L'atelier numérique

Deux heures d’émission entièrement dédiées à la transformation digitale des entreprises, et à l’impact du numérique sur nos façons de vivre et de travailler.

n°435 Emission du 01 Septembre 2012


Sommaire de l'émission

  1. 1- Présentation et sommaire de l'émission

    La maison qui s’enterre quand il fait chaud et qui suit la course du soleil
    Le robot Curiosity
    Will.I.Am chante sur mars grâce au robot Curiosity
    Un point sur le Siggraph

    François SOREL : Bonjour à tous. Bon week-end et bonne rentrée à vous toutes et à vous tous. Bienvenue dans ce nouveau numéro de l’Atelier et cette nouvelle saison, votre rendez-vous dédié aux nouvelles technologies que vous retrouvez chaque samedi et dimanche sur BFM Business. Nous sommes ravis de vous retrouver. On ne change pas une équipe qui gagne. Donc pour cette rentrée, vous allez toujours retrouver tout au long de cette année, par exemple, Lila MEGHRAOUA qui est là. Bonjour Lila.
    Lila MEGHRAOUA : Bonjour.
    François SOREL : Mathilde CRISTIANI aussi. Bonjour Mathilde.
    Mathilde CRISTIANI : Bonjour.
    François SOREL : Du côté de San Francisco, c’est Alice GILLET qui est là. Bonjour Alice.
    Alice GILLET : Salut tout le monde.
    François SOREL : Bonnes vacances, Alice ? Tout s’est bien passé ?
    Alice GILLET : Très bonnes vacances, pas de tremblement de terre. Tout va bien.
    François SOREL : Formidable. Jean De CHAMBURE est à nos côtés aussi, chers amis. Bonjour Jean.
    Jean De CHAMBURE : Bonjour François, bonjour à tous.
    François SOREL : Ravis de vous retrouver, mon cher Jean De CHAMBURE, l’un des piliers de l’Atelier qui est là depuis 10 ans. Vous vous rendez compte ? Autre pilier de l’Atelier, c’est Antoine SIRE. Bonjour mon cher Antoine.
    Antoine SIRE : Bonjour.
    François SOREL : Et bonne rentrée.
    Antoine SIRE : On est là depuis 10 ans, c’est ça ? C’est la dixième saison de l’Atelier qu’on commence ? Oh là là !
    François SOREL : Écoutez, dans quelques mois, nous allons fêter effectivement cet anniversaire. C’est beau quand même.
    Antoine SIRE : Eh bien, je trouve que vous avez rajeuni.
    François SOREL : Ça me fait plaisir. C’est peut-être le teint halé un petit peu, voilà, c’est ça. Mais vous aussi, vous n’êtes pas mal. On se comparait le bronzage tout à l’heure avec Antoine, on avait fait un bronzage fighting. C’est beau. Avant de rentrer dans le détail de ce sommaire de cet Atelier Numérique, un mot sur le Crash Test qu’on retrouvera tout à l’heure en fin d’émission, Antoine.
    Antoine SIRE : Il faut bien se mettre un peu en forme avant le début d’année là comme ça de saison. Donc, il sera consacré à Linda DARNELL, une magnifique actrice, qui a eu quand même un sort plutôt tragique, mais qui avant ça a tourné beaucoup de films magnifiques.
    François SOREL : Très bien. Le Dico Facétieux du Net tout à l’heure aussi, Jean. Le Cybergadget d’Antoine. Nous irons au Camping aussi. Notre Enquête de l’Atelier, on s’intéressera au Web-to-store. Start-up de la Semaine, Webstratégie aussi. Nous irons visiter en compagnie de Renaud EDOUARD-BARAUD tout à l’heure un restaurant expérimental en Chine. Je ne vous en dis pas plus. Notre Dossier avec Alice GILLET. Et puis, Éric LE BOURLOUT de la rédaction de 01net nous rejoindra tout à l’heure pour survoler avec lui l’actualité high-tech de cette semaine que vous avez pu lire sur 01. Et le Silicon Carnet et le Crash Test. Voilà, vous savez tout. Très bonne rentrée encore une fois à vous toutes et à vous tous. Nous sommes très heureux de vous retrouver. Sincèrement, vous nous avez manqué après cette petite série de best-of. On commence par l’actu de la semaine et c’est Antoine qui ouvre le bal. Antoine.
    Antoine SIRE : Ah, j’ouvre le...
    François SOREL : D’habitude, vous avez remarqué, on est plutôt galant, on laisse la place ou en tout cas la parole à Lila, à Mathilde ou bien à Alice. Mais là cette fois-ci, j’ai envie de vous donner la parole.
    Mathilde CRISTIANI : Voilà la nouveauté de cette saison.
    François SOREL : Voilà, c’est ça, nous allons devenir machos.
    Mathilde CRISTIANI : Mais quelle bonne nouvelle.
    Antoine SIRE : Non, j’espère que c’est avec l’accord, semble-t-il, de ces (02:43) jeunes femmes que vous me cédez la première place aujourd’hui.
    François SOREL : Cela dit, un accord... je vais dire en demi-teinte, elles ont toutes des couteaux entre les mains. Je ne sais pas si vous avez remarqué, elles nous attendent au tournant.
    Antoine SIRE : Ciel, je vais essayer de la faire...
    François SOREL : Bien comme il faut.
    Antoine SIRE : Bien comme il faut, voilà. Est-ce que vous connaissez Bohumil HRABAL ?
    François SOREL : Pardon ?
    Antoine SIRE : Est-ce que vous connaissez Bohumil HRABAL ?
    François SOREL : Pas du tout, non.
    Antoine SIRE : Vous, Jean, vous ne connaissez... pardon, François aussi, vous ne connaissez pas ? Bohumil HRABAL, c’est un écrivain tchèque, un très bon écrivain tchèque. Eh bien, ce n’est pas de lui que je vais vous parler.
    Jean De CHAMBURE : C’était un bon piège.
    Antoine SIRE : Je vais vous parler...
    François SOREL : Vous avez passé de bonnes vacances, Antoine ?
    Antoine SIRE : Excellentes.
    François SOREL : Très bien.
    Antoine SIRE : Je vais vous parler de Bohumil...
    François SOREL : Cette maison de repos vous a fait du bien ou pas ?
    Antoine SIRE : C’était une maison, mais pas de repos pour l’instant.
    François SOREL : D’accord.
    Antoine SIRE : Je vais donc vous parler de Bohumil LHOTA. Donc, c’est un Tchèque aussi parce que manifestement, Bohumil, c’est un prénom tchèque.
    Jean De CHAMBURE : Vous auriez dit ça dès le début, on aura dit : « Oui, bien sûr, on connaît ».
    Antoine SIRE : Voilà. Bohumil LHOTA, il est très intelligent et il a fait une maison très intelligente. Figurez-vous, cet été, je suis sûr que vous avez dû souffrir de la chaleur par moments.
    François SOREL : Oui.
    Antoine SIRE : La Tchécoslovaquie... pardon, la République tchèque, excusez-moi parce que la Tchécoslovaquie, ça n’existe plus depuis quasiment les films de LUBITSCH. Je dis ça parce qu’il y a un film de LUBITSCH où un type n’arrive pas à s’endormir. Donc, une dame lui dit : « Écoutez, si vous n’arrivez pas à vous endormir, vous n’avez qu’à épeler Tchécoslovaquie à l’envers ». Comme c’est en anglais, c’est plus compliqué qu’en français.
    François SOREL : Il s’endormit ou pas après ? On ne sait pas trop.
    Antoine SIRE : Je ne sais plus. Non, je crois que...
    François SOREL : Allez, parlons de votre maison intelligente.
    Antoine SIRE : Donc en Tchécoslovaquie, il y a Bohumil LHOTA qui est un ingénieur intelligent. En République tchèque, pardon, il y a parfois un climat continental qui fait que l’été, il fait chaud. Donc, Bohumil LHOTA a décidé d’inventer une maison si intelligente qu’elle s’enterre pour rester au frais et qu’elle tourne selon la course du soleil. En plus, ça permet de profiter au maximum de l’éclairage naturel. C’est donc économe et agréable en toute saison.
    François SOREL : C’est la seule maison où vous avez le mal de mer en fait. C’est pratique, vous avez des sachets partout au cas où.
    Antoine SIRE : Si vous voulez essayer non pas la chambre d’hôtes, mais la maison de LHOTA, elle est située à environ une centaine de kilomètres au Nord-Est de Prague. Il a mis quand même, ce brave Bohumil, 20 ans avant de terminer sa maison.
    François SOREL : Parce qu’elle est terminée donc ?
    Antoine SIRE : Là, elle est terminée.
    François SOREL : Elle est terminée.
    Antoine SIRE : Au moins comme elle était prête à ce moment-là, il n’a pas dû trop souffrir de la chaleur dans notre joli mois d’août. Il n’avait qu’à appuyer sur un bouton pour enterrer sa maison à l’intérieur de la colline et pour bénéficier de la fraîcheur naturelle de la terre.
    François SOREL : On doit avoir une belle vue de l’intérieur.
    Antoine SIRE : On n’a pas tout le temps... qu’est-ce que vous voulez ? Vous voulez tout, vous.
    François SOREL : Oui, c’est ça. Soit vous avez chaud et vous avez une belle vue, soit vous êtes bien et vous ne voyez rien. Écoutez, c’est ça. Merci, Antoine, pour cette news. C’est à Jean De CHAMBURE maintenant.
    Jean De CHAMBURE : Oui. Franchement, cette maison de Bohumil LHOTA mériterait que ce fameux robot Curiosity vienne là-bas inspecter, prendre des photos et prendre des vidéos. Je vais vous en parler un petit peu.
    François SOREL : Quelle belle transition. Tout de suite, on retrouve la patte de Jean De CHAMBURE.
    Jean De CHAMBURE : On en a beaucoup parlé cet été. C’est mon seul regret de cet été, c’est que le robot Curiosity...
    François SOREL : Ne pas avoir été sur Mars.
    Jean De CHAMBURE : Voilà, ait atterri le 6 août sur Mars, alors que nous n’étions pas présents pour voir qu’est-ce qui se passe. Franchement, c’était quelque chose quand même d’assez émouvant de voir ce robot se poser.
    François SOREL : Incroyable. Et puis la prouesse technique.
    Jean De CHAMBURE : La prouesse technique est fabuleuse. C’est une news. Tout détailler, c’est totalement impossible. Simplement, juste focaliser sur un petit aspect et ça ferait une transition avec ce dont va vous parler Mathilde dans un instant, c’est tout simplement : comment ça fonctionne ? C’est-à-dire qu’au fond, il y a... c’est quand même... si on se repose deux secondes la question, nous sommes sur terre, il y a des images et de la vidéo qui nous arrivent depuis Mars. Donc, c’est quand même fabuleux. En fait, je me suis vraiment demandé comment ça pouvait marcher. Le système est assez simple, il y a...
    François SOREL : Ils ont tiré une fibre optique entre les deux.
    Jean De CHAMBURE : Voilà, il y a un câble et une paire de cuivres. Il restait un rouleau chez France Telecom.
    François SOREL : Voilà.
    Jean De CHAMBURE : Non. En fait, il y a un satellite qui tourne autour de Mars. Le robot Curiosity émet un signal depuis le satellite, qui lui-même va le stocker – il va stocker cette information – et il va le réenvoyer vers la terre.
    François SOREL : Incroyable.
    Jean De CHAMBURE : Donc, il a une puissance d’envoi extrêmement forte dès lors qu’il cible, ce qui est assez logique. En revanche, ils ont une sorte d’omnicaptation sur tous les angles qui, elle, permet de recevoir des informations ou de les envoyer, mais avec du coup un débit qui est plus faible. Mais dès lors qu’ils ciblent, ils ont une puissance qui est absolument vertigineuse. Donc, c’est la raison pour laquelle on a pu recevoir ces photos et ces images. Mais on a aussi pu émettre des choses assez curieuses et c’est Mathilde qui à mon avis a deux ou trois news assez sympas.
    Mathilde CRISTIANI : Parce que du coup, il... même si on veut aussi assister à un concert sur Mars, grâce à Curiosity, c’est possible.
    François SOREL : Incroyable. Un concert sur Mars ?
    Mathilde CRISTIANI : Pas tout à fait un concert, mais j’imagine que vous connaissez le groupe des Black Eyed Peas.
    François SOREL : Bien sûr.
    Mathilde CRISTIANI : En fait pour nous, on connaît peut-être Curiosity, mais apparemment il y a beaucoup de jeunes qui ne s’y intéressent pas du tout. Donc pour les sensibiliser et leur dire « c’est quand même génial, regardez ce que ça peut faire », la NASA a eu une idée que je crois assez fantastique. Ils ont proposé au chanteur des Black Eyed Peas qui s’appelle will.i.am selon le jeu de mots...
    François SOREL : C’est une vraie star.
    Mathilde CRISTIANI : Et qui est une vraie star, exactement, eh bien en fait, de diffuser...
    François SOREL : D’aller sur Mars.
    Mathilde CRISTIANI : Il aurait peut-être aimé, mais en fait c’est juste chanter...
    François SOREL : Des réductions de place.
    Mathilde CRISTIANI : Voilà, une chanson qui s’appelle Reach for the stars, attention, qui a été diffusée par Curiosity sur Mars et retransmise en direct par la NASA.
    François SOREL : Incroyable.
    Mathilde CRISTIANI : Donc, il a chanté...
    François SOREL : Donc en fait, le robot a des petits haut-parleurs, c’est ça ? Il a retransmis la chanson...
    Mathilde CRISTIANI : J’imagine parce qu’il y avait le son. Ensuite, ça a été filmé par la NASA et retransmis en direct.
    François SOREL : Ce dont on ne sait pas, c’est comment le son se propage sur Mars parce que c’est vrai que sur terre, il y a une certaine atmosphère d’oxygène, etc., qui fait que le son se propage d’une certaine manière.
    Mathilde CRISTIANI : C’est vrai.
    François SOREL : Mais sur Mars, on ne sait pas.
    Mathilde CRISTIANI : Eh bien, il faudrait regarder la vidéo.
    François SOREL : Je pense d’ailleurs qu’en fait, les ingénieurs de Curiosity se servent aussi de la diffusion de cette chanson pour essayer de comprendre comment est l’atmosphère aussi et comment le son va se propager.
    Mathilde CRISTIANI : Oui, exactement parce que là du coup, ce qui a été retransmis, c’était juste...
    François SOREL : Il n’y a pas qu’un coup de com derrière, il y a aussi des tests.
    Jean De CHAMBURE : Des tests, oui, effectivement parce qu’on n’est pas non plus complètement dans l’univers. Il y a une notion de gravité, il y a des paramètres qui sont différents.
    Mathilde CRISTIANI : Ce qui a été retransmis là, c’était vraiment juste la chanson elle-même, pas comment elle s’est propagée sur mars. Mais effectivement, oui, je pense qu’après, il y aura pas mal de travaux de recherche grâce aux Black Eyed Peas.
    François SOREL : Incroyable.
    Mathilde CRISTIANI : C’est formidable.
    François SOREL : Voilà. Et puis si ça peut permettre aux plus jeunes de comprendre cette prouesse technologique incroyable...
    Mathilde CRISTIANI : Je trouve que c’est un moyen intéressant quand même de sensibiliser.
    François SOREL : Effectivement.
    Mathilde CRISTIANI : Ça fait quand même une bonne opération de com.
    François SOREL : Oui. Allez, petit détour depuis San Francisco avec Alice GILLET pour une petite news.
    Alice GILLET : Oui. En parlant de Mars, je ne sais pas si vous avez vu la vidéo où on voit les équipes de la NASA qui suivent en direct l’atterrissage du robot, c’est assez émouvant, la petite larmounette.
    François SOREL : Oui, incroyable. C’est-à-dire que c’est aussi la somme d’années et d’années de travail. Pour eux, c’est un truc de dingue.
    Alice GILLET : Absolument. Mais retournons en Californie où s’est tenu cet été le Siggraph, le rendez-vous des passionnés d’effets spéciaux en tous genres. C’est un salon qu’on suit depuis quelques années ici à l’Atelier de San Francisco. Cette année, c’est notre petite Morgan qui travaille avec nous qui a été au Siggraph et qui nous a rapporté des petites innovations croustillantes, dont ma préférée, tenez-vous bien, Botanicus Interacticus. Je ne sais pas si vous vous souvenez d’Avatar, le film.
    François SOREL : Oui, bien sûr.
    Alice GILLET : Voilà. Eh bien dans le film, toutes les plantes bougent, s’illuminent et en fait interagissent – on dirait presque qu’elles sont vivantes – avec les habitants de la planète. Figurez-vous que Disney a développé un système qui permettrait, si jamais Disney venait à créer une partie Avatar dans les parcs d’attraction parce que c’est peut-être quelque chose qui va arriver, eh bien il faudrait recréer cet effet pour que les enfants et les fans de Disneyland puissent interagir avec les plantes. Donc, ils ont développé un prototype. Ce n’est pas très compliqué, vous prenez une plante, vous la branchez – donc, un petit fil électrique dans le pied, une petite prise de terre – la plante et vous créez un champ magnétique autour de la plante et un champ magnétique qui a une seule fréquence. En gros, si jamais vous interagissez avec la plante, par exemple si vous la caressez ou si vous lui faites des guillis, vous dérangez ce champ magnétique et la plante peut ainsi répondre en fait à votre interaction. C’était un peu une des dernières innovations de Disney présentées au Siggraph que j’ai trouvée assez sympathique. Imaginez ce que ça peut donner dans la maison d’Antoine par exemple.
    François SOREL : Oui, on peut imaginer. Ou alors demain un jardin high-tech avec lequel on pourrait interagir avec les plantes, ça pourrait être rigolo.
    Alice GILLET : Exactement, c’est ça.
    François SOREL : Merci, Alice GILLET. Avant de poursuivre cet Atelier Numérique, je vous propose maintenant de retrouver Lila MEGHRAOUA pour les Ouvertures de l’Atelier en cette rentrée. Lila.

