L'atelier numérique

Deux heures d’émission entièrement dédiées à la transformation digitale des entreprises, et à l’impact du numérique sur nos façons de vivre et de travailler.

n°437 Emission du 15 Septembre 2012


Sommaire de l'émission

  1. 1- Présentation et sommaire de l'émission

    Point sur le TechCrunch Disrupt
    L’iPhone 5
    Le Maire de San Francisco met en place les Tech Tuesdays et une carte interactive de startups
    Le nouveau concept lancé par P. Rosedale, le fondateur de SecondLife : Coffee and power, un coworking space
    Le salon e-commerce ouvre ses portes du du 18 au 20 septembre, à Paris/Porte de Versailles

    François SOREL : Bonjour à tous et bienvenue sur BFM Business pour ce nouveau numéro de l’Atelier Numérique, votre rendez-vous dédié à l’actualité high-tech que vous retrouvez tous les week-ends. Merci d'être là et j’espère que tout va bien, un Atelier Numérique avec du côté de San Francisco cette semaine Alice GILLET et Frédéric TARDY. Monsieur-dame, bonjour.
    Alice GILLET : Bonjour.
    Frédéric TARDY : Salut.
    François SOREL : Tout à l'heure, nous irons aussi à Shanghai retrouver Renaud EDOUARD-BARAUD qui, vous le savez, nous fait vivre le côté Est en fait de notre planète, et plus particulièrement l’Asie, dans le monde des nouvelles technologies. On le retrouvera tout à l’heure, on parlera de l’accès au Web en Chine. Vous savez que l’accès au Web en Chine est quand même assez discuté, voire discutable. On évoquera tout ça avec Renaud EDOUARD-BARAUD. Et puis, nous avons aussi Lila MEGHRAOUA qui est avec nous. Bonjour Lila.
    Lila MEGHRAOUA : Bonjour.
    François SOREL : Qu’on va retrouver tout à l’heure aussi pour notre Enquête de l’Atelier. Avec Lila et nos invités, on va parler du numérique solidaire.
    Lila MEGHRAOUA : Exactement.
    François SOREL : Avec une initiative qui va bientôt débuter et qui se nomme la Social Good Week. On en parlera avec nos invités tout à l’heure. Dans un instant, on va survoler l’actualité high-tech, actualité high-tech qu’on retrouvera aussi avec la rédaction de 01net.com tout à l’heure et Éric LE BOURLOUT qui nous rejoindra, le Crash Test d’Antoine SIRE, le Silicon Carnet d'Alice, Alice qu’on retrouvera aussi tout à l’heure pour notre Dossier de l’Atelier. Alice, cette semaine, vous allez nous parler de TechCrunch. De quoi s’agit-il, TechCrunch, pour tous ceux qui ne connaissent pas ?
    Alice GILLET : TechCrunch Disrupt. Déjà TechCrunch parce qu’il y a trois mots là-dedans, c’est assez complexe...
    François SOREL : Ça n’a rien à voir avec le chocolat, Alice. Parce que je sais que vous êtes gourmande et que vous aimez ça, mais ça n’a rien avoir.
    Alice GILLET : J’aime ça, c’est vrai que je suis très gourmande.
    François SOREL : J’ai un peu balancé là, mais ce n’est pas grave.
    Alice GILLET : Mais je suis aussi gourmande de techs et de start-ups. Justement en gros, TechCrunch, c’est un des sites en ligne qui couvrent vraiment l’actualité chaude des techs ici dans la Silicon Valley. TechCrunch organise une fois par an une grande conférence qui s’appelle TechCrunch Disrupt et qui est un peu un des rendez-vous principaux de Silicon Valley, où l’objectif est de rassembler des petites start-ups qui se lancent à l’événement pour que tout le monde puisse prendre un peu le pouls de l’innovation et de l’écosystème. Il y a aussi énormément de stars de l’innovation qui sont présentes là-bas. Je vous en parlerai un peu plus tout à l’heure justement dans mon Silicon Carnet et dans le Dossier pour un petit débrief pour que vous voyiez un petit peu ce que c’est TechCrunch Disrupt.
    François SOREL : Voilà, le pouls dans le domaine des nouvelles technologies, ce sera tout à l’heure avec ce débrief du TechCrunch avec Alice GILLET. On va commencer par l’actualité de cette semaine dans le monde des nouvelles technologies et peut-être faire un point quand même sur la grosse actu qu’on réévoquera tout à l’heure aussi avec Éric Le BOURLOUT, c’est l’iPhone 5 qui a été présenté lors d'un Keynote de Tim COOK, vous savez, qui est le patron d'Apple. C’était à San Francisco. Comment ont réagi justement du côté de la Silicon Valley, Frédéric et Alice, concernant l’arrivée de ce nouvel iPhone ? Il a été plutôt reçu positivement ?
    Frédéric TARDY : Plutôt un accueil positif. C’est plutôt un retour aux basiques avec un superbe design, un superbe son, un téléphone et une batterie exceptionnels. Donc, c’est vraiment un téléphone basique, mais très bien fait. Pas tellement d'innovations énormes, ce n’est pas Siri pour le 4S et puis le côté négatif de l’adaptateur. Tout le monde... même si c’est vrai que le son va être nettement meilleur puisqu’il y a beaucoup plus de place pour des baffles, c’est vrai que cet adaptateur fait un peu rager parce qu’il faut tout changer.
