L'atelier numérique

Deux heures d’émission entièrement dédiées à la transformation digitale des entreprises, et à l’impact du numérique sur nos façons de vivre et de travailler.

n°436 Emission du 08 Septembre 2012


Sommaire de l'émission

  1. 1- Présentation et sommaire de l'émission

    Mass to mass: le financement participatif compatible avec les campagnes d’opinion?
    La RATP lance des comptes Twitter dédiés à l’info trafic à temps réel
    La théorie de l’information, par Aurélien Bellanger
    Vamos

    François SOREL : Bonjour à toutes et à tous. Très bon week-end et merci de nous retrouver comme chaque samedi et dimanche sur BFM Business pour votre rendez-vous dédié aux nouvelles technologies. C’est l’Atelier Numérique. L’Atelier Numérique, vous le savez, deux heures dédiées à l’actualité high-tech, avec plein de bonnes choses et bien sûr tous ceux qui font l’Atelier et que vous appréciez. A mes côtés cette semaine, Lila MEGHRAOUA et Mathilde CRISTIANI. Bonjour mesdemoiselles.
    Lila MEGHRAOUA : Bonjour.
    Mathilde CRISTIANI : Bonjour.
    François SOREL : Jean De CHAMBURE et Antoine SIRE sont là aussi. Bonjour messieurs.
    Jean De CHAMBURE : Bonjour François.
    Antoine SIRE : Bonjour. Alors maintenant, vous faites les bonjours par sexe.
    François SOREL : Non, mais je change un petit peu.
    Antoine SIRE : Oui, mais c’est bien, c’est différent.
    Mathilde CRISTIANI : Vous allez plus vite.
    Antoine SIRE : L’important, c’est bien sûr que vous fassiez les dames en premier et puis qu’on ait quand même tous le droit de dire bonjour parce que sinon, ça poserait des problèmes en matière de parité.
    François SOREL : Voilà. D’ailleurs, ils n’ont pas le droit de nous dire bonjour, c’est Renaud EDOUARD-BARAUD et Alice GILLET qu’on retrouvera un petit peu plus tard dans l’émission. Ça leur apprendra. Dans quelques instants, on retrouvera notre Blogonaute, le Cybergadget d’Antoine aussi et puis tout à l’heure Antoine pour le Crash Test à la fin de cet Atelier Numérique. Qu’avez-vous réservé pour toute... pour l’équipe de l’Atelier cette semaine comme Crash Test ?
    Antoine SIRE : Eh bien aujourd’hui, on va faire un peu de vocabulaire, je vais vous parler du Palimpsest.
    François SOREL : Houlà. Jean De CHAMBURE.
    Antoine SIRE : Est-ce que vous savez ce que c’est qu’un Palimpsest ?
    Jean De CHAMBURE : J’aime tellement jeunette que... c’est toute une histoire le Palimpsest. Je me souviens de jeunette avec le Palimpsest.
    Antoine SIRE : Eh bien voilà.
    François SOREL : Écoutez, vous en saurez un petit peu plus tout à l’heure. On retrouvera aussi notre rendez-vous avec la rédaction de 01net, ce sera aussi en toute fin d’émission. Notre Dossier de l’Atelier depuis San Francisco. Renaud EDOUARD-BARAUD nous fera aussi sa carte postale depuis l’Asie. Et puis, notre rendez-vous avec la Start-up de la Semaine, notre Webstratégie. Et puis avec Jean De CHAMBURE et notre invité, on parlera de cinéma tout à l’heure ou plus précisément de montage. Le métier de monteur à l’heure du numérique, comment a-t-il changé ? Comment s’est-il métamorphosé ? On verra ça avec notre invité Sébastien DE SAINTE-CROIX qui est chef monteur justement, qui nous expliquera comment son métier a évolué depuis ces années.
    Jean De CHAMBURE : Avec un film qu’on peut voir en ce moment, qui est La Vierge, les Coptes et Moi, qui est un film très amusant, avec beaucoup d'idées de montage justement.
    François SOREL : Ça sera tout à l’heure. Pour débuter cet Atelier Numérique comme chaque semaine, c’est l’actualité vue par toute l’équipe de l’Atelier. On va commencer par vous Mathilde.
    Mathilde CRISTIANI : On revient...
    François SOREL : On revient aux standards de l’émission, aux fondamentaux.
    Mathilde CRISTIANI : Voilà, il n’y a pas de problème. Je vais vous parler d’une initiative que je trouve assez intéressante, mais qui soulève aussi quelques interrogations, est-ce qu’elle va vraiment fonctionner. Le crowdfunding, je ne vous présente plus, c’est le financement participatif. Ça marche vraiment très bien dans le secteur culturel. Il y a des initiatives comme KissKissBankBank, MyMajorCompany. Il y a Ulule aussi qu’on avait reçue ici.
    François SOREL : J’adore KissKissBankBank.
    Jean De CHAMBURE : Oui, c’est sympa.
    Mathilde CRISTIANI : Oui, c’est assez long comme nom.
    François SOREL : J’adore parce qu’en général, on n’a pas trop envie d’embrasser son banquier.
    Mathilde CRISTIANI : C’est ça.
    Jean De CHAMBURE : KissKissBankBank, voilà, ça donne la possibilité de le faire.
    François SOREL : Sauf si c’est une super banquière.
    Mathilde CRISTIANI : Mais on a envie d’embrasser en tout cas KissKissBankBank...
    François SOREL : C’est sûr, je suis d’accord.
    Mathilde CRISTIANI : Avec le nombre d’initiatives qui se sont lancées grâce à cette plate-forme. Ça marche aussi pour les start-ups. Il y a WiSeed qui permet de financer des projets de start-ups. Est-ce que ça pourrait marcher pour d’autres secteurs comme la publicité ? Il y a Mass to Mass qui pense que oui et qui a lancé en fait un site qui permet... Ce n’est pas n’importe quelle publicité, ce sont des campagnes d’opinions. Si vous êtes un collectif, une association ou alors si vous êtes un graphiste, un créatif, qui veut vraiment faire passer une idée, un message, et même un particulier si vous avez des compétences de graphiste, vous pouvez proposer votre campagne d’opinions. Après, il faut que vous cherchiez des financeurs parmi tout votre réseau, donc réseaux sociaux, les gens que vous connaissez et que vous ne connaissez pas. Une fois que vous avez levé une somme d’argent, Mass to Mass du coup après s’occupe de la... c’est intéressant, sur la presse traditionnelle, la télé et la radio, s’occupe de vous trouver des bannières et de la visibilité. C’est vrai que le projet en lui-même n’est pas mal. C’est donner une visibilité sur une presse traditionnelle où c’est un peu difficile si on n’a pas les moyens quand on est une association ou un collectif. Après, il faut quand même lever 10 000 €, entre 3 et 10 000 €, pour pouvoir avoir sa place. Quand on est un financeur, on n’a rien, alors qu’en règle générale, sur Ulule et toutes les autres, soit on a des intérêts, soit on participe au projet et puis soit, si c’est pour un artiste, on reçoit un CD ou un concert. On achète quelque chose et on reçoit quelque chose. Là, rien sauf soutenir la campagne.
    François SOREL : Oui, c’est du mécénat en quelque sorte.
    Mathilde CRISTIANI : Voilà. Je pense que ça peut marcher pour les entreprises. Ça peut justement être valorisant de montrer qu’elles soutiennent tel collectif ou telle association. Mais pour les particuliers, j’ai quelques doutes. Donc, je ne sais pas si dans ce cas-là le financement participatif...
    François SOREL : Est vraiment pertinent.
    Mathilde CRISTIANI : Fonctionne véritablement, oui.
    François SOREL : Antoine, vous allez nous parler de la RATP.
    Antoine SIRE : Oui, d’abord de la RATP Twitter. Les utilisateurs du métro savent qu’il y a depuis longtemps un rapport entre Twitter et le métro. Il y a des sites, il y a des comptes Twitter qui sont des comptes privés et qui donnent des informations sur les métros. Il y en a par exemple un qui s’appelle quoimaligne. Quand vous suivez quoimaligne, vous savez que... Le problème de quoimaligne, c’est qu’il a un tweet sur deux qui est : « Le RER A est en panne ».
    Jean De CHAMBURE : « Qu’est-ce qu’elle a ma ligne ? ».
    Antoine SIRE : Voilà. Alors du coup, j’imagine qu’à un moment donné, la RATP, c’est quand même dit qu’elle allait rentrer dans le mouvement...
    François SOREL : De manière officielle.
    Antoine SIRE : De manière officielle et avoir ses propres comptes Twitter. Donc le 5 septembre, je vous annonce que la RATP a ouvert quatre comptes : ligne1_RATP, ligne4_RATP. Ça ressemble un peu à une liste d’œuvres d’art abstraites.
    François SOREL : Oui, c’est vrai.
    Antoine SIRE : Ligne12_RATP, sans compter le magnifique, débonnaire et languissant ligne3... pardon, ligne13_RATP.
    Mathilde CRISTIANI : Ma préférée.
    Antoine SIRE : L’idée est de permettre aux voyageurs de suivre en temps réel l’état du trafic, l’actu des lignes. Tous les jours de 6h à 21h, vous avez ce genre d’informations. Vous avez bien sûr aussi les travaux en cours. Et puis, il y a – c’est plutôt sympathique et pratique – les événements sportifs, culturels, salons, qui peuvent impacter le trafic et puis évidemment les événements qui sont organisés par la RATP. Ça peut aller des Journées du Patrimoine aux Opérations Grands Chefs du Métro... dans le Métro, pardon, etc. Les comptes sont animés par des agents de la RATP qui travaillent au sein de la très sérieuse Permanence Générale des Réseaux, qui est la tour de contrôle du métro, pour le bus, les tramways et le RER. C’est une façon, je pense, plutôt sympathique pour la RATP de rentrer dans le jeu du numérique. Espérons bien sûr que cette expérience qui se veut pilote s’étende à toutes les lignes.
    François SOREL : Le problème, c’est qu’on n’a pas tout le temps du réseau dans le métro. C’est embêtant parce que là vous n’avez pas les tweets.
    Antoine SIRE : On en aura de plus en plus puisque je crois que le Wi-Fi va se développer dans le métro.
    François SOREL : Oui, il y a la Wi-Fi et il y a la 3G qui va arriver, mais c’est vrai que ce n’est pas encore toujours très optimisé.
    Jean De CHAMBURE : Il faut quand même faire attention aux (07:22) parce qu’évidemment, là c’est quand même un peu comme si vous donniez le haut-parleur d’une station à tout le monde. Du coup, on va évidemment s’amuser à faire des scénarios bizarres.
    François SOREL : Oui, surtout sur la ligne 13, qui donne un peu les chocottes.
    Antoine SIRE : Vous m’avez l’air terrorisé, mon cher François.
    François SOREL : Non, mais les utilisateurs de la ligne 13 savent très bien ce dont je parle, c’est une ligne qui est quand même assez problématique. Je crois que c’est la ligne la plus utilisée en fait, qui accueille le plus grand nombre de voyageurs tous les jours.
    Mathilde CRISTIANI : Et la plus lente.
    François SOREL : Et la plus lente et celle qui a le plus d’incidents. Donc, cela pose parfois des problèmes.
    Jean De CHAMBURE : La ligne 8 aussi, ce n’est pas facile.
    Antoine SIRE : Désolé, moi je suis ligne 12.
    Jean De CHAMBURE : Elle n’est pas mal.
    François SOREL : Nous ne vous parlons pas.
    Mathilde CRISTIANI : Je l’ai quittée récemment.
    Antoine SIRE : Vous avez quitté la ligne 12.
    Mathilde CRISTIANI : Mais je lui étais fidèle.
    Antoine SIRE : D’ailleurs pardon, mais depuis que vous l’avez quittée, elle est singulièrement dépeuplée.
    François SOREL : Oui, ils sont tous venus sur la ligne 13 pour suivre Mathilde.
    Mathilde CRISTIANI : Ils étaient tous sur la ligne 13.
    François SOREL : Jean De CHAMBURE. Après, on retrouvera Lila.
    Jean De CHAMBURE : Simplement à la suite d’une chronique qu’on avait faite sur SHANNON, je m’étais dit qu’il fallait quand même lire ce fameux livre dont on parle pas mal depuis le début de la rentrée, La Théorie de l’Information par Aurélien BELLANGER qui fait plus de 400 pages. C’est un sacré bouquin. Je vous conseille de le lire quand même si vous êtes intéressé par l’histoire de la partie Minitel, de la partie Internet. Il y a eu des critiques un peu dures sur ce livre en disant que ce n’était qu’une histoire pour les nuls de l’Internet. Moi, je trouve quand même... ou alors j’ai vraiment tout oublié, mais en connaissant un petit peu ce qui s’est passé avec l’Internet, il y a quand même dans ce livre des visions et des analyses assez fines historiquement, tant de la période du Minitel que de la période de l’Internet. Après ce qui est vrai, c’est que moi je me suis un peu demandé en refermant ce livre, ce qui est très compliqué, c’est de faire un roman à partir de quelqu’un qui existe, c’est-à-dire qu’on peut tout à fait imaginer ce qu’il a... et romancer et donner de la finesse littéraire à sa vie. Mais après dans la projection, à la troisième partie, on part sur quelque chose dont on a du mal à croire en fait parce que le roman de ce livre qui est Pascal est en fait calqué sur la vie de quelqu’un qui existe, qu’on voit bien et qui est Xavier NIEL. En fait la troisième partie de ce livre qui est complètement futuriste, on a du mal à se dire que c’est Xavier NIEL qui peut un jour faire ça, ou alors il faut vraiment qu’il ait eu un gros coup de bouteille de champagne sur la ciboulette. Peut-être que ça va lui arriver, mais...
    Antoine SIRE : On peut dire qu’il devint immortel et il conquit la planète Mars.
    François SOREL : Oui, voilà.
    Jean De CHAMBURE : On a quand même du mal à penser qu’il parte dans cette direction. Moi, je vous le conseille quand même, c’est toujours intéressant de lire ce qui se passe.
    François SOREL : Très bien. Lila.
    Lila MEGHRAOUA : Oui, je vais vous parler d’une start-up berlinoise qui s’appelle Vamos. Ce n’est pas très...
    François SOREL : Ce n’est pas très berlinois Vamos.
    Antoine SIRE : Ça fait plutôt Movida votre truc.
    François SOREL : Oui, voilà, c’est ça.
    Lila MEGHRAOUA : Vamos en gros, c’est une start-up qui fait un peu... beaucoup frémir et parler la scène berlinoise actuellement puisqu’en fait, c’est une... en gros, c’est une application qui fait office d’agrégateur d’événements sociaux. Après, vous allez me dire que Foursquare ou Facebook fait déjà ça. Sauf que l’inconvénient sur Foursquare ou Facebook, c’est qu’on va avoir une liste d’événements, que ce n’est pas forcément très organisé et qu’on a du mal à savoir où ça se passe. Bref, le concept en gros de Vamos, c’est de partir de... c’est de dire : « Je vais prendre mon application, je vais regarder... je vais avoir une carte qui va s’afficher, je vais me géolocaliser et je vais pouvoir voir en temps réel tous les événements sociaux auxquels mes amis Facebook participent, auxquels d’autres personnes que je suis ou qui m’intéressent pourraient participer ». Mieux, on va avoir une description, on va avoir des photos si des photos sur Instagram ont été postées. C’est une manière plutôt vivante de...
    François SOREL : Pour l’instant, ça ne marche qu’à Berlin, c’est ça ?
    Lila MEGHRAOUA : Non, ça marche... moi, j’ai pu tester ça pour Paris.
    François SOREL : D’accord.
    Lila MEGHRAOUA : Donc, c’est déjà disponible, ça s’appelle Vamos.
    François SOREL : Et c’est sur toutes les plates-formes mobiles.
    Lila MEGHRAOUA : Non, pour l’instant, c’est juste iPhone, mais ça ne devrait pas tarder à arriver sur Android.
    François SOREL : D’accord, très bien, parfait. Dans un instant sur BFM Business, on va retrouver le Blogonaute et le Cybergadget d’Antoine. Mais auparavant, on reste avec vous Lila pour les Ouvertures de l’Atelier de cette semaine.