  2. 2 - Les Ouvertures de L'Atelier

    Anna Chédid, a.k.a Nach

    Lila MEGHRAOUA : François, je suis avec la chanteuse Nach qu’on va retrouver ce soir d’ailleurs au Divin du Monde. J’ai envie que nos auditeurs vont tous y aller. Ça s’appelle les Sessions Secrètes du Divan du Monde. Nach, bonjour.
    Anna CHEDID : Bonjour.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que tu pourrais nous présenter un peu ton concept en quelques mots ?
    Anna CHEDID : Mon concept, c’est ma musique en fait. J’écris, je compose, j’arrange, je chante et je joue un peu de clavier. Je joue un peu de basse et de batterie aussi. J’adore jouer plein d’instruments différents – je suis hyper curieuse – et faire des expériences. Justement là, ces Secrètes Sessions au Divan du Monde, c’est génial, c’est un super concept. On se retrouve à plein de groupes, on est à peu près 30 en tout. On se mélange avec le batteur d’un tel groupe, le guitariste d’un autre et tout ça. On se mélange et on a trois jours non-stop jour et nuit pour faire des morceaux. On en fait à peu près 20 à la fin, on fait un concert et on fait un CD qui va être en téléchargement gratuit sur Internet. C’est le genre de truc que j’adore. Les expériences musicales comme ça, c’est ce qu’il y a de plus excitant, je trouve.
    Lila MEGHRAOUA : Justement, ça va être plutôt dans cette espèce de tendance en ce moment sur le Web de tout ce qui est collaboratif. Est-ce que par exemple toi tu pourrais t’imaginer, je ne sais pas, participer à un projet collaboratif par le Web avec des groupes qui se retrouvent en Australie ou en... Tu vois, une espèce de cadavre exquis, est-ce que c’est quelque chose qui te parle ?
    Anna CHEDID : Oui, complètement, je trouve ça merveilleux. Justement, j’avais vu d’ailleurs une petite vidéo d’un mec qui avait fait ça. Il avait repris un morceau très connu. Je ne sais plus lequel c’était exactement, mais il prenait du monde entier. Il allait justement en Italie, en Australie, en Afrique et tout ça. Il jouait le même morceau à distance et ça avait fait un truc magnifique. Je ne sais plus trop ce que c’est, mais c’est ça. La musique, c’est ça en fait. C’est de jouer de la musique avec... tu peux communiquer. La musique, c’est universel, c’est le langage universel. Donc, ce serait idiot de se priver de faire de la musique avec ce monde.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que t'es un chouilla geek ou, je ne sais pas, accro aux réseaux sociaux Facebook, Twitter, ce genre de chose ?
    Anna CHEDID : Je ne suis pas accro parce que j’en connais des gens accros et ça peut devenir un peu dangereux, je trouve, parfois. Mais je m’en sers vraiment, c’est un super outil pour moi pour faire de la promo pour mes concerts. Dès que j’ai une actu et tout ça, je balance sur Facebook. Aujourd’hui sur Facebook, je crois que j’ai 1 600 fans, un truc comme ça. Voilà, je sais que 1 600 personnes à peu près voient cette info. Donc, c’est monstrueux. C’est génial, c’est super bien. Après, toutes les dérives Facebook ou Twitter un peu... les gens qui sont trop là, qui donnent leur vie, qui se montrent trop, je trouve que ça me dérange un peu. Mais après quand c’est pour un but artistique, je trouve ça super bien.
    Lila MEGHRAOUA : D’accord. Est-ce que ça pourrait être, je ne sais pas, une source d’inspiration ou de recherche pour toi en tant que musicienne ? Parce que du coup, le Web, c’est un peu une base documentaire assez ouf.
    Anna CHEDID : Oui, c’est dément parce que tous les jours, tu as des nouvelles informations, des nouvelles vidéos, des nouveaux morceaux, des nouvelles têtes, des nouveaux artistes. Tu découvres plein de trucs tout le temps. Ça, j’adore justement. C’est hyper inspirant parce que tout le monde s’inspire. Tu vois que c’est comme une chaîne comme ça. Tout le monde s’inspire et c’est hyper créatif. Donc, il y a des super trucs qui se passent quand même.
    Lila MEGHRAOUA : Nach, merci. Est-ce que tu peux nous dire où on peut te trouver prochainement ?
    Anna CHEDID : Ce soir déjà au Divan du Monde avec plein d’autres artistes. Là, il y a un EP qui va sortir très bientôt, que je viens de finir et que j’ai hâte de vous faire entendre. Je fais le 114 pas mal, c’est mon lieu de résidence. C’est à Paris au 114 ou à Oberkampf, je joue à peu près deux fois par mois là-bas. Et sur mon Facebook Nach, voilà. Il faut liker la page. Là, vous avez toutes les infos pour me retrouver.
    Lila MEGHRAOUA : Super, merci.
    François SOREL : Lila MEGHRAOUA, merci. On revient dans un instant pour la suite de cet Atelier Numérique avec le Cybergadget d’Antoine et le Dico Facétieux du Net, le retour, avec Jean De CHAMBURE. A tout de suite.

  3. 3 - Cybergadget

    Faire semblant de cuisiner
    Les robots cuistots coupeurs de nouilles

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Très bonne rentrée et bon week-end à vous toutes et à vous tous. Dans quelques instants, Petit Détour au Camping. On repart sur de nouvelles bases, mais chaque semaine, nous irons au Camping. Et puis, il y a notre Enquête de l’Atelier. On évoquera le Web-to-store dans quelques instants. Mais auparavant, Antoine SIRE et Jean De CHAMBURE sont dans ce studio. Jean, on va commencer par vous. Je vous sens un petit peu, comment dirais-je, fébriles tous les deux. Jean De CHAMBURE, commencez par votre Dico Facétieux.
    Jean De CHAMBURE : En fait, ça va être un dico sérieux du Net parce qu’on va parler d’un grand personnage qui est Claude SHANNON. Mais je pense que quand vous parlez de sérieux, il faut d’abord parler de quelque chose qui est aussi très sérieux, à savoir les gadgéto-trouvailles. Je crois qu’Antoine, vous avez déjà des gadgéto-trouvailles de rentrée qui sont assez importantes, assez significatives.
    Antoine SIRE : Elles sont culinaires. Quand on n’a plus les vacances, ma foi, quelque chose qui nous reste, c’est la possibilité de manger. Donc, je vais effectivement...
    Mathilde CRISTIANI : Parler nourriture.
    Antoine SIRE : Voilà. Parfois, on mange ; et puis parfois, on regarde la nourriture, ce qui ne remplit pas tout à fait le ventre, mais presque. Je ne sais pas si vous connaissez ce poème d’Arthur RIMBAUD qui s’appelle Les Effarés, qui est un poème un peu triste, dans lequel on voit des jeunes enfants qui voient le pain en train d’être cuit par le soupirail d’une boulangerie. Évidemment, ce sont des enfants affamés dans une ville pauvre. Donc, ils se nourrissent du regard finalement. Ils mangent des yeux ce pain qui est en train d’être fait et qu’ils ne mangeront jamais. Eh bien si regarder la nourriture nourrit, la dernière expérience des chercheurs de l’institut technologique de Tokyo répond tout à fait à cela puisqu’il s’agit d’un simulateur de cuisine.
    Mathilde CRISTIANI : Ça sert à quoi ?
    Antoine SIRE : En fait, la véritable utilité de ce simulateur de cuisine, c’est de servir d’entraînement pour les nuls sans gâcher d’aliment. En quoi ça consiste ? C’est une poêle à frire et une spatule. La poêle à frire et la spatule peuvent simuler le poids des aliments que vous aurez choisis de cuisiner virtuellement. Dans la poêle apparaît également au fur et à mesure de la cuisson toujours virtuelle l’aliment cuisiné. A savoir aussi bien sûr que si vous réglez votre thermostat virtuel trop fort, l’aliment est carbonisé.
    Mathilde CRISTIANI : En fait si vous cuisinez une entrecôte virtuelle, vous aurez le poids de l’entrecôte dans la poêle et une sorte d’image, d’hologramme, de l’entrecôte ?
    Antoine SIRE : Exactement. Il y a une spatule qui, elle, procure à l’apprenti cuisiner la sensation de bouger les éléments. En fait, il ne bouge pas de vrais aliments, mais a la sensation de les remuer, tout ça grâce à un système de poids. Le seul truc, c’est que le jour où vous vous êtes vraiment dégourdi et que vous savez faire de la bonne cuisine, là vous êtes quand même très frustré de ne pas pouvoir la manger. Là, vous vous retrouvez dans la situation des pauvres enfants de notre ami RIMBAUD. Comme la cuisine virtuelle c’est bien, mais qu’il faut quand même un peu de réel, mais comme on est dans une émission de geek, il faut donc associer cuisine réelle et geekerie, donc en l’occurrence plus spécifiquement robotique, il existe en effet actuellement en Chine un robot qui est en train d’être développé et qui a un chouette patronyme puisqu’il s’appelle le Chef Cui. C’est tout simplement un robot cuisinier coupeur de pâtes. Les pâtes, les nouilles, c’est important en Chine. D’ailleurs, c’est en Chine qu’elles ont été inventées. Il existait sous forme de prototype. Mais maintenant, il existe dans les cuisines. Je me suis laissé dire que si vous alliez rendre visite à Renaud EDOUARD-BARAUD par exemple, vous risquez de le voir dans des bars à nouilles en train de trancher des nouilles avec ce robot.