    François SOREL : Voilà. En fait, vous savez, c’est l’adaptateur, si vous avez un produit Apple, qui est cette petite broche qui était longue, qui va en fait disparaître et qui va se transformer en un tout petit connecteur qui sera lumineux en plus. Donc, ça va être très beau. Mais le problème, c’est que ça va coûter cher parce qu’il va falloir que vous achetiez un adaptateur si vous n’avez pas le petit accessoire. Alors, qu'est-ce qu’on peut retenir de cet iPhone ? L’écran est plus grand déjà parce que si vous n’aviez pas suivi... si vous étiez sur une île déserte ces derniers jours, vous n’avez pas suivi les nouveautés qui ont été annoncées. Donc, un écran plus grand parce que c’est vrai que c’est la mode aujourd’hui des smartphones avec de grands écrans. Alors, on ne gagne pas beaucoup, on gagne 5 mm de hauteur comparé à l’iPhone 4. La puissance, qui est évidemment décuplée avec un nouveau processeur. Il sera 4G, ça veut dire compatible avec les nouveaux réseaux de quatrième génération, sauf en France. C’est la mauvaise nouvelle, c'est-à-dire que vous à San Francisco, vous allez pouvoir frimer avec la 4G et l’iPhone 5 ; mais nous, pas en France. C’est une sombre histoire de fréquence, mais on en reparlera tout à l’heure avec Éric LE BOURLOUT. L’autonomie sera aussi bonne, voire un peu meilleure, par rapport au 4S. Ça veut dire qu’elle sera quand même relativement moyenne. Il y a aussi de nouveaux écouteurs, tiens, qui sont livrés avec. Ça peut paraître anecdotique, mais c’est vrai que les écouteurs de l’iPhone en général n’étaient pas très bons. C’étaient des trucs un peu... c’est bas de gamme. Et bien là, ils ont fait vraiment des efforts et les écouteurs sont vraiment de bonne qualité. Je vous dis ça parce que j’ai eu l’occasion de les tester et c’est vraiment bien. Et puis donc, ce nouveau connecteur aussi qui fait jaser sur le Web. Voilà concernant cet iPhone 5. Maintenant, est-ce que ça vous donne envie de vous en offrir un ? Rappelons qu’il sort dans le monde entier, en tout cas dans une grosse sélection de pays, le 21 septembre prochain. Apple projette de le sortir dans 100 pays d'ici la fin de l’année, ce qui est quand même une prouesse aussi, on va dire, d'industrialisation et de commercialisation. Voilà ce qu’on pouvait dire concernant cet iPhone 5. Allez, on surveille... on survole et on surveille aussi l’actu, vous le savez. Tiens, un petit détour par San Francisco. On va commencer avec vous Alice GILLET, tiens.
    Alice GILLET : Oui, Alice GILLET a une petite news aujourd’hui qui concerne le maire de San Francisco. Je vous en ai déjà parlé de ce maire qui s’appelle Ed LEE et qui est un personnage assez folklo, assez rigolo et qui notamment est absolument passionné par les nouvelles technos, en tout cas qui veut montrer qu’il est passionné par les nouvelles technos, et qui a mis en place récemment pas mal de petites choses pour justement ressouder les liens entre lui, le gouvernement local et la SunTech. Notamment, il a développé une petite série de visites qui s’appellent les Tech Tuesdays, où tous les mardis il va rendre visite à une start-up de la Silicon Valley. Donc, c’est déjà assez sympathique comme...
    François SOREL : Initiative.
    Alice GILLET : Idée, comme initiative. Il a également annoncé justement à TechCrunch Disrupt qu’il a lancé avec toute une équipe une carte interactive dédiée aux touristes, une carte interactive de San Francisco, mais où apparaissent sur la carte non pas les monuments historiques – d'ailleurs, on n’en a pas beaucoup à San Francisco, c’est quand même une ville assez récente – mais toutes les start-ups de la Silicon Valley. Donc si vous êtes un touriste – à Paris évidemment, vous pouvez voir les beaux monuments, les musées, etc. – à San Francisco, on considère que le patrimoine local, c’est les start-ups. Donc, vous avez une carte interactive des start-ups de la ville qui a été une initiative de la ville de San Francisco, du maire de San Francisco. J’ai trouvé ça assez sympathique.
    François SOREL : Mais alors, où est-ce qu’on peut la consulter ? C’est une appli qu’on télécharge ? C’est sur le Web ?
    Alice GILLET : Elle est en ligne, oui, sur le web. Je ne sais pas s’il y a une appli qui va sortir en plus. Je crois que c’est juste pour l’instant une carte en ligne.
    François SOREL : En tout cas, c’est une super bonne idée. Attendez, voilà, on s’intéresse un peu à la high-tech. On veut savoir un petit peu ce qui se fait à San Francisco, on a cette carte. Le problème, c’est que si on fait ça à Paris par exemple, on n’aurait pas beaucoup de points où il y aurait des start-ups parce qu’il y en a beaucoup moins qu’à San Francisco, même si on en a quand même quelques-unes, c’est vrai.
    Frédéric TARDY : Surtout qu’il y a un grand phénomène actuellement dans la Silicon Valley, c’est une migration des start-ups de Palo Alto à San Francisco.
    François SOREL : Ah oui, tiens.
    Frédéric TARDY : On a eu Pinterest, on a de plus en plus de start-ups qui viennent s’installer à San Francisco.
    François SOREL : Pourquoi ? Pour être vraiment... pour être au cœur aussi de tout ce qui se passe ? Palo Alto, c’est vrai que c’est un petit peu excentré.
    Frédéric TARDY : Ce que je pense, c’est qu’il y a un gros problème de talents et de pénurie dans la Silicon Valley. Donc, il faut offrir un plus. C’est vrai que quand une start-up se lance et qu’elle se dit « je suis à San Francisco », c’est un plus. Il y a de la vie, il y a des restos et on peut sortir.
    François SOREL : Oui, alors que Palo Alto, c’est un peu calme le soir.
    Frédéric TARDY : C’est un port mort, oui.
    Alice GILLET : Ça craint du boudin Palo Alto.
    François SOREL : Ah bon ? Ça craint du boudin Palo Alto ?
    Alice GILLET : Oui, ça craint du boudin.
