Aujourd’hui avec nous, un invité très spécial pour nous expliquer ce que c’est que le crowdfunding, Nicholas FOWLER, développeur chez Indiegogo. Bonjour.

    Nicholas FOWLER :Bonjour.

    Alice GILLET :Nicholas, tu es américain, mais tu parles français. C’est pour ça que c’est toi qui es avec nous aujourd’hui.

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est ça.

    Alice GILLET :Tu as appris le français à l’école ?

    Nicholas FOWLER :Oui, à l’école et aussi chez moi.

    Alice GILLET :Nicholas, est-ce que tu peux nous raconter un petit peu d’où tu viens, ton parcours ? Je crois que tu n’as pas eu une formation en informatique, tu faisais de la linguistique.

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est vrai, j’ai étudié la linguistique ici à l’université de Berkeley. Le français, ce n’est vraiment pas ma meilleure langue étrangère, mais j’aime beaucoup le parler.

    Alice GILLET :Mais si, tu te débrouilles très bien. Alors, tu travailles chez Indiegogo. Indiegogo, c’est quand même un des deux acteurs très connus aux États-Unis pour le crowdfunding. Qu’est-ce que c’est le crowdfunding ?

    Nicholas FOWLER :Le crowdfunding, c’est l’idée de permettre à plusieurs personnes de contribuer à une grande idée avec leur argent. Simplement, c’est l’idée de donner à n’importe qui la possibilité de collecter de l’argent quelle que soit leur raison. Ce concept est en marche sur Indiegogo. On a utilisé pour commencer des entreprises pour créer de la musique, pour faire des recherches scientifiques et beaucoup plus.

    Alice GILLET :C’est nouveau le crowdfunding. Il y a quelques années, ça n’existait pas.

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est ça. Ça n’existait pas, mais ça existait sous une autre forme. Il y a des moyens pour partager le funding des choses. Par exemple, la statue de la Liberté à New York, it was crowdfunded.

    Alice GILLET :C’est vrai ?

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est vrai.

    Alice GILLET :Comment ?

    Nicholas FOWLER :Ils avaient la moitié de l’argent nécessaire pour la construire, mais on a mis un advertisment, une publicité, dans le journal ou dans les journaux, je ne sais pas combien il y en avait.

    Alice GILLET :Pour dire : « On veut créer la statue de la Liberté, aidez-nous avec de l’argent ».

    Nicholas FOWLER :Oui, quelque chose comme ça.

    Alice GILLET :C’est dingue ça, je ne le savais pas du tout.

    Nicholas FOWLER :Moi aussi, je ne le savais pas avant de travailler dans cette industrie.

    Alice GILLET :Du coup, tu disais que le crowdfunding, ça existait avant sous d’autres formes. Est-ce que tu penses que c’est le Web, que c’est Internet, qui permet le crowdfunding tel que l’a développé Indiegogo ?

    Nicholas FOWLER :Je crois que oui parce que c’est quelque chose qui est là 24h/24. Ça permet (03:31) à tout le monde à toutes les heures. Je crois que le Web, c’est vraiment... ça a été un catalyst très fort pour le crowdfunding.

    Alice GILLET :Concrètement, c’est quoi Indiegogo ? Comment ça a commencé et quelle est la vision d’Indiegogo ?

    Nicholas FOWLER :Indiegogo a été fondé en janvier 2008 et la vision est de donner à tout le monde la possibilité de collecter de l’argent quelle que soit leur raison.

    Alice GILLET :Il y a trois domaines de campagne, c’est ça ?

    Nicholas FOWLER :Oui, il y a plusieurs catégories, mais il y a trois domaines : les campagnes créatives, entrepreneuriales et aussi des campagnes de cause. Ce sont des causes sociales, des...

    Alice GILLET :Comment ça marche du coup ? Si moi je suis un artiste ou un entrepreneur et que je veux... en gros, c’est ça, si moi je n’ai pas assez d’argent tout seul, je demande à d’autres gens de m’aider à avoir l’argent nécessaire pour lancer mon projet. Concrètement si je vais sur Indiegogo, comment je fais pour faire une campagne ?

    Nicholas FOWLER :Indiegogo est une plate-forme self-service ou à la carte, si on veut le dire comme ça. Tout le monde peut créer une campagne immédiatement, il n’y a pas de formulaire de candidature. C’est presque exactement comme créer une page de Facebook ou une page d’eBay. Par exemple, on met une vidéo qui est aussi une description qui explique ce que vous nécessitez et ce que vous voulez produire. On peut aussi offrir des perks. Les perks sont comme des petits cadeaux qu’on donne pour des niveaux différents de contribution.

    Alice GILLET :Du coup, pourquoi est-ce que tu penses que les gens veulent participer et donner de l’argent à quelqu’un ? C’est quoi mon intérêt d’aider quelqu’un à lever de l’argent si c’est pour fabriquer des chaussures, pour monter un film ? Pourquoi est-ce que les gens ils ont envie de participer ?