  4. 4 - Le dico facétieux

    S comme Shannon, Claude

    Jean De CHAMBURE : Oui, c’est vrai que les robots quand même nous ont marqués. On a parlé tout à l’heure de Curiosity, ce robot sur Mars, mais on voit quand même que les robots ne font que commencer. Claude SHANNON... c’est un dico sérieux. Je pense qu’on va essayer de faire des dicos facétieux et des dicos sérieux. Là, je fais plutôt un dico sérieux parce qu’évidemment, c’est un très grand théoricien. Quand je dis « évidemment », j’avoue que j’avais eu ce nom en fait de Claude SHANNON par un lointain signal numérique avec, je crois, un Crash Test. Antoine SIRE, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais il me semble que vous avez fait un Crash Test sur Monsieur SHANNON ou sur le signal SHANNON, mais il y a de ça quelque temps. Il faudrait qu’on aille vraiment plonger dans les archives de l’Atelier Numérique.
    Antoine SIRE : C’est un Crash Test paléolithique alors, c’était avant l’invention du Wi-Fi.
    Jean De CHAMBURE : Avant l’invention du Wi-Fi. Claude SHANNON, qui c’est ? C’est un très grand théoricien en fait des sciences de l’information. On lui doit beaucoup, c’est celui qui a réussi à intellectualiser et à concevoir une théorie mathématique qui sert aussi aux mathématiques pures et qui permet en fait pour expliquer les choses vraiment le plus simplement de détacher à la fois le message de son contenu, c’est-à-dire que tout message est matérialisable, donc avec des chiffres, avec le numérique, avec des 0 et avec des 1. Ça peut être du son, de la musique. Ça peut être de l’image, ça peut être du texte. Ça, c’est l’un des apports de Claude SHANNON. C’est aussi cette notion de dire au fond qu’il y a d’une part une source et d’autre part un destinataire. Jusque-là, ça paraît assez simple. Et puis, il peut y avoir une interface entre les deux, une interface digitale, qui va permettre de rendre cela fluide. Donc vraiment, il préfigure complètement la société de l’information dans laquelle nous sommes aujourd’hui. A côté de ça, c’était un homme tout à fait comme beaucoup de savants très facétieux, amusant. Il a à son actif quand même un certain nombre d’inventions, dont je voulais vous parler, vous les citer en tout cas, parce que franchement, c’est assez amusant. Il a inventé par exemple un robot jongleur, il a inventé une souris qui permettait de rentrer et de sortir d’un labyrinthe. Donc, il a inventé un certain nombre de machines assez fantasques. Et puis si je vous en parle aussi aujourd’hui, il a inventé par exemple une machine qui résout le cube de Rubik’s Cube. Vous savez qu’il y avait un champion du monde qui a un petit passé non pas aux oubliettes, mais qui est resté un petit peu moins célèbre que KASPAROV par exemple, parce que le champion du monde de Rubik’s Cube, c’est vrai que c’est un peu moins... qui s’appelait Monsieur Mikhaïl BOTVINNIK, il a été battu en fait par la machine qu’avait inventée Claude SHANNON et qui permettait de résoudre le cube de Rubik’s Cube en 42 coups. Quoi qu’il arrive, résolution du Rubik’s Cube.
    Mathilde CRISTIANI : Parce qu’il y avait un robot avec des mains très agiles qui prenaient le...
    Jean De CHAMBURE : Voilà, qui permettait de résoudre le Rubik’s Cube. Vous voyez, c’est quand même une invention, je vous l’accorde, pas fondamentalement utile pour l’humanité, mais quand même une invention intellectuellement très intéressante, très amusante. Pourquoi est-ce que je vous parle aussi de Claude SHANNON ? Parce que je vous invite à lire un livre que je n’ai pas encore lu, mais qui me donne envie en tout cas, qui est un livre sur la société de l’information. Il faudra qu’on interviewe sûrement cet auteur lorsqu’on aura lu son livre.
    Mathilde CRISTIANI : Aurélien BELLANGER ?
    Jean De CHAMBURE : Voilà, vous l’avez cité, Mathilde. C’est un livre qui retrace apparemment le parcours d’un individu qui ressemblerait un petit peu à Xavier NIEL. Mais c’est surtout aussi un livre sur l’histoire des télécommunications. Je trouve ça très intéressant qu’un roman prenne le parti un peu à la mode balzacienne de s’attaquer à ce grand sujet quand même qui a transformé nos sociétés, qui est la théorie de l’information. Donc, c’est un appel, c’est un signal sonore. Là, je ne fais que parler, ce n’est qu’un message digital qui passe. Mais on va interviewer ce romancier parce que je pense qu’il a sûrement en tout cas un parti pris assez nouveau. Et puis, ça correspond complètement à l’Atelier Numérique. Voilà mon dico sérieux. Vous avez vu qu’il y a une facétie de Claude SHANNON. Surtout, je crois qu’il faut qu’on lui rende hommage et qu’on creuse après avec ce romancier. Ce sont les pistes de la rentrée.
    François SOREL : Messieurs, merci. On revient dans un instant. On retrouvera d’ailleurs Antoine dans quelques minutes pour le Crash Test. Dans une minute, ce sera le Camping et notre Enquête de l’Atelier avec Mathilde CRISTIANI. A tout de suite.

  5. 5 - Un tour au Camping

    Bilan des deux premiers mois du Camping, avec Home'n'Go et Veezio

    Claire CAVRET : Bonjour. Je me trouve actuellement avec Margaux de Home’n’go et Steeve de Veezio. Nous sommes là pour faire un petit peu un bilan avec vous. On va commencer par Margaux. Qu’est-ce que tu retires de ces deux premiers mois au Camping ?
    Margaux PELEN : Bonjour. Home’n’go pour rappeler rapidement ce que c’est, c’est le service qui permet de gérer sa recherche de logement très simplement et qui va vous permettre de trouver en une seule plate-forme tous les onglets que vous allez avoir ouverts sur votre navigateur en temps normal, c’est-à-dire l’onglet qui va vous renseigner sur le temps de transport vers certains endroits, l’onglet qui va vous renseigner sur le prix du marché, l’onglet qui va vous indiquer les annonces qui pourraient vous plaire. Tout ça, on le met en une seule plate-forme. C’est un service qui a été lancé il y a quelques mois, mais qui a beaucoup évolué depuis le début du Camping, depuis le 4 juin, et qui va être relancé dans quelques semaines vers une plate-forme beaucoup plus ergonomique et beaucoup plus simple. Ça, c’est grâce au Camping.
    Claire CAVRET : En quoi c’est différent de ce qui existe déjà sur le marché ?
    Margaux PELEN : Par rapport à des sites plus traditionnels comme les sites d’annonces, on va vraiment ajouter une couche d’informations supplémentaires avec de nouveaux critères de recherche. C’est-à-dire qu’au-delà des critères classiques comme la surface ou le prix, on va aussi avoir des critères de contexte, c’est-à-dire « je veux un logement à tel prix, avec telle surface, mais aussi proche de par exemple une école ou d’un lycée avec plus de 90 % au bac ». Ce sont des informations qu’on a grâce à ce qu’on appelle de l’open data, donc des données ouvertes, qui permettent d’amener ce genre d’intelligence collective. Une autre différence aussi à noter, c’est l’aspect organisation qu’on n’a pas sur d’autres sites puisqu’on va pouvoir mémoriser les annonces qui nous plaisent, mais aussi les partager avec ses proches. Mettons que demain on veuille se mettre en colocation avec Steve qui va vous parler après, on va avoir toutes les mêmes annonces au même endroit, ce qui fait qu’on ne va pas faire le travail en double. C’est une dimension qui n’est pas encore prise en compte par les autres sites.
    Claire CAVRET : OK, merci, Margaux. Toi, Steve, qu’est-ce qui a changé pendant ces deux mois sur ta start-up ?
    Steeve MORIN : Pour rappeler un peu ce qu’est Veezio, c’est un moteur de recherche vidéo qui marche. Pourquoi il marche ? Parce que contrairement aux autres moteurs de recherche, il analyse le contenu, et pas le contenant. Dans la vidéo, nous concrètement, on essaie de comprendre... nos systèmes essaient de comprendre qu’est-ce qui se passe dans une vidéo, qui parle, quand, qu’est-ce qu’ils disent, qui apparaît, qu’est-ce qui est écrit, etc., pour mieux indexer et donc mieux faire remonter les résultats pertinents. Depuis le 4 juin, ce qui a changé beaucoup de chose, premièrement, on a décidé qu’on pouvait faire beaucoup plus que ce qu’on imaginait. On a décidé, on s’est aperçu, on s’autorisait à faire beaucoup plus que ce qu’on imaginait. On avait complètement retravaillé le produit de A à Z. On a tout déconstruit vraiment jusqu’au sol et tout reconstruit de rien, ce qui est une chance énorme. Et puis surtout, on a rencontré des gens complètement formidables que ce soit les autres startuppers ou même en général. Donc oui, bilan extrêmement positif et ça fait seulement deux mois. Ça paraît énormément plus dans ma tête, mais ça fait seulement deux mois. Je suis presque... je suis plus qu’impatient même de voir ce qui se passera dans les mois suivants.
    Claire CAVRET : Comment s’est passé l’été ? Est-ce qu’il y avait des survivants au Camping ?
    Steeve MORIN : Des survivants, oui, absolument tout le monde au Camping. Personne ne prend de vacances ou très peu.
    Claire CAVRET : Tu confirmes, Margaux ?
    Margaux PELEN : Des survivants au Camping, c’est beaucoup plus que ça parce qu’on a trois Demo Days le 12 septembre à Paris, le 20 à Berlin et le 28 à Londres. Donc, on avait en fait une grosse pression cet été. Il y avait tout le monde à partir de très tôt jusqu’à très tard.
    Claire CAVRET : Est-ce que tu peux nous dire qu’est-ce que c’est que les Demo Days ?
    Margaux PELEN : Les Demo Days, c’est un peu le grand oral pour les start-ups qui sont au Camping depuis 3 mois et qui viennent faire ce qu’on appelle un pitch, une présentation devant des investisseurs et des journalistes. Pour nous, c’est un peu le roulement de tambour avant toutes les présentations chez les investisseurs. Donc, c’est très sérieux.
    Steeve MORIN : Merci beaucoup à vous deux et à très bientôt au Camping.
    François SOREL : Claire CAVRET, merci.

  6. 6 - L'enquête de L'Atelier

    Le web-to-store. Avec Jéremie Herscovic, président de SoCloz et Nicolas Prigent, blogueur, www.ropo.fr