    François SOREL : J’y suis passé une fois. C’est vrai que je trouvais ça très sympa, mais c’est un peu... il n’y avait pas grand-chose.
    Alice GILLET : C’est un peu mort, il n’y a pas grand-chose à faire.
    François SOREL : Voilà. Vous avez vu, on peut se transformer aussi en guide touristique à l’Atelier Numérique, il n’y a pas de souci. Lila, tout va bien ?
    Lila MEGHRAOUA : Oui.
    François SOREL : D'accord. Lila est en forme, c'est-à-dire qu’elle a le siège... en fait, elle est assise sur le siège d'Antoine SIRE.
    Alice GILLET : Tout s’explique.
    François SOREL : Donc, je pense qu’automatiquement il y a les fous rires qui s’installent parce que ce siège est contaminé, si vous voulez. Je pense que c’est ça. Hein Lila ?
    Lila MEGHRAOUA : C’est exactement ça.
    François SOREL : Vous y allez maintenant ? Vous allez y arriver ou vous voulez qu’on écoute Frédéric TARDY ?
    Lila MEGHRAOUA : Non, on va y arriver. Justement, ça tombe bien puisqu’on va rester plus ou moins dans le cartographique, dans la redécouverte d'une ville par sa culture, autant San Francisco, OK les start-ups. Paris, on va penser à quoi ? On va surtout penser aux monuments historiques.
    François SOREL : Voilà, bien sûr.
    Lila MEGHRAOUA : Donc là, c’est un événement assez chouette...
    François SOREL : Quelle belle transition. Attendez, c’est magnifique.
    Lila MEGHRAOUA : C’est gentil.
    François SOREL : C’est superbe franchement.
    Lila MEGHRAOUA : C’est gentil. Là, c’est un événement qui propose de faire remonter le temps tout simplement à travers les différents monuments historiques de Paris. En fait, c’est une expérience 3D menée par Dassault Systèmes. Pour l’instant, vous avez un site. Surtout ce soir... non pas ce soir, excusez-moi, le samedi 29 septembre à 21h...
    François SOREL : Oui, ce n’est pas ce soir, c’est un petit peu plus tard en fait.
    Lila MEGHRAOUA : Non, ce n’est pas ce soir.
    François SOREL : Surtout, n’y allez pas ce soir parce que vous serez déçu s'il vous plaît.
    Lila MEGHRAOUA : Pardon. On devrait retrouver sur le parvis de l’Hôtel de Ville 9 écrans... Je vais vous la faire courte, on peut plus ou moins par exemple redécouvrir Notre Dame en 3D, mais Notre Dame comme elle était peut-être en 1550.
    François SOREL : Oui, d’accord.
    Lila MEGHRAOUA : Le Musée Carnavalet, pareil, il y a 200 ans.
    François SOREL : Génial.
    Lila MEGHRAOUA : Ça, on peut déjà... moi, je vous invite à consulter le site qui est assez génial et qui s’appelle www.3ds.com.paris3d. Si vous avez envie de redécouvrir le Paris historique, c’est une chouette initiative.
    François SOREL : Parfait.
    Alice GILLET : C’est sympa ça.
    François SOREL : Oui. Merci Lila. Frédéric TARDY depuis San Francisco.
    Frédéric TARDY : J’ai une news dédiée à Alice et Lila. Alice aime bien le vintage et Lila aime bien les cafés. Donc, je vais vous parler de Philip ROSEDALE et de sa nouvelle société Coffee & Power. Vous ne vous rappelez peut-être pas de Philip ROSEDALE, mais vous vous rappelez sûrement de Second Life, cette période où on voyait le futur avec un avatar digital des mondes virtuels tout en restant dans sa maison devant son PC. Le monde a bien changé. Aujourd’hui, on a un mobile, on est dans Internet et on est nous-mêmes notre avatar façon le film Matrix. Donc, c’était tout naturel que Philip ROSEDALE, le créateur de Second Life, crée un coworking space bien physique avec des vrais murs et du vrai café. Quand vous rentrez dans cet espace, les occupants savent ce que vous recherchez, ce que vous avez comme projet. Donc, c’est tout simple. A chaque fois que vous avez un projet, vous le mettez sur une app mobile. Vous reprenez votre profil Facebook et LinkedIn et vous indiquez votre projet et vos compétences. Quand vous rentrez dans le café, tout le monde sait ce que vous venez chercher, si vous avez un projet pour apprendre le chinois, faire un site Web ou faire un costume pour Halloween. On paie avec une monnaie virtuelle qui sont les coffee dollars que vous échangez et Coffee Power prend 15 % sur les transactions. C’est un peu cher, mais le café et l’accès à Internet sont gratuits.
    François SOREL : Pas mal.
    Frédéric TARDY : À bientôt à San Francisco.
    Alice GILLET : En fait, c’est un coworking space classique, sauf que tout le monde connaît les compétences des autres et du coup peuvent...
    François SOREL : Oui.
    Frédéric TARDY : Voilà. En gros quand vous rentrez dans le café, tout le monde sait ce que vous venez chercher ou ce que vous avez à proposer.
    François SOREL : C’est chouette. Merci à tous les deux. Lila, un petit événement aussi signé l’Atelier ?
    Lila MEGHRAOUA : Juste une petite annonce. Du 18 au 20 septembre aux Portes de Versailles, on pourra retrouver le salon E-commerce Paris 2012. Moi, je vous invite à vous y rendre, 3 conférences en gros principales. On va avoir du e-commerce à l’omni-commerce. On aborde aussi le thème du social local et également le user generated commerce.
    François SOREL : C’est du 18 au 20 à Paris, Portes de Versailles.
    Lila MEGHRAOUA : Du 18 au 20, Porte de Versailles, exactement.
    François SOREL : Tout de suite les Ouvertures de l’Atelier. Vous savez quoi ? Les Ouvertures de l’Atelier, c’est avec Lila MEGHRAOUA.