    Nicholas FOWLER :Ça dépend beaucoup. Ça dépend de la personne qui donne l’argent, ça dépend aussi de la campagne, mais je crois qu’il y a un sentiment de communauté dans quelques situations. Par exemple si c’est un magasin ou un café qui va ouvrir dans le quartier où on habite, ça peut être une très bonne chose.

    Alice GILLET :Les perks aussi, on peut vouloir participer pour être récompensé, justement avoir un petit perk ?

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est aussi une grande raison pour laquelle les gens donnent de l’argent parce qu’on peut recevoir un nouveau produit qui est très cool. Parfois comme perk, on voit qu’on va avoir son nom dans le titre d’un film.

    Alice GILLET :Sur le site Internet, dans l’album d’un groupe de musique, etc. En fait, c’est un peu l’idée d’avoir une récompense sociale parce que donner de l’argent, être quelqu’un qui aide des projets à se crowdfunder, c’est être classe.

    Nicholas FOWLER :Oui, je crois que vraiment le bottom line, c’est que si un projet excite, enthousiasme, une personne, cette personne va donner de l’argent. Il ne faut pas qu’il soit un projet qui produit quelque chose de tangible. Ça peut être aussi... par exemple, il y avait une campagne, peut-être que tu la connais. Déjà, c’est un current client.

    Alice GILLET :Ça a fait un (07:18)...

    (coupure de son)

    Nicholas FOWLER :... (08:23), il voulait seulement collecter 5 000 $ pour lui donner des vacances.

    Alice GILLET :C’est dingue déjà comme idée, c’est fou. Il ne la connaissait pas et il s’est dit que cette nana, elle est maltraitée, on va lui donner de l’argent pour qu’elle prenne des vacances. C’est génial.

    Nicholas FOWLER :Oui. Je crois vraiment que ça a fait un buzz. Elle a collecté autant d’argent parce que les gens vraiment, ils avaient un sentiment de vouloir annuler les mauvais sentiments qu’elle sentait et ils l’ont fait par donner de l’argent.

    Alice GILLET :Il faut dire quand même qu’il y a une autre entreprise qui est connue pour faire du crowdfunding aux États-Unis, c’est Kickstarter. Quelle est la différence entre Indiegogo et Kickstarter ? Déjà, il me semble qu’Indiegogo au début, vous vous êtes créés vraiment sur les projets de films indépendants. Après, ça a évolué ces dernières années.

    Nicholas FOWLER :Oui, c’est ça. Une grande différence entre les deux, c’est qu’Indiegogo est global. Par exemple, on peut l’utiliser en France pour lancer une campagne.

    Alice GILLET :Pas Kickstarter.

    Nicholas FOWLER :Pas Kickstarter. Nous sommes dans 190 pays. Autre grande différence, c’est que les projets sont très divers. Sur Kickstarter, on voit beaucoup de projets sur l’art et la technologie. Mais sur Indiegogo, il y a beaucoup d’autres types de campagnes, comme campagnes de cause sociale, cause environnementale et aussi des choses comme current client par exemple. Aussi pour Kickstarter, il faut qu’on pose sa candidature pour faire une campagne. On ne peut pas seulement faire une campagne, ce n’est pas exactement self-service.

    Alice GILLET :Donc, Kickstarter, on ne peut pas faire une campagne comme on veut. C’est vrai que c’est quelque chose qu’on ne sait pas. Moi, je ne savais pas que Kickstarter, il fallait get approved, alors qu’Indiegogo, n’importe qui peut faire une campagne.

    Nicholas FOWLER :Oui, exactement.

    Alice GILLET :Tu penses que le crowdfunding dans cinq ans, ça va être comment ? Ça va remplacer les moyens traditionnels de lever des fonds ?

    Nicholas FOWLER :Je ne sais pas si dans cinq ans ça va les remplacer totalement, mais je crois qu’il sera une puissance plus forte dans l’avenir.

    Alice GILLET :Merci beaucoup. Je rappelle qu’on était avec Nicholas FOWLER, développeur chez Indiegogo. Si nos auditeurs ont des projets créatifs, des projets de start-up, commencez à regarder ce que c’est que le crowdfunding parce que c’est vraiment une tendance énorme ici à San Francisco. Merci, Nicholas.

    Nicholas FOWLER :Je t’en prie.

    François SOREL :Alice, merci. Encore une demi-heure d’Atelier avec le Crash Test d’Antoine et le Silicon Carnet. Dans instant, nous serons connectés avec la rédaction du site 01net.com. A tout de suite.

  11. 11 - News 01 Net

    Black-out chez Orange
    Hadopi amené à mourir
    La ville de San Francisco va boycotter Apple
    Extorquer de l'argent, un nouveau business pour le porno en ligne?
    Kim Dotcom se rendra aux Etats-Unis, si on lui redonne son argent

    News 01Net du 14 juillet 2012

    François SOREL : Merci d’être là à l’Atelier Numérique sur BFM Business. Avant de retrouver le Crash Test d’Antoine, un Crash Test qui sera dédié à Louis ARAGON et puis avant de retrouver le Silicon Carnet d’Alice GILLET, il est temps de faire un petit détour du côté de la rédaction de 01net avec Pascal SAMAMA qui nous a rejoints cette semaine. Bonjour, Pascal.