    François SOREL : Place maintenant à notre Enquête de l’Atelier évidemment sur BFM Business dans cet Atelier Numérique. On va évoquer le web-to-store avec nos invités et avec vous Mathilde CRISTIANI.
    Mathilde CRISTIANI : Oui, François, on va parler du web-to-store. Le web-to-store, on pourrait dire presque que c’est un volet du cross-canal et qui est issu d’une tendance ROPO-ROBO. Si vous avez tout compris, je vous félicite. Si vous n’avez pas vraiment compris, ça tombe bien, on va avoir 12 minutes pour décrypter cette tendance. On est avec Jérémie HERSCOVIC qui est le président de SoCloz. Bonjour Jérémie.
    Jérémie HERSCOVIC : Bonjour.
    Mathilde CRISTIANI : Et Nicolas PRIGENT qui est blogueur et qui a un blog qui s’appelle ropo.fr. Ça tombe bien. Bonjour Nicolas.
    Nicolas PRIGENT : Bonjour.
    Mathilde CRISTIANI : Qu’est-ce que c’est cette fameuse tendance web-to-store ? Nicolas.
    Nicolas PRIGENT : La tendance web-to-store, c’est ce que font les distributeurs des chaînes de magasins pour utiliser Internet et générer du trafic dans leurs magasins. Pourquoi on observe des distributeurs qui font ce genre de dispositif marketing ou de génération de trafic ? C’est parce que des gens comme vous, comme moi, on a ce que l’on appelle un comportement ROPO sur certains produits ou catégories d’objets. ROPO, ça veut dire Research Online Purchase Offline – en français, c’est « je recherche en ligne et j’achète en magasin physique » – parce qu’on a certains d’entre nous un comportement à rechercher de l’information sur Internet et ensuite aller dans les magasins physiques pour les acheter. Eh bien, les enseignes mettent en place plusieurs dispositifs tactiques pour nous faciliter la vie et finalement finaliser l’acte d’achat en point de vente.
    Mathilde CRISTIANI : Donc, c’est une tendance purement informative qui là n’est pas liée à un achat en ligne ? Jérémie.
    Jérémie HERSCOVIC : Effectivement, c’est-à-dire qu’en fait, le web-to-store, ça consiste à avoir des informations en ligne avant d’aller en magasin. Si on resitue un petit peu cette tendance, elle s’inscrit en fait avec une certaine maturité du e-commerce. Pourquoi ? Parce qu’en fait quand le e-commerce est sorti, on a tous perçu ça comme un canal d’achat. Donc, je vais acheter en ligne à distance et je ne vais pas me déplacer en magasin. En fait, on se rend compte avec la maturité du Web qu’au final, il y a un certain nombre de freins qui font que je ne vais pas acheter en ligne. Pourquoi ? Parce que j’ai besoin de toucher et voir mon produit, j’ai besoin de l’avoir rapidement. Donc au final, le web-to-store consiste à dire que je vais rechercher des informations en ligne et je vais finaliser mon acte d’achat en magasin.
    Mathilde CRISTIANI : Pourquoi est-ce que maintenant on le perçoit véritablement comme une tendance, alors que donner des informations quand même sur son site, c’est quelque chose qui existe depuis assez longtemps ?
    Jérémie HERSCOVIC : Parce qu’en fait, la tendance jusqu’à présent, et on le voit bien en fait dans le process d’évolution des enseignes, c’est qu’à date, on a tous perçu le Web comme un canal d’achat supplémentaire. On ne s’est pas rendu compte qu’au final, vous avez... Prenons un exemple, les enseignes de mode, vous avez à peu près 70 % des internautes qui y vont sur le site, mais qui finalement n’achètent pas. Quand les retailers en fait découvrent que vous avez une majorité des consommateurs qui recherchent des infos en magasin, c’est dans un deuxième temps qu’ils se disent : « Je vais fournir une information qui est dédiée à un magasin de manière à ce que l’internaute se déplace plus facilement ».
    Mathilde CRISTIANI : Ça va être quel type d’information ? Ça va être vraiment du basique, localisation des magasins, heures d’ouverture ? Est-ce que ce sont plus des informations sur les stocks ? Jérémie, SoCloz justement, c’est une plate-forme qui propose ce type d’information de détaillants. Est-ce que vous pouvez un peu nous expliquer ce qu’est SoCloz ? Est-ce que c’est l’unique biais du web-to-store ?
    Jérémie HERSCOVIC : Question très vaste. Première chose, nous, SoCloz, on se définit comme une plate-forme de pré-shopping qui permet à des internautes de pouvoir chercher des produits et repérer en local les magasins qui en disposent. Le constat était de dire qu’à l’époque, justement vous avez un certain nombre d’internautes qui cherchent des informations, mais qui au final ne se déplacent pas en magasin parce que l’information que l’on trouve aujourd’hui sur le Web, c’est une information qui est dédiée online. C’est-à-dire que le référentiel que je trouve online, je ne sais pas toujours s’il est présent en magasin. Vous avez à peu près 30 % des enseignes qui n’affichent pas cette information. Donc, est-ce que le produit est présent en magasin ou bien est-ce que c’est une exclu online ? Le prix que je trouve est un prix online, parfois différent de celui offline. Et évidemment, la disponibilité en stock online n’est pas la même qu’offline. Donc au final, oui, il y a plusieurs types d’informations que vous pouvez donner à un internaute. La première, c’est évidemment celle qu’on a vu arriver avec des outils tels que ce qu’on appelle des store locators, c’est-à-dire que je vais déjà donner une information sur mon parc de magasins, quels sont les horaires, où est-ce que vous pouvez les trouver, si possible aller un petit peu loin dans cette approche avec est-ce qu’il y a des promos dans tel magasin ou tel magasin. On voit très bien depuis cette année avec l’explosion du web-to-store qu’on essaie d’aller beaucoup plus loin dans cette approche-là et donner une information sur la disponibilité d’un produit en magasin.
    Mathilde CRISTIANI : Du coup, c’est plutôt justement l’enseigne qui le fait sur son site corporate ou qui passe par des biais comme SoCloz ?
    Jérémie HERSCOVIC : Vous avez raison de souligner en fait ce point, c’est qu’on trouve les deux. C’est-à-dire qu’effectivement, le web-to-store, c’est une enseigne qui peut adopter en fait cette approche sur son site et qui va donner par exemple une information sur où est-ce que vous pouvez trouver le produit disponible en stock dans mon réseau de magasins. Mais ça peut être aussi, on va dire, des acteurs externes tels que SoCloz qui vont pouvoir fournir une information à des internautes qui sont en situation de renoncement, c’est-à-dire « je ne sais pas où trouver mon produit » ou bien qui sont décidés sur où aller... pardon, qui cherchent...
    Mathilde CRISTIANI : Qui savent ce qu’ils veulent, mais...
    Jérémie HERSCOVIC : Qui savent ce qu’ils veulent, mais ils ne savent pas où le trouver. Donc, ils ont besoin d’être accompagnés dans leur repérage. Du coup, les enseignes et les prestataires aujourd’hui peuvent aller beaucoup plus loin, donner une information sur stock, donner une information sur quelles sont les promotions qui sont disponibles, quel est le prix du magasin. Bientôt, on va pouvoir trouver plus que de l’information, c’est-à-dire des actions.
    Mathilde CRISTIANI : Nicolas PRIGENT, est-ce que c’est difficile pour un détaillant justement de fournir ces informations en temps réel sur ses stocks ? Est-ce que c’est pour ça que pendant longtemps on n’a pas vraiment eu... on avait juste les promos en ligne, toute l’offre en ligne, et puis après en magasin, il fallait en magasin ?
    Nicolas PRIGENT : Quel que soit le distributeur en fait, on observe... il y a effectivement un certain nombre de défis technologiques d’une part à relever dans un premier temps. Mais ce n’est pas qu’un défi technologique, c’est-à-dire qu’à partir du moment où vous avez une vision de vos stocks dans vos outils informatiques, les stocks ne sont pas toujours forcément bons parce qu’il y a toujours... entre le moment où le consommateur a pris, je n’en sais rien, un pot d’yaourt dans le rayon et avant le passage en caisse, le temps qui me soit décompté et ainsi de suite, il peut y avoir un biais. Ça peut être aussi un biais lié au personnel en point de vente. Donc, il y a un certain nombre de défis. Mais est-ce que c’est une information exacte qu’attend le consommateur ? Au moins indiquer si le niveau de produits est à risque, s’il m’en reste moins de 10 ou entre 10 et 50. Ça peut être des pratiques qui permettent effectivement de répondre aux attentes du consommateur sur la disponibilité d’un produit.
    Mathilde CRISTIANI : Justement, ça marche pour quels produits ?
    Nicolas PRIGENT : Ça marche pour quels produits ? La disponibilité...
    Mathilde CRISTIANI : Parce que là, on pense beaucoup à la mode ou à l’alimentaire. Est-ce que ça couvre aussi d’autres types de produits et de services ?
    Nicolas PRIGENT : Vous avez des... typiquement, moi je travaille pour un distributeur dans l’entretien automobile. L’entretien automobile, à part une certaine partie de la population qui n’est pas capable de changer ses pneus et faire la vidange soi-même, finalement la plupart d’entre nous, nous attendons que notre véhicule soit pris en charge par un expert. Du coup, cet expert, il est dans un garage, dans une enseigne spécialisée. Effectivement, nous, distributeur dans cette profession, nous utilisons Internet d’une part pour capter une audience qui vient rechercher de l’information sur Internet. On l’invite véritablement à se rendre dans un de nos points de vente, ce que nos petits confrères font aussi. Donc typiquement, des produits comme l’entretien auto, l’automobile et ainsi de suite sont des catégories de produits sur lesquelles le comportement ROPO et les dispositifs web-to-store se mettent de plus en plus en place. A l’inverse, vous avez des marchés qui sont aujourd’hui complètement sous l’égide du e-commerce et où finalement, si le point de vente n’a même pas une expérience ou une plus-value au consommateur, ce dernier va complètement délaisser le point de vente. C’est la musique parce qu’elle est dématérialisée. Et puis finalement, aller chez un disquaire qui ne me conseille pas, où j’ai juste du rayonnage et pas forcément tout le stock dont j’ai besoin, j’ai peut-être beaucoup plus intérêt à aller sur une plate-forme musicale et ainsi de suite. Tout le marché du tourisme est bouleversé par ça et les agences de voyage doivent repenser leur métier. C’est-à-dire qu’aujourd’hui...
    Mathilde CRISTIANI : Ne peuvent fournir que des billets.
    Nicolas PRIGENT : Un magasin face au e-commerce, soit il arrive à comprendre quelles sont ses forces et les avantages qu’il peut proposer au consommateur, auquel cas il peut surfer sur la tendance web-to-store. Si le distributeur ou si le magasin n’apporte pas de plus-value, eh bien à terme, il a un certain nombre de soucis à se faire. Juste pour compléter ça, le meilleur exemple, c’est que pendant des années, on se disait que le web-to-store, il y a beaucoup de gens qui le pratiquent parce qu’il y a toujours des délais de livraison de 3 à 4 jours. Finalement si j’ai envie du produit tout de suite, autant aller en point de vente. Amazon et eBay testent actuellement à New York et à San Francisco des livraisons le jour même et en argumentant sur le fait que « continuez votre shopping sans trimballer vos colis dans les rues ». Ça veut dire qu’aujourd’hui, des pure players, des gens qui n’ont pas de magasin physique, ont une imagination et arrivent à mettre en place d’autres typologies de services qui font que si le point de vente n’apporte véritablement pas quelque chose au consommateur, effectivement il y aura une véritable transformation et une arrivée du e-commerce.
    Mathilde CRISTIANI : Jérémie HERSCOVIC, vous êtes d’accord avec ça, que le web-to-store que si après le service en magasin est vraiment de qualité et que finalement on doit aussi vachement travailler sur ça ?
    Jérémie HERSCOVIC : Disons que de toute façon, des acteurs comme nous par exemple, comme SoCloz, on est là pour donner une information, bientôt un certain nombre d’actions. Mais au final, c’est... d’ailleurs, c’est tout le sens du web-to-store, au final, c’est le magasin qui transforme. C’est-à-dire qu’une fois que l’utilisateur est arrivé en magasin, il va regarder son produit, il va le toucher, il va le voir. Il va se dire : « Finalement, je confirme que j’ai envie de le prendre ou ne pas le prendre ». Là forcément, l’enseigne, elle continue à jouer son rôle.
    Mathilde CRISTIANI : Là, il attend aussi encore des conseils qu’il n’aurait pas pu trouver en ligne ou est-ce que maintenant ça va être juste « je me renseigne en ligne et puis après je vais dans le magasin et je passe à la caisse » ?
    Jérémie HERSCOVIC : Pour répondre à votre question et pour revenir un tout petit peu sur ce qu’on vient de dire, le web-to-store, ça marche sur des produits pour lesquels j’ai besoin de voir et de le toucher en magasin, donc tous les produits... Je vais vous donner un exemple. Le e-tourisme, acheter un billet d’avion ou bien acheter de la musique, effectivement je n’ai pas besoin de le voir et je n’ai pas besoin de le toucher.
    Mathilde CRISTIANI : Et puis, ce ne sont pas forcément des grosses sommes pour tout ce qui est culturel, on achète peut-être plus facilement.
    Jérémie HERSCOVIC : Voilà. Les trois catégories, ce sont produits techniques, électroménagers, mode et accessoires. Par exemple sur le produit technique, c’est parce qu’on a besoin de conseil. Effectivement dans le web-to-store, il y a une recherche de conseil en magasin.
    Mathilde CRISTIANI : Merci beaucoup à tous les deux. Jérémie HERSCOVIC, vous êtes président de SoCloz ; et Nicolas PRIGENT, vous êtes blogueur notamment sur ropo.fr.
    François SOREL : Mathilde, merci. On revient dans un instant, suite de l’Atelier Numérique sur BFM Business en collaboration avec Frenchweb notre Start-up de la Semaine et notre Webstratégie. A tout de suite.

  7. 7 - Les invités de L'Atelier

    Start-up de la semaine repérée par Frenchweb: Blackbird

    François SOREL : Dans un instant, vous en saurez plus sur cette marque gourmande Michel & Augustin. Ce sera notre Webstratégie. Mais auparavant, en collaboration avec le site frenchweb.fr, nous retrouvons notre Start-up de la Semaine. C’est avec vous Lila MEGHRAOUA et Marion MOREAU.
    Marion MOREAU : Bonjour François, bonjour Lila. C’est la rentrée, j’espère que vous avez passé de bonnes vacances. On va parler rentrée justement. Est-ce que vous êtes allée à la fac, Lila ?
    Lila MEGHRAOUA : Hélas, oui.
    Marion MOREAU : Quels souvenirs vous en avez ?
    Lila MEGHRAOUA : Absolument apocalyptiques, désorganisés, les informations absolument éparpillées. C’était assez horrible.
    Marion MOREAU : Oui, je vois ce que vous voulez dire, les tableaux d’affichage avec 15 000 000 000 de post-its, de papiers roses, bleus, jaunes, verts. C’est ça ?
    Lila MEGHRAOUA : Exactement.
    Marion MOREAU : J’ai les mêmes souvenirs que vous, Lila. Mais j’ai une bonne nouvelle parce que je vais vous parler aujourd’hui d’une start-up qui fait un petit peu évoluer ce qui nous paraît assez vieillot. C’est Blackbird. Blackbird est une jeune start-up qui monte une plate-forme collaborative avec une multitude d’outils sur la vie d’un campus, mais 2.0. Enfin, ça arrive. Ce sont des anciens étudiants de Sciences Po qui sont d’ailleurs incubés à l’incubateur Sciences Po, qui a lancé lui-même son incubateur donc pour être très complet. Ils lancent Blackbird. Qu’est-ce qu’on va y trouver dans cette plate-forme ? On va y trouver une multitude d’outils comme la vie du campus, c’est-à-dire que vraiment, tout est destiné aux étudiants pour que tout soit très facile : les annonces de job, les cours en ligne, les outils de synchronisation sur les carnets d’adresses et les e-mails. C’est très difficile d’avoir les contacts des uns et des autres quand on est 1 000, 2 000, 3 000, 4 000 sur un campus. Mais là, ça va vraiment aider les étudiants à toucher le bon contact. On va trouver d’autres fonctionnalités qui sont assez sympas. L’idée, c’est de faire une vraie plate-forme qui soit à l’image du campus, que le campus va s’approprier et va brander entre guillemets vraiment à sa façon parce que chaque campus a évidemment son étiquette. La force de Blackbird, je trouve, c’est de connecter – parce que c’est d’ailleurs un des mots clés de Blackbird ou la start-up qui monte ça – les plates-formes qu’achèteraient du coup les campus entre elles. Donc, ça n’est plus seulement un outil en ligne où les étudiants, les professeurs et l’administration vont pouvoir se parler, se connecter ensemble, ce sont aussi des plates-formes qui vont se parler entre elles. Aujourd’hui, il existe des outils. On connaît les Intranets internes, on sait que le mail fonctionne maintenant aujourd’hui très bien en université. On sait que l’e-learning, les cours en ligne, fonctionnent bien. On a des réseaux sociaux et on trouve comme ça pas mal de choses que souvent les BDE s’approprient d’ailleurs pour faire vivre le campus, mais tout ça est très éclaté. Avec Blackbird, il y a enfin un outil qui va travailler et capitaliser sur, je dirais, la force de tous ces gens qui se connectent ensemble pour pouvoir tout simplement favoriser l’échange. C’est le premier objectif de Blackbird.
    Lila MEGHRAOUA : Concrètement, qui a accès à ça ? Ça va être quoi, ça va être les élèves, les enseignants, les associations ? Comment ça se présente ?
    Marion MOREAU : Ce sont tous ceux qui sont membres, acteurs, du campus universitaire. Donc, ce sont vraiment les étudiants, les professeurs et l’administration. L’étudiant dispose, c’est important de le rappeler, d’un espace membre, c’est-à-dire qu’il y a quand même une confidentialité qui, on le sait, est très importante pour les étudiants. On le comprend. S’il a envie de se lâcher sur un petit chat ou un espace de discussions, il peut le faire sur la plate-forme. Il n’y a rien qui l’interdit, l’administration n’a que la gestion de Blackbird. Tout ce petit monde va avoir des rubriques, on va pouvoir brander sa plate-forme. Aujourd’hui, on trouve différentes rubriques comme une market place, comme je disais, avec des annonces d’emploi, des bons plans pour être logé, pas mal de deals. On peut acheter par exemple... capitaliser sur l’achat à plusieurs, en deal groupé. C’est tout ce petit monde-là qui va se parler. Pour terminer, je dirais que c’est un potentiel assez énorme que Blackbird a bien identifié sur sa cible. Il s’agit quand même là de 1 500 000 étudiants en France dans les universités, c’est donc un gros potentiel.