  2. 2 - Les Ouvertures de L'Atelier

    Lucie de Paola, auteur

    Lila MEGHRAOUA : Alors François, je suis avec Lucie De PAOLA, auteur du livre « Les filles pensent que… il faut embrasser beaucoup de crapauds avant de rencontrer le prince charmant », qui est aussi blogueuse. Lucie bonjour.
    Lucie De PAOLA : Bonjour.
    Lila MEGHRAOUA : Est-ce que vous pourriez présenter un peu, raconter un peu votre histoire en quelques phrases si possible ? Je sais qu’elle est assez jolie.
    Lucie De PAOLA : Alors j’ai commencé à bloguer en 2009, c’est des amis qui m’ont suggéré de le faire. Et puis, une année après, le magazine Elle a repéré mon blog, donc je ne sais toujours pas comment, et m’a élue coup de cœur blog Love and Sexe 2010. Je n’ai pas compris pourquoi « sexe » mais j’étais quand même très contente. La veille en fait du résultat du concours j’ai rencontré dans ma vie professionnelle ma future éditrice qui m’a dit « Écoute, tentons l’aventure, est-ce que tu voudrais éditer ton blog en livre ? ».
    Lila MEGHRAOUA : Par rapport à l’écriture blog, vous êtes passé du blog finalement au livre, est-ce que ça induit une autre forme d’écriture ? Comment ça s’est passé ?
    Lucie De PAOLA : Alors c’est une écriture qui est complètement différente parce que sur le blog on a une vraie liberté en termes de nombre de caractères ou de signes, la ligne éditoriale c’est la mienne donc je faisais un peu ce que je voulais. Il a fallu que je trouve un fil rouge, un fil conducteur pour faire un livre, parce qu’un livre ce n’est pas tout et n’importe quoi. J’ai beaucoup réécrit parce que l’écriture aussi est plus littéraire forcément dans un livre que sur un blog. Et puis j’ai quand même voulu garder un peu du blog avec des mots barrés, ce qu’on ne voit pas souvent dans les livres, des mots en gras. J’ai essayé quand même de jouer un peu cette note blog mais évidemment l’écriture est améliorée si je puis dire.
    Lila MEGHRAOUA : Par rapport à la communauté, comment vous avez créé votre communauté ? Est-ce que vous aviez déjà un réseau à partir du blog ?
    Lucie De PAOLA : Alors j’ai beaucoup d’amis, ça, ça a beaucoup aidé. En 2009 c’était très facile avec Facebook de spammer ses amis en leur demandant d’adhérer à votre page de fan, c’est ce que j’ai fait, je leur ai cassé les pieds. Eux-mêmes ont cassé les pieds de leurs amis, donc la communauté sur Facebook s’est faite comme ça, vraiment par bouche à oreille. Et ensuite je me suis inscrite sur la plateforme Hellocoton qui m’a permis de toucher des lectrices que je ne connaissais pas, et pour le coup pas les amis d’amis ou des cousines ou je ne sais quoi.
    Lila MEGHRAOUA : J’ai vu que vous étiez présente autant sur Facebook que Twitter, est-ce que vous les traitez différemment, vous préférez quoi finalement ? Vous êtes plutôt Facebook, Twitter ?
    Lucie De PAOLA : Alors je suis plutôt les deux. Facebook c’est vraiment pour parler du blog, du livre, du prochain livre qui va sortir, ça sert vraiment à ça. Sur Twitter c’est beaucoup plus d’échanges avec les gens, je parle du blog évidemment mais pas que. Je peux retweeter des articles sur la séduction, je peux faire des live tweets d’émission télé. Voilà, c’est plus dans l’instant, donc forcément je dis beaucoup plus de choses sur Twitter que sur Facebook.
    Lila MEGHRAOUA : Alors vous, est-ce que vous êtes accro aux réseaux sociaux, accro aux smartphones, je ne vous ai pas encore vue accrochée à ça.
    Lucie De PAOLA : Parce que je l’ai caché parce que je suis bien élevée. Oui, je suis sur mon smartphone toute la journée. J’ai des applications spécifiques pour gérer les pages. Je suis sur Twitter, oui, j’ai deux comptes Gmail que je suis avec dans des (03:33), non, non. Oui, je suis très accro à mon téléphone et à mon ordinateur. Enfin c'est-à-dire que parfois il faut que fasse des pauses pour me reposer un peu des réseaux sociaux et même d’Internet.
    Lila MEGHRAOUA : Bon, et bien je vous remercie. Est-ce que vous pourriez me dire what’s next ou est-ce qu’on peut vous retrouver déjà, et c’est quoi la suite ?
    Lucie De PAOLA : Alors on peut me retrouver, et bien, sur le blog www.lesfillespensentque (tout attaché) .net, sur Twitter c’est @luciedepaola (tout attaché), et les suites c’est la suite du livre « Les filles pensent que », qui va sortir chez Michel LAFON en février 2013, et là il n’y aura aucun post de blog, ce sera que du tout neuf et que de l’exclu.
    Lila MEGHRAOUA : Génial, merci.
    François SOREL : Lila merci. On revient dans un instant pour la suite de cet Atelier Numérique, le Dico Facétieux du Net de Jean De CHAMBURE et le Cybergadget, à tout de suite.