    Pascal SAMAMA :Bonjour, François.

    François SOREL : Pascal SAMAMA qui est rédacteur en chef adjoint sur le site 01net.com. Voici quelques-uns des titres d’actualité que vous avez pu lire cette semaine sur 01, à commencer par la grosse panne d’Orange qui a eu lieu la semaine dernière et qui a été quand même un sacré capharnaüm pour Orange puisque pendant plusieurs heures, plus aucun abonné Orange ne captait quoi que ce soit.

    Pascal SAMAMA :On se rend compte que quand même, les smartphones sont rentrés dans la vie quotidienne des Français et que sans smartphone, on est totalement coupé du monde. Les gens n’ont pas réussi à supporter ça. Mais ce qui est devenu important dans cette affaire, c’est que c’est devenu réellement une affaire d'État. Orange, Stéphane RICHARD, le patron d’Orange, a été convoqué. Normalement, il devrait voir Fleur PELLERIN cette semaine, Fleur PELLERIN, ministre de l’économie numérique à...

    François SOREL : Ça a pris une dimension incroyable.

    Pascal SAMAMA :Totale.

    François SOREL : Politique.

    Pascal SAMAMA :Parce que le gouvernement commence à craindre qu’il y ait des défaillances sur le réseau, ce qu’ils appellent le réseau national. Pour eux, ce ne sont pas des réseaux d’opérateur, c’est un réseau national.

    François SOREL : Ça commence un petit peu... on voit que les politiques se mêlent véritablement de cette histoire.

    Pascal SAMAMA :Totalement.

    François SOREL : Est-ce qu’on peut dire aussi que ça a provoqué quelques réactions en chaîne du côté des autres opérateurs aussi qui ont voulu mettre leur grain de sel là-dedans ?

    Pascal SAMAMA :Évidemment. Il y a surtout la lettre ouverte qu’a faite Martin BOUYGUES qu’il a adressée aux parlementaires, dans laquelle lui pointe de toute façon toujours Free Mobile comme principal responsable des défaillances qu’il y a ces derniers temps.

    François SOREL : Cette panne d’Orange – d’ailleurs, Stéphane RICHARD, le PDG d’Orange, l’a dit – n’a rien à voir avec le fait d’héberger le réseau de Free Mobile aujourd’hui.

    Pascal SAMAMA :Rien du tout. On attend justement de savoir d’où elle vient cette panne. Sur Free Mobile, Martin BOUYGUES revient et en profite pour...

    François SOREL : On a l’impression que les opérateurs se servent de cette panne comme alibi pour encore une fois essayer de discréditer Free Mobile, c’est ça ?

    Pascal SAMAMA :Ils ne discréditent pas seulement Free Mobile. Là, ils sont en train de discréditer aussi l’ARCEP qui est l’autorité de régulation des télécoms qui a autorisé Free Mobile à rentrer et à devenir le quatrième opérateur. Là, Martin BOUYGUES est clair, il dit que Free Mobile est responsable du déséquilibre actuel du marché mobile. Il demande purement et simplement qu’il n’y ait plus de reconduction du contrat, de l’accord, entre Free et Orange.

    François SOREL : Voilà parce qu’il faut le savoir, Free Mobile ne couvre pas la totalité du pays aujourd’hui, seulement 30 % du réseau est couvert par Free Mobile. Le reste, c’est l’itinérance par Orange, on vous l’a déjà expliqué ici.

    Pascal SAMAMA :Exactement.

    François SOREL : Donc, Free Mobile aimerait que Free accélère le déploiement de son propre réseau, dépense de l’argent.

    Pascal SAMAMA :C’est exactement ce que dit Martin BOUYGUES. Il dit qu’au cours de l’année, Bouygues a dépensé 600 000 000 € pour développer son réseau, mais Free n’a dépensé que 160 000 000. Il s’estime un peu pigeonné.

    François SOREL : On verra comment tout ça va évoluer, mais c’est vrai que c’est toujours la guerre entre les opérateurs de téléphonie mobile en France avec en plus du social là-dedans, du cas social, puisqu’on se rend compte, Free Mobile a annoncé des licenciements, en tout cas une réduction de ses effectifs.

    Pascal SAMAMA :Tout à fait.

    François SOREL : SFR l’a annoncé aussi.

    Pascal SAMAMA :Bouygues, Orange. Justement à ce propos pour finir...

    François SOREL : Orange pas encore, j’ai l’impression.

    Pascal SAMAMA :Orange pas encore, mais Stéphane RICHARD l’avait évoqué quand même il y a quelques semaines. Hélas aujourd’hui même, il y a le patron de l’ARCEP, de l’autorité de régulation, qui était convoqué par une commission sénatoriale pour en savoir un peu plus justement là-dessus.