  8. 8 - Webstratégie

    Avec Christopher Lemoine, directeur de la communication de Michel & Augustin

    Mathilde CRISTIANI : Aujourd’hui dans la Webstratrégie, on va parler papilles. Je suis avec Michel & Augustin ou je suis plutôt avec Christopher LEMOINE qui est le directeur de la communication de Michel & Augustin. Bonjour Christopher.
    Christopher LEMOINE : Bonjour.
    Mathilde CRISTIANI : Est-ce que vous pourriez nous rappeler un petit peu ce que proposent Michel & Augustin et leur histoire ?
    Christopher LEMOINE : L’histoire de Michel & Augustin commence il y a 8 ans maintenant quand les deux copains de collège décident de se lancer dans la cuisine d’Augustin à faire des recettes de petits sablés ronds et bons et d’aller les vendre dans les commerçants du quartier. Donc, on a commencé par ça, notre épicier préféré qui était le premier à avoir le courage de vendre les petits sablés dans son épicerie, 24 Rue Hermel Paris 18ème.
    Mathilde CRISTIANI : Donc, c’était un début vraiment lié à la proximité, finalement aussi aux acheteurs de proximité. Est-ce que c’est comme ça aussi que vous utilisez les réseaux sociaux ? Est-ce que ça correspond un peu à votre idéal ?
    Christopher LEMOINE : Clairement, la volonté de cette petite aventure est de se partager et de se raconter au quotidien avec l’ensemble des personnes qui la suivent. On a découvert un soir de 2009 cet outil incroyable qui est Facebook et qui était pour nous un bon moyen que de prolonger la volonté de proximité et d’interactivité avec notre entre guillemets communauté. Cette volonté de partager n’est pas née de la superbe idée de Mark ZUCKERBERG, mais on a trouvé qu’elle était très pratique pour nourrir cette aventure.
    Mathilde CRISTIANI : Comment vous les utilisez ces réseaux sociaux ? C’est vraiment informatif ? C’est pour des jeux, de la communication ?
    Christopher LEMOINE : La volonté de partage recoupe exactement tout ce que vous avez dit, sachant qu’historiquement notre premier média, c’est le packaging parce que c’était la première façon pour découvrir l’aventure et de lire sur les quelques petits centimètres carrés qui étaient restés à côté du nom du produit et découvrir les derniers événements. Il se trouve que ça a changé en termes de capacité à partager l’aventure avec notamment Facebook puisqu’on peut effectivement parler de nouveau lancement des produits existants, inviter à venir aux portes ouvertes de La Bananeraie comme chaque premier jeudi du mois ou faire découvrir des lots, des nouvelles (01:52) au citron. Donc, c’est un peu tout ça qu’on cherche à faire sur Facebook. C’est vraiment partager au quotidien cette aventure, pas uniquement les lancements de produit, mais tout ce qui se passe dans les coulisses. Facebook est clairement aujourd’hui notre principal outil sur ces réseaux sociaux, on a un peu plus de 44 000 fans. Twitter commence à faire partie des communautés assez intéressantes puisqu’on a un peu plus de 3 000 fans. Donc, on reste encore aujourd’hui un peu perplexe quant au développement de cet outil qui fait fureur Outre-Atlantique, mais qui est encore un petit peu plus calme ici. Mais on trouve qu’il y a une volonté effectivement là aussi d’être dans l’immédiateté dans l’échange. Donc, ça rejoint notre volonté de proximité.
    Mathilde CRISTIANI : Et Pinterest parce que comme vous l’avez dit, votre premier média de communication, c’est le packaging, c’est l’image. Est-ce que Pinterest justement qui propose de mettre des photos, ça vous sert ?
    Christopher LEMOINE : Sincèrement, on n’a pas encore bien compris comment ça marchait Pinterest. On n’a pas très bon en technologie à la Bananeraie. On fait les choses plutôt avec notre cœur et avec pas mal de spontanéité. Il se trouve qu’en tant qu’individus, on n’est pas des énormes férus de technologie. Maintenant, on les utilise quand on est convaincu que l’aventure Michel & Augustin a un intérêt et peut se partager plus facilement avec tel ou tel outil.
    Mathilde CRISTIANI : Et le mobile, est-ce que vous avez une application ? Est-ce que vous l’utilisez, je ne sais pas, pour vendre, pour informer, pour fournir des services ?
    Christopher LEMOINE : On a une application iPhone qui existe depuis un peu plus de 2 ans, qui a pour volonté toujours de raconter l’aventure. Donc, on découvre les dernières péripéties de la tribu et on peut également trouver les points de vente les plus près de chez soi. C’est une façon un peu plus simple que d’aller faire le tour de tous les supermarchés du quartier.
    Mathilde CRISTIANI : On a vraiment l’impression que vous utilisez les médias sociaux et les technologies juste s’ils servent votre image de simplicité et d’intérêt d’être proche des gens.
    Christopher LEMOINE : C’est exactement ça. Comme on n’est pas en veille permanente sur des nouveaux outils, on ne décide de s’investir que dans ceux dont on est convaincu qu’ils vont nous permettre de faciliter ce partage de l’aventure. Donc, c’est une dimension très utilitaire entre guillemets là où on est sûr qu’il va y avoir des gens qui vont nous écouter et qui ont plaisir à entendre parler de l’aventure.
    Mathilde CRISTIANI : Est-ce que les gens qui vous suivent justement sur Facebook ou sur Twitter sont les mêmes que ceux qui se déplacent à La Bananeraie qui est votre siège social ? Je sais que vous faites des portes ouvertes tous les mois. Est-ce que c’est le même public ?
    Christopher LEMOINE : C’est une très bonne question. Il se trouve que l’on voit assez facilement des personnes qui viennent notamment le premier jeudi du mois, qui ont reçu un message qu’on a diffusé sur Facebook, notamment pour les cours de cuisine qu’on propose à chaque fois. Mais on ne cherche pas volontairement à recouper, à savoir qui vient d’où, parce que c’est une démarche qui peut être un peu gênante pour ceux qui suivent nos messages. Je pense que oui, inévitablement, mais on n’est pas dans des grandes enquêtes chez Michel & Augustin.
    Mathilde CRISTIANI : Merci beaucoup, Christopher LEMOINE. Je rappelle que vous êtes le directeur de la communication de Michel & Augustin.
    François SOREL : Mathilde, merci. On revient dans un instant, direction la Chine et plus précisément Shanghai avec Renaud EDOUARD-BARAUD. On va rester justement dans le monde de la cuisine avec un resto pas tout à fait comme les autres. A tout de suite.

  9. 9 - Les Envers du Milieu

    Le restaurant expérimental sur Shanghai. Quand les technologies sensorielles envahissent l’expérience culinaire.

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business, direction la Chine maintenant et Shanghai plus précisément avec vous Renaud EDOUARD-BARAUD. On va évoquer gastronomie et technologie sensorielle maintenant.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Dans cet Envers du Milieu, nous allons nous diriger cette fois-ci vers le centre de Shanghai, au (00:22). Je suis avec Fabien VERDIER qui est directeur et qui est l’hôte aussi du restaurant donc nous allons parler, et avec Clément BEURAIS qui est vidéo manager pour Artbeat. Bonjour à tous les deux.
    Clément BEURAIS : Bonjour.
    Fabien VERDIER : Bonjour Renaud.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Fabien, on va commencer avec vous. Expliquez-nous ce que c’est que le concept de ultraviolet par Paul PAIRET.
    Fabien VERDIER : UltraViolet en fait, c’est le premier restaurant multisensoriel au monde, où on allie la cuisine avec la possibilité de synchroniser différentes atmosphères par rapport aux plats que nous allons servir.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : C’est le concept d’une table avec juste 10 places, mais ce n’est pas le sujet de la table unique avec 10 places. Là, c’est vraiment le sujet du multimédia et de l’expérience enveloppante, on va dire.
    Fabien VERDIER : On va dire ça. En fait, notre chef Paul PAIRET à l’origine voulait créer un restaurant où il puisse faire le meilleur de sa cuisine et délivrer le meilleur, donc à la base un restaurant où tous les clients pourraient manger en même temps autour d’une seule table pour pouvoir contrôler parfaitement le flot du service et le flot de la cuisine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On en parlait tout à l’heure, c’est une préparation qui date de plusieurs années.
    Fabien VERDIER : Paul a eu cette idée il y a environ 15 ans. En fait, on arrive aujourd’hui à un restaurant beaucoup plus abouti que ce qu’il avait pensé au début où là vraiment, on contrôle complètement toutes les atmosphères possibles par rapport à ce que le chef décide par rapport à la création du plat qu’il va délivrer aux clients.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Tout est créé pour faire une vraie histoire à partir même de l’inscription sur le site quasiment. Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu le flux d’informations à partir du moment où la personne arrive sur le site du restaurant UltraViolet jusqu’à la fin ?
    Fabien VERDIER : Nos clients pour réserver à UltraViolet vont devoir réserver online sur notre online booking system. Ils vont pouvoir également payer un deposit pour réserver leurs sièges. Ensuite, on leur donne l’adresse du meeting point. Une fois qu’ils arrivent au meeting point, l’expérience commence, mais elle commence même quelque part avant au moment de la réservation puisqu’ils vont devoir remplir un guest quizz pour qu’on les connaisse un petit peu plus et pour qu’on puisse aussi améliorer la qualité du service. Donc, on va pouvoir leur demander par exemple leur date d’anniversaire, est-ce qu’ils sont gauchers ou droitiers, pour pouvoir faire un service adapté, leur nationalité, leur nom, leur prénom. On va pouvoir utiliser toutes ces données pendant l’expérience en fait à UltraViolet.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quand les personnes arrivent dans ce qui ressemble – mais ça, ils ne le savent pas – à un studio de télévision, il y a une régie juste à côté où les effets sont contrôlés. C’est là où Clément justement a fait son effet puisqu’il a été responsable de la scénographie. C’est comme ça qu’on dit en français.
    Clément BEURAIS : D’abord, il faut dire que je suis responsable de la scénographie, mais Paul est derrière nous. Il contrôle tout dans le sens où il n’est pas juste en cuisine. Lui s’intéresse à tout. L’idée de mettre tout en scène, c’est son idée. Donc derrière, on essaie de l’aider. Il faut savoir qu’il y a à peu près une vingtaine de plats durant tout le dîner et on essaie de mettre l’invité dans une atmosphère spécifique pour chaque plat. Donc, on va utiliser plusieurs médias qui sont la vidéo, qui sont le son, qui sont la lumière, qui sont aussi les odeurs parce qu’on a des diffuseurs d’odeur. J’en oublie peut-être un petit peu, mais c’est à peu près tout ce qu’on a. On a même aussi... on peut utiliser la température parce qu’on peut augmenter la température de la pièce, l’abaisser. Il y a des plats par exemple... comme on va faire des plats un peu marins, on va baisser un peu la température. Donc, les gens vont se retrouver plus dans une ambiance un peu maritime, océanique. Chaque plat a son atmosphère. Parfois, ça peut être extrêmement figuratif. Par exemple, c’est vrai qu’on va manger un homard, on va se retrouver au bord de la mer. Après, il y a d’autres plats qui vont être un peu plus artistiques. Parfois, les invités ne vont même peut-être pas faire le lien entre ce qu’ils mangent et ce qu’ils voient, mais c’est toujours pour mettre les gens dans une atmosphère.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : D’abord ce que me disait aussi Fabien tout à l’heure, c’est que le but est que les gens se concentrent et non pas se divertissent sur leur assiette. Mais parfois, vous avez aussi créé des ambiances pour que les gens se divertissent. J’ai cru comprendre qu’il y avait une histoire de petite course autour de la table. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que c’est ?
    Clément BEURAIS : On n’est pas au cinéma ici, on est dans un restaurant. Donc, les gens avant tout se concentrent sur leurs plats et on est vraiment là juste dans une atmosphère. En effet, il y a peut-être deux ou trois plats, notamment la course de Gummies. Il y a une course parce que l’écran est un écran panoramique 360°, donc tout autour de la table. Donc, les petits Gummies courent autour de nous comme sur un champ de course. On parie d’ailleurs sur les Gummies.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : C’est quelque chose qui est contrôlé en temps réel ou alors c’est quelque chose qu’on peut lancer, c’est-à-dire que les invités arrivent, on met play entre guillemets et puis là se passe ce qui doit se passer ?
    Clément BEURAIS : On maîtrise le temps, on est obligé de maîtriser le temps, parce qu’il y a des tables qui vont manger un plat en 1 min, d’autres en 2 min. Il peut se passer quelque chose en cuisine. La cuisine peut être en retard ou en avance, dans le service aussi. Même nous du côté de la régie, on peut faire des erreurs. Donc, il faut qu’on maîtrise le temps. Tous les scénarios, à peu près une vingtaine de scénarios, on a des moyens de mettre en boucle la vidéo, de mettre en boucle le son, ce qui nous permet pour n’importe quel scénario si on le voulait de faire durer le scénario pendant 10 min, 1 h ou 2 min.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : D’accord. Fabien, j’étais en coulisse tout à l’heure et j’entendais le chef et aussi son premier chef en train de parler du but du restaurant. Le but est évidemment de faire plaisir aux gens qui viennent manger. Mais est-ce que le but, c’est vraiment de gagner de l’argent parce qu’en France, on sait que les grands restaurants gagnent difficilement de l’argent ? Même chose ici ?
    Fabien VERDIER : Ici, c’est un restaurant où en termes d’opérations pures, c’est-à-dire de revenu généré par le service et de revenu par la vente de nos plats et de l’expérience, on ne peut pas gagner d’argent du tout. Ici en fait, le restaurant est basé sur une espèce de forme expérimentale, d’innovation et d’excellence en termes de cuisine et de service. On a une équipe de 25 personnes qui travaillent en fait chaque jour pour nos 10 clients et on a un prix de menu qui est un peu élevé par rapport à la Chine, mais qui finalement ne couvre même pas le coût de ce qu’on fait chaque jour. En fait, on revient quelque part aux origines de ce que devrait être ce qu’on appelle un restaurant de haute gastronomie, c’est-à-dire un restaurant qui doit faire le meilleur dans ce qu’on fait et qui n’est pas forcément là pour gagner de l’argent, mais pour donner une image extraordinaire, soit innovative, soit visionnaire à notre compagnie.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Ce qu’on n’a pas dit, c’est qu’UltraViolet avec Paul PAIRET en fait appartient à un plus gros groupe qui est au-dessus et qui ne fait pas que de la restauration. Est-ce que vous pourriez nous dire un petit peu d’où vient ce groupe et ce qu’il fait ?
    Fabien VERDIER : Les restaurants brandés, signés, Paul PAIRET, ils appartiennent au groupe VOL qui est Visual Orient Limited. En fait, ce groupe est fondé par un businessman taïwanais qui s’appelle Mister Jessi (07:26) qui, lui, a un grand groupe qui s’appelle Max Group, et qui à la base fait des chaussures et qui fait de la manufacture, et aussi du branding. Par exemple Mike Sixty (07:38) Shoes, c’est notre patron. Donc, c’est un patron visionnaire. C’est quelqu’un aujourd’hui donc qui a fondé le groupe VOL avec à sa tête le CIO Matthieu BRAUER, et qui ont eu le courage et l’audace de vouloir prendre Paul PAIRET et de lui dire : « Paul, on te donne carte blanche, fais-nous des restaurants magnifiques, visionnaires, innovatifs ». Donc, c’est ce qu’on essaie de faire ici en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Ce qu’il faut dire aussi, c’est que c’est un projet qui est fait avec une multitude de sponsors. Quand on regardait la vidéo de teasing, on voit qu’il y a une vingtaine de fournisseurs d’éléments de cuisine, de réfrigération. Il y a à peu près tout et tout.
    Fabien VERDIER : Il y a des grandes marques comme Evian, comme Electrolux, Raynaud, Ercuis, toutes ces marques en fait qui sont aujourd’hui nos partenaires à UltraViolet. On les a contactés il y a à peu près 2 ans. Sachant que le projet UltraViolet était unique au monde, on s’est dit que... Paul s’est dit que sûrement, toutes ces marques seraient vraiment peut-être intéressées de vouloir faire partie du projet, d’être partenaires, sponsors, de manière différente et de pouvoir quelque part bénéficier de l’image d’excellence et d’innovation d’UltraViolet.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Ce qu’on ne dit pas aussi, c’est que toute cette image, toute cette communication autour de cette expérimentation gustative, pourra servir aussi après à Paul PAIRET et au groupe VOL pour aussi expérimenter sur la cuisine, prodiguer des conseils, pourquoi pas, à des gens qui ont aussi envie de monter des business de ce type.
    Fabien VERDIER : Ici, il faut savoir qu’UltraViolet, c’est un restaurant avec une seule table et 10 sièges, mais on a pratiquement 900 m2 de surface. On a une cuisine qui est probablement la plus équipée, une des plus évoluées, qui ai jamais été construite en Chine. On a donc un outil extraordinaire qui nous permet aussi de travailler sur la recherche, de travailler pour l’industrie agroalimentaire, faire de la création, travailler sur l’élaboration peut-être de nouveaux concepts de restaurant dans le futur pour le groupe VOL, de travailler également sur des concepts de multimédia avec Artbeat Studio qui appartient aussi au groupe VOL. Donc, c’est un projet qui est complètement surdimensionné. C’est pour le groupe VOL un investissement à long terme pour faire connaître notre groupe et pour grandir.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Écoutez, merci beaucoup. Fabien VERDIER, je rappelle que vous êtes directeur et hôte de l’UltraViolet. Merci également à Clément BEURAIS qui est vidéo manager et qui est scénographe pour cette expérimentation. Merci à tous les deux.
    François SOREL : Renaud, merci. On revient dans un instant pour la suite de cet Atelier. Ça sera notre Dossier depuis San Francisco. Et puis juste après, direction la rédaction du groupe 01net avec Éric LE BOURLOUT qui nous rejoindra dans ce studio. A tout de suite.