  3. 3 - Le dico facétieux du net

    U comme UX Design

    François SOREL : C’est l’Atelier Numérique sur BFM Business, merci d’être avec nous. Petit Détour au Camping, ce sera dans quelques minutes, notre Enquête de l’Atelier aussi, on va parler de numérique solidaire avec nos invités. Dans quelques instants aussi ce sera le Cybergadget avec Antoine SIRE. Mais auparavant et comme régulièrement dans cette émission, un rendez-vous savoureux avec notre ami Jean De CHAMBURE. Jean, c’est l’heure du Dico Facétieux du Net, et cette semaine, on s’arrête à la lettre U, la lettre U comme le UX design.
    Jean De CHAMBURE : Oui François. Absolument. Le design, le UX design, le design centré autour de l’utilisateur c’est pourquoi la lettre U de ce dictionnaire est aussi importante. Alors qu’est-ce que le UX Design ? Le UX design c’est en fait quelque chose qui n’est qu’un prolongement de ce que devrait être tout design, c'est-à-dire le design est centré autour de l’expérience des utilisateurs, autour de l’expérience des personnes qui souhaitent acheter ou pas encore acheter d’ailleurs un produit, enfin bref centré autour de l’humain. C’est quelqu'un qui a inventé ce terme, qui s’appelle Donald NORMAN. Donc Donald NORMAN, au départ c’est un architecte, c’est un architecte et un designer. Et au début des années 90, avec la prolifération de tous les ordinateurs, avec la prolifération de tous les écrans, il a donc en fait tout simplement inventé et proposé ce concept. C'est devenu une sorte de, voilà, de référence dans le domaine du design. Pour vous donner un exemple concret, je pense qu’on a tous évidemment en tête cette fameuse télécommande. La plus belle des télécommandes c’est une télécommande où il y a des fonctionnalités assez réduites, et elles sont réduites parce que les designers l’ont designée et on pensait qu’il fallait en designer moins et en mettre moins. Donc c’est le design qui prime sur la fonction et non pas l’inverse. On est au cœur de l’utilisateur. Et d’ailleurs quelque part si on fait une extension avec l’iPhone, si on pense à l’iPhone, qu’est-ce que l’iPhone si ce n’est une gigantesque télécommande. Gigantesque par ses potentialités mais minimaliste par ses icônes et par ses possibilités qui sont encore assez bien choisies et pas trop nombreuses, même si l’iPhone 5, on l’a vue, rajoute une rangée en plus, donc c’est possible, très bien. Mais enfin quand même le cœur de cette invention c’est de rendre ça simple, facile, intuitif, et ça c’est vraiment du bon UX design qu’on pourrait traduire de manière peut-être plus simple comme du design tolérant, du design qui accepte que tout le monde ne soit pas une ceinture noire dans le digital, que tout le monde ne soit pas extrêmement doué pour résoudre tout type de fonctionnalité. On pourrait avoir des télévisions chez soi qui ne fonctionnent pas et être en même temps pas forcément complètement crétin, c’est juste parce que, voilà, on n’a pas trouvé des bons boutons, et ça n’a peut-être pas été designé assez suffisamment. Alors un des points intéressants sur ce sujet, quand on veut faire vraiment du bon design, du bon UX design c’est de travailler avec un système de personne, de persona où voilà il y a différents scénarios designs qui sont envisagés en fonction de tel et tel type de réaction. Et ça c’est un élément intéressant du UX design. Les clés de tout ça c’est évidemment de rendre des choses les plus importantes, très visibles et en même temps de les rendre très suggestives. Et ce duo fort entre la visibilité et la subjectivité, une capacité à rendre donc un objet suggestif, c'est-à-dire à ce qu’il évoque sa propre utilisation sans que ce soit forcément écrit en gros de manière littérale et directe sur ce qu’il fait. Par exemple effectivement, on voit que le bouton ON/OFF de l’iPhone, pour revenir à lui, qui est situé en bas, c’est assez clair, c’est assez suggestif, et tout le monde l’a bien compris. Donc voilà le UX design, voilà ce que je voulais vous transmettre donc depuis l’Italie sur ce sujet-là, et je ne peux pas m’empêcher de terminer avec cette phrase clé, la phrase de Samuel BECKETT, je l’aime profondément « L’homme finit par taper sur ses chaussures lorsqu’il a mal aux pieds ». Rappelons nous de ça, lorsqu’on imagine un service, lorsqu’on imagine un produit.
    François SOREL : Voilà pour le UX design. Merci Jean De CHAMBURE.