  2. 2 - Les Ouvertures de L'Atelier

    Guillaume Fédou, chanteur polymorphe

    Lila MEGHRAOUA : François, aujourd’hui, je suis aux côtés de Guillaume FEDOU, artiste. Guillaume, bonjour.
    Guillaume FEDOU : Bonjour Lila.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
    Guillaume FEDOU : Je suis Guillaume FEDOU. Je suis chanteur, auteur, compositeur, interprète, journaliste, traveler, batifoleur.
    Lila MEGHRAOUA : Un peu avant l’interview, je t’ai vu checker à mort ton smartphone. Es-tu un geek ou pas ?
    Guillaume FEDOU : Geek non parce que je ne sais pas vraiment comment ça marche. Le vrai geek normalement, il sait, il connaît l’envers du décor, il connaît la programmation. Mon frère est très comme ça. Je suis juste un surfeur social.
    Lila MEGHRAOUA : Qu’est-ce que tu veux dire par surfeur social ?
    Guillaume FEDOU : Ça veut dire que je surfe sur les gens comme si les gens étaient des vagues.
    Lila MEGHRAOUA : Si par exemple on devait te piquer ton smartphone, il se passe quoi ?
    Guillaume FEDOU : Je pense qu’entre ça et mon organe reproductif, c’est à peu près sur un pied d’égalité aujourd’hui.
    Lila MEGHRAOUA : Il faut dire qu’on a croisé Thomas VDB. Apparemment, ça t’a un peu contaminé.
    Guillaume FEDOU : En fait là où il faut un peu changer son logiciel, enfin sa manière d’approcher ces questions, c’est que dans les années 90, on nous a expliqué qu’Internet est un monde virtuel, etc., et que c’étaient des choses qui n’existaient pas. C’est un peu comme une espèce de Minitel amélioré. En fait aujourd’hui, Internet, c’est la vie ; la vie, c’est Internet. Facebook, c’est la réalité. Toi même, tu m’as contacté sur Facebook. Aujourd’hui, on se voit en vrai et je ne fais aucune différence. Mais ça ne veut pas dire que je n’apprécie pas ta présence physique par exemple. C’est simplement que ce n’est pas du fake.
    Lila MEGHRAOUA : Dis-moi, par exemple ta journée travail va s’organiser comment avec ton iPhone ?
    Guillaume FEDOU : Je dirais que ma journée de travail, c’est ma journée tout court. Je me lève, j’ouvre un œil et j’allume le Facebook pour savoir qui a répondu à mes blagues de la veille, qui a liké tel commentaire, donc déjà pour savoir si la journée commence bien ou pas. C’est une blague. Tu vois, Facebook, c’est exactement la vraie vie, c’est-à-dire que là on est dans une place verte et on croise plein de gens qui font des likes avec la main.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce qu’Internet ça peut aussi être une source d’inspiration pour toi dans ton travail ?
    Guillaume FEDOU : C’est une source d’inspiration, c’est une source de rencontres. Moi, il y a des gens que j’ai connus sur Facebook et avec qui je bosse aujourd’hui. En fait, on se connaissait, on s’était croisés comme ça dans des soirées, sans plus. Mais en fait, on s’est découverts sur Facebook dans des commentaires. Je pense à Benjamin DIAMOND et à Isem (02:28) avec qui je travaille. Donc en fait oui, Facebook, c’est une source de rencontres, c’est une source d’inspiration, tout Internet évidemment aussi. Mais moi, je te dis, en dehors de Facebook, YouTube, Gmail, le site du Nouvel Obs, de l’eBay, etc., je ne suis pas un gros... En fait, je n’ai pas une culture Web propre, c’est-à-dire que je fais ce que j’aurais fait d’ordinaire, mais sur Internet, mais je ne suis pas un vrai fou d’Internet. Les blogs et tout, je ne vais pas trop dessus.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que ça a changé aussi ton rapport à la musique et à la découverte musicale ?
    Guillaume FEDOU : Ce n'est pas tellement pour moi que ça a changé, c’est-à-dire que moi je me souviens quand j’avais 20 ans et que je cherchais un disque, il fallait que je traverse la ville pour retrouver le disquaire, il fallait que le disquaire soit ouvert, il fallait que le disquaire soit sympa, il fallait surtout qu’il y ait de disque, tu vois. Aujourd’hui, tu reste dans ton pieu et tu fais un clic. En cinq secondes, tu as la référence et tu peux l’écouter, etc. Oui, pour moi, ça a changé, mais c’est surtout pour tout le monde. Il n’y a pas cet héroïsme qu’il y avait à l’époque. Moi, je me souviens par exemple qu’il y avait un gars dans la cour du lycée à Bordeaux où j’étais, c’était le gothique du lycée. Je me souviens quand il disait : « Moi, j’ai un pirate des Sisters of Mercy », là il y avait un silence dans la cour de récré. Tout le monde disait : « Ouah ! Comment il a fait ? ». En fait, il était aller chercher une cassette à Camden aux puces à Londres, etc. Tu vois, c’étaient des héros. Alors qu’aujourd’hui, si tu veux un pirate de (03:39) ou de Kyo ou de (03:40), je ne sais pas quoi, c’est terminé, tu vas sur Deezer, tu vas sur...
    Lila MEGHRAOUA : What’s next ?
    Guillaume FEDOU : Écoute, là je prépare les nouveaux morceaux. Là en ce moment, je travaille avec Benjamin DIAMOND et Isem (03:53). Vous aurez des nouvelles très bientôt. Et puis sinon, suivez-moi on the network.
    Lila MEGHRAOUA : Merci.
    François SOREL : Lila, merci. On revient dans un instant pour la suite de cet Atelier sur BFM Business. Ça sera avec le Cybergadget et le Blogonaute. Et puis tout à l’heure, on évoquera durant notre Enquête de l’Atelier le montage à l’heure du numérique. A tout de suite.

  3. 3- Blogonaute

    Clément Pellerin sur Silp, www.clementpellerin.fr

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Merci d’être avec nous, très bon week-end. Avant de retrouver notre petit Détour au Camping et parler de montage à l’heure du numérique, ça sera notre Enquête de l’Atelier tout à l’heure avec Jean De CHAMBURE et nos invités, avant aussi de retrouver Antoine pour son Cybergadget, il est temps de faire un petit détour par le rendez-vous, vous le savez, l’un des grands rendez-vous de cette émission, c’est le Blogonaute. L’équipe de l’atelier s'arrête sur un article d’un blog et essaie d’aller un petit peu plus loin en interviewant justement l’auteur de ce blog Mathilde.
    Mathilde CRISTIANI : Oui. Puis cette semaine on va parler, avec Clément PELLERIN qui est community manager freelance et auteur du blog clementpellerin.fr, d’une application sociale qui a soulevé pas mal de débats ces derniers temps qui s’appelle Silp, et en fait qui était assez remise en cause sur son mode de viralisation. Donc on va voir tout ça avec Clément. Bonjour.
    Clément PELLERIN : Bonjour.
    Jean De CHAMBURE : Bonjour.
    Mathilde CRISTIANI : Alors est-ce que déjà vous pourriez nous dire ce qu’est Silp parce que sur Twitter il y avait beaucoup de gens qui disaient « Je reçois plein de notifications mais je ne sais même pas ce que c’est ».
    Clément PELLERIN : Alors en fait Silp, c’est une application qui permet de mettre en relation les employeurs et les futurs employés, donc de permettre en fait aux candidats de rechercher des offres. En fait la particularité de Silp c’est que ça repose sur un algorithme de recherche qui utilise toutes les données de Facebook, donc l’âge, le sexe, le lieu de résidence, et cela met en relation directement de manière la plus pertinente possible les offres proposées par des employeurs. Donc en fait c’est en ça que Silp pourrait être différent des autres.
    Mathilde CRISTIANI : Et ça utilise aussi les données de Twitter, LinkedIn, etc.
    Clément PELLERIN : Donc là pour l’instant, c’est Facebook, ça utilise les données de l’Open Graph Facebook, et toutes les données renseignées par l’utilisateur sur Facebook. Et dans les jours à venir, les semaines à venir, oui, ça utilisera les autres médias sociaux.
    Mathilde CRISTIANI : Mais donc, alors il faut donner son accord, il faut s’inscrire sur l’application pour rejoindre cette communauté.
    Clément PELLERIN : Exactement. Et donc les différentes notifications que les utilisateurs de Facebook ont pu recevoir, incitent fortement à se rendre sur l’application.
    Mathilde CRISTIANI : Mais alors en fait justement, sur Twitter on pouvait voir beaucoup de messages de gens qui disaient « J’en ai marre, je reçois 19 notifications Silp par jour, je ne sais même pas ce que c’est ». Qu’est-ce qui s’est passé en fait ? C’est parce qu’un ami s’inscrivait et donc du coup il invite tout son réseau.
    François SOREL : C’est la viralité qui fait ça en fait.
    Clément PELLERIN : Exactement. En fait, si vous voulez, lorsque la personne a conçu l’application, elle a fait en sorte que lorsque chaque personne se rend sur l’application Silp, ça envoie un message à tout le répertoire d’amis Facebook. Donc en fait si vous voulez, c’est un moyen de viralité très puissant mais au niveau marketing qui n’est pas forcément le meilleur car cela est très très intrusif pour l’utilisateur.
    Mathilde CRISTIANI : Oui, c’est ça.
    Clément PELLERIN : Et au niveau marketing, au niveau pôle des marketings, ce n’est pas le top. Et c’est vrai que ce n’est vraiment pas génial au niveau de la perception marketing.
    Mathilde CRISTIANI : Mais alors pourtant je crois que ça fait deux ou trois semaines que c’est lancé, il y a plus de 700 000 téléchargements donc c’est que ça a l’air de quand même marcher. Ça veut dire quoi ? Les gens téléchargent parce qu’ils sont excédés, ils veulent savoir ce que c’est ?
    François SOREL : Ou par curiosité peut-être aussi, comme on fait souvent avec de nouvelles apply oui.
    Clément PELLERIN : En fait c’est parce que certainement de nombreuses personnes ont cliqué par hasard, sont inscrits sur l’application parce qu’ils ont reçu un message de leur contact, leur ami, « Untel vous invite à utiliser Silp ». Je connais cette personne, l’application doit être de bonne facture si elle me conseille et c’est pour ça que ça a dû créer un tel niveau d’engagement, un tel niveau de viralité. Un nombre de 700 000 personnes atteint en deux semaines c’est parfaitement possible, mais après la question c’est combien de personnes vont réellement revenir vers l’application sachant que maintenant tout le monde sait que l’application est très intrusive.
    Mathilde CRISTIANI : C’est ça oui.
    Clément PELLERIN : Et il y a la problématique de la confidentialité des données qui est remise en question justement par l’utilisation de cette application.
    Mathilde CRISTIANI : Et puis c’est ça, c’est une fausse recommandation, vu que de toute façon c’est automatique. Vous avez posé la question au fondateur, il tourne autour du pot et il ne répond pas vraiment, vous en pensez quoi, vous ?
    Clément PELLERIN : En fait, lui, ce qu’il dit c’est qu’ils ont choisi le mode de viralité le moins intrusif. Ils auraient pu très bien choisir d’autres moyens marketing comme le font d’autres start-ups en misant sur des communications, des opération blogueur, des apply de blogs et les opérations de communication dites classiques et moins intrusives pour le côté marketing. Puisque là c’est vrai qu’on en parle beaucoup, les gens créent leurs comptes sur Silp, mais à l’avenir est-ce que ça va marcher ? Ça reste à voir.
    Mathilde CRISTIANI : Oui. Voilà, mais c’est quand même ce qui marche, les méthodes peut-être enfin moins intrusives, un peu plus traditionnelles. Merci beaucoup Clément PELLERIN, je rappelle que vous êtes community manager freelance, et on peut lire votre post sur clementpellerin.fr.
    François SOREL : Mathilde merci.

  4. 4 - Cybergadget

    Fenopalm
    Une caméra pour mieux regarder le sport

    François SOREL : Après notre Blogonaute, place maintenant au Cybergadget d’Antoine. Antoine, quel gadget inutile avez-vous sélectionné cette semaine pour nous ?
    Antoine SIRE : Alors écoutez. Dans ma musette, j’ai d’abord l’application Facebook qui vous permet de lire l’avenir.
    François SOREL : Ah, ça c’est important. On rêve tous de pouvoir lire l’avenir quand même.
    Antoine SIRE : Voilà. Alors cette librairie spécialisée dans l’ésotérisme, le mysticisme, la religion, la spiritualité orientale contemporaine aussi.
    François SOREL : Ah oui, ça va loin quand même.
    Antoine SIRE : Oui, qui est basée à Londres, donc la librairie Watkins Books qui a demandé à JWT London, une agence donc John Walter Thompson, une agence de pub, de créer pour elle une application interactive qui a ni plus ni moins pour but de prédire l’avenir. Alors cette application s’appelle Fenopalm. Donc il faut scanner la paume de votre main avec votre smartphone, l’apply scanne votre ligne de cœur, de tête ainsi que le ratio entre votre index et votre annulaire.
    François SOREL : Mais dites donc il ne faut pas rater la photo parce que autrement ça change complètement votre vie. Si c’est un peu flou.
    Antoine SIRE : Sinon vous un profil, vous avez un future déformé. Voilà.
    François SOREL : Voilà, vous vous rendez compte. Vous prenez la photo : « Vous allez mourir demain », « Oui, attendez je refais une photo, on ne sait jamais ».
    Jean De CHAMBURE : Moi j’ai une ligne pas claire, mais je ne préfère pas savoir laquelle. C’est une des trois qui n’est pas claire du tout.
    François SOREL : Faites voir un peu. C’est inquiétant Jean. Je ne vais pas vous mettre la pression mais c’est très inquiétant.
    Antoine SIRE : J’avais vu une prédiction qui vous a été faite il y a 10 ans, François, qui était « Vous allez faire pendant au moins 10 ans une émission complètement débile avec des espèces de fada de l’internet ».
    François SOREL : Oui, c’est vrai, c’est vrai, c’est vrai. Et puis j’étais parti en courant en disant que ce n’était pas possible.
    Antoine SIRE : Cela dit, permettez-moi quand même de rappeler cette invention géniale.
    François SOREL : Oui, bien sûr.
    Antoine SIRE : Elle utilise des techniques de reconnaissance d’image et en fait elle se sert de votre profil Facebook. C’est à partir de ça qu’elle est sensée vous connaître un petit peu.
    François SOREL : D’accord oui.
    Antoine SIRE : Parce que l’apply, elle est quand même, voilà.
    François SOREL : Oui, la photo de la main c’est quand même assez…
    Antoine SIRE : Voilà aussi. Et donc c’est que là, soudain, SWAMI, maître en chiromancie, vous livre une nouvelle vision de votre avenir et vous recommande éventuellement aussi des livres se rapportant à votre bien être social, affectif et professionnel. Par exemple je pense que, à vous comme à moi mon cher François, il recommanderait le célèbre livre « Je m’offre des lunettes convenables en 10 leçons ».
    François SOREL : C’est sûr. Pas la peine de se photographier la main.
    Antoine SIRE : À partir de votre profil Facebook.
    François SOREL : Oui, c’est sûr, voilà c’est ça.
    Antoine SIRE : Vous en voulez une autre ?
    François SOREL : Oui. Attendez, on est tellement bien parti là.
    Antoine SIRE : Alors une caméra pour mieux regarder le sport, pour le regarder tellement mieux qu’en fait vous le regardez à la place de l’athlète.
    François SOREL : Et bien dites-moi.
    Antoine SIRE : Et oui. Donc c’est une toute petite caméra qui a été inventée par deux étudiants de l’université nationale de Chen Kung, donc des étudiants quand même, je pense que c’est très important pour leur Facebook qu’on leur ait donné leurs noms à l’Atelier Numérique, donc c’est Sheng-hung LEE.
    François SOREL : Pardon ?
    Antoine SIRE : Et Wai-Yeh CHA. Excusez-moi, je le dis avec un accent assez (03:21) quand même.
    François SOREL : Oui, parce que quand on le lit comme ça, ça fait « Ouah y a le chat », on peut croire qu’on voit le chat au loin.
    Antoine SIRE : Non, écoutez, ça va François.
    François SOREL : Non, non, non.
    Antoine SIRE : Pas vous ?
    François SOREL : Non, pas moi.
    Antoine SIRE : Très bien, pas vous. Alors, donc cette toute petite caméra qui se clipse en fait sur, comment dire, le maillot du sportif.
    François SOREL : Oui, du sportif, voilà.
    Antoine SIRE : Et donc…
    François SOREL : Pourquoi ça vous fait rire bêtement ?
    Antoine SIRE : Parce que j’étais en train de me demander comment il faisait pour les jeux olympiques nudistes ?
    François SOREL : Et voilà. C'est là Mesdames, Messieurs où on se rend compte qu’Antoine SIRE parfois a des signes de faiblesse. Des jeux olympiques nudistes, bien sûr. Peut-être qu’il peut mettre un autocollant à ce moment-là. Ça vous fait rire.
    Antoine SIRE : Oui.
    François SOREL : Je crois qu’on va arrêter là.
    Antoine SIRE : Oui.
    François SOREL : Ça tombe bien puisque c’est la fin de toute façon.
    Antoine SIRE : Oui.
    François SOREL : Voilà, c’était un peu le rendez-vous gadget de cette émission dans tous les sens du terme. On revient dans un instant et après la pause, un petit Détour au Camping et puis on s’intéressera avec Jean De CHAMBURE à un sujet un petit peu plus sérieux quand même. Qu’est-ce qu’a changé le numérique dans le métier de monteur. On en parle dans un instant avec notre invité, à tout de suite. Je resserre les boulons, pendant la pub, à tout de suite.