  10. 10 - Le dossier de l'Atelier

    La poétique des algorithmes. Avec Douglas Stanley, artiste et professeur de media design à la HEAD et Aix en Provence.

    François SOREL : Merci d’être là et bonne rentrée, c’est l’Atelier Numérique sur BFM Business. Éric Le BOURLOUT de la rédaction du groupe 01net.com nous rejoint dans quelques instants. On va survoler quelques uns des gros titres d’actualités high-tech de cette rentrée, croyez-moi il y en a quelques uns. Mais auparavant notre Dossier de l’atelier, depuis San Francisco, c’est Alice GILLET. On va évoquer, Alice, avec votre invité à la fois mathématique et le design qui se marient.
    Alice GILLET : Oui François. Alors écoutez, en cette rentrée je me trouve chez nos amis de Suisse nex (00:35) que vous connaissez déjà, qui est donc l’organisation qui fait le pont entre la Silicon Valley et la Suisse. On avait d’ailleurs déjà fait une interview ensemble que vous pouvez retrouver dans nos Podcasts. Et je suis dont en compagnie de Douglas EDRIC STANLEY. Bonjour.
    Douglas EDRIC STANLEY : Bonjour.
    Alice GILLET : Alors Douglas, vous êtes artiste, professeur d’art numérique à Aix-en-Provence. Vous enseignez également dans le master média design de la haute école d’art et de design de Genève. Et donc vous êtes ici chez Suisse nex (01:05) en prévision d’une exposition sur laquelle vous allez travailler ensemble et qui aura lieu a priori à l’occasion de la fameuse Game Design Conférence.
    Douglas EDRIC STANLEY : Oui c’est ça.
    Alice GILLET : Alors donc on va parler aujourd’hui d’art et de nouvelles technologies. Mais d’abord, est-ce qu’on pourrait revenir un petit peu sur votre parcours, vous êtes un peu un hybride. Je n’ose pas le mot OVNI mais c’est presque ça, vous venez de la Silicon Valley mais vous avez quitté la Silicon Valley.
    Douglas EDRIC STANLEY : Tout le monde, tous les Français et les Suisses aussi me posent cette question, mais pourquoi êtes-vous ici ? Donc je viens de la Silicon Valley, j’ai grandi juste à côté de l’université de Stanford, mon père a fait ses études à Stanford. Il a été le premier à travailler sur les Transistors par exemple pour donner un peu le contexte. Et donc j’ai connu tous les débuts du personal computer, donc Apple, on a vu même des prototypes genre j’ai joué sur le Macintosh avant que le Macintosh sort. J’étais bêta testeur chez ITAHI (02:11).
    Alice GILLET : Vous avez baigné dedans quoi.
    Douglas EDRIC STANLEY : Voilà, j’étais totalement dedans mais quand j’étais teenager c’était « Ah, quelle horreur ces histoires d’ordinateurs », je ne voulais rien savoir de ce monde-là. J’étais beaucoup plus intéressé par les questions, on va dire, de culture, de pensée, etc. Et je me suis trouvé assez vite à Paris en train d’étudier la philo. Et ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que les philosophes que je suivait, donc je suis venu à Paris par exemple pour suivre les cours de DERRIDA ou de VIRILIO, etc. que ces philosophes posaient des questions qui rejoignaient ces anciens, ce passé que j’avais donc dans l’hyper texte, dans les formes modulaires qu’on connaît maintenant aujourd’hui.
    Alice GILLET : Et alors vous avez commencé, si j’ai bien compris par travailler notamment sur la question de l’interactivité ?
    Douglas EDRIC STANLEY : Je fais parti d’un laboratoire à l’université de Paris VIII qui s’appelait même Laboratoire esthétique de l’interactivité et où notre sujet, vous voyez notre sujet de recherche c’était les questions de l’interactivité, et comment l’interactivité en tant que forme allait transformer la notion d’œuvre, non seulement la question de la création mais aussi de la réception et toutes ces questions-là. Mais très vite finalement, je me suis rendu compte que l’interactivité avait aussi un autre volant, c’était les questions de l’algorithme, c'est-à-dire la modularité et tout ce qu’on connaît aujourd’hui autour de cette question de la programmation. Et donc je dirai que ces deux choses-là vont toujours de paire. La spécificité de ces nouveaux médias, c’est effectivement l’interactivité. C’est ce qui nous distingue, tout le monde comprend des choses comme le cinéma, etc. Et cette interactivité est une interactivité machinique. Vous interagissez avec les machines dont une boucle de rétroaction interagisse avec vous, et via cette médiation vous pouvez interagir avec d’autres personnes. Donc c’est presque une autre espèce avec laquelle on interagit. Logique interne de cette espèce, c’est une logique algorithmique. Ce sont des programmes, ce sont des machines qui sont modulaires et peuvent interpréter, moduler vos communications, vos interactions, même votre mouvement corporel peut être aspiré dans cette machine et recomposé, et peut ressortir sous forme d’image ou de son ou etc.
    Alice GILLET : Alors vous m’aviez dit, quand on avait préparé cette émission, que l’algorithme c’est presque quelque chose de palpable, que ce sont de matériaux plastiques au même titre que du papier mâché, de l’argile.
    Douglas EDRIC STANLEY : Absolument. Moi je parle même aujourd’hui, donc j’ai créé un petit concept que je travaille dans différents textes où je parle d’une période de physicalisation. C’est un concept qu’il faudrait travailler, mais c’est juste pour aller à l’encontre de cette idée reçue qu’il y aurait une sorte d’arrivée massive du virtuel qui ferait disparaître le corps, qui ferait disparaître l’espace, qui ferait disparaître la matière. Dans les écoles d’art et de design où je travaille avec des jeunes chercheurs plutôt dans une posture de jeunes étudiants, artistes, designers, où on est plutôt dans une posture de recherche, nous, on n’arrête pas de travailler sur les objets, sur les espaces. Et quand on travaille sur le réseau, nous nous voyons comme une physicalité. Donc pour nous, il y a toujours eu une physicalité de ces nouveaux matériaux, de ce que Jean-François LYOTARD a appelé des immatériaux, c’est simplement une matérialité beaucoup plus éphémère et modulaire de ce qu’on a peut-être connu avant, mais quand il y a eu le cinéma, donc on a commencé quand même à voir de l’image en mouvement, déjà la notion d’une certaine éphémère, aussi la radio, la télévision, il y a une certaine notion d’éphémère là. Ce que les algorithmes rajoutent à cela, c’est une écriture qui peut s’adapter en temps réel, c'est-à-dire en même temps que vous, vous écoutez ou que vous manipulez quelque chose, il peut y avoir un programme qui module cette chose en fonction de ce que vous faites. Donc c’est une sorte de danse à deux avec ce programme. Et c’est pour ça que je travaille tant sur les jeux vidéo parce que les jeux vidéo vont condenser ce rapport-là entre l’être humain et la machine et, encore plus important, cet algorithme. Quand on interagit avec un jeu vidéo, on interagit avec un programme. Et c’est très intéressant pour des jeunes designers du coup de travailler avec des formes comme le jeu vidéo parce que du coup ils peuvent concevoir, non pas seulement l’objet, la forme mais aussi le processus avec lequel on est en interaction.
    Alice GILLET : Est-ce que ça a des applications ? Vous me parliez avant qu’on démarre l’émission, d’un travail sur lequel vous avez travaillé avec Tissot.
    Douglas EDRIC STANLEY : Oui, effectivement. Nous pouvons aussi voir ces nouvelles technologies d’un point de vue plus applicatif. Des questions pour nous dans ce cas-là en tant que designer, les questions pour nous c’est comment quand même garder une certaine maîtrise de l’ensemble de la chaîne de création et de production et d’interaction avec le client avec une démarche intégrale de design et de ne pas simplement faire des jolis décors, dessins de fleur par-dessus, la nature déjà construite. Donc là, en l’occurrence, il s’agit d’une installation que nous avons créée pour la marque Tissot, c’est une borne qui a été créée pour le base award (08:28), qui est la grande manifestation des horlogers ou même du luxe où ils font une grande partie de leur chiffre d’affaire. Donc là, on est dans du très très concret, il faut qu’ils vendent leur montre, et nous on les a aidé à communiquer sur leur produit. Et pour expliquer l’univers des montres sur lequel ils souhaitaient communiquer, nous avons créé quatre bornes. Chacun de ces bornes contient un monde, un monde par exemple autour de la montre Racing touch, donc autour du monde des voitures de course, le Sailing touch où c’est les montagnes, où c’est la mer. Donc quatre différents mondes des montres Tissot. Et nous avons créé une borne où il y a un trou qui traverse cette borne. On place la main à l’intérieur de la borne, votre main est détectée et sur un écran qui se trouve entre vous et votre bras, vous pouvez voir votre main, votre bras augmenter avec un montre 3D qui entoure votre main. Donc vous tournez votre poignet et vous voyez autour de votre poignet, à l’emplacement de votre montre, non pas une montre mais un monde. Vous voyez une montagne, une île, vous êtes sur la mer. Et en tournant en 3D, nous captons en 3D, voilà, nous captons complètement toute la morphologie de votre main et nous pouvons détecter les rotations de vote main et suivre en 3D et vous raconter des choses, voilà, du monde de Tissot. Donc c’est une application très concrète qui évidemment s’appuie sur ce que les gens connaissent peut-être aujourd’hui avec des objets qui permettent de capter en 3D, temps réel le corps. Nous, nous trouvons d’autres usages, et d’ailleurs quand vous jouez à des jeux Kinect, le monde du jeu vidéo ne sait pas ce qu’il faut faire avec ce kinect. C’est finalement des gens comme nous et d’autres qu’on connaît, avec qui on collabore un peu partout dans le monde, c’est plutôt des gens qui expérimentent avec ces capteurs, qui sont en train de plutôt montrer la voie d’à quoi serviraient ces capteurs. Et c’est plutôt des interactions avec l’espace, des nouvelles formes de scénographie où par exemple cet été j’ai fait une installation dans le village olympique où j’ai utilisé ces capteurs pour détecter l’arrivée des athlètes. Ils détectent en 3D que quelqu'un est là, donc on n’a plus besoin de bouton, on n’a pas besoin de signe particulier, ça y est, je vois en 3D que quelqu'un est là, et je peux commencer tout de suite à interagir avec. Donc les étudiants de média design de la HEAD ont imaginé cet usage autour du poignet, en détectant en 3D le poignet et puis ont conçu en 3D un monde avec lequel le public de Tissot pouvait interagir.
    Alice GILLET : Merci beaucoup, nos 12 minutes s’achèvent. Je rappelle que nous étions donc avec Douglas EDRIC STANLEY, vous pouvez retrouver pas mal de son travail en ligne, notamment…
    Douglas EDRIC STANLEY : Sur abstractmachine.net ou sinon vous allez sur Google et vous marquez Média design HEAD ou l’école d’art d’Aix-en-Provence, et vous allez voir tous ces travaux.
    Alice GILLET : Merci beaucoup et à bientôt dans l’Atelier Numérique.
    François SOREL : Alice GILLET merci, et on revient dans un instant, dernière demi-heure de l’Atelier Numérique avec dans un instant la rédaction de 01net qui me rejoint et puis notre Crash Test et le SiliconSilicon Carnet. À tout de suite.