    François SOREL : On va suivre ça de près. Autre sujet brûlant et qu’on évoque souvent ici dans l’Atelier Numérique sur BFM Business, c’est l’Hadopi. L’avenir de l’Hadopi serait véritablement incertain, Pascal.

    Pascal SAMAMA :On se demandait ce que voulait faire le gouvernement pendant la campagne présidentielle. Le candidat HOLLANDE était réellement anti-Hadopi. Une fois élu...

    François SOREL : Puisque rappelons que c’est une initiative du gouvernement de Nicolas SARKOZY.

    Pascal SAMAMA :Exactement.

    François SOREL : Et que le PS a toujours combattu en fait l’instauration de...

    Pascal SAMAMA :Aurélie FILIPPETTI en tête...

    François SOREL : Voilà, bien sûr.

    Pascal SAMAMA :Qui a dit qu’une fois qu’ils passeront au gouvernement, ils supprimeraient. Visiblement, Hadopi ne va pas être supprimé brutalement. Jean-Marc AYRAULT a fait une déclaration disant : « On va voir en 2013. Mais en attendant, on arrête le budget Hadopi en 2013 ».

    François SOREL : Si on arrête Hadopi en 2013, ça veut dire que ça ne va plus marcher, on est d’accord ?

    Pascal SAMAMA :Ça veut dire que ça ne va plus beaucoup marcher.

    François SOREL : Parce que je crois que le budget de fonctionnement d’Hadopi est de 13 000 000 €.

    Pascal SAMAMA :C’est exactement ça.

    François SOREL : S’il n’y a pas ces 13 000 000 €, comment on va continuer à fonctionner ce système ? C’est la question qu’on peut se poser.

    Pascal SAMAMA :D’autant que les ayants droit commencent à se bousculer un peu. Il y a le patron de la SACEM qui dit qu’Hadopi ne sert à rien et il n’y a pas eu de condamnation. Lui réclame des condamnations : « Je veux des têtes ».

    François SOREL : Ça va bouger là aussi à mon avis à la rentrée du côté de l’Hadopi. Autre sujet étonnant, c’est cette cyberattaque dont a été victime l’Elysée. Qu’est-ce qui s’est passé, Pascal ?

    Pascal SAMAMA :C’est Le Télégramme de Brest qui a révélé cette information aujourd’hui et qui révèle qu’entre le 6 et le 15 mai au moment de la passation de pouvoir entre Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE, il y a eu réellement une véritable attaque du réseau de l’Elysée. Ce ne sont pas du tout des mails envoyés en nombre pour saturer le serveur. Non, c’est réellement quelqu’un qui s’est introduit.

    François SOREL : Pourquoi ? Pour récolter des informations ?

    Pascal SAMAMA :Ça, on ne sait pas, mais cette cyberattaque proviendrait de Chine. Donc, ce serait de vrais hackers. Est-ce que c’est politique ? Est-ce que c’est crapuleux ? Tout le monde se le demande. Il y a une enquête qui est ouverte, mais ça confirme un peu une enquête qui est sortie hier sur la cybercriminalité. Les Français...

    François SOREL : Oui, c’est ça, les Français sont inquiets quand même de ce genre de, on va dire, sujet brûlant qui est la cybercriminalité et puis le fait qu’on puisse comme ça pénétrer dans les ordinateurs des gens.

    Pascal SAMAMA :Je crois que les Français commencent à rentrer réellement dans l’ère du numérique. Après la découverte de l’ordinateur, de la vidéo, du téléchargement, ils se découvrent un peu fragiles dans le réseau.

    François SOREL : Là encore, je pense qu’on n’en saura pas vraiment beaucoup plus à mon avis. Ces informations vont rester confidentielles, je pense, concernant l’Elysée et cette attaque.

    Pascal SAMAMA :Il faut appeler les Français à la prudence quand même sur Internet.

    François SOREL : Oui, c’est vrai. Un mot aussi sur Apple, Apple qui se met les verts à dos et surtout la mairie de San Francisco.

    Pascal SAMAMA :D’abord la mairie de San Francisco. Steve JOBS, feu Steve JOBS, a toujours été très pointilleux sur l’écologie. Il a vraiment toujours eu une démarche... il était un peu bouliste, il a toujours eu cette démarche-là.

    François SOREL : Même si pendant très longtemps, les produits Apple n’étaient pas du tout, on va dire, eco-friendly, c’est-à-dire qu’ils polluent énormément.

    Pascal SAMAMA :C’est le paradoxe d’Apple. Steve JOBS pensait d’un côté et Apple faisait un peu autre chose.

    François SOREL : Voilà, c’est ça, mais c’est vrai que l’âme d’Apple se voulait être un petit peu écolo, etc. Leurs produits jusqu’à il n’y a pas si longtemps ne l’étaient pas énormément, ils étaient toujours retoqués par Greenpeace qui les analysait.

    Pascal SAMAMA :Exactement.

    François SOREL : Là, un label va être enlevé des produits Apple.

    Pascal SAMAMA :Aux États-Unis, exactement.

    François SOREL : Aux États-Unis.