  5. 5 - Un tour au Camping

    Webshell

    Claire CAVRET : Bonjour. Je me trouve au camping avec Mehdi MEDJAOUI de Webshell. Mehdi, est-ce tu peux nous présenter Webshell quelques mots.
    Mehdi MEDJAOUI : Alors Webshell est une plateforme de développement d’application web et mobile qui permet au développeur de faire des applications plus rapidement, d’une manière interactive et sociale.
    Claire CAVRET : Et à qui se destine cette plateforme ?
    Mehdi MEDJAOUI : Alors cette plateforme se destine à deux types de personnes. Nos utilisateurs sont les développeurs qui veulent gagner du temps et être beaucoup plus efficaces dans leurs programmations d’application. Elle se destine aussi aux directeurs innovation, directeurs marketing qui souhaitent innover avec leur écosystème en sortant une API et en la plongeant directement au milieu d’autres API sur la plateforme, là où il y a des développeurs qui veulent faire des applications.
    Claire CAVRET : Alors est-ce que tu peux nous expliquer qu’est-ce que c’est les API ?
    Mehdi MEDJAOUI : Une API, ça vient de l’anglais, Application Programming Interface. Donc c’est une interface qui va permettre à des développeurs de venir utiliser vos données ou vos services, donc les données de votre site web ou de votre produit, et d’en faire des applications tierces sur mobile ou des applications web. Donc prenons l’exemple, si un développeur veut faire une application avec des données de votre site web et qu’il veut les mélanger à Facebook ou à Twitter ou à d’autres réseaux sociaux, il va utiliser l’API de Facebook, l’API de Twitter et votre API, il va mélanger ces données pour en faire une nouvelle application. Donc voilà ce qu’est une API, il faut le comprendre vraiment comme une ouverture vers un écosystème de développeurs qui vont s’approprier vos données ou vos services pour en faire des applications tierces.
    Claire CAVRET : D’accord. Et tu définis donc Webshell comme l’ API des API ?
    Mehdi MEDJAOUI : C’est ça parce qu’aujourd’hui il y a plus de 6800 API sur Internet. Chaque Start-up sort son API, les grands groupes se mettent à sortir une API. Le cabinet Gartner prévoit que 75% du Fortune 1000 aura une API d’ici 2014. Donc même les grosses sociétés s’y mettent, les États, le gouvernement américain a une API. Donc vraiment c’est une grosse tendance. Et donc comme je disais, 6800 API sont nouvelles par semaine. On en attend plus de 250 000 en 2016, donc pour les développeurs c’est un énorme problème. Et donc nous, on est une plateforme qui permet de programmer ces API entre-elles, donc on est, comme vous l’avez dit, l’API des API.
    Claire CAVRET : Comment est venue l’idée ? Tu m’as dit que c’était avec un réseau social que vous aviez créé et dont l’idée était venue un 31 décembre 2009.
    Mehdi MEDJAOUI : Oui, donc le 31 décembre 2009, on a eu une idée, c’était de faire un réseau social qui permettrait de faire le premier monument sur Internet, une plateforme qui réunirait tous les contenus artistiques, culturels ou historiques du web, et donc d’intégrer à toutes ces vidéos qui viendraient de Youtube, de Dailymotion, toutes les musiques qui viendraient de Deezer, de Soundcloud, enfin tous les contenus d’Internet, les images ou les textes, sur une seule plateforme. Donc on a développé ce réseau social pendant à peu près un an. Voilà, donc j’étais avec le reste de l’équipe qui sont des développeurs, ils faisaient ça le week-end. Et quand ensuite on a montré les versions bêta de la plateforme qui intégraient beaucoup de contenus web, les gens nous ont dit « Mais vous avez dû être à plein temps », et à six ou sept personnes, on leur a dit : « Non, non, c’est trois étudiants qui font ça vraiment le week-end ». Et là, les gens nous ont demandé comment on a fait, on leur a dit : « On a fait notre propre plateforme de développement qui permet d’intégrer les contenus du web via ce qu’on appelle des API », donc des interfaces de programmation. Et bien via ces API, notre plateforme permettait de programmer beaucoup beaucoup plus rapidement. Donc l’année dernière en août, on s’est dit « Tiens, en fait c’est ça la vraie valeur de ce qu’on apporte pour le monde du web et pour les développeurs ». Et donc on a décidé de créer Webshell, donc une plateforme de développement rapide d’application via les API du web.
    Claire CAVRET : Et au niveau du produit, où vous en êtes au niveau du développement ?
    Mehdi MEDJAOUI : Donc on sort là, on est en bêta privée jusqu’à mi-septembre, pour sortie une bêta publique où tous les développeurs pourront accéder à notre plateforme de développement et à toutes les API qui sont dessus.
    Claire CAVRET : Et bien merci beaucoup Mehdi.
    Mehdi MEDJAOUI : Merci à vous.
    Claire CAVRET : À très bientôt au camping.
    François SOREL : Claire, merci.

  6. 6 - L'enquête de L'Atelier

    Le montage à l’heure du numérique: qu’est ce qui change? Avec Sébastien de Sainte-Croix, chef monteur, notamment du beau «La Vierge, les coptes et moi» de Namir Abdel Messeeh