  11. 11 - News 01Net

    François SOREL : C’est l’Atelier Numérique sur BFM Business, merci d’être avec nous, très bon week-end. Et avant de retrouver le Crash Test d’Antoine et puis de retrouver Alice GILLET pour son clin d’œil hebdomadaire avec son Silicon Carnet, et bien avant tout cela, direction la rédaction de 01net.com avec Éric Le BOURLOUT qui est là. Bonjour Éric.
    Éric Le BOURLOUT : Bonjour.
    François SOREL : Éric Le BOURLOUT est journaliste à 01net, et on va retrouver avec lui quelques uns des titres d’actu que vous avez pu lire cette semaine sur 01net.com. Et on va commencer cet incroyable procès entre deux géants de l’high-tech, d’un côté Apple et de l’autre côté Samsung avec une première manche qui est perdue par Samsung puisqu’ils ont à peu près un milliard de dollars.
    Éric Le BOURLOUT : Un peu plus d’un milliard.
    François SOREL : De dédommagement à verser à Apple.
    Éric Le BOURLOUT : De dédommagement pour violation de brevet à verser à Apple. Donc c’est d’ores et déjà une des affaires de l’année clairement.
    François SOREL : Cela dit, ce n’est pas encore donné puisqu’on le sait, Samsung va faire appel, ça peut durer, c’est des procédures qui peuvent durer encore plusieurs mois, voire plusieurs années.
    Éric Le BOURLOUT : Plusieurs années. S’ils font appel, on pourrait dire que ça pourrait aller jusqu’à 2014. Oui, c’est de toute façon une procédure qui va être extrêmement longue, mais il y a déjà un peu des dates qui se précisent parce que Apple non seulement cherche à gagner beaucoup d’argent sur ce procès, mais cherche aussi à faire interdire les téléphones Samsung sur le territoire américain.
    François SOREL : Et là, ça fera peut-être plus mal que un milliard de dollars finalement qui est une goutte d’eau on va dire à l’échelle de ces industries.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement. Oui, c’est une goutte d’eau mais c’est quand même un jugement important puisque ça pourrait conditionner aussi d’autres affaires qui sont en cours. Il y a des affaires, il y a à peu près une dizaine de procès qui en ce moment ont lieu entre Apple et Samsung, ou Apple et d’autres fabricants de matériels androïdes. Et effectivement, là par contre la prochaine étape c’est que Apple pourrait faire interdire des téléphones Samsung aux États-unis, donc ceux qui étaient concernés dans la plainte, il y en a à peu près une dizaine. Et donc ça, ça pourrait se résoudre avant la fin de l’année quand même. Il se pourrait qu’il y ait une interdiction qui intervienne avant la fin de l’année des téléphones et de tablettes Samsung.
    François SOREL : Ce jugement ne va que pour les États-unis bien sûr, pas pour l’Europe, il faut quand même le préciser.
    Éric Le BOURLOUT : Évidemment.
    François SOREL : Cela dit, il a des répercussions aussi sur un autre géant du web, c’est Google avec l’androïde.
    Éric Le BOURLOUT : Évidemment, il a énormément de répercussion sur Google puisque Google indirectement est visé. Alors juste après le procès, Google a quand même dit qu’effectivement ça ne les concernait pas vraiment, c’était un problème qui était lié pas tant androïde qu’aux designs des téléphones Samsung, mais quand même il y a parmi les téléphones que Apple souhaite interdire, un téléphone qui s’appelle le Nexus S qui est en fait un pur androïde on appelle ça, c’est un téléphone qui a été commercialisé par Samsung mais sous la marque Google.
    François SOREL : Commandé par Google.
    Éric Le BOURLOUT : Commandé par Google à Samsung, et ce téléphone pourrait aussi éventuellement être interdit. Et il y a bien eu quand même malgré tout ce que va dire Google, des brevets qui concernent directement androïde, qui sont mis en cause par le jury, et donc qui pourraient impacter tous les autres téléphones androïdes.
    François SOREL : Voilà, c'est-à-dire qu’en fait derrière ce procès, il y a toute, on va dire, une chaîne d’impacts qui peuvent être impressionnants à la fois pour Samsung, mais aussi pour d’autres constructeurs et pour les Smartphones qui sont sous androïde.
    Éric Le BOURLOUT : Tous les autres constructeurs. Exactement. On a HTC, tous les gens qui font de l’androïde aujourd’hui, et il y en beaucoup aussi des constructeurs chinois de plus en plus. Et effectivement, ça pourrait avoir un gros impact. Et ce qui est important de noter d’ailleurs c’est que Google a suivi évidemment ce procès de près même s’ils ne se sont pas exprimés sur la question, mais Google a déjà modifié androïde, a déjà pris en compte certaines de ces demandes d’Apple et a déjà discrètement, sans rendre compte forcément, modifié son OS pour éviter de futurs problèmes de violation de brevet avec Apple. Donc c’est quelque chose qui est pour eux cruciale en fait ce qui se passe aujourd’hui.
    François SOREL : Si Steve JOBS était encore là, je pense qu’il jubilerait puisqu’on se souvient qu’il voulait véritablement mener une guerre thermo nucléaire.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, c’était son terme.
    François SOREL : C’était son terme.
    Éric Le BOURLOUT : Dépenser tous les milliards d’Apple...
    François SOREL : Contre Google et androïde. Voilà, il aura raté l’issu de ce procès.
    Éric Le BOURLOUT : Tout à fait, oui.
    François SOREL : Pour fêter la première année aussi de l’arrivée au pouvoir de Tim COOK à la tête d’Apple.
    Éric Le BOURLOUT : D’ailleurs Tim COOK qui s’est vanté, qui a envoyé un mémo à tous ses employés pour dire que c’était une victoire des valeurs d’Apple.
    François SOREL : C’est une victoire. Apple, on va en reparler dans les semaines qui viennent puisque cette rentrée risque d’être chargée avec l’arrivée d’un nouvel Iphone. On murmure aussi l’arrivée d’un nouvel Ipad Éric, c’est ça ?
    Éric Le BOURLOUT : Oui, alors l’Iphone qui s’appelle Iphone 5 ou autre d’ailleurs nouvel Iphone, c’est possible, oui, il est clair qu’il va être présenté donc le 12 septembre. Il y aura une conf Apple qui, pour l’instant on n’a pas encore reçu d’invitation mais ça se précise. Les plus grands médias américains qui sont les petits papiers d’Apple sont au courant. Et effectivement un Iphone 5 mais aussi une tablette 7 pouces, 8 pouces, en tout cas un Ipad plus petit, ça c’est sûr qu’il se pourrait qu’avant la fin de l’année, Apple propose une nouvelle tablette oui, moins chère.
    François SOREL : Donc il n'y a pas mal de nouveaux produits Apple qui risquent de sortir, peut-être qu’on aura d’autres surprises qui sait ?
    Éric Le BOURLOUT : Oui, mais ce qui est déjà surprenant c’est que cette tablette sorte alors que Steve JOBS lui-même disait qu’il n’en voulait pas. Il considérait que le bon format pour une tablette c’était 10 pouces et non 7.
    François SOREL : Alors c’est la rentrée de la radio mais c’est aussi la rentrée pour les constructeurs high-tech, avec ce grand salon dédié aux nouvelles technologies qui se déroule en ce moment même à Berlin, c’est l’IFA. Alors il faut savoir que les Allemands adorent les salons, et notamment les salons high-tech. Ils sont des centaines de milliers à se rendre dans ce genre, on va dire de grand raout. Et là, tous les constructeurs mondiaux sont présents à Berlin en ce moment pour présenter leurs nouveautés.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, c’est l’autre, on va dire, grand salon avec le CES qui a lieu en janvier aux États-Unis et effectivement c’est très intéressant de voir l’IFA cette année puisqu’on a effectivement une année très chargée, notamment avec finalement toutes ces tablettes, comment les constructeurs se positionnent vis-à-vis des OS, Windows 8, androïde, et puis tout le côté mobile aussi qui entre en ligne de compte cette année. Donc c’est très intéressant de voir ce salon cette année, c’est vraiment à suivre et déjà effectivement il y a des produits qui sont assez intéressants, on voit qu’il y a de nouvelles tentatives.
    François SOREL : Oui, des tendances aussi qui se dessinent.
    Éric Le BOURLOUT : Des tendances qui se dessinent. Bon évidemment, on voit les premières tablettes PC Windows 8. Les constructeurs les ont annoncées. Alors ça ressemble un peu pour beaucoup au Surface de Microsoft qui a été lancé par Microsoft il y a quelques mois maintenant, et effectivement notamment Samsung qui a présenté une tablette sous Windows 8 qui ressemble beaucoup à Surface de Microsoft, et ça va être assez intéressant de suivre l’IFA cette année.
    François SOREL : Très bien. On vous tiendra au courant bien évidemment dès la semaine prochaine. Et puis notez que l’autre rendez-vous de la rentrée ce sera fin octobre avec la sortie de Windows 8. Mais là aussi, on y reviendra. Autre actualité, alors vous avez reçu à la rédaction de 01net il y a quelques jours de ça, vous l’avez entre les mains d’ailleurs, c’est ça qui est fort.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, on l’a.
    François SOREL : La nouvelle tablette de Google. On parlait tout à l’heure du Nexus, du smartphone Nexus qui est fabriqué par Samsung et qui a été commandé par Google, et bien là, la même chose c’est Asus qui a fabriqué la tablette de Google selon son va dire ses directives. Elle est très attendue cette tablette Google parce que les premiers tests qu’on a pu lire de ci delà aux États-unis étaient excellents. Alors qu’est-ce que vous pensez à la rédaction de 01net ?
    Éric Le BOURLOUT : Alors on est d’accord. On l’a testé, notre labo l’a testé et les résultats sont excellents. C’est une super tablette. C’est aussi une super tablette parce qu’elle ne coûte que 200€.
    François SOREL : Deux fois moins cher que le premier prix de l’Ipad.
    Éric Le BOURLOUT : C’est très peu cher. D’ailleurs Google avoue que c’est vendu pas à perte mais c’est vendu à prix coûtant quasiment. Donc forcément il y a quelques limitations, il n'y a pas d’extension de mémoire, à 200€ on n’a que 8 giga de mémoire, ce qui n’est pas énorme.
    François SOREL : Ce qui est quand même assez limite.
    Éric Le BOURLOUT : Voilà, il n'y a pas d’appareil photo à l’arrière.
    François SOREL : On ne peut pas rajouter de la mémoire en plus, c’est le problème.
    Éric Le BOURLOUT : On ne peut pas rajouter de la mémoire. Par contre c’est très très fluide, ça marche très bien, ça marche avec la dernière version du système androïde.
    François SOREL : Androïde.
    Éric Le BOURLOUT : Jelly Bean. Et c’est efficace. Ça marche très bien, c’est un beau produit, c’est plutôt bien fait et Google a beaucoup beaucoup d’espoir dans cette tablette. Il faut dire que les tablettes androïde pour l’instant, ça ne marche pas beaucoup. Il faut dire ce qui est par rapport à l’Ipad. Et que ça pourrait être le premier produit qui cartonne. Et c’est bien parti puisqu’aux États-unis il y a des ruptures de stock, en France il y a une espèce d’engouement.
    François SOREL : Oui, d’appétence pour ce produit-là effectivement.
    Éric Le BOURLOUT : D’appétence pour ce produit, et effectivement là c’est bien parti. Là, Google en plus inaugure quelque chose qu’il avait déjà tenté il y a quelques années avec le Nexus One mais c’est la vente en direct. Donc ils vendent en direct depuis leur site cette tablette. C’est un produit en tout intéressant qu’il va falloir suivre parce qu’il est possible vraiment que ça signe le démarrage des tablettes sous androïde.
    François SOREL : Et c’est peut-être pour ça aussi qu’Apple prépare peut-être une tablette de taille équivalente on va dire, pour être sur ce segment du marché.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement.
    François SOREL : On va reparler maintenant de Kim DOTCOM. Vous connaissez Kim DOTCOM, c’est quand même le fondateur de MégaUpload qui a eu une année 2011 assez mouvementée quand même puisqu’il s’est retrouvé menotté et emprisonné pendant plusieurs mois. Ça y est maintenant il est libéré même si tous ses soucis judiciaires ne sont pas réglés. Mais il parle beaucoup.
    Éric Le BOURLOUT : Il parle beaucoup.
    François SOREL : Et on a l’impression qu’il a envie de se venger ce monsieur, non ?
    Éric Le BOURLOUT : Oui, alors il est extrêmement, en ce moment, remonté. Il faut dire qu’il est…
    François SOREL : Il faut dire qu’il est très riche.
    Éric Le BOURLOUT : Il est très riche même si effectivement beaucoup de ses biens ont été saisis. Effectivement MégaUpload lui a beaucoup rapporté d’argent, il ne faut pas le nier. Mais il est très remonté, il estime qu’il est tout à fait en son droit, et il parle, pourrait parler même de croisade contre les États-unis. Et donc ses plans sont très clairs. Lui ce qu’il veut là, c’est remonter MégaUpload dans une version qui serait impossible à censurer, impossible à fermer et il en parle beaucoup en ce moment sur Internet.
    François SOREL : Sur Twitter. Il a un compte Twitter très actif.
    Éric Le BOURLOUT : Il a un compte Twitter très actif et il en parle énormément.
    François SOREL : Il envoie pas mal d’infos.
    Éric Le BOURLOUT : Il envoie beaucoup d’infos et il commence à décrire les fonctions qu’il voit. Alors il a même une date, ce serait dans à peu près deux mois avant la fin de l’année, d’un nouveau service d’hébergement de fichier un peu de la manière de MégaUpload, mais qui ne dirigerait pas vraiment avec ses propres serveurs. Ce serait une espèce, on va dire, d’agrégat de serveur de fichier qui serait crypté. Et il en appelle en fait aux développeurs, aux gens qui sont sur ce marché de le contacter pour, en fait, qu’ils fassent tous ensemble une espèce de MégaUpload 2.0.
    François SOREL : De MégaUpload un peu plus secret on va dire.
    Éric Le BOURLOUT : Secret voilà. Alors, est-ce que c’est parce que c'est un peu une grande gueule, il parle beaucoup.
    François SOREL : Oui, il est peut-être un peu mégalo aussi.
    Éric Le BOURLOUT : Il est complètement mégalo, ça c’est clair. Il suffit de voir comment il vivait.
    François SOREL : Mais bon, il faut se méfier quand même du gars.
    Éric Le BOURLOUT : Voilà. En tout cas il dit sur Twitter, il dit « Bye bye Echelon, Hello freedom ».
    François SOREL : Oui, c’est Kim DOTCOM.
    Éric Le BOURLOUT : C’est Kim DOTCOM voilà.
    François SOREL : Merci beaucoup Éric pour toutes ces actus que vous pouvez retrouver en détail sur 01net.com, Éric Le BOURLOUT donc journaliste chez 01net.com. Merci beaucoup.
    Éric Le BOURLOUT : Merci.
    François SOREL : Dans un instant, la suite et la fin de cet Atelier Numérique, le Crash Test d’Antoine, dédié au cinéma avec une très belle actrice, et puis le Silicon Carnet d’Alice GILLET, à tout de suite.