    Pascal SAMAMA :Il y a un label qui s’appelle EPEAT, E-P-E-A-T pour ceux qui veulent chercher sur Internet après, qui est un label écologiste auquel souscrivent les fabricants et les revendeurs de produits high-tech. Apple a décidé de ne plus souscrire à ce label. Conséquence, la mairie de San Francisco a annoncé qu’ils n’achèteraient plus de matériel Apple. Fini les Mac, fini les iPhone, fini les iPad pour les fonctionnaires de la mairie.

    François SOREL : Donc, Apple perd cette image un petit peu cool qu’elle a à San Francisco tout du moins.

    Pascal SAMAMA :Est-ce que cette pression de la mairie de San Francisco ne va pas les faire revirer ? Ça m’étonnerait.

    François SOREL : Ce n’est pas le genre d’Apple.

    Pascal SAMAMA :Non, ce n’est pas le genre d’Apple de revenir en arrière, Apple assume ses erreurs.

    François SOREL : Effectivement. Autre actu, certains escrocs du Web piègent les fans de porno en ce moment.

    Pascal SAMAMA :Il se passe des affaires assez troublantes en ce moment. Il y en a une qui s’est passée en Floride la semaine dernière, c’est que des personnes reçoivent des mails de producteurs de films porno disant : « Vous avez téléchargé l’un de nos films, vous êtes dans l’illégalité ».

    François SOREL : « On vous a repérés par l’Hadopi », c’est ça ?

    Pascal SAMAMA :Une espèce d’Hadopi dont on ne sait pas d’où elle vient.

    François SOREL : L’Hadopix.

    Pascal SAMAMA :L’Hadopix, exactement.

    François SOREL : Forcément.

    Pascal SAMAMA :Ils menacent les gens qui suspectent d’avoir téléchargé des films porno de révéler leur identité nationalement. Aux États-Unis, les gens sont très puritains, ça risquerait de poser problème. S’ils veulent éviter cette mise au ban sur la place publique, il suffit de payer une somme de 5-6 000 $.

    François SOREL : Quand même ?

    Pascal SAMAMA :Oui.

    François SOREL : Ce n’est rien du tout.

    Pascal SAMAMA :Ça fait cher le film.

    François SOREL : C’est sûr. D’autant que ce genre de film en général, on ne le regarde que quelques minutes. On ne va pas regarder ça une heure et demie.

    Pascal SAMAMA :Quelques minutes, oui. Je ne sais pas s’il y a des chiffres, mais je pense que ce sont quelques minutes.

    François SOREL : Voilà, c’est ça. Ça veut dire quoi ? Que tout ça est une escroquerie bien évidemment.

    Pascal SAMAMA :Ça a l’air d’être une escroquerie. C’est une extorsion de fonds tout simplement.

    François SOREL : Une extorsion de fonds, très bien. Pour l’instant, ce n’est qu’aux États-Unis visiblement, pas en France.

    Pascal SAMAMA :Il y a une petite affaire qui est sortie hier, Le Monde en a parlé, une affaire qui s’est passée en France. Un homme a fait un chat coquin avec une jeune fille.

    François SOREL : C’est autre chose.

    Pascal SAMAMA :C’est totalement autre chose.

    François SOREL : C’est vraiment autre chose.

    Pascal SAMAMA :Mais c’est vraiment aussi une escroquerie.

    François SOREL : Donc, faites attention, derrière une fille coquine, il y en a une autre. Là, expliquez-nous, un chat, on va dire, entre un homme et une femme.

    Pascal SAMAMA :Exactement. Mais l’autre, on ne sait pas qui c’est, visiblement une femme peut-être.

    François SOREL : Voilà, en tout cas qui se faisait passer pour une femme. Ça se discute.

    Pascal SAMAMA :Exactement, la fille chauffe le monsieur, etc., l’incite à se déshabiller et à faire des coquineries devant sa webcam.

    François SOREL : Très bien, c’est cool. Alors que ce monsieur-là ne voyait pas du tout ce qui se passait de l’autre côté.

    Pascal SAMAMA :Non parce que la personne disait que sa webcam ne marchait pas et qu’elle allait en demander une à sa voisine, « patiente cinq minutes », etc. Le type s’est laissé avoir.

    François SOREL : C’est bien connu, les voisines ont toujours des webcams.

    Pascal SAMAMA :Oui, exactement, ça doit être un code.

    François SOREL : Voilà, c’est ça. Donc, il a commencé à se déshabiller ce monsieur-là devant sa webcam.

    Pascal SAMAMA :Une fois qu’il a fini ces choses, il a reçu un chat disant : « On a tout enregistré et on va tout balancer sur YouTube ».

    François SOREL : C’est classe. Donc là, il a commencé un peu à être stressé.

    Pascal SAMAMA :La vidéo est passée sur YouTube quelques instants pour bien montrer que c’était vrai et que ce n’était pas une rigolade. On lui a demandé une grosse somme d’argent pour éviter de... en fait, on l’attaquait en pédophilie, on l’accusait de pédophilie et de montrer ses attributs à des enfants de sept ans. C’était le titre de la vidéo.