    François SOREL : Place maintenant donc à notre Enquête de l’Atelier, mon cher Jean. On va s’intéresser à une activité professionnelle. Cela dit, on connaît aussi quelques monteurs amateurs qui s’amusent à faire... justement à réaliser leurs films de vacances. Mais là, on n’est pas, on va dire, dans cette étape-là. Là, on va s’attaquer au vrai métier de monteur. Est-ce que ce métier a évolué justement depuis l’arrivée du numérique ?
    Jean De CHAMBURE : Oui, c’est vrai. Nous en radio, on a peut-être chacun des souvenirs d’avoir essayé d’enregistrer avec anagra, avec ces grosses bandes de fil analogique.
    François SOREL : Eh bien oui. Maintenant, on est passé à l’heure du numérique.
    Jean De CHAMBURE : On essayait de faire des mélanges et ça marchait plus ou moins bien. Moi, j’ai quelques souvenirs sur le sujet, ce n’était pas très brillant. Après, il y a eu des montages beaucoup plus sophistiqués qui ont commencé à avoir lieu. Et puis aujourd’hui, eh bien voilà, évidemment ça touche assez massivement le cinéma. On va essayer de voir un petit peu comment ça fonctionne de l’intérieur. Au fond, est-ce qu’il y a une qualité qui est meilleure ou pas ? On va en parler avec notre invité qu’on a le plaisir d’accueillir, Sébastien DE SAINTE-CROIX. Bonjour Sébastien.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Bonjour.
    Jean De CHAMBURE : Sébastien, vous êtes donc chef monteur, c’est comme ça que l’on dit. C’est un métier évidemment clé dans le film parce que quelles que soient les idées géniales du scénario, quelle que soit la manière dont on puisse filmer après en tant que metteur en scène, à un moment donné, il y a cette étape fondamentale qui fait que le produit devient visible grâce au monteur.
    François SOREL : Ça ne serait peut-être pas mal justement que vous nous expliquiez un peu votre métier. C’est quoi monteur ?
    Jean De CHAMBURE : Oui. Comment ça fonctionne ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : C’est difficile en fait à définir. Nous, on arrive à peu près à la fin de la chaîne, là où il n’y a presque plus d’argent. On nous donne une matière qu’il faut mettre en forme en partant d’un scénario. Donc, on essaie de servir au maximum l’écrit, les comédiens qu’on essaie de mettre en valeur le plus possible. On tient compte aussi de la volonté bien évidemment du metteur en scène avec lequel on travaille quand il est là et aussi d’un producteur qui a passé un certain nombre d’années de sa vie à essayer de faire un montage financier pour faire aboutir un film. Souvent, on dit que le film est le produit d’un couple : d’un producteur et d’un metteur en scène. Et puis après, il y a le montage de l’image. Il y a un certain nombre de postes techniques. Mais c’est vrai que nous, on arrive... on est assez proche finalement de l’écriture parce qu’on se retrouve souvent avec des problèmes à gérer, des informations qui ne passent pas, qu’il faut faire passer autrement. Parfois, on enregistre des voix, on change un peu le montage. On va mettre la fin au milieu, au début ou à la fin comme elle est censée être, mais on est amené à faire un certain nombre de choses.
    François SOREL : Un montage raté d’un film, c’est la catastrophe en fait.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Un montage raté, c’est difficile de dissocier le montage du film.
    François SOREL : Voilà, c’est ça.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : C’est un peu comme un jeu de cartes. Si vous avez une bonne... si vous jouez aux cartes, qu’on vous donne une bonne...
    François SOREL : Une bonne main.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Si vous êtes bien servi, après vous ne faites qu’optimiser le jeu avec lequel vous partez. Si vous avez dès le départ des cartes absolument dégueulasses...
    Jean De CHAMBURE : Ça va être compliqué.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Il est difficile de bluffer. Mais là, on fait beaucoup de bluffs. Le monteur, ce n’est pas le monteur ou...
    Jean De CHAMBURE : Qu’est-ce que ça change du coup, Sébastien, le numérique ? Est-ce que ça donne plus de pouvoir au monteur quelque part parce qu’on peut aller encore un peu plus vite ? Ou au contraire, est-ce que c’est moins de pouvoir parce qu’il y a plein de choses qui sont demandées en même temps ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Paradoxalement, il y a au moins... en fait, le montage numérique, ça avait beaucoup de... ça a un aspect très positif pour le son parce qu’on a pu passer les heures à essayer de coller, comme vous l’avez dit, des petites bandes sonores pour essayer d’enlever des plops, des scratchs, pour essayer de récupérer des respirations. L’image malgré tout maintenant est du numérique. Avant, on prenait du temps pour réfléchir à ce qu’on faisait parce que couper dans la pellicule, ça voulait dire la recoller, ne pas perdre les bouts épars qui étaient à gauche et à droite. Il y avait des kilomètres de pellicules qui étaient accrochés aux murs, qui étaient piétés (03:28), c’est-à-dire qu’on mettait un numéro à l’encre tous les 10 images pour pouvoir s’y retrouver. Là, le numérique, vous faites copier-coller, ça apparaît et ça disparaît.
    François SOREL : Après, vous faites des dossiers et vous y mettez tout.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : On fait des dossiers, des sous-dossiers, des sous-sous-dossiers et on finit par faire des milliers de versions d’une même séquence sans trop savoir au préalable pourquoi on a voulu le monter de telle ou telle manière.
    Jean De CHAMBURE : Le secret, c’est peut-être de monter vraiment, d’être sûr de son montage et de le montrer un peu au dernier moment au réalisateur.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Voilà, il faut...
    Jean De CHAMBURE : Il ne faut pas lui donner trop de possibilité de (03:54).
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Moi, j’ai tendance à travailler un petit peu entre guillemets à l’ancienne, c’est-à-dire que je ne mets pas 1 000 choix sur ce qu’on appelle une timeline, c’est-à-dire une ligne de montage. J’essaie de ne conserver qu’un choix et le choix moi qui me semble être le plus juste.
    François SOREL : Est-ce que le numérique a accéléré votre travail ? Vous travaillez plus vite qu’avant ? On voit que le numérique a accéléré plein de boulots.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Ça accélère le travail pour les producteurs qui pensent qu’on peut monter le film plus vite parce qu’on manipule plus vite. L’inconvénient, c’est que le temps de...
    François SOREL : Donc en théorie, vous devriez coûter moins cher, mais ce n’est pas tout à fait le cas.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : On devrait... on a le même salaire, mais il est divisé de moitié dans la mesure où on a moitié moins de temps pour faire le même travail. L’inconvénient dans le temps, c’est la réflexion. C’est qu’il y a un temps de réflexion qui est incompressible. Ce temps-là, on l’a de moins en moins c’est-à-dire qu’avant, les... on part du principe que le temps de montage est le double du temps de tournage. Donc si un film met 12 semaines à être tourné, il faut compter 24 semaines de montage.
    Jean De CHAMBURE : Alors, ça peut aider dans certains scénarios de film comme ce film puisque c’est l’actualité – c’est aussi pour ça que vous êtes dans l’Atelier Numérique –, ce film assez étonnant qui s’appelle La Vierge, les Coptes et Moi, vous avez monté ce film. Dans ce film, il y a des images de YouTube. On essaie de voir s’il y a une apparition ou pas de la Vierge. Après, chacun regardera et verra s’il y a ou pas Vierge dans l’apparition. C’est un film en tout cas très original qui commence comme un documentaire et qui devient une fiction. Je ne vous en dis pas plus, il faut aller le voir. Franchement, c’est étonnant.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : C’est un film très libre et justement qui, sans le numérique, à mon avis... Le film a été tourné en 16 mm en partie. Ensuite, les fonds sont venus à manquer. Donc, ils ont terminé avec des caméras numériques. En fait en revoyant le film la semaine dernière, je me suis rendu compte à quel point la technologie avait une importance dans le film parce que la plupart des gens communiquent par le biais de Skype, par le biais d’Internet, de téléphones portables chacun des images qui se transfèrent et qui véhiculent dans des endroits où il y a à peine l’eau courante, c’est-à-dire qu’il y a des bonds technologiques. Internet est là avant l’eau et avant, on va dire, ce qui est de première nécessité.
    Jean De CHAMBURE : On a une tolérance aussi apparemment dans ce que vous disiez tout à l’heure en préparant cet entretien, c’est qu’il y a un petit peu plus de tolérance. Un peu comme on écoute aujourd’hui du Mozart du mp3, on considère que si on met un CD et si on met du mp3, ce n’est pas tout à fait pareil. On a perdu peut-être un peu... l’œil a perdu un peu une qualité qu’il avait auparavant concernant l’image ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Mais je pense que l’œil s’habitue à ce qu’on lui montre régulièrement. En fait, la plupart des gens ont des... je vois ça dans ma famille et je pense que vous pouvez voir ça dans vos propres familles, les postes 16/9 qu’on vous vend, les écrans plats, la plupart des gens ne savent pas les régler. Donc quand on est arrivé chez quelqu’un, il y a des bandes noires, les gens ont la tête déformée parce que personne ne sait... n’est en mesure de régler ces postes correctement.
    Jean De CHAMBURE : Moi, je ne sais pas l’allumer déjà, ça m’a pris à peu près un an.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Voilà, l’allumer, c’est une chose. Après, il faut le régler pour arriver à optimiser ce que l’appareil est censé vous... la reproduction d’image que l’appareil vous promet.
    François SOREL : Cela dit, avec la HD, etc., on a une image... on parlait de la télé il y a un instant qui est censée être plus belle aujourd’hui qu’à l’époque du cathodique, non ? Là, on rentre dans un détail... dans des détails peut-être un peu techniques, mais...
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Oui,  mais après c’est une affaire de goût et d’œil. Moi, j’ai toujours une certaine nostalgie pour les vieux tubes cathodiques parce qu’il y avait quand même un piqué d’image qui était... c’était aussi le noir des tubes qui était beaucoup plus profond. Il y avait une image qui était...
    François SOREL : Ça fait penser à la nostalgie du vinyle par rapport au CD. C’est vrai qu’il y a tous ceux qui...
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Oui, mais il y a un retour du vinyle maintenant, mais le vinyle a un certain coût.
    François SOREL : Oui. Peut-être qu’on aura le retour du cathodique dans quelques années.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Voilà, peut-être que le cathodique reviendra avec les inconvénients qu’il y avait : le poids et la durée de vie limitée.
    François SOREL : Et la prise péritel.
    Jean De CHAMBURE : Et la 3D, ça change quelque chose ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : La 3D, je pense que c’est du bluff pour moi vraiment parce que ça a l’air de ne pas... ça fonctionne de moins en moins. Il faut dire que les gens en ont marre de payer plus pour avoir les yeux ensanglantés à la fin de la séance et que certains films ont pu s’y prêter, notamment Avatar et le film de (07:21) sur la danse...
    Mathilde CRISTIANI : Il est fantastique.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Qui était un très beau film et qui utilisait extrêmement bien ce que la troisième dimension au cinéma pouvait apporter dans la profondeur de champ. Après, le reste, c’est du business. Moi, je vois ça comme ça, j’aimerais que ça s’arrête.
    François SOREL : D’ailleurs, on a l’impression qu’il y a vraiment un recul de la part des studios américains concernant la 3D, non ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Il y a un ralentissement parce que les gens, je pense, n’y vont plus parce qu’ils en ont assez qu’on les fasse payer un surcoût.
    Mathilde CRISTIANI : Mais en fait, le problème, c’est que maintenant, on nous l’impose. Il y a beaucoup de séances et il n’y a même pas le choix.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : On n’a malheureusement effectivement pas vraiment le choix, oui, pour des films qui à la base ont été tournés en 2D et ont été convertis en 3D parce qu’il y avait une optimisation...
    Mathilde CRISTIANI : Et qui n’ont aucun intérêt.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Parce qu’il faut dire que le film n’a pas été pensé pour.
    Mathilde CRISTIANI : Juste, je me posais une question, est-ce qu’il y a encore des réalisateurs qui refusent catégoriquement de tourner en numérique et des monteurs qui refusent catégoriquement de monter aussi ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Il y a des monteurs de la vieille école qui, eux, ont travaillé toute leur vie en ce qu’on appelait le traditionnel et qui ont eu parfois du mal à passer le cap du numérique. Mais après, il y a des metteurs en scène – fort heureusement, il en reste quelques-uns – qui vont demander à tourner en 35 mm. Après, la chaîne de postproduction – ce qu’on appelle la postproduction, c’est tout ce qui va de la fin du tournage à la sortie du film –, toute cette chaîne est maintenant numérique. Mais il y a des transferts qui se font et on revient au final sur le négatif quand le film a été tourné en 35 mm. Mais on peut dire que maintenant, c’est devenu quasiment une coquetterie parce que ça devient quasiment plus cher de travailler en argentique aujourd’hui qu’en numérique.
    François SOREL : Antoine.
    Antoine SIRE : Mais en fait, la révolution du montage numérique, elle a quand même pas mal d’années.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Ça a 15 ans.
    Antoine SIRE : Elle a 15 ans, voilà.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Une quinzaine d’années ou un peu plus.
    Antoine SIRE : Sur les 15 ans qui nous séparent de l’arrivée du montage numérique, est-ce qu’il y a eu d’autres grandes étapes ? Autrement dit ce qu’on appelle l'Avid, le montage numérique qui est maintenant vraiment rentré dans les mœurs, depuis que ce montage numérique existe, c’est-à-dire depuis une quinzaine d’années, est-ce qu’il y a eu d’autres progrès qui sont apparus et qui l’ont transformé ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Non. La 3D, ça a été le seul, on va dire, événement technologique qui aurait pu bouleverser un tout petit peu la manière dont on fait les films. En même temps, un film en 3D, vous le montez en 2D. Ensuite, vous allez en projection et on vous rajoute la troisième dimension juste pour avoir une impression de ce que ça pourra donner et corriger...
    François SOREL : Sauf s’il est tourné en 3D, c’est différent.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : S’il est tourné en 3D, on ne peut pas monter en 3D. Il n’y a pas de système...
    François SOREL : Ah bon ? D’accord.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : C’est trop compliqué, c’est trop lourd à gérer, c’est des fichiers qui sont beaucoup trop lourds. Donc, on travaille avec des réductions de fichier. Ensuite, on projette ou on mixe en 3D pour avoir une idée de la perspective qu’il faut donner et de la profondeur à rendre. Mais des révolutions technologiques, non, il n’y en a pas eu. Le son, ça a été énorme. Ce que le numérique a apporté au son, ça a été phénoménal.
    Jean De CHAMBURE : Il y a le montage, mais il y a quand même la diffusion aussi parce qu’une vie de monteur, ça peut d’être dans une ville à une autre, d’enchaîner une commande avec une autre, bref. Donc, vous pouvez terminer un film ou est-ce que parfois vous êtes un petit peu à cheval entre deux films ? Auquel cas, est-ce qu’évidemment l’Internet, les e-mails, etc., les serveurs, vous permettent de retravailler sur certaines commandes (10:16) c'est comme ça ?
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Il y a beaucoup de films où on travaille à distance parce que les tournages se font parfois en province ou à l’étranger. Nous, on récupère des disques durs qui passent par des coursiers. Ou le plus souvent, on envoie des éléments par Internet au metteur en scène qui peut être loin, qui peut regarder. Vous donnez un compte-rendu de ce qu’il a vu. Donc, il y a une interaction de plus en plus...
    Antoine SIRE : Mais ce n’est pas le monteur qui bouge, c’est le film. Le monteur, lui il est sur son banc de montage.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Le monteur, on peut lui demander de suivre aussi parce que souvent, les metteurs en scène ont besoin d’avoir le monteur à proximité juste pour se conforter. Maintenant pour gagner du temps parce que les films se font sur des budgets conséquents, il y a les emprunts qui courent, on commence le montage le deux ou troisième jour du tournage, c’est-à-dire qu’on monte en parallèle du tournage et on monte de manière totalement fragmentée. On vous demande régulièrement tous les soirs : est-ce que tu as ce que tu veux ? Est-ce qu’il faut retourner des choses ? Parce que demain, le décor, on ne l’aura plus, c’est maintenant qu’il faut réagir. Ce qui nous donne une responsabilité supplémentaire, c’est-à-dire qu’on doit donner notre avis sur une matière qui est brute.
    Jean De CHAMBURE : Ça va très vite d’une certaine manière.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Ça accélère les temps. Ça tend à réduire ce que j’appelais le temps de la réflexion qui pour moi était avant incompressible. Maintenant, on est obligé d’aller plus vite. Malheureusement, les films se font très vite, parfois trop vite. Parfois, le film qui sort, c’est le cinquième ou sixième montage du film que vous avez fait, alors qu’il aurait fallu peut-être quelques semaines de plus ou s’arrêter justement pour pouvoir se vider les yeux, se vider la tête et revenir une dernière fois dessus.
    Jean De CHAMBURE : En tout cas, ça vaut la peine de voir ce film. Je vous le redis parce que je l’ai beaucoup aimé. Ça s’appelle La Vierge, les Coptes et Moi et c’est Sébastien DE SAINTE-CROIX qui a fait le montage. Et puis, le réalisateur, je vais vous dire le nom, je me suis préparé, il s’appelle Namir Abdel MESSEH.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Voilà. Il a aussi travaillé au montage...
    François SOREL : Bravo, parfait, très bien.
    Jean De CHAMBURE : Eh bien voilà, le choc.
    Sébastien DE SAINTE-CROIX : Comme un bon réalisateur qui est collé au monteur et qui ne le laisse jamais dormir jusqu’à ce que mort s’ensuive.
    François SOREL : Merci Sébastien.
    Jean De CHAMBURE : Ça va, vous êtes encore en vie, tout va bien.
    François SOREL : On revient dans un instant pour la suite de cet Atelier sur BFM Business avec notre Start-up de la Semaine et notre Webstratégie. A tout de suite.

  7. 7 - Les invités de L'Atelier

    Startup de la semaine, par Frenchweb: Multeegaming

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Dans un instant, ce sera notre Webstratégie avec Renaud EDOUARD-BARAUD. Mais pour l’heure et comme chaque semaine dans cet Atelier sur BFM Business, notre Start-up de la Semaine en collaboration avec le site frenchweb.fr. C’est avec Lila MEGHRAOUA et Bertrand LENOTRE.
    Bertrand LENOTRE : Bonjour Lila, bonjour François. Si je vous dis MulteeGaming, ça vous fait penser à quoi ?
    Lila MEGHRAOUA : Moi, ça va me faire penser à Warcraft, les jeux... tout ce qui est multi-joueurs, ce genre de chose.
    Bertrand LENOTRE : Oui, les jeux massivement multi-joueurs, les jeux de console par exemple, c’est un petit peu ça. MulteeGaming en un seul mot avec deux « E », au plat ou pas d’ailleurs, on choisit. En fait, c’est une histoire assez intéressante. Ça démarre déjà avec cinq étudiants qui étaient étudiants à Télécom SudParis et Télécom École de Management et qui se retrouvent sur un concours en 2009 de Télécom SudParis sur ce projet-là de multigaming. Ils gagnent le concours et ils gagnent 18 mois d’incubation à Télécom SudParis. Ils créent l’entreprise dans la foulée en mars 2010 et lancent vraiment MulteeGaming en mars 2011, un an plus tard à peu près. Qu’est-ce que c’est exactement ? Ça permet tout simplement à des joueurs de jeux vidéo, c’est-à-dire quelques millions de personnes uniquement en France qui sont accros aux jeux vidéo, de se défier en misant de l’argent sur leur victoire, sur les jeux vidéo et sur les consoles. Comment ça se passe ? C’est assez malin en fait. Tout simplement, il y a une partie Web. C’est la partie multigaming où on va aller défier quelqu’un, faire une mise sur un jeu. Et il y a la partie console où on va réaliser ce jeu. Comment tout ça va correspondre ? C’est ça la petite touche de génie de MulteeGaming. En fait aujourd’hui, ils sont capables de dire à toutes personnes qui s’inscrivent sur MulteeGaming quel est le jeu sur lequel tu veux intervenir. Alors, chacun va choisir. La liste n’est pas longue, ça va assez vite. Il y a FIFA 12, il y a PES 12 qui sont des jeux de foot. Il y a Starcraft 2, le jeu de stratégie. Il y a Halo: Reach qui est le jeu de tir subjectif. Pour l’instant, il y en a quatre. Il suffit de dire : « J’ai envie de jouer à ça, voilà mon pseudo sur tel jeu et sur telle console et je vais défier telles personnes ». Évidemment, MulteeGaming sait très bien quelles sont les associations des gens qui sont chez eux avec leurs pseudos sur les consoles. Chacun donc va miser, va mettre de l’argent, va créditer son compte et va dire : « Je peux miser tant sur telle partie ». On peut aller jusqu’à 100 € maximum. On va les envoyer directement sur la console en leur disant : « Vous avez rendez-vous là-bas dans tel salon, de tel jeu, avec tels pseudos qui vous attendent ». La partie se déroule. Là où c’est assez génial, c’est qu’en fait, on peut récupérer les informations des parties qui se passent sur les consoles. C’est ce que fait MulteeGaming, qui récupère tout ça et qui donc n’a pas besoin de demander à chacun s’il a gagné ou perdu ; ce sera un peu complexe. Ils vont récupérer les données de la partie, ils vont savoir exactement qui a gagné cette partie et ils vont envoyer des petits mails en disant : « Untel a gagné 10 €, untel a perdu 10 € ». C’est limité à 100 assez volontairement, mais c’est vrai que ça met une espèce de couche comme ça d’argent sur une addiction du jeu, c’est-à-dire que ça crée quand même quelque chose d’un petit peu différent. A la fin du match, on a ce mail qui arrive. On joue sur console PlayStation ou sur console Xbox. Là où c’est assez malin en fait, c’est qu’on pourrait se dire qu’il y a un problème juridique là-dessus. On se dit qu’il y a de l’argent, il y a des jeux. Qu’est-ce que dit la Française des Jeux de cette affaire-là ? Mais la Française des Jeux ne dit rien du tout pour une simple et bonne raison, c’est que ces jeux-là en fait, ce ne sont pas des jeux de hasard. Sont considérés comme des jeux de hasard les paris sportifs, les courses hippiques, voire même le poker, pourquoi pas, même s’il n’y a pas tant de hasard que ça. Là, on est dans des jeux de compétence. On va défier quelqu’un sur un terrain donné, c’est un jeu de compétence. Donc, ce n’est pas du hasard. Donc, ça ne rentre pas dans le cadre de la législation sur l’argent et les jeux, ce qui leur permet tout simplement de monétiser finalement l’addiction aux jeux de pas mal de monde. Ils sont 10 dans cette start-up, ils ont fait déjà 400 000 € de mises remportées par les membres. A chaque fois, ils prennent entre 9 et 14 %, c’est confortable. En fait, ils ont levé plein d’argent, 150 000 en 2011, 300 000 il n’y a pas très longtemps, c’était en juillet, et même 80 000 cette semaine auprès de WiSeed qui est un spécialiste du crowdfunding pour les start-ups innovantes. Cette équipe qui est aujourd’hui composée de 10 personnes est en train de créer un nouveau modèle. Ce n’est pas un modèle freemium, c’est autre chose. Peut-être que pour les éditeurs de jeux demain, vous êtes entièrement gratuit. Vous allez vous rémunérer en marque blanche avec cette solution-là sur des pourcentages et des commissions sur l’argent que les gens vont miser sur vos jeux. Ça ouvre un champ intéressant.
    Lila MEGHRAOUA : A savoir si c’est bien moral. Merci.
    François SOREL : Place maintenant à notre Webstratégie réalisée cette semaine par Renaud EDOUARD-BARAUD.

  8. 8 - Webstratégie

    Avec Johann Suchon d’Edenred.