  4. 4 - Cybergadget

    Le masque rechargeur et le téléphone à vent

    François SOREL : Et place maintenant donc au Cybergadget d’Antoine SIRE, à deux cybergadgets ce week-end et croyez-moi, Antoine ne va pas nous raconter que du vent.
    Antoine SIRE : Alors là voilà. Donc là vous m’avez spolié…
    François SOREL : Je vous ai spolié votre lancement.
    Antoine SIRE : Vous m’avez spolié mon lancement parce que j’allais dire, bien sûr on dit tout le temps, souvent « Tout ça c’est du vent ».
    François SOREL : Oui, c’est un peu ça.
    Antoine SIRE : Voilà, c’est un peu ça. Et bien non, ce n’est pas que du vent, et de toute façon je n’ai pas deux cybergadgets, je n’en ai qu’un, le deuxième ce n’est que pour mémoire car il a déjà été mentionné sur cette antenne.
    François SOREL : Donc c’est un rappel de cybergadget.
    Antoine SIRE : Voilà. Il avait été lancé le 12 février 2009 et c’était ni plus ni moins un téléphone qui disposait d’une fonction unique en son genre, la Wing Recognition qui, grâce à une sonde, était capable de mesurer la force des courants d’air ou l’orientation du vent lorsque l’on souffle dessus. Très pratique notamment pour les voileux distraits qui ont à peu près compris théoriquement comment marchait un voilier mais qui n’arrivent pas toujours à comprendre réellement dans quel sens le vent arrive. Voilà. Alors je ne sais pas si le temps, il est probable quand même que le temps de regarder le téléphone et de réagir il est assez probable que vous avez dessalé, ce qui, n’est-ce pas, en langage de voile signifie se retourner. Voilà. Alors ça c’était donc ce téléphone dont vous avez remarqué qu’il a totalement conquis le marché de la téléphonie.
    François SOREL : Oui, il faut dire qu’il a bouleversé quand même ce business.
    Antoine SIRE : Il a vraiment bouleversé ce business. Donc il a été lancé en 2009 et depuis ce n’était pas du vent. Depuis, le marché de la téléphonie a été, comme vous l’avez remarqué, complètement transformé, plus personne ne parle que du téléphone Pontec à wing recognition, si vous n’en avez pas un c’est que vous êtes vraiment totalement ringard.
    François SOREL : Alors ça c’était l’ancienne.
    Antoine SIRE : Ça c’était l’ancienne.
    François SOREL : Voilà, on a fait le point sur une ancienne gadgeto.
    Antoine SIRE : Et alors donc de quoi ne parlerons-nous tous que dans deux ans.
    François SOREL : Dans deux ans.
    Antoine SIRE : Et bien, nous parlerons du masque AIRE, créé par le designer brésilien Joao LAMMOGLIA qui vous propose de recharger votre iPhone via votre respiration. On inspire, on expire et le téléphone charge, à l’aide précisément de ce masque.
    François SOREL : Une fois avoir bu de l’alcool.
    Antoine SIRE : Non, non, ce n’est pas un alcootest.
    François SOREL : Non, d’accord.
    Antoine SIRE : Votre iPhone se recharge sans prise de courant.
    François SOREL : Mais il faut faire quoi ? « Pff », comme ça ?
    Antoine SIRE : Oui, l’idée voilà, il a converti lé souffle humain en énergie électrique, donc en fait il y a de petites turbines dans le masque qui transforme votre respiration en énergie.
    François SOREL : iPhone Mask.
    Antoine SIRE : Donc du coup, fini les batterie à plat. Alors l’innovation a quand même eu un prix, le Red Dot désigne Design Award 2011 pour son originalité et aussi évidemment pour son utilité, la respiration humaine est énergie qui fonctionne 24 heures sur 24.
    François SOREL : Quand elle s’arrête, c’est mauvais signe.
    Antoine SIRE : Mauvais signe. Et il est possible d’utiliser le masque lorsque l’on dort, lorsque l’on court ou lorsqu’on lit un livre, évidemment toute utilisation du masque lors d’une activité, disons un peu plus sportif que la moyenne vous permet de recharger votre téléphone beaucoup plus rapidement.
    François SOREL : À quoi pensez vous Antoine, je vous sens glousser là.
    Antoine SIRE : Voilà.
    François SOREL : Chérie rapproche-toi, il faut que je charge mon iPhone.
    Antoine SIRE : Voilà. Alors le seul problème précisément par rapport à ce que nous venons d’évoquer à bon couvert.
    François SOREL : À bon couvert, oui.
    Antoine SIRE : C’est que le masque en question est vraiment très peu commode et ressemble un peu à celui de Dark Vador.
    François SOREL : Cela dit, ça peut être un fantasme.
    Antoine SIRE : Oui, gloussons dans la nature.
    François SOREL : Ça peut être un fantasme, voilà
    Antoine SIRE : Voilà, c’était le gadget.
    François SOREL : Je suis ton père, enfin bon, on peut tout imaginer. Merci Antoine pour ce sympathique Crash Test.
    Antoine SIRE : Ce n’était pas un Crash Test, c’était un gadget.
    François SOREL : Pardon, la Gadgeto, excusez-moi. C’était un peu un Crash Test aussi quand même au niveau de la gadgeto.
    Antoine SIRE : Aussi, aussi, absolument.
    François SOREL : On verra dans trois ans si on aura tous ces masques pour recharger nos téléphones, je n’en suis pas persuadé. Vous restez avec nous, la suite de l’atelier c’est dans un petit instant sur BFM Business bien sûr.