    François SOREL : Super.

    Pascal SAMAMA :Ce monsieur a une super bonne réaction que je conseille vraiment à tous les gens à qui ça peut arriver de faire, c’est qu’il a immédiatement déposé plainte.

    François SOREL : Il a déposé plainte.

    Pascal SAMAMA :Il a déposé plainte.

    François SOREL : Auprès du commissariat.

    Pascal SAMAMA :Exactement. Il a prévenu YouTube qui surveille maintenant ce type de vidéo, qui est alerté et qui les supprimera systématiquement à la demande de la personne incriminée.

    François SOREL : Bien sûr. De toute façon, il n’y a aucune vidéo, on va dire, sexuelle sur YouTube.

    Pascal SAMAMA :Oui. Et puis, on n’a pas le droit de mettre sur la place publique un nom et une vidéo d’une personne sans son accord.

    François SOREL : Bien sûr, évidemment. Il a bien réagi en tout cas.

    Pascal SAMAMA :Il a parfaitement réagi.

    François SOREL : Parfait. Une dernière chose, c’est Kim Dotcom, vous savez, le fondateur de MegaUpload qui a réussi... qui a envoyé un tweet en français cette semaine.

    Pascal SAMAMA :Kim Dotcom, il va devenir une star. Je ne sais pas s’il fera partie de la commission de concertation de Pierre LESCURE pour l’Hadopi, mais il commence à devenir une star.

    François SOREL : Qu’est-ce qu’il a envoyé comme tweet ?

    Pascal SAMAMA :Il a envoyé un tweet en français – rappelons quand même qu’il est en Nouvelle-Zélande et qu’il est anglophone – dans lequel il dit : « Salut la France. L’Hadopi va mourir, Mega va revenir – MegaUpload – et la liberté prévaudra. Rejoignez-moi ». En français dans le texte.

    François SOREL : Très simple.

    Pascal SAMAMA :Très simple.

    François SOREL : Voilà, entre nous.

    Pascal SAMAMA :Donc, il continue ses provocations. Ce qui est étonnant, c’est que normalement, il était privé d’accès à Internet.

    François SOREL : Visiblement, c’est revenu.

    Pascal SAMAMA :Visiblement, il a une connexion. On ne sait pas s’il est chez Orange, chez Free. En Nouvelle-Zélande, ça doit être autre chose. Mais il s’amuse encore à piquer, à provoquer. Surtout, son avocate a obtenu avec le juge néo-zélandais la suspension de son extradition.

    François SOREL : De son extradition vers les États-Unis où là s’il y va, à mon avis, il passera un mauvais quart d’heure.

    Pascal SAMAMA :Il passera un mauvais quart d’heure, je pense.

    François SOREL : Mais pour l’instant, il est en Nouvelle-Zélande et tout va bien.

    Pascal SAMAMA :Il s’amuse bien.

    François SOREL : Dans sa belle villa, il n’y a pas de souci.

    Pascal SAMAMA :Comme d’hab.

    François SOREL : Merci, Pascal.

    Pascal SAMAMA :Merci, François.

    François SOREL : Pascal SAMAMA, rédacteur en chef adjoint du site 01net.com. On revient dans un instant pour la suite et la fin de cet Atelier, Crash Test et Silicon Carnet. A tout de suite.

  12. 12 - Silicon Carnet

    Le Taxi Fantôme de SF milite pour un web ouvert!

    Silicon Carnet du 14 juillet 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Dans un instant, le Crash Test d’Antoine. Restez là, le Crash Test arrive dans quelques minutes. Mais auparavant et comme chaque semaine dans cet Atelier, c’est le Silicon Carnet d’Alice GILLET. Alice.