    Renaud EDOUARD-BARAUD : Dans des tours qui donnent sur (00:06), je suis avec Johann SUCHON, directeur général adjoint d’Edenred en Chine. Bonjour.
    Johann SUCHON : Bonjour.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Johann, est-ce que vous pourriez nous expliquer déjà ce que fait Edenred en Chine ?
    Johann SUCHON : Nous sommes arrivés en 2000 pour baliser en fait l’activité de Ticket Restaurant qui est l’activité principale d’Edenred et que nous continuons.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Il y a quand même une différence entre l’Europe ou la France où on connaît bien le ticket restaurant, qui est un bout de papier sur lequel il y a marqué une valeur numéraire qu’on peut dépenser dans des restaurants, et la Chine. Qu’est-ce qui se passe en Chine ?
    Johann SUCHON : D’abord en Chine, nous n’avons pas de papier. Quand nous sommes arrivés en 2000, nous avons directement déployé des cartes qui ont la même forme qu’une carte de crédit, sur laquelle en fait les crédits sont déposés. Imaginez que vous remplacez le chéquier des tickets restaurant par une carte de crédit et vous avez à peu près l’image du produit en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Une chose aussi, c’est que finalement vous faites moins de tickets restaurant que de cartes cadeaux. Vous pouvez nous expliquer un petit peu quelle est cette activité ?
    Johann SUCHON : A la différence des pays européens comme la France, les cartes type ticket restaurant en fait sont utilisées principalement comme des cartes de cadeau pour les employés ou pour différents partenaires et un peu moins comme des cartes de bénéfice telles qu’on l’a en Europe. En fait quand nous sommes arrivés en Chine en 2000, le marché était vraiment complètement neuf pour ce type de produit. Nous avons développé de façon plus régulière la partie cadeaux de l’activité dématérialisée ou non justement parce qu’on s’adaptait également au marché local en créant des cadeaux complètement non dématérialisés, donc avec du vrai papier et du vrai carton pour s’ajuster en fait par rapport aux demandes de marché cadeaux principalement dans les villes de deuxième tiers ou troisième tiers loin de Shanghai, Pékin ou Canton.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On parlait de dématérialiser. Est-ce qu’on arrive aussi au mobile maintenant ?
    Johann SUCHON : C’est en cours. Nous avons déjà des produits qui sont directement liés au mobile, avec, notons, des produits à Hong Kong, que l’on va déployer sur la Chine au courant de l’année prochaine. Donc, la Chine a vraiment un panel de cadeaux très vaste puisqu’on va de produits qui parlent de mobile à mobile à aussi bien pour les restaurants qui liront par exemple les tickets via une application sur leur mobile, comme les bénéficiaires auront en fait un coupon sur leur mobile, à des produits qui sont vraiment papier pour un certain nombre de villes. Au-delà... on parlait du papier ou de produits sur le mobile, l’intérêt principal de ces produits, c’est lié aux données de comportement consommation que l’on ne peut acquérir qu’avec 2 types de produits.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : D’ailleurs, c’est la suite logique finalement de votre stratégie contrainte de dématérialisation, c’est-à-dire que tout d’un coup, vous vous trouvez à gérer énormément de données client qui a généré une activité très forte en Chine.
    Johann SUCHON : Oui, tout à fait. En fait quand on passe d’un produit papier à un produit dématérialisé, un des gros bénéfices de ces transformations est lié à la gestion des données de consommation, données en fait d’utilisation des produits, qui permettent de définir des offres ciblées par rapport aux différents types de consommateurs. En fait, ce savoir-faire lié à l’étude des consommations aux bases de données a été réutilisé en Chine pour générer une seconde activité sous la marque Accentiv, qui gère un certain nombre de programmes de fidélité (03:32) carte de fidélité pour un certain nombre de clients étrangers et chinois, qui aident en fait ces entreprises à comprendre mieux le marché chinois et les différences de consommation entre des villes de premier tiers comme Shanghai et Pékin, et les villes plus à l’Ouest comme (03:52), (03:53) et (03:54) par exemple.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Merci beaucoup, Johann SUCHON, directeur général adjoint d’Edenred en Chine.
    François SOREL : Renaud, merci. On revient dans un instant. Suite de l’Atelier encore avec vous, Renaud, depuis l’Asie pour notre rendez-vous les Envers du Milieu comme chaque semaine. A tout de suite.

  9. 9 - Les Envers du Milieu

    Le recrutement en Chine et les TI

    François SOREL : L’Atelier Numérique, vous le savez, c’est aussi une ouverture sur le monde dans le domaine des nouvelles technologies. D’ailleurs dans un petit quart d’heure, nous irons à San Francisco retrouver Alice GILLET pour son dossier. Mais pour l’heure, un point de vue high-tech du côté de l’Asie comme chaque semaine. C’est avec vous, Renaud EDOUARD-BARAUD.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Je suis dans la concession française avec Quentin DURIEZ qui est chargé du développement et des opérations chez NewBridge Partners. Bonjour.
    Quentin DURIEZ : Bonjour.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quentin déjà, vous allez nous expliquer ce que fait NewBridge Partners. Moi, je dirais comme ça que vous êtes un peu spécialistes de l’intérim pour des cadres supérieurs. Vous en dites quoi ?
    Quentin DURIEZ : C’est un peu plus compliqué que ça et un peu différent dans le sens où on est effectivement une société de management de transition. Notre périmètre englobe effectivement la partie intérimaire dans le sens remplacement au pied levé de managers clés dans les sociétés typiquement sur des fonctions de management général dans des structures étrangères basées en Chine. Mais ça va un peu au-delà de ça d’une part parce qu’on n’est pas simplement dans l’intermédiation, on fournit tout au long du projet un support à nos clients, mais on fournit également une obligation de résultat en fait sur ce à quoi on va s’engager en début de mission. On a un deuxième périmètre en fait sur nos activités en Chine, qui est simplement l’assistance aux projets de nos clients en Chine, de développement. Typiquement, mise en place de nouveaux systèmes sur la Chine, problématiques d’intégration de structure locale dans une organisation plus internationale, etc. Donc, ça peut aller loin. C’est souvent du sur-mesure. Donc, c’est un peu difficile de cadrer la discussion dès le début, mais c’est vrai qu’on est aujourd’hui dans l’assistance opérationnelle à nos clients en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quels types de profils vous allez placer ? Est-ce que c’est uniquement des directeurs généraux ou est-ce que ça va parfois un peu plus loin ?
    Quentin DURIEZ : Ça va souvent un peu plus loin. Il y a effectivement une assez forte demande pour tout ce qui est direction générale de structure ici parce qu’il y a souvent une déconnexion parfois entre le siège qui peut être basé à l’étranger et puis ce qui se passe réellement sur les opérations locales. On a remarqué une tendance de nos clients de vraiment nous demander des gens qui puissent faire le lien en fait entre ce qui se passe en Chine et puis ce qui peut se passer à l’étranger. Mais après, c’est vrai qu’on est aussi sur des fonctions assez différentes qui demandent de la direction qualité ou de la revue de procédure qualité en Chine. Cela peut aller sur de la direction financière, direction des achats, etc., l’essentiel étant à la fois de trouver les bonnes compétences pour répondre à la bonne problématique en fait. Ce n’est pas simplement un remplacement d’une personne à un poste, mais c’est parfois... ça peut aller un peu plus loin et c’est parfois lié au mode de fonctionnement de nos clients ici.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Est-ce que vous arrivez à placer de temps en temps des directeurs qui vont être chargés du numérique ou de l’informatique ?
    Quentin DURIEZ : On est très présent dans le domaine industriel pour deux raisons, d’une part parce que tout ce qui est numérique ici, c’est très local en fait. Malgré un développement qui pousse vers l’international, on a quand même remarqué qu’il y a des codes et des modes de fonctionnement qui sont réellement profondément chinois et sur lesquels on ne va pas forcément avoir tendance à solliciter des entreprises étrangères. En revanche, on a remarqué cette tendance de nos clients à s’orienter de plus en plus vers le high-tech ou bien vers des fonctions de recherche et développement sur la Chine, fonctions qui étaient auparavant localisées essentiellement en Europe et qui de plus en plus vont venir se localiser ici pour servir le marché local. Le problème, c’est qu’aujourd’hui, l’adéquation entre les demandes des clients et puis les solutions qui peuvent être proposées soit par la société locale, soit la qualification moyenne des ressources ne répond pas forcément à leurs besoins. Ils ont donc besoin d’un support extérieur pour les aider à sélectionner les bonnes personnes, à monter les bonnes structures et à définir les bons périmètres d’action pour se répartir le travail entre la structure locale et puis la structure qui peut être basée au siège ou ailleurs qu’en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quand on parle de R et D et d’high-tech, ça correspond à quels types d’acteurs finalement ? Est-ce que ça serait de la R et D type Yahoo-Microsoft ou c’est plutôt de la R et D de gens qui fabriquent des objets ?
    Quentin DURIEZ : Pour nous en tout cas essentiellement de la fabrication. Ça va être typiquement de l’adaptation de (03:55) européennes ou américaines au marché local. C’est vrai que les normes sont très différentes d’un continent et d’un pays à l’autre. Typiquement sur la Chine, il va falloir redéfinir un peu le produit en fonction des attentes des clients finaux, qui peuvent être soit des clients... des acteurs B2B, soit des acteurs B2C, donc le consommateur final ou bien d’autres clients sociétés qui vont ensuite intégrer ces produits dans un composant plus complexe. Mais on a remarqué vraiment cette volonté d’une part pour réagir plus vite et d’avoir des gens qui soient basés sur place pour bien comprendre ce que le client attend et puis d’autre part pour pouvoir répondre de manière très précise aux attentes locales.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quels types de profils vous allez envoyer ? Des gens qui sont présents en Chine ou des gens qui sont en France mais sont passés en Chine et que le chinois est obligatoire ? Ce sont des questions à tiroirs, donc répondez dans l’ordre que vous voulez.
    Quentin DURIEZ : Dans l’ordre que je veux. Ce sont des profils très différents en fait. Typiquement, on les classifie, nous, en trois grands types majeurs, le premier étant assez proche de ce qu’on peut trouver en Europe qui sont des, je dirais, préretraités ou jeunes retraités, qui sont des personnes qui ont 35-40 ans d’expérience dans un business donné et une très grande expertise industrielle, qui vont être plutôt des étrangers, je dirais, que des Chinois. La composante essentielle pour tous nos managers, c’est d’avoir cette expertise pays en fait. On ne va pas prendre le risque de placer quelqu’un qui ne connaît pas forcément le pays, à moins qu’il apporte une plus-value technique vraiment spécifique. Pour le deuxième type de managers, ça va être des gens qui sont un peu plus jeunes, entre 40 et 50 ans, on va dire, qui ont réalisé une première partie de leur carrière et qui se posent un peu la question de savoir ce qu’ils veulent faire derrière et qui vont se mettre en disponibilité pour des missions de transition ou bien pour se mettre à leur compte en tant que consultants extérieurs auxquels on peut faire appel parce que ce sont des gens qui ont une expérience opérationnelle très importante en fait même si aujourd’hui ils sont repositionnés sur un mode conseil. Et puis, le dernier type de profil, ce sont des gens un peu plus jeunes, qui vont là être pour l’essentiel des Chinois. Vous savez que le marché du travail en Chine est quand même très dynamique, on va dire. Ces gens-là n’hésitent pas pour des missions suffisamment intéressantes et des durées suffisamment longues à partir de six mois et puis jusqu’à un an, parfois jusqu’à deux ans, se mettre à la disposition d’une entreprise pour réaliser une mission particulière.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Est-ce que ce sont des gens qu’on peut trouver sur le Web ?
    Quentin DURIEZ : Peu. En fait, la Chine est un pays qui fonctionne – il y a un mot aussi Guanxi, qui est réseau – énormément aux réseaux, mais réseaux plutôt privés. Donc sur le Web, on peut trouver certaines compétences, typiquement sur des réseaux sociaux comme LinkedIn. Viadeo est encore peu présent sous ce nom-là en Chine, mais ils ont une filiale chinoise. Pour nous, ça s’adapte assez peu en fait à ce qu’on essaie de faire puisque ce sont des profils qui sont essentiellement juniors. Le Web en Chine, même si ça fait 10 ans qu’il a démarré, du coup les gens les plus âgés qui l’utilisent ont 35-40 ans, à quelques exceptions près bien sûr. Mais aujourd’hui, ce n’est pas le vecteur n° 1 pour qu’on trouve nos managers.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Est-ce que les Chinois sont sur LinkedIn ou est-ce que globalement les seuls qu’on a trouvés sur LinkedIn et l’équivalent Viadeo ou Viadeo Chine sont des gens qui sont finalement uniquement des Européens ou des Américains ?
    Quentin DURIEZ : Non, les Chinois se mettent sur LinkedIn de plus en plus. Ce n’est pas la majorité, je n’ai pas les statistiques en tête, mais je pense que ce n’est pas la majorité. On a un certain nombre de partenariats, nous, avec des chasses de tête et je sais qu’elles l’utilisent beaucoup pour trouver des managers étrangers. Nous un peu dans certains cas, c’est spécifique, mais encore assez peu aujourd’hui.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On parlait de gens qui par nécessité devaient maîtriser le chinois, c’est-à-dire que vous devez trouver des managers qui parlent chinois parce qu’ils y sont allés ou parce qu’ils l’ont appris. Mais c’est vrai qu’après, le top du top, c’est la diaspora chinoise qui s’est un peu dispersée aux quatre coins du monde, au Québec, aux États-Unis, en Europe et donc qui maîtrisent le chinois et qui maîtrisent la langue. Est-ce que ce sont des gens que tout le monde veut avoir ou est-ce que c’est uniquement les entreprises occidentales qui veulent s’arracher ces talents-là ?
    Quentin DURIEZ : Ce sont des profils qui sont très demandés par des entreprises occidentales, encore assez peu par des entreprises chinoises parce qu’il y a cette volonté de quand même rester en famille ou au moins avec un réseau proche de gens qu’on peut maîtriser sur des fonctions de direction. En revanche pour effectivement... pour en venir à votre point, les sociétés étrangères sont très demandeuses de cibles de profil d’une part parce que c’est pour elles un lien très bon entre les structures locales, les gens qui ne parlent pas forcément anglais ou en tout cas la langue de l’entreprise et puis leur propre langue. Donc, ils l’utilisent comme un vecteur, ils utilisent ces personnalités comme un vecteur, pour réellement agir comme un trait d’union entre le siège et puis les entités locales.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Vous me disiez justement qu’à part quelques exceptions, vous n’allez pas trouver vos profils sur les réseaux sociaux. Comment vous les trouvez ? Le Guanxi en action, ça donne quoi ? C’est du téléphone, c’est de la rencontre ? Ça se passe comment ?
    Quentin DURIEZ : On a la chance d’être en Chine depuis bientôt six ans en fait, ce qui d’une part nous assure une base assez solide d’intervenants pour répondre, disons, à 80 % de nos demandes. Ensuite, on a réussi à monter un réseau assez efficace de partenaires qui peuvent nous apporter les profils qu’il faut au moment qu’il faut. Et puis, on a encore pas mal de gens qui viennent nous voir pour nous dire qu’ils se mettent en disponibilité pendant quelques années ou qu’ils viennent de terminer une mission et que du coup ils sont intéressés à en faire une avec nous.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Eh bien écoutez, merci beaucoup, Quentin DURIEZ. Je rappelle que vous êtes responsable du développement et des opérations chez NewBridge Partners en Chine à Shanghai.

    --------------------

    L’Atelier Numérique sur BFM Business.