  5. 5 - Un tour au Camping

     Le Demo Day à Paris

    Claire CAVRET : Bonjour. Je me trouve actuellement au Demo Day à Paris. Ce soir, c’est le grand oral des start-ups du Camping de la saison 3. Sont présents dans l’assistance des mentors, mais aussi des investisseurs, des anciens également des saisons précédentes du Camping et je suis partie à la rencontre de certains d'entre eux, avec Thomas de Explee. Thomas, ça y est, tu as pitché. Comment ça s’est passé ? Quelles sont tes impressions ?
    Thomas OLIVIER : Effectivement, j’ai pitché. Mes impressions, c’était assez impressionnant, mais c’était très sympa. Je me suis bien amusé et j’ai eu l’impression de plutôt plaire. Les petites vidéos Explee ont bien plu et j’espère avoir mis assez de patate.
    Claire CAVRET : Du coup là maintenant, le but du jeu donc, c’est la levée de fonds et les rencontres justement avec tous ces business angels qui vont pouvoir peut-être vous apporter pour passer à l’étape suivante ?
    Thomas OLIVIER : Oui, c’est ça. On a un cocktail maintenant ce soir, où on va pouvoir avoir plus de temps pour rencontrer les différents business angels qui sont là et les investisseurs. Donc maintenant, il va falloir doublement les convaincre pour nous supporter et aider à emmener Explee à un autre stade.
    Claire CAVRET : Très bien. Bon courage, Thomas.
    Thomas OLIVIER : Merci.
    Claire CAVRET : Au Demo Day, il y a les campeurs, mais il y a aussi, très important, les mentors qui sont heureusement là. Nous sommes d'ailleurs avec David BIZER qui est mentor depuis le début du Camping. David, c’était important pour toi de venir au Demo Day ?
    David BIZER : Oui, c’est très important parce que c’est une opportunité de voir les progrès des start-ups depuis les premiers trois mois aux start-ups et surtout pour supporter les start-ups avec qui je travaille comme mentor.
    Claire CAVRET : C’est parce que tu es un amoureux avant tout de l’entreprenariat ?
    Thomas OLIVIER : En fait, j’adore les start-ups, mais aussi j’adore les technologies. C’est pour ça que je veux toujours être participant et assistant dans le monde des start-ups en France ou ailleurs.
    Claire CAVRET : Merci beaucoup, David.
    David BIZER : De rien.
    Claire CAVRET : Au cours du Demo Day, on croise aussi des anciens, dont tu fais partie Julien. Tu étais dans la saison 2 avec Infinit, c’est ça ? Qu’est-ce que tu viens faire ici au Demo Day ?
    Julien QUINTARD : On vient un petit peu se reconnecter avec l’ensemble du réseau, c'est-à-dire l’écosystème parisien des entrepreneurs et tout ce qui tourne autour, mais on vient également voir comment finalement le Camping évolue à travers ces nouvelles start-ups. On est content de voir, un, ce qu’elles font, deux, comment elles se débrouillent, trois, leurs idées et de voir l’intégralité finalement de l’évolution du Camping, comment elles se positionnent par rapport à nous, est-ce qu’elles ont un meilleur pitch, etc.
    Claire CAVRET : Justement, cette saison 3, qu’est-ce que tu en penses ? Est-ce qu’ils sont bien préparés ? Est-ce que les projets sont vraiment intéressants ?
    Julien QUINTARD : Moi, je trouve personnellement que techniquement les projets sont meilleurs que notre année. Je ne leur lance pas forcément une fleur, mais je pense que c’est vraiment une très bonne saison. Les projets sont techniquement intéressants, les équipes ont l’air d'être bonnes et les pitchs étaient vraiment très bons. Moi, j’ai trouvé que c’était vraiment très clair. Donc, c’est plutôt une bonne chose. Encore une fois, on avait vraiment eu un très bon travail sur la communication. Nous, on est passé par là. On a souffert, on a travaillé et ça a plus ou moins marché. Je pense qu’ils ont vraiment bien travaillé également et que finalement le résultat est à la hauteur.
    Claire CAVRET : D'accord. Merci beaucoup, Julien.
    Julien QUINTARD  : Merci à vous.
    Claire CAVRET : Place un petit peu aussi aux investisseurs qui sont une partie importante du Demo Day. Nous sommes avec Georg HOMOLATSCH qui fait partie de Creathor Venture.
    Georg HOMOLATSCH : Bonjour.
    Claire CAVRET : Qu’est-ce que vous venez chercher exactement en venant à ce Demo Day à Paris ?
    Georg HOMOLATSCH : Surtout des nouveaux entrepreneurs, des nouveaux projets, des bons start-ups pour investir basées surtout en Allemagne et en Suisse. Pour nous, c’est aussi l’objectif de rencontrer d'autres acteurs dans l’espace, d'autres investisseurs, des mentors et donc tout ce qui est important dans l’écosystème français.
    Claire CAVRET : D'accord. Merci beaucoup, Georg, et à bientôt.
    Georg HOMOLATSCH : A bientôt, merci.
    Claire CAVRET : Voilà, c’est tout pour aujourd’hui à Paris. Le Demo Day continue, une étape à Berlin et une étape à Londres ce mois-ci. À très bientôt.
    François SOREL : Claire, merci.