  12. 12 - Silicon Carnet

    Se prendre pour Batman pour être entrepreneur

    François SOREL : Voilà, l’Atelier Numérique sur BFM Business. Et avant de se dire au revoir et avant de se retrouver bien sûr le week-end prochain, et avant de trouver le Crash test d’Antoine, le premier de cette saison, et bien, comme chaque semaine, vous le savez, elle est à nos côtés, c’est Alice GILLET et on la retrouve pour le Silicon Carnet, Alice.
    Alice GILLET : Oui, François. Alors, vous savez, ça fait déjà quelques temps qu’on entend régulièrement une critique qui effectivement revient souvent et qui consiste à dire que le secteur de l’innovation crée un petit peu des applications et des start-ups complètement superficielles. Et c’est vrai que tout le monde s’excite pour développer des applications, des start-ups, mais alors on ne s’applique pas toujours à développer des applications très utiles. Et c’est vrai que dans la Silicon Valley, il y a énormément de ce qu’on appelle des Fault (00:53) apps, donc des applications prout qui polluent un petit peu les App strore et surtout qui prennent un peu les utilisateurs pour des gens bêtes, pour ne pas dire autre chose. Et finalement c’est un petit peu comme à la télé, il y a des programmes de qualité qui permettent aux téléspectateurs de se cultiver, de découvrir de nouvelles choses, et puis il y a les programmes trash qui ne servent pas à grand-chose d’autres que nous rendre un peu bêtes. Donc ça c’est juste un constat mais on peut se demander pourquoi ? Pourquoi est-ce qu’il y a autant d’applications gadgets ? Pourquoi est-ce qu’il y a autant d’entrepreneurs qui prennent les utilisateurs un petit peu pour des idiots ? Et bien moi je n’ai pas la réponse malheureusement, mais il n’y a pas longtemps, j’ai assisté à – j’étais à un  start-up week-end. Bon, pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des hakathons, donc des évènements dont l’objectif est de construire une idée de start-up en un week-end avec une équipe et avec des récompenses à la clé. Et les start-ups week-end – ces évènements – commencent toujours par une présentation donnée par un entrepreneur et qui consiste un petit peu à inspirer les entrepreneurs qui sont venus pour assister à cet évènement. Et donc là, il y avait Francis PEDRAZA qui est le CEO de Everest, une start-up qu’on a déjà reçue dans cette émission. Et alors Francis PEDRAZA explique que pour lui, si les développeurs créent des applications gadget et superficielles, c’est tout simplement parce qu’ils ont une vision négative de l’humanité. Et alors pour ça, il prend une métaphore que j’ai trouvé assez rigolote, qui est celle de Batman, dont Batman le méchant a toujours en fait une vision extrêmement noire de l’humanité et il veut prouver qu’il a raison de croire en la noirceur de l’être humain en semant la panique dans Gotham City, et qui dit panique dit chaos, cruautés, décadences. Et pour Francis, c’est un petit peu la même chose du côté des entrepreneurs. Si on prend comme postulat de départ le fait que les gens sont bêtes et bien on va créer des applications bêtes et entretenir en quelque sorte l’utilisateur dans un comportement superficiel et on va finir par pouvoir justifier le fait de créer des applications superficielles et inutiles. Et en revanche, dit Francis, si on part du postulat que les utilisateurs sont intelligents, et que les utilisateurs ont des rêves, qu’ils peuvent se dépasser, changer leurs habitudes, changer leurs comportements, et là à ce moment-là l’entrepreneur peut créer des applications ou des start-ups vertueuses qui encouragent et qui soutiennent les utilisateurs dans leurs efforts au quotidien, alors que ce soit dans l’accomplissement de ses rêves, que ce soit dans l’adoption de comportements sains pour entretenir sa santé, etc. Autrement dit, l’entrepreneur pour Francis a une responsabilité quand il crée une start-up et se doit de concevoir des services et du contenu qui va justement tirer les utilisateurs vers le haut au lieu de les gaver de contenus de mauvaise qualité et c’est comme ça pense-t-il qu’on peut changer le monde. Alors oui, ça peut paraître un petit peu utopiste mais heureusement qu’il y a des entrepreneurs humanistes dans son genre, qui peuvent prêcher cette bonne parole. Moi je trouve ça inspirant, vous ne trouvez pas ?

  13. 13 - Crash Test

    Linda Darnell

    François SOREL : Alice GILLET, merci. Pour terminer cet Atelier Numérique, il est là, en pleine forme pour le premier Crash test de cette saison, je le disais, c’est Antoine SIRE. Un Crash test qui sera consacré à Linda DARNELL c’est ça ?
    Antoine SIRE : Et bien oui parce que quand même un petit Crash test cinématographique pour commencer la saison.
    François SOREL : Car chacun le sait, vous détestez le cinéma, de manière ouverte !
    Antoine SIRE : Oui, je compte créer la ligue des ennemis du cinéma. Et puis, ne cherchez pas ! La personne qui met des boules puantes dans tous les cinémas, c’est moi !
    François SOREL : C’est lui, c’est Antoine SIRE.
    Antoine SIRE : Voilà.
    François SOREL : Donc Linda DARNELL ?
    Antoine SIRE : Alors Linda DARNELL, et bien il suffit d’aller sur YouTube et quand vous tapez « Linda DARNELL » sur YouTube, vous avez un petit montage avec une très belle musique des années 50 qui s’appelle Linda DARNELL Magazines et qui est une espèce de petit montage YouTube de toutes les couvertures de magazines dans lesquelles cette magnifique actrice brune est apparue dans les années 50. Et là on se rend quand même vraiment compte que voilà : Linda DARNELL c’était la bonne personne à mettre en couverture des magazines.
    François SOREL : Elle avait des atouts on va dire !
    Antoine SIRE : Elle avait beaucoup d’atouts. Alors ça c’est la face joyeuse de Linda DARNELL mais je vais aller tout de suite à une face qui est beaucoup moins joyeuse et qui est sa mort !
    François SOREL : Ah ! Excusez-nous, on rigole de ça mais la manière dont c’est annoncé c’est un peu étonnant.
    Antoine SIRE : D’autant plus que je me permets de vous dire que la mort de Linda DARNELL est extrêmement triste. Elle est morte à 42 ans dans un incendie.
    François SOREL : Ouh, c’est un drame !
    Antoine SIRE : Et c’est une femme qui avait une peur panique des incendies.
    François SOREL : En plus !
    Antoine SIRE : Et qui est morte dans un incendie, voilà. Et alors, figurez-vous – et alors là bon ça confine au tragique mais en même temps à une forme d’humour noire – j’ai trouvé le récit de la mort de Linda DARNELL sur un site qui s’appelle findthedeath.com donc ça veut dire « trouver une mort .com » et dans lequel en fait et bien le responsable de ce site essaie réellement non pas d’avoir des détails sordides sur la mort des gens mais en revanche d’avoir des éléments un petit peu réalistes sur l’environnement dans lequel ils vivaient au moment où ils sont morts. Et donc là par exemple, il nous parle d’un endroit, de l’endroit où elle vivait, où elle habitait sans doute, aux États-unis, juste avant que cet incendie intervienne. Et donc il nous raconte que donc tard dans la nuit du 10 avril 1965, elle était en train de regarder à la télévision le film Star Dust qui était un film dans lequel elle était apparue. A l’époque, il n’y avait pas de magnétoscope, donc c’est un hasard incroyable parce qu’elle était en train de regarder son propre film à la télévision.
    François SOREL :  A l’époque, en 1955, à mon avis...
    Antoine SIRE : 65.
    François SOREL : 65, pardon, il commençait à y avoir des chaînes quand même.
    Antoine SIRE : Si, 65, il y avait des chaînes. Mais...
    François SOREL : Oui, donc plutôt elle dira « Tiens je vais me vois ».
    Antoine SIRE : Voilà. Elle se dit « Tiens je vais me voir » et là elle regarde ce film et malheureusement...
    François SOREL : Elle fait un barbecue !
    Antoine SIRE : Hélas, elle a laissé une cigarette simplement brûler et voilà, le feu a pris et donc la pauvre Linda DARNELL est morte dans l’incendie de son appartement. Voilà.
    François SOREL : Bon, merci Antoine pour ce premier Crash test de la rentrée, ça met tout de suite l’ambiance. Merci beaucoup et à la semaine prochaine.
    Antoine SIRE : Non, non. Entre temps, je vous invite quand même à voir les films de Linda DARNELL. Alors par exemple, il y a un classement de ses films qui est fourni mais malheureusement avec les titres anglais par un site qui est quand même un site très très bien fait, qui est le site tcm.com et plus exactement tcmdb qui est un site qui vraiment donne du matériel d’archive, qui donne beaucoup d’informations sur l’âge d’or d’Hollywood. C’est vraiment vous avez très souvent des extraits de film, vous avez des biographies, vous avez des scénarios de films.
    François SOREL : Je me demande si TCM ce n’est pas une chaîne justement qui fait du...
    Antoine SIRE : Bien sûr, c’est une chaîne tuner classique moovie, bien entendu.
    François SOREL : Voilà, c’est ça, donc c’est le site de cette chaîne-là.
    Antoine SIRE : C’est le site de turner classique moovie.
    François SOREL : C’est une très bonne chaîne d’ailleurs, avec une bonne définition.
    Antoine SIRE : C’est une très bonne chaîne mais je tiens à dire que le site de cette chaîne est...
    François SOREL : Voilà, est à l’image de la chaîne.
    Antoine SIRE : Tout à fait, il n’y a aucun doute. Et donc ce site nous présente des extraits de ces films. Alors évidemment, il y a aussi une fiche Wikipédia qui est très bien faite sur Linda DARNELL. Et donc elle était née dans une famille pauvre du Texas. Elle s’est présentée en 1937 alors qu’elle n’avait que 14 ans à un casting à Dallas organisé par des chasseurs de talent de la Fox. Et elle est repérée par Darryl ZANUCK, le grand patron de la Fox en personne qui l’a pris sous son aile. Deux ans plus tard, elle signe un contrat dans lequel on triche sur son âge, on dit qu’elle a 18 ans, elle n’en a à l’époque que 16.
    François SOREL : Oui, c’est joli ça.
    Antoine SIRE : Et oui. Donc elle va tourner dans un tas de films très importants, notamment le Signe de Zorro, Arène sanglante, un film de Rouben MAMOULIAN, très grand metteur en scène de cette période-là. Elle va aussi tourner dans un film d’un metteur en scène français exilé à Hollywood, un film important qui est C’est arrivé demain. Et puis, elle va tourner dans des films d’Otto PREMINGER, vous savez qu’il y a une rétrospective d’Otto PREMINGER qui commence ces jours-ci à la cinémathèque française. Et donc ça vous donnera l’occasion de voir deux films très importants d’Otto PREMINGER qui sont Crime passionnel, dans lequel Linda DARNELL joue une serveuse un petit peu – une femme un peu – magique, mais dans un bistrot un peu paumé quoi ! Voilà, enfin, dans un truc un peu quand même limite, un tout petit peu glauque mais qui fascine tout le monde, elle fascine son patron, elle fascine ses clients, enfin tout le monde est fasciné. Elle ne se donne pas vraiment à personne, enfin bon, elle essaie un peu de fuir, en espérant quand même un jour rencontrer un homme un peu sérieux dans la meute de ses admirateurs. Et puis malheureusement, elle est... ho, et puis, je ne vais pas vous...
    François SOREL : Et bien non.
    Antoine SIRE : Après tout, je ne vais pas (06:46) envie de le regarder. Voilà, c’est Crime passionnel donc d’Otto PREMINGER avec Linda DARNELL. Et puis il y a un autre film avec Linda DARNELL très important de PREMINGER que vous pouvez revoir aussi à la cinémathèque française qui est Ambre, Forever Amber. Ce film, Ambre, c’est un magnifique film en costume, un film de cape et d’épée qui raconte l’histoire d’une femme qui est assez délurée dans des temps assez reculés quand même. Et donc ce film n’existe pas en DVD et donc la rétrospective à la cinémathèque est le seul moyen de le voir.
    François SOREL : Très bien. Merci donc pour cet hommage à Linda DARNELL. Encore une fois, vous l’avez remarqué, Antoine est passionné de cinéma et de temps en temps comme ça, il nous fait partager sa passion. Et c’est toujours un vrai plaisir. Cet Atelier Numérique, le premier de la rentrée, est terminé, bonne rentrée à vous toutes et à vous tous. Excellent week-end. Ou excellente fin de week-end. Et on se retrouve bien sûr samedi et dimanche prochain. D’ici là, portez-vous bien. Salut à tous.

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