    --------------------

    Renaud EDOUARD-BARAUD : Du calme du bureau de Quentin DURIER, nous allons passer maintenant à l’agitation, comme vous pouvez l’entendre, de bistrot avec un w (09:23), qui est une chaîne de restauration à Shanghai. Nous sommes avec Angeline DOUANT, qui est directrice générale d’Astek Chine. Bonjour Angeline.
    Angeline DOUANT : Bonjour Renaud.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Astek, c’est une SSII. Est-ce que vous pouvez préciser ce que vous faites en Chine et en Asie puisque j’ai cru comprendre que vous aviez plusieurs implantations ?
    Angeline DOUANT : Astek China, c’est une société de service en informatique et ingénierie implantée à Paris en 1988. Je suis arrivée en Chine en 2007 pour l’implémentation de la filiale.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Qu’est-ce que vous faites réellement concrètement ?
    Angeline DOUANT : C’est vrai qu’en France, Astek, nous sommes positionnés dans l’ingénierie, dans le système embarqué et dans l’informatique pure. Astek China, c’est vrai que dans un premier temps, c’étaient beaucoup de projets de consulting dans le domaine automobile, transport, énergie et chimie. Mais c’est vrai que la tendance que nous avons suivie par rapport au groupe depuis 2010, nous avons développé d’autres secteurs d’activité en plus de ceux industriels. Nous avons suivi la tendance du marché qui était plutôt service, retail, commerce et également orientés recrutement.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Ce qui nous intéresse à l’Atelier Numérique, c’est forcément le numérique dans la partie recrutement. Le recrutement en Chine de Chinois ou de personnes qui sont biculturelles, comment vous faites pour les repérer ces perles rares ?
    Angeline DOUANT : C’est là où est notre métier. Ici particulièrement sur la Chine, nous recherchons plutôt des Chinois qui ont une culture européenne ou même américaine, qui ont étudié à l’étranger. Donc, c’est souvent beaucoup de réseaux, les conférences, tout ce qui est networking. Dès que vous en avez, on va dire, identifié un bon, celui-ci va forcément vous diriger vers d’autres de ses camarades. Donc, c’est beaucoup de relationnels et de références. C’est comme cela qu’on a les meilleurs profils.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Comme vous pouvez le remarquer, Angeline est une spécialiste du Guanxi, du réseau, puisque c’était même une thèse que vous aviez faite quand vous étiez étudiante en partie pour Taïwan. Globalement, ce Guanxi me paraît très physique et très peu numérique. Vous n’allez pas me dire que vous n’utilisez jamais LinkedIn ou l’équivalent chinois de Viadeo.
    Angeline DOUANT : Effectivement, la manière la plus efficace de l’approcher, c’est de manière physique puisque que vous connaissez leur personnalité. Maintenant pour les approcher d’une autre manière, nous pouvons utiliser d’autres outils, comme celui que vous venez de citer. Il y a également d’autres outils ici valables, mais on va dire que j’utilise plutôt ou les référencements ou par exemple LinkedIn our les profils spéciaux ou bien sur des bases de données type Monster ici en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : D’accord. Eh bien écoutez, merci beaucoup, Angeline DOUANT. Je rappelle que vous êtes directrice générale d’Astek Chine, qu’on peut retrouver sur astekchina.com. Merci beaucoup.
    François SOREL : Renaud, merci. On revient dans un instant, la suite de cet Atelier dans une minute. Après l’Asie, nous irons de l’autre côté puisque ce sera notre dossier de l’Atelier réalisé depuis San Francisco par Alice GILLET. A tout de suite.

  10. 10 - Le dossier de l'Atelier

    L'Agence de traduction préférée de la Silicon Valley. Avec Michel Lopez, Fondateur et CEO de e2f translations

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Dans un instant, nous serons connectés avec la rédaction du groupe 01net.com comme chaque semaine pour s’intéresser à l’actualité high-tech lue sur 01net, et puis le Crash Test d’Antoine et le Silicon Carnet. Mais pour l’heure, direction San Francisco pour notre Dossier de l’Atelier avec vous, Alice GILLET.
    Alice GILLET : Oui, François. Écoutez, aujourd’hui, on va parler d’un sujet dont on n’a encore jamais parlé, celui de la traduction. Je suis chez E2F Translations, une agence de traduction qui a été créée par le monsieur qui nous reçoit aujourd’hui et qui avec moi dans ce petit studio. Michel LOPEZ, bonjour.
    Michel LOPEZ : Bonjour.
    Alice GILLET : En fait, on est dans un petit studio parce que vous faites des traductions et vous faites aussi des voice-overs et vous avez votre propre petit studio d’enregistrement.
    Michel LOPEZ : Oui, tout à fait. Bienvenue d’abord à E2F Translations.
    Alice GILLET : Merci.
    Michel LOPEZ : La raison pour laquelle nous avons ce petit voice-over booth, c’est parce qu’il y a pas mal de traductions de matériel de e-learning en particulier qui est d’abord traduit et ensuite enregistré dans différentes voix pour le monde entier.
    Alice GILLET : Vous avez donc la gentillesse d’accueillir l’Atelier Numérique aujourd’hui dans ce studio. Si on commençait d’abord par est-ce que vous pouvez me raconter un petit peu d’où vous venez et comment vous êtes arrivé dans la Silicon Valley ?
    Michel LOPEZ : C’est une longueur histoire. J’ai d’abord fait un diplôme d’ingénieur en informatique à Toulouse il y a de nombreuses années, presque une trentaine d’années en fait. J’ai ensuite voyagé un petit peu dans le monde entier. J’ai travaillé en Arabie Saoudite, en Thaïlande, à Hong Kong. Et puis, je suis arrivé donc en Californie il y a une quinzaine d’années pour l’informatique où j’étais directeur technique d’une société de e-business. Et puis, j’ai fini par perdre mon boulot dans la...
    Alice GILLET : La bulle ?
    Michel LOPEZ : A la fin de la bulle en fin 99. J’en avais eu un petit peu assez de faire de l’informatique, je voulais faire autre chose. J’ai cherché des domaines et j’ai essayé plusieurs choses jusqu’au moment où je me suis découvert par hasard en Thaïlande traducteur.
    Alice GILLET : Vous avez une agence de traduction. Comment est-ce que vous vous êtes dit que vous alliez créer cette agence ? Est-ce qu’il y a une vision particulière derrière cette agence, à quels besoins est-ce que vous répondez, parce qu’il y a énormément d’agences de traduction ? Donc, pourquoi créer une nouvelle agence de traduction ?
    Michel LOPEZ : Tout à fait. Au début en fait, j’étais pratiquement obligé. Donc, c’est un petit peu par hasard. J’étais... j’avais trop de boulot pour moi tout seul en tant que traducteur. Donc, j’ai commencé à sous-traiter à d’autres traducteurs et à relire leurs traductions pour être capable d’assurer la quantité de boulot que me demandaient mes clients. Et puis, ça a fait un petit peu boule de neige. Au bout d’un an, je me suis rendu compte que je n’y arriverai pas tout seul. Donc, j’ai embauché Julien qui m’accompagne toujours, qui est un traducteur qui sortait d’un master à l’université de Rennes. Donc, je l’ai fait venir ici et on a commencé à prendre plus de travail. Et puis petit à petit, on s’est rendu compte qu’on n’y arrivera pas de nouveau tout seul. C’est à ce moment-là qu’on a commencé à monter des bureaux un petit peu de par le monde pour réussir à travailler à ce qui correspondait à notre vision à l’époque et d’être capable de travailler en 24/5.
    Alice GILLET : En fait en off quand on a préparé cette interview, vous m’avez justement raconté que vous avez été assez influencé par la culture de la Silicon Valley pour créer cette agence.
    Michel LOPEZ : Oui, tout à fait. C’est ce que je vous disais l’autre jour, c’est que je pense que si j’étais... si j’avais monté ma première agence de traduction en France, j’en serais sans doute resté là. Mais quand on est dans la Silicon Valley, quand on est confronté tous les jours à des visions mondialistes de petites comme de grandes sociétés, ça encourage au développement international. De plus, j’avais passé beaucoup de temps en Asie et dans différents pays. Donc, je n’avais, disons, pas peur d’aller ailleurs. Avec tout cela, je me suis rendu compte qu’au lieu de rester ici, il fallait vraiment... il serait vraiment bon d’obtenir une couverture mondiale en développant d’autres bureaux.
    Alice GILLET : Qui dans la Silicon Valley a besoin de traduction et pourquoi ? Quel genre de traduction dans le Web est-ce qu’on peut avoir ?
    Michel LOPEZ : Disons que tout le monde a besoin de traduction. A l’heure actuelle, on travaille aussi bien pour les grands de la Silicon Valley que...
    Alice GILLET : Même des géants. On ne dira pas leurs noms, mais...
    Michel LOPEZ : Même des géants, un certain géant faisant les téléphones en particulier. Tout le monde en a besoin, n’importe quelle société à l’heure actuelle a besoin de se développer de manière internationale. Je crois que les chiffres disent qu’à peu près 70 % des ventes des sociétés... des Fortune 500 sont réalisés à l’export. Ce qui fait que ça représente de l’ordre de 600 000 000 000 $ par an de commercialisation à l’étranger.
    Alice GILLET : Il y a ce côté business. Mais derrière, il y a aussi une vraie question d’image parce que quand on est dans le Web, si on fait une mauvaise traduction de son site Web ou de son application, ça peut avoir des conséquences énormes sur son image.
    Michel LOPEZ : Tout à fait. Je n’ai pas d’exemple sur le Web, mais il y a des exemples assez importants. Il y a par exemple l’exemple de cette société... de cette banque américaine qui a, en raison d’une mauvaise traduction au Japon où il était dit qu’il y avait des rumeurs d’achat, normalement en anglais qui a été traduit en japonais sans le mot « rumeur », ce qui s’est passé, c’est que les Japonais actionnaires de la banque ont commencé à vendre leurs actions. Ensuite, les Américains... cela a fait boule de neige et les Américains ont commencé à retirer leur argent. Finalement, au final, quelques mois après, la Federal Bank a été obligée de renflouer de 8 000 000 000 $ à cette banque, tout ça à cause d’une petite erreur de traduction au départ.
    Alice GILLET : C’est dingue.
    Michel LOPEZ : Donc que ce soit dans le Web ou dans la finance traditionnelle, dans tous les cas, il faut faire vraiment attention à ce qu’on fait.
    Alice GILLET : En quoi est-ce que vous vous démarquez des agences de traduction traditionnelles ? Vous avez une façon de fonctionner qui est assez originale.
    Michel LOPEZ : Oui. Comme je vous le disais tout à l’heure, on est en follow-the-sun, on est en 24/5, c’est-à-dire qu’on est ouvert 24h/24. Donc, tous nos clients dans le monde entier savent qu’ils peuvent nous envoyer à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit un projet de traduction de quelque taille que ce soit. Qu’il s’agisse de 10 mots pour un site Web ou 1 000 000 de mots pour un ensemble de manuels à traduire, ils savent qu’on est tout le temps capable d’accepter leur projet et de le réaliser dans les plus brefs délais, ce qui n’est normalement pas le modèle. Disons que nos concurrents qui sont établis en France uniquement, ils ne sont généralement ouverts que de 9h à 5h. C’est-à-dire qu’à partir du moment où ils ferment, disons qu’on est quasiment les seuls sur la place à être capable d’accepter des projets et à les réaliser avant même qu’eux-mêmes soient de nouveau au travail le lendemain matin.
    Alice GILLET : Ils sont très exigeants justement ces clients à la Silicon Valley au niveau timing ? Est-ce qu’il faut rendre des traductions très rapidement, être très réactif ?
    Michel LOPEZ : Oui, tout à fait. Et puis, ça ne fait que s’empirer, c’est-à-dire qu’il y a quelques années, on était capable... on recevait... le traducteur recevait son projet à traduire sous forme de disquette et il avait des jours, voire des semaines, pour traduire et renvoyer la disquette à son client. Et puis, les délais se sont raccourcis. En particulier avec Internet, on a commencé à se rendre compte qu’on pouvait arriver à des turn-arounds de deux ou trois jours. Ce qui se passe maintenant avec les délais de... par exemple si je prends le domaine du jeu, il y a quelques années, les jeux étaient... on avait des releases une fois tous les deux ans et puis une fois tous les ans et puis une fois tous les six mois. Maintenant quand on regarde quelqu’un comme Zynga par exemple sur FarmVille ou autre, ils font des... ils ont une release par jour, voire une release toutes les quelques heures. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à chaque fois qu’ils font une release, ils la font simultanément dans toutes les langues, c’est-à-dire qu’il leur faut absolument... le cycle de traduction est devenu maintenant hyper court et la traduction est complètement intégrée dans le cycle de développement.
    Alice GILLET : Donc, il faut que vous puissiez être en mesure de fournir un service... d’être hyper agile.
    Michel LOPEZ : Voilà, il faut être hyper agile et être capable de réagir quelquefois dans l’heure sur certaines traductions qui sont généralement très courtes. Mais il faut être présent, être disponible et pouvoir répondre.
    Alice GILLET : Comment vous faites ? Il me semble que vous avez notamment quelqu’un qui bosse sur une plage, je ne sais où, sur une...
    Michel LOPEZ : Oui, nous avons des traducteurs un petit peu dans le monde entier. Mais au niveau de la coordination de projet, nous avons ce bureau ici à Santa Clara et puis un bureau à Port-Louis à Maurice. Dans chacun des bureaux, nous avons deux équipes. Les gens travaillent, mettons, de 8h à 2h de l’après-midi et de nouveau, le deuxième shift, de midi à 8h du soir. On a ça dans chacun des pays, ce qui fait qu’on peut assurer une couverture 24h/24.
    Alice GILLET : Ce qui arrive régulièrement.
    Michel LOPEZ : Tout le temps, oui. On a des clients dans le monde entier. La plupart des grosses multinationales ont aussi évidemment des bureaux dans le monde entier. Donc, ils sont susceptibles d’envoyer des projets de n’importe lequel de leurs bureaux sans regarder quelle heure il est chez nous.
    Alice GILLET : Est-ce qu’il y a aussi une exigence au niveau des formats ? Parce que c’est vrai que vous disiez... vous parliez de disquette. Avant, on faisait des traductions et on envoyait une disquette. Maintenant, j’imagine que les boîtes, notamment ici dans la Silicon Valley, ont des outils internes qui requièrent que vous vous adaptiez facilement à ça.
    Michel LOPEZ : Oui, il y a plusieurs cas. Il y a le cas effectivement du fichier Word classique qu’on peut traduire de la manière qu’on veut, mais il y a de nombreuses sociétés qui ont effectivement intégré dans leur cycle de développement et dans leurs propres outils des plates-formes de localisation et traduction. Nous en tant qu’agence travaillant avec un petit peu tout le monde, on est obligé effectivement de nous adapter au système du client.
    Alice GILLET : Vous pensez que dans le futur il y aura d’autres agences qui vont se développer pour répondre à ces besoins qui sont quand même grandissants effectivement avec la mondialisation et le développement du Web qui ne s’arrête plus ?
    Michel LOPEZ : Oui, tout à fait. Le monde de manière générale, le monde de la traduction, est encore un monde en expansion.
    Alice GILLET : Mais pour l’instant, c’est bien E2F Translations qui est l’agence de traduction préférée des grandes entreprises tech de la Silicon Valley. Il faut bien le dire quand même, ne soyez pas si modeste. Malheureusement, nos 12 min s’achèvent. Je rappelle qu’on était donc avec Michel LOPEZ, fondateur et CEO de E2F Translations. Merci encore d’avoir accueilli l’Atelier Numérique dans votre petit studio de Santa Clara et à bientôt sur BFM Business.
    François SOREL : Alice, merci. On revient dans une minute, Crash Test, Silicon Carnet. Et puis dans un instant, nous serons avec la rédaction de 01net.com comme chaque semaine. A tout de suite.