    Alice GILLET :Oui, François. Écoutez, si vous m’aviez connue quand j’avais 17 ans, une des choses que je vous aurais sans doute dites à l’époque, c’est que pour découvrir une ville, rien de tel que de prendre les transports en commun, notamment le bus ou le métro. C’est vrai que c’est un truc que je disais quand j’avais 17 ans parce qu’à 17 ans, quand on prend le bus dans un pays étranger, on a vraiment l’impression d’être à l’aventure et d’être super cool. Mais maintenant que j’ai quelques années de plus dans le pif, n’est-ce pas, j’aime bien aussi parfois prendre les taxis. J’ai découvert que le taxi, c’est aussi un super moyen de découvrir la ville dans laquelle vous êtes. C’est notamment le cas à San Francisco où vous ne savez jamais à qui vous avez affaire quand vous êtes dans un taxi. Moi, je recommande à toute personne qui vient à San Francisco de taper la conversation à vos chauffeurs de taxi. Ils sont toujours très intéressants. Moi, j’en avais rencontré un qui avait gagné la coupe nationale de football, qui était une star du foot dans son pays. J’en ai rencontré aussi qui étaient des businessmen dans leur pays d’origine et qui étaient chauffeurs de taxi en attendant de monter leur boîte, leur entreprise, à San Francisco. J’en ai rencontré un qui connaissait Janis JOPLIN et qui m’a raconté des secrets sur la vie de San Francisco dans les années 70. Mais récemment, j’ai rencontré un chauffeur de taxi encore plus particulier, encore plus spécial, the chauffeur de taxi qu’il faut connaître à San Francisco. J’ai nommé le Phantom Cab Driver ou le taxi fantôme. En tout cas, c’est comme ça que lui s’appelle. Ce taxi fantôme, c’est qui ? C’est un chauffeur de taxi, un passionné de SARTRE et de HEIDEGGER, un poète, un blogueur, un militant et un geek. Le taxi fantôme de San Francisco, c’est un monsieur qui milite pour l’ouverture des applications mobiles de taxi. Pour remettre un petit peu le contexte, vous savez que répartir les taxis dans une ville pour avoir un service optimal et pour qu’en gros toutes les personnes qui cherchent un taxi trouvent un taxi et que tous les taxis aient quelqu’un dans leur voiture, ce n’est vraiment pas facile. Il y a plusieurs flottes de taxis à San Francisco, il y en a certaines qui ont leur propre application mobile pour répartir leurs propres taxis dans San Francisco. Et puis, il y a aussi des applications tierces qui permettent aux utilisateurs de trouver un taxi. Vous en appelez un de n’importe quelle compagnie, il suffit que le chauffeur en question ait téléchargé son application et il peut voir où se trouvent les gens qui ont besoin d’un taxi, à quel moment et où dans la ville, etc. Par exemple, il y a Magic Cab, c’est typiquement une application qui fait ça. Mais le problème, c’est que toutes ces applications que ce soit les applications tierces comme Magic Cab ou les applications officielles des compagnies de taxi, elles sont forcément limitées parce qu’elles n’ont pas accès à toutes les données de l’ensemble des chauffeurs de taxi de la ville. Donc, le taxi fantôme milite pour l’ouverture des données, le partage des données, l’ouverture des API, des applications de taxi dispatch. Lui, son argument en gros, c’est de dire que la seule façon de bien répartir les taxis et d’offrir le meilleur service possible, c’est d’ouvrir les API et d’avoir une seule application de répartition de taxi pour tous les taxis de la ville. Ce taxi fantôme, quand je dis qu’il est militant, il est vraiment militant. C’est notamment lui qui représente les chauffeurs de taxi au hackathon que la ville de San Francisco organise sur ce sujet de comment répartir les taxis dans la ville. Il a aussi un blog où il raconte toute l’actualité politique des taxis. Il commente aussi les news, les innovations technologiques pour les chauffeurs de taxi. J’ai lu par exemple un de ses articles qui s’appelle « Le taxi fantôme installe un terminal digital sur sa plage arrière ». Ça fait trois ans que j’habite ici et je ne suis toujours pas au bout de mes surprises. J’ai rencontré le taxi fantôme, politicien et défenseur d’un Web ouvert pour les taxis.

    François SOREL : Alice, merci.

  13. 13 - Crash Test

    Louis Aragon

    Crash Test du 14 juillet 2012

    François SOREL : Après le Silicon Carnet, place au Crash Test pour terminer cet Atelier Numérique. En tout cas, merci de nous suivre chaque semaine. Antoine, quel est le point de départ de votre Crash Test de cette semaine ?

    Antoine SIRE :Le point de départ de... vous voulez savoir vraiment quel est le point de départ ?

    François SOREL : Écoutez, oui, mais je pense ne pas être le seul en plus.

    Antoine SIRE :Écoutez, c’est la publication d’un numéro de la nouvelle revue française consacrée à la littérature et à la chanson parce que dans ce document – notamment, c’est pour les internautes –, c’est L’Obs qui nous le signale, sur le site bibliobs.nouvelobs.com, vous avez toutes les explications voulues. Il y a un entretien assez ancien qui date de 63 et 64 avec Louis ARAGON qui parle de ses relations avec les chanteurs et avec la chanson. C’est évidemment très important puisque notamment Jean FERRAT a fait une très grande partie de sa carrière à travers des hommages à Louis ARAGON. Mais dans cette interview, ARAGON explique en réalité que Jean FERRAT n’est pas le premier à avoir fait des chansons sur lui et que que l’un des premiers qui ont chanté sur ARAGON était bien sûr BRASSENS, mais que les toutes premières chansons sur des poèmes d’ARAGON dataient de la guerre et avaient été faites notamment par de grands musiciens français comme Georges AURIC et Francis POULENC qui étaient de célèbres musiciens membres du fameux Groupe des Six. Donc, c’est une interview très intéressante de Louis ARAGON qui...

    François SOREL : Et qu’on retrouve sur le Web.

    Antoine SIRE :Et qu’on retrouve sur le Web et qui explique aussi le rôle qu’a joué bien sûr Léo FERRE dans la publication en chanson des poèmes d’ARAGON. Et puis, ARAGON parle de Johnny HALLYDAY qui existait déjà à l’époque. Je rappelle qu’ARAGON, il est quand même mort il y a une trentaine d’années. Donc, ça fait un pont entre la période actuelle et la période moderne.