  6. 6 - L'enquête de L'Atelier

    Le numérique solidaire. Avec Ismaël Le Mouël, fondateur de Social Good Week et DG de Mailforgood et Benjamin des Gachons, directeur des campagnes France de Change.org

    François SOREL : Place maintenant à notre Enquête de l’Atelier en compagnie de Lila et de nos invités. On va parler de numérique solidaire, Lila, cette semaine.
    Lila MEGHRAOUA : Oui, tout à fait. Vous savez qu’en début d'année, on a parlé plus ou moins des grandes tendances selon nous de 2012, voire bientôt de 2013.
    François SOREL : De 2013.
    Lila MEGHRAOUA : L’une des tendances était le collaboratif, soit l’effort collectif. En fait, on voulait vous parler d'une initiative dans ce sens-là, à savoir la Social Good Week.
    François SOREL : La Social Good Week.
    Lila MEGHRAOUA : Exactement, qui a lieu...
    François SOREL : Qui dure une semaine déjà, on l’imagine.
    Lila MEGHRAOUA : Exactement, du 25 septembre au 2 octobre et qui va se dérouler un peu partout en France. Pour nous en parler, on a à nos côtés Ismaël Le MOUEL qui est fondateur de la Social Good Week.
    François SOREL : Bonjour Ismaël.
    Ismaël Le MOUEL : Bonjour.
    Lila MEGHRAOUA : Et aussi Directeur général de Mailforgood. Et on Benjamin Des GACHONS qui est directeur des campagnes de change.org France. Benjamin, bonjour.
    Benjamin Des GACHONS : Bonjour.
    François SOREL : Bonjour Benjamin. Alors, on rentre dans le vif du sujet ?
    Lila MEGHRAOUA : Exactement.
    François SOREL : Cette Social Good Week.
    Lila MEGHRAOUA : Avant de parler de la Social Good Week, j’aurais envie que vous présentiez chacun vos structures respectives assez brièvement. Ismaël.
    Ismaël Le MOUEL : Oui. Moi, j’ai fondé une plate-forme qui s’appelle Mailforgood et qui est en fait une plate-forme de dons en ligne pour les associations. La caractéristique, c’est que toutes les associations peuvent venir s’inscrire et que c’est gratuit. Et puis si vous êtes un internaute, vous venez sur mailforgood.com et vous allez découvrir aujourd’hui plus de 300 associations dans plein de thématiques. On essaie vraiment de rapprocher l’internaute et l’association au sens où vous allez pouvoir découvrir des associations qui sont déjà soutenues par vos amis si vous vous connectez avec Facebook et des associations proches de chez vous si vous faites de la géolocalisation. Vraiment, on essaie de vous faire découvrir des choses qui vont vous plaire. Et puis une fois que vous avez découvert une association qui vous plaît, vous pouvez la soutenir. Il y a aujourd’hui deux moyens de soutenir les associations sur Mailforgood. Le premier, c’est de faire un don en ligne par Carte Bleue, avec à la fin de la transaction l’émission d'un reçu fiscal.
    François SOREL : Parce qu’on a encore des aides à ce sujet ?
    Ismaël Le MOUEL : Ça dure et ça va durer. A priori, on espère.
    François SOREL : Espérons-le.
    Ismaël Le MOUEL : Et puis, le deuxième moyen pour ceux qui n’ont pas les moyens ou n’ont pas envie de faire un don en ligne, c’est un procédé de dons gratuits. Il faut regarder une vidéo publicitaire de quelques secondes et ça va générer 5 centimes pour l’association de votre choix.
    Lila MEGHRAOUA : D'accord.
    François SOREL : D’accord, ce n’est pas mal.
    Lila MEGHRAOUA : Benjamin.
    Benjamin Des GACHONS : Rebonjour. Je suis responsable de la branche française de la plate-forme mondiale change.org, une plate-forme Web qui permet à chacun où qu’il soit de lancer, rejoindre et gagner des campagnes sur les causes qui lui tiennent à cœur, des sujets qui vont de l’environnement aux droits humains, à la justice et autres causes aussi bien nationales que locales. C’est un outil gratuit, où chacun peut lancer sa pétition que vous soyez un individu ou une association. Vous pouvez ainsi porter votre combat et recueillir facilement des suffrages par le fait que la plate-