  11. 11 - News 01Net

    François SOREL : C’est l’Atelier Numérique sur BFM Business, et avant de retrouver le Silicon Carnet et le Crash Test d’Antoine, petit détour par la rédaction de 01net.com comme chaque semaine, et j’ai le plaisir encore une fois ce week-end d’accueillir Éric Le BOURLOUT. Bonjour Éric.
    Éric Le BOURLOUT : Bonjour.
    François SOREL : Alors Éric est journaliste évidemment sur 01net.com. L’actu qu’il fallait lire cette semaine sur ce site d’actualité high-tech, à commencer par le grand raout que Nokia et Microsoft ont fait cette semaine à New York pour présenter en fait deux nouveaux smartphones Nokia, les nouveaux Lumia sensés, on va dire, relancer un petit peu la machine smartphone de Microsoft et de Nokia qui, quand même, est un petit peu grippé.
    Éric Le BOURLOUT : Oui. Oui, qui a du mal à démarrer en fait. Et donc là oui, on arrive avec, donc Nokia et Microsoft, deux nouveaux smartphones avec surtout Windows phone 8 qui est la nouvelle version de Windows phone. Et ces smartphones sont très importants pour Nokia et pour Microsoft puisque c’est un petit peu, enfin on le dit assez souvent, c’est un peu ceux de la dernière chance.
    François SOREL : Voilà, c’est ça. Bon à chaque fois on dit ça, ça fait plusieurs mois qu’on dit ça, mais bon finalement ils reviennent.
    Éric Le BOURLOUT : Voilà. Ils reviennent.
    François SOREL : Il faut dire que c’est u marché qui est tellement stratégique aujourd’hui, Microsoft est prêt à mettre énormément d’argent avec Nokia sur le lancement de smartphone Windows phone parce que bien sûr c’est stratégique. Il faut absolument que Microsoft ait sa place sur les mobiles. Donc il va évidemment dépenser beaucoup d’argents.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement. Ils vont dépenser beaucoup d’argents, et donc ça passe ces deux modèles qui donc sortiraient à la fin de l’année.
    François SOREL : Oui, on n’a pas de date de sortie et pas de prix.
    Éric Le BOURLOUT : On n’a pas de date exacte, pas de prix, et donc ça c’est un petit peu bizarre déjà. C’est vrai qu’on est maintenant habitué à voir quand on a un nouveau produit, savoir quand ça sort, à quel prix, et là effectivement il n’y en a pas.
    François SOREL : Alors il y a le Nokia Lumia 820 et le 920 en fait qui sont les successeurs du 800 et du 900 sortis l’année dernière.
    Éric Le BOURLOUT : Oui. Exactement.
    François SOREL : Même le 900 plus récemment. Il est sorti au printemps dernier.
    Éric Le BOURLOUT : Et donc effectivement ce sont les modèles qui sur le papier ont l’air plutôt intéressants. Et Nokia effectivement joue la carte pour le 920 de la photo de la qualité photo, etc. Et c’est vrai que…
    François SOREL : C’est quand même assez bluffant parce que moi j’ai eu la chance de pouvoir les tester et les photos sont très très belles, les écrans sont très beaux. Et c’est vrai que Nokia mise sur la qualité de la photo. Par exemple il y a un test que moi j’ai pu faire avec l’appareil, c’est que vous bougez vraiment l’appareil dans tous les sens et vous appuyez sur le bouton pour prendre la photo, et la photo est clean.
    Éric Le BOURLOUT : Nette.
    François SOREL : Elle n’est pas toute floue. Essayez avec votre smartphone, vous allez voir.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, ce n’est pas pareil.
    François SOREL : Et puis il y a aussi une sensibilité à la basse luminosité qui est vraiment impressionnante. J’ai pu comparer avec mon smartphone et autant vous dire qu’il y a quand même une grosse différence. Malgré tout, tout n’est pas rose en ce lancement.
    Éric Le BOURLOUT : Et Voilà
    François SOREL : Ce lancement aurait pu être, on va dire sympathique, voilà intéressant, et là paf, un couac de communication énorme.
    Éric Le BOURLOUT : Énorme puisque effectivement vous parliez des fonctions uniques de cet appareil puisque effectivement il est très bon en photo. Et donc Nokia malheureusement a jugé bon de traficoter certaines vidéos qui présentaient ces fonctions uniques de photo, vidéo, et effectivement on a remarque que tout simplement elles avaient été trafiquées. Donc en fait, la vidéo en question n’a pas été prise, la vidéo de promotion du téléphone n’a pas été prise avec le téléphone.
    François SOREL : Cette vidéo de démonstration de promotion qui est sensée être prise avec l’appareil, et bien en fait il y a un petit malin sur Internet qui s’amusait à analyser la vidéo, et alors c’est vraiment, j’allais dire tout bête véritablement mais pour l’agence qui a fait cette pub, à un moment, on le voit dans un reflet d’une vitre d’une voiture qui est en face, un énorme van et à l’intérieur une caméra en fait.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement, une caméra.
    François SOREL : Ce qui fait que, voilà, ça n’a pas été filmé avec l’appareil photo, en tout cas le téléphone portable, ça a été filmé avec une vraie caméra pro. Et là c’est le drame.
    Éric Le BOURLOUT : Ça a été filmé avec une vraie caméra. Donc évidemment mauvais buz pour Nokia sur Internet qui, du coup, tous ses beaux appareils qui avaient été présentés finalement, on va en retenir sans doute aussi cette affaire, ce qui est très très dommage pour Nokia et Microsoft.
    François SOREL : Mais ce qui est d’autant plus dommage c’est que, pour vous dire pour avoir eu ces téléphones en main, l’appareil photo est excellent, c’est sans doute l’un des meilleurs du marché. Mais bon voilà. Alors pourquoi ont-ils fait ça ?
    Éric Le BOURLOUT : Je pense qu’ils voulaient une communication parfaite.
    François SOREL : Mais je pense que l’agence de communication qui a fait cette publicité à mon avis, elle a perdu un client.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, ça c’est sûr.
    François SOREL : Il y a eu un autre petit couac non je crois ?
    Éric Le BOURLOUT : Et bien, il y a eu quelques problèmes de démo aussi.
    François SOREL : Oui, voilà, c’est ça.
    Éric Le BOURLOUT : Mais bon, ça, ça arrive toujours. Nokia n’est pas le seul à mentir un petit peu on va dire sur ses publicités, on se rappelle qu’Apple avec Siri a aussi menti plusieurs fois en ventant des fonctions Siri qui n’existaient pas. Ce n’est pas les seuls.
    François SOREL : Voilà, c'est-à-dire qu’on va embellir un petit peu la réalité.
    Éric Le BOURLOUT : Voilà, exactement.
    François SOREL : Mais bon, là le problème c’est qu’il se sont fait prendre un petit peu la main dans le pot de confiture, c’est ça qui est un peu embêtant. Alors une semaine qui était très riche en lancement, c’est Amazon aussi qui, par l’intermédiaire de son boss, Jeff BEZOS ce fondateur d’Amazon, a annoncé deux nouvelles tablettes pour l’instant aux États-unis.
    Éric Le BOURLOUT : Alors oui, ils ont annoncé donc deux nouvelles tablettes. Ils ont annoncés aux États-unis des tablettes mais aussi en France, c’est ça qui est assez étonnant, c’est la première foi. Donc la tablette d’Amazon Kindle Fire va arriver en France, donc ça va arriver en octobre. Là ça y est, on peut la pré-commander déjà.
    François SOREL : Rappelons que c’est une tablette tactile traditionnelle, on va dire, de 7 pouces.
    Éric Le BOURLOUT : 7 pouces qui tournent sous androïde mais sous une version très particulièrement androïde qui a été largement modifiée par Amazon, et qui est on va dire plus fermée que l’androïde traditionnel. On a accès au store d’Amazon, ce qui est un store plus proche de celui d’Apple où les applications sont contrôlées, et avec une interface qui est très spécifique. C’est donc l’arrivée de la Kindle Fire en France qui donc arrive dans le marché qui va à Noël sans doute exploser avec cette tablette 7 pouces qui arrive.
    François SOREL : Les tablettes, ça, ça va être le cadeau à mettre sous le sapin.
    Éric Le BOURLOUT : Et donc en France on aura donc droit à la tablette Kindle Fire à 159€. Donc 159€ c’est ce qu’on fait de moins cher pour une tablette de cette qualité en tout cas.
    François SOREL : Moins chère que la Nexus qui est à 199.
    Éric Le BOURLOUT : Moins chère que la Nexus. Et à 199€, Amazon proposera une tablette 7 pouces aussi qu’ils appellent Kindle Fire HD, donc avec un meilleur écran, des performances supérieures et voilà. Et donc effectivement, ça c’est les deux produits qui arrivent en France. Malheureusement ils ont annoncé d’autres produits qui sont aussi intéressants, notamment une Kindle Fire HD mais là en 9 pouces qui ne sera dispo pour l’instant qu’aux États-unis, et ce modèle sera même 4G pour l’un des modèles. Et surtout c’est le prix encore une fois où c’est particulièrement intéressant puisque, si je ne m’abuse, le prix du modèle 4G est à 499$, soit le prix du moins cher des Ipads.
    François SOREL : Alors juste une petite précision, il semblerait qu’il y ait de la publicité qui va s’afficher sur les écrans en fait de ces tablettes quand vous allez les acheter. C'est-à-dire que l’écran de veille, il y aura de la publicité qui va s’afficher.
    Éric Le BOURLOUT : C’est la contrepartie d’un prix aussi bas selon Amazon.
    François SOREL : D’accord.
    Éric Le BOURLOUT : Effectivement, il y a des publicités qui vont s’afficher.
    François SOREL : C'est-à-dire que la publicité va financer un petit peu le prix de la tablette.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement, c’est comme ça qu’ils le présentent.
    François SOREL : Incroyable.
    Éric Le BOURLOUT : Ils l’ont déjà fait. Aux États-unis il y a déjà des modèles de Kindle, la liseuse qui abrite de la pub.
    François SOREL : Ça reste à savoir comment ça va être accepté en France.
    Éric Le BOURLOUT : C’est vrai que ça reste à savoir effectivement. En général ce n’est pas très dérangeant sur Kindle, c’est quand on l’éteint, à la place d’avoir une image on a une publicité. Donc on va voir comment ça va être…
    François SOREL : Surtout c’est que quand on est en train de lire un bouquin, on n’a pas une grosse pub qui arrive.
    Éric Le BOURLOUT : Exactement. Et juste pour préciser sur Amazon, Amazon donc poursuit aussi sur les livres électroniques, sur les liseuses, et là Amazon va lancer donc une liseuse, enfin ce n’est pas un lancement, c’est une évolution de son Kindle, en France toujours, qui va désormais coûter 79€. Donc 79€, là on arrive à des prix qui sont vraiment bas. La concurrence va devoir réagir, notamment la Fnac qui va d’aussi présenter son nouveau Fnac book.
    François SOREL : Microsoft qui aussi fait parler de son moteur de recherche Bing, et met en avant le fait qu’il est tout aussi bon, voire meilleur que son concurrent toujours, Google.
    Éric Le BOURLOUT : Oui. Alors oui, c’est assez amusant, c'est-à-dire que Microsoft, Bing on ne peut pas dire que ce soit un carton pour l’instant. Il a du mal à décoller malgré tous les efforts de Microsoft. Microsoft vient de lancer une énorme de campagne publicité aux États-Unis, donc en fait ça se base sur une étude indépendante mais c’est quand même financée par Microsoft, qui montre, avec des tests à l’aveugle effectués sur un bon millier de personnes, que finalement les gens préféraient les résultats de Bing. Alors ils ont fait un test, ils ont monté sur une recherche précise quelle page préférez-vous ? Et effectivement la plupart des gens, selon Microsoft c’est quelque chose comme 54% préfèrent les résultats de Bing à ceux de Google. Voilà. Et effectivement, ils ont lancé une grande campagne aux États-Unis et ils appellent ça Bing it on, pour essayer de montrer que finalement on est très attaché à la marque Google, mais que finalement quand on oublie la marque Bing est aussi efficace.
    François SOREL : Est-ce que ça va suffire ?
    Éric Le BOURLOUT : Reste à savoir est-ce que ça va suffire ? Je ne sais pas, surtout qu’à la base quand Microsoft a lancé Bing, ils ne disaient pas qu’ils étaient aussi bons que Google. Ils disaient qu’ils étaient surtout différents de Google. Et aujourd’hui ils ont changé de stratégie.
    François SOREL : Oui, parce qu’ils se sont rendus compte que finalement…
    Éric Le BOURLOUT : Mais c’est intéressant de voir. Alors vous pouvez d’ailleurs essayer tous, vous pouvez aller sur le site bingiton.com pour essayer de voir. Alors là, c’est Microsoft qui propose ce site, et qui sur une requête vous propose les deux pages, côte à côte des résultats. Donc là vous pouvez voir si vous préférez Bing ou Google.
    François SOREL : Très bien, on va parler aussi d’une autre actualité qui a été quand même assez fortement amplifiée cette semaine, c’est le piratage de 12 millions de comptes iTunes d’Apple. Vous savez, si vous avez un Iphone, un Ipod, un Ipad, Dieu sait quoi de chez Apple, il y a de fortes chances pour que vous ayez un compte iTunes sur lequel vous avez laissé votre numéro de carte bancaire. Et bien, 12 millions d’entre eux auraient été piratés. Cela dit, c’est une information un peu floue qu’on a sur ce sujet.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, alors en fait ce ne sont pas vraiment des comptes qui ont été piratés, ce sont ce qu’Apple appelle des UDID. En fait ce sont des identifiants Iphone. En fait chaque Iphone a un identifiant unique.
    François SOREL : Donc ce n’est pas ni l’adresse mail ni le mot de passe qu’on rentre dedans pour s’identifier.
    Éric Le BOURLOUT : Alors c’est ça qui est flou. C'est-à-dire que les pirates qui ont en fait sur le net livré un million pour l’instant, ils disent qu’ils en ont 12, mais ils en ont livré 1 millions, disent qu’ils ont d’autres infos.
    François SOREL : C’est une belle fournée déjà, quand même.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, ce n’est pas mal. Disent qu’effectivement ils ont des informations personnelles qu’ils n’ont pas livrées. Mais effectivement par contre, il faut se rassurer quand même, ce n’est pas parce qu’on a ce code, qu’on accède à ce UDID qu’on peut pirater votre compte iTunes. Donc ce n’est pas si grave que ça. Surtout ce qui est intéressant, c’est ce que les pirates ont…
    François SOREL : Ont revendiqué.
    Éric Le BOURLOUT : Oui, c’est ça. Ils disent qu’en fait ils ont récupéré ces comptes sur un ordinateur portable d’un agent du FBI. De ce fait, ils impliquent le FBI et Apple dans l’affaire puisque Apple aurait donc livré des millions d’identifiants d’Iphone au FBI.
    François SOREL : Oui, c’est un peu pour, comment dire, mettre un peu la pagaille dans tout ça.
    Éric Le BOURLOUT : Voilà, mettre la pagaille. Le FBI a démenti complètement avoir eu accès à ces informations, les hackers en question, c’est un groupe qui s’appelle AntiSec qui vient des anciens LulzSec qui avaient beaucoup fait parler d’eux l’année dernière. Le FBI a démenti, Apple a démenti, et par contre eux, continuent à revendiquer la véracité de ce leak (on appelle ça un leak), et donc estiment qu’ils vont publier le reste. Donc on va voir comment ça va se passer, on ne sait pas comment tout ça va finir.
    François SOREL : Oui. De toute façon même si c’est le FBI qui avait ces informations, on ne le saura jamais. Je pense que jamais ils ne reviendront sur cette décision.
    Éric Le BOURLOUT : Alors eux, ils démentent vraiment violemment sur Twitter.
    François SOREL : Merci beaucoup Éric Le BOURLOUT qui est journaliste à 01net.com pour quelques uns des titres d’actualités, actualités passionnantes cette semaine, beaucoup de choses. Alors attendez, la semaine prochaine ça sera encore plus fort puisque Apple annonce son Iphone, on ne sait pas 5 ou New Iphone, on verra bien.
    Éric Le BOURLOUT : Ça pourrait être 5 puisque sur l’invitation qu’on reçue les journalistes, on voit bien un 5.
    François SOREL : Oui, il y a un chiffre 5 effectivement. Ça y est, on commence à décrypter les messages de com d’Apple. En tout cas, on en reparlera bien sûr la semaine prochaine dans l’Atelier Numérique. Vous restez-là, on revient dans une minute, le Silicon Carnet et le Crash Test d’Antoine SIRE.