    François SOREL : Donc, il a connu Que je t’aime alors, le grand tube de Johnny HALLIDAY.

    Antoine SIRE :Absolument. Du coup, je me suis intéressé au rapport entre ARAGON et le Web. J’ai trouvé deux ou trois trucs intéressants. Notamment, c’est une fiche Wikipédia, mais c’est une fiche très instructive. C’est celle consacrée au poème ou plus exactement au recueil de poèmes qui s’appelle Le Fou d’Elsa. Le Fou d’Elsa, à ne pas confondre avecLes Yeux d’Elsa bien qu’il y ait bien entendu un rapport puisque vous savez qu’ARAGON avait épousé Elsa TRIOLET qui d’ailleurs ne s’appelait pas TRIOLET du tout parce que TRIOLET, ce n’est pas un nom russe et qu’Elsa était russe, il avait écrit dans ce poème « Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire », etc. C’est un poème qui a beaucoup... qui a inspiré les chanteurs, qui a inspiré Jean FERRAT justement. ARAGON ensuite a écrit un autre recueil de poèmes qui s’appelle Le Fou d’Elsa. Là, c’est quelque chose qui parle... qui se passe plutôt dans le monde espagnol, dans le monde de l’Andalousie, la chute de Grenade, etc. Mais ce qui est très intéressant et que nous dit cette fiche, c’est que c’est dans Le Fou d’Elsa que Louis ARAGON mentionne à deux reprises que l’avenir de l’homme est la femme. Il ne dit pas « La femme est l’avenir de l’homme », il dit « L’avenir de l’homme est la femme ». C’est cette phrase « L’avenir de l’homme est la femme » qui évidemment sera transformée par ARAGON qui dira « Je déclare avec Aragon. La femme est l’avenir de l’homme ».

    François SOREL : Vous le faites bien là à la fin.

    Antoine SIRE :Voilà. En fait, non, la phrase originale, ce n’était pas tout à fait celle-ci. C’est « L’avenir de l’homme est la femme ». Je me suis aussi intéressé à...

    François SOREL : En fait, nous, on sait que l’avenir de la femme, c’est l’homme.

    Antoine SIRE :Aussi.

    Jean De CHAMBURE :Et réciproquement.

    Antoine SIRE :Et réciproquement.

    François SOREL : Et réciproquement.

    Antoine SIRE :Comme disait Pierre DAC. Peut-être que l’homme est aussi l’avenir de l’homme et la femme l’avenir de la femme, mais nous sommes tous l’avenir de...

    François SOREL : Mais là, on s’éloigne un peu du débat.

    Antoine SIRE :Voilà, exactement. Ce qui a retenu mon attention, c’est un site, un dossier pédagogique sur Internet. C’est assez intéressant de voir comment sont faits les dossiers pédagogiques. Là, j’ai trouvé un dossier pédagogique consacré à la Résistance. Vous savez qu’ARAGON faisait partie de ces poètes résistants. C’est un dossier pédagogique qui en fait tourne autour de L’armée du crime, d’un film de Robert GUEDIGUIAN qui a été mis pour mettre à l’honneur le personnage du poète et résistant Missak MANOUCHIAN. Il y a tout le dossier pédagogique qui accompagne ce film. Dans ce dossier pédagogique, il y a notamment un poème d’ARAGON qui s’appelle Strophes pour se souvenir et qui figure dans ce dossier. Là aussi, c’est très émouvant : « Vous n'avez réclamé la gloire ni les larmes. Ni l’orgue ni la prière aux agonisants. Onze ans déjà que ça passe vite onze ans. Vous vous étiez servi simplement de vos armes. La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans ». C’est un poème en hommage à tous ceux qui ont donné leur vie pour la Résistance. Mais en particulier, celui qui était concerné par ce poème était MANOUCHIAN puisqu’à un moment donné, ARAGON dit : « Toi qui vas demeurer dans la beauté des choses. Quand tout sera fini plus tard en Erivan ». Erivan, c’est la capitale de l’Arménie. Évidemment, Missak MANOUCHIAN était un Arménien. C’est un aperçu très impressionniste de ce que nous dit Internet sur ARAGON, mais vous trouvez à la fois ces poèmes puisqu’on les trouve très facilement sur le Net, vous trouvez à la fois sa relation à la fois sa relation à la chanson, sa relation à la Résistance. Je vous invite pour lui comme pour des tas d’autres écrivains à vous promener sur Internet puisque finalement en une heure sur Internet, on arrive à apprendre des tas de choses, à redécouvrir des tas de choses et c’est quand même bien agréable.

    François SOREL : C’est ça qui est formidable avec le Net, voilà. Merci, Antoine, pour ce Crash Test dédié à ARAGON. L’Atelier Numérique se termine, merci de nous avoir suivis. Je vous souhaite encore une fois un très bon week-end et de bonnes vacances aussi si vous en profitez. On sera là bien sûr le week-end prochain. Portez-vous bien et salut à tous.

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