  12. 12 - Silicon Carnet

    Burning Man 2012

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business, le Crash Test dans un instant avec Antoine qui est en train de peaufiner ce rendez-vous que vous attendez. Mais auparavant le Silicon Carnet comme chaque semaine vous le savez, il est réalisé depuis San Francisco et c’est avec Alice GILLET. Alice.
    Alice GILLET : Oui François. Alors écoutez, je reviens tout juste de Burning Man. Alors comment ne pas vous en parler ? Burning Man, ça fait déjà quelques années que je vous en ai parlé, mais pour rappel c’est ce rassemblement qui a lieu chaque année dans le désert de Black Rock dans le Nevada. Et l’objectif c’est de construire tous ensemble une ville éphémère. Donc c’est une société idéale et utopique. Alors c’est un évènement Burning Man qui est né dans les années 80 à San Francisco en réaction, à l’époque, à une société de consommation de plus en plus lourde, de plus en plus individualiste et de plus en plus policée. Et donc depuis les années 80, des gens, alors au début c’était 300 personnes, maintenant c’est plutôt 60 000 personnes, ces gens se rassemblent dans le désert chaque été pour construire de toute pièce une ville éphémère dans laquelle il n'y a pas d’argent qui circule. C’est une société basée sur le don uniquement, et dans laquelle il n'y a pas non plus de règle. On fait ce qu’on veut et on est qui on veut à Burning Man, et surtout on peut se livrer à tout un tas d’expériences toutes plus farfelues les unes que les autres, mais on n’en dira pas plus sur ce sujet. Alors si au début ce rassemblement était notamment porté par des artistes, des hippies, des rêveurs, et bien ce sont évidemment les gens du web qui ont commencé à s’y rendre,. Alors d’abord parce que le désert est une cour de récréation collective, donc c’est une sorte de page blanche où les artistes digitaux peuvent, et bien, s’en donner à cœur joie. Donc ils créent des installations artistiques et interactives. Alors par exemple il y a chaque année, moi, une installation que j’adore qui est un peu ma préférée qui s’appelle le Cubatrone. Le Cubatrone c’est une structure, une très grande structure qui est composée uniquement de balles de ping-pong. Et ces balles de ping-pong s’illuminent dans la nuit du désert et créent des motifs absolument extraordinaires qui sont évidemment le fruit d’un algorithme assez complexe. Donc c’est un vrai artiste multimédia qui est derrière cet œuvre d’art. Et c’est évidemment assez théâtral, imaginez ces structures qui s’illuminent dans la nuit du désert. Et alors Burning Man c’est la Mecque du DIY, le Do It Yourself. Et il y a énormément de makers qui créent pendant toute l’année des robots absolument incroyables. Par exemple je pense notamment à une araignée géante de trois mètres de haut qui est un robot qui se balade comme ça dans le désert avec les montagnes derrière. Enfin bref, c’est fantastique, vous voyez un petit peu le tableau. Et puis il y a aussi des géants de la Silicon Valley qui sponsorisent des œuvres d’art. Alors comme à Burning Man, les marques sont interdites, ne doivent apparaître nulle part, pas de logo autorisé, et bien si une marque veut contribuer à Burning Man en sponsorisant par exemple une œuvre d’art, elle doit le faire incognito. Et donc par exemple en 2009, je me souviens j’étais là-bas en 2009 et il y avait un Rubik’s Cube géant pareil qui s’illuminait dans la nuit, et la rumeur courrait que Google était derrière cet œuvre d’art, Larry et Sergey apparemment était ceux qui étaient derrière ce Rubik’s Cube géant. Et d’ailleurs, ils ne sont pas les seuls à aller à Burning Man, Larry et Sergey. Un Burning Man c’est une sorte de colo pour les artistes, les hippies en tout genre, mais donc aussi les gens qui travaillent dans le web. Et pourquoi ? Et bien parce qu’à Burning Man, on laisse sa vie quotidienne au placard. On est, pendant une semaine, non pas Alice GILLET de l’Atelier Numérique, non pas François SOREL de BFM Business, mais on est un burner, un citoyen de Black Rock city. Et c’est presque tabou là-bas de parler boulot et les gens d’ailleurs ont des faux noms. Et puis tout le monde est costumé de sorte que Burning Man devient une espèce de bal masqué du désert où on croise non pas des comtes et des comtesses, mais des entrepreneurs, des artistes multimédia, des génies de la robotique. Et d’ailleurs dans la Silicon Valley, on aime bien dire que Burning Man c’est le seul endroit où vous pourrez croiser vos investisseurs tous nus quand vous êtes une start-up. Et donc moi ça fait plusieurs années que j’y vais et j’avoue que je me demande avec qui j’ai bien pu parler, peut-être le CEO de Zinga, peut-être Marc ZUCKERBERG déguisé, je n’en sais rien, j’aimerais bien le savoir.
    François SOREL : Alice GILLET, merci.

  13. 13 - Crash Test

    Palimpseste

    François SOREL : Et donc après ce Silicon Carnet, place maintenant au Crash Test d’Antoine. Antoine, un Crash Test qui est dédié au palimpseste. Pas facile déjà à prononcer le palimpseste.
    Antoine SIRE : Voilà, avec un micro allumé c’est mieux.
    François SOREL : C’est mieux. À la radio c’est toujours mieux.
    Antoine SIRE : Et oui palimpseste. Alors palimpseste déjà, ça vient d’un mot grec qui est le mot palin qui veut dire « de nouveau ». Donc méfiez-vous parce que quand un mot français commence par palin, ça veut dire de nouveau. Par exemple quand on vous menace d’un palin SOREL, c’est qu’il va y avoir de nouveau un SOREL.
    François SOREL : Un deuxième SOREL. Non, mais ça c’est plutôt de la chance.
    Antoine SIRE : Un palin CHAMBURE c’est de nouveau un CHAMBURE.
    François SOREL : Et un Sarah PALIN c’est aussi…
    Antoine SIRE : Voilà, oui, oui. Mais alors oui, oui, très fort. Très fort surtout en cette période électorale, mais je crois qu’elle n’est pas candidate cette fois-ci.
    François SOREL : Non, non, c’était il y a cinq ans en fait.
    Antoine SIRE : Je crois qu’on nous a évité ça cette fois-ci.
    François SOREL : Donc le palimpseste.
    Antoine SIRE : Le palimpseste, d’abord c’est un mot qui est connu parce qu’il y a un poète qui s’appelle Gérard GENETTE qui a écrit un texte qui s’appelle le palimpseste et qui est considéré comme une espèce de bible du lien hyper textuel par tous les gens qui aiment l’idée qu’un texte ouvre sur un autre texte qui cache un autre texte, voilà. Et si vous regardez bien, le texte qui ouvre sur un autre texte qui réouvre sur un autre texte, etc. qu’est-ce que c’est ? Et bien c’est le principe même de l’Internet. Alors comment on est-on arrivé là pour que le palimpseste devienne cette espèce de concept, de référence de l’hypertextualité et de l’Internet. Au départ, ça part d’un truc assez lointain. Donc par exemple si vous regardez la fiche Wikipédia du palimpseste, donc le palimpseste vient donc du grec palimpsestos qui veut dire gratter de nouveau, et qui est un manuscrit écrit sur un parchemin préalablement utilisé et dont on a fait disparaître les inscriptions pour y écrire de nouveau. Donc c’est une méthode qui fut utilisée au moyen âge surtout entre le 7ème siècle et le 12ème siècle.
    François SOREL : C’est du recyclage en fait.
    Antoine SIRE : Exactement par des copistes qui, le parchemin coûtant cher, réutilisaient d’anciens manuscrits pour y copier de nouveaux textes. Alors souvent les vieux manuscrits étaient désencrés ou effacés grâce à de la pierre ponce. Alors le problème simplement du palimpseste c’est du coup à cause de cette technique, il y a d’énormément d’écrits qui ont été irrémédiablement perdus, des textes parfois importants parce qu’ils ont été effacés.
    François SOREL : Ils ont été effacés en fait.
    Antoine SIRE : Et oui. Et donc il y a toute une industrie qui s’est développée malgré tout pour essayer de retrouver l’ancien texte dans certains palimpsestes grâce à des techniques modernes de document de restauration des techniques chimiques, des techniques d’imagerie au rayon ultraviolet. Et donc voilà, il y a toute une science de ça. Alors cela dit, j’ai trouvé donc une description du palimpseste, donc sur un site qui s’appelle Etude-litteraire.com et qui nous dit donc voilà « Le palimpseste est un parchemin manuscrit dont on a effacé la première écriture afin d’écrire un nouveau texte », et qui nous dit dans la critique littéraire moderne « (cf palimpseste de GENETTE), ce terme désigne la transtextualité, c'est-à-dire tout ce qui met un texte en relation avec d’autres textes. L’idée est que les couches inférieures du texte transparaissent en filigrane ». Donc on est en plein dans les concepts de l’Internet.
    François SOREL : Il faut faire attention quand on dit transtextualité.
    Antoine SIRE : Transtextualité mon cher.
    François SOREL : Voilà, si on change ou si on dérape, ça peut avoir une autre signification.
    Antoine SIRE : Absolument.
    François SOREL : Tout à fait.
    Antoine SIRE : Tout à fait.
    François SOREL : Parenthèses refermées bien sûr.
    Antoine SIRE : Moi, je vous parle de la transtextualité.
    François SOREL : Non, mais on l’a compris. Pourquoi vous remuez le couteau dans la plaie.
    Antoine SIRE : Parce qu’il faut que vous sachiez qu’il existe cinq sorte de transtextualité.
    François SOREL : De trans. Cinq sortes.
    Antoine SIRE : Et je vais vous les donner.
    François SOREL : Et bien alors allons-y.
    Antoine SIRE : Il y a d’abord l’intertextualité. L’intertextualité c’est la présence effective d’un texte dans un autre.
    François SOREL : C’est très clair. Faites attention parce que vous faites le malin, il vous reste encore quatre minutes de Crash Test, et je sens que vous gloussez pas mal.
    Antoine SIRE : Ensuite il y a la paratextualité.
    François SOREL : La para.
    Antoine SIRE : Voilà. C’est la relation d’un texte avec ce qu’il accompagne. Par exemple les préfaces, les préambules, les notes, etc.
    François SOREL : D’accord.
    Antoine SIRE : Il y a la métatextualité. C’est tout ce qui concerne le discours critique sur un texte, le commentaire, la glose, etc. Il y a l’architextualité, c’est l’ensemble des déterminations thématiques qui rattachent un texte à un genre particulier.
    François SOREL : Je n’ai pas pris note de tout mais je fais confiance.
    Antoine SIRE : Par exemple c’est l’étiquette générique qu’on donne à un texte, si on dit que c’est un roman et bien c’est une remarque architextuelle. Et puis il y a donc l’hypertextualité, c’est toute relation unissant un texte B, hypertexte, à un texte antérieur A, hypotexte, voilà. Donc la parodie, la traduction, le pastiche et évidemment le lien Internet sont des liens d’hypertexte à hypotexte, voilà. C’est quand même important de savoir tout ça.
    François SOREL : J’imagine tous ceux qui nous écoutent là sur la route peut-être, j’espère que vous avez pris des notes quand même. Non, surtout ne prenez pas de note surtout si vous roulez là, non.
    Antoine SIRE : Ne dérapez pas à cause de moi s’il vous plaît. Alors n’oublions pas quand même qu’il existe du coup une librairie qui s’est inscrite et qui est sur Internet sous l’adresse edition-palimpseste.com, n’est-ce pas. Et donc cette librairie fait de la réédition de livres épuisés et rares. Alors il y a des textes du 19ème siècle par exemple qui sont réédités. Si vous voulez retrouver certains romans d’Octave MIRBEAU introuvables comme Dingo qui est un roman consacré à son chien, si je me souviens bien.
    François SOREL : Ce n’est pas vrai.
    Antoine SIRE : Si, si.
    François SOREL : Dingo.
    Antoine SIRE : SI, c’est peut-être de là que vient…
    François SOREL : Ce n’est pas possible.
    Antoine SIRE : Oui, c’est de l’hypertexte ça mon vieux.
    François SOREL : Vous vous rendez compte.
    Antoine SIRE : Donc maintenant pour la semaine prochaine, vous vérifierez s’il y a un lien entre Dingo d’Octave MIRBEAU et Dingo de Disney.
    François SOREL : De Disney.
    Antoine SIRE : Voilà. Moi je pense que c’est simplement parce que Dingo est une race de chien un peu particulier et que les gars de Disney ont (06:54) Dingo.
    François SOREL : Le Dingo d’ailleurs, il s’appelle comme ça, le Dingo, peut-être.
    Antoine SIRE : Absolument.
    François SOREL : Peut-être parce que je ne suis pas sûr que notre ami Octave ait un rapport avec Disneyland.
    Antoine SIRE : Et surtout l’important c’est que vous ne preniez jamais un palin pour l’autre.
    François SOREL : C'est-à-dire.
    Antoine SIRE : Parce qu’il y a le palimpseste.
    Jean De CHAMBURE : C’est vrai qu’il y a les deux tomes de GENETTE.
    Antoine SIRE : Mais ce mot palin d’une part. Mais vous, vous êtes un grand expert en GENETTE mon cher Jean. Si, si.
    Jean De CHAMBURE : C’est un critique de la littérature moderne contemporaine très importante, et le palimpseste de Proust chez GENETTE est quelque chose d’hyper intéressant à comprendre.
    François SOREL : D’accord.
    Jean De CHAMBURE : Et donc il ne faut pas prendre un palin pour l’autre parce que le palimpseste, donc ça vient de palin le grec palin, palin prononcé à la française. Mais il y a aussi par exemple du grec palin, il y a aussi palinodie, ça vient aussi de nouveau. Et une palinodie c’est un texte dans lequel on contredit ce que l’on avait affirmé auparavant.
    François SOREL : Dans le même texte ?
    Antoine SIRE : Dans le même texte.
    François SOREL : Oui.
    Antoine SIRE : Ou avant, c’est une palinodie.
    François SOREL : Ou avant, d’accord, d’accord. Pas forcément dans le même texte d’ailleurs.
    Antoine SIRE : Sachez d’ailleurs que le yacht de Gaston DEFFERRE s’appelait Palinodie.
    François SOREL : Oui,
    Antoine SIRE : Oui, oui, tout à fait.
    François SOREL : Sacré Gaston.
    Antoine SIRE : Sacré Gaston, en tant que Marseillais, vous le connaissez bien.
    François SOREL : Mais bien sûr.
    Antoine SIRE : Et puis alors il y a aussi le palindrome. Alors le palindrome, lui, c’est le mot ou la phrase qui peut être lu de droite à gauche et de gauche à droite tout en conservant exactement le même sens.
    François SOREL : D’accord. Vous avez un exemple ou pas là, de palindrome.
    Antoine SIRE : Là tout de suite…
    François SOREL : Non, peut-être pas.
    Antoine SIRE : Non.
    François SOREL : Vous nous en donnerez la semaine prochaine.
    Antoine SIRE : Si, il y a une phrase en latin si vous voulez.
    François SOREL : Non. Pas la peine. Merci beaucoup. Ce Crash Test est terminé et cet atelier aussi, merci messieurs, merci à Jean De CHAMBURE, merci à Antoine SIRE bien sûr d’avoir été avec nous. On se retrouve la semaine prochaine pour un autre Atelier Numérique. D’ici-là, portez vous bien. Très bonne semaine, salut à tous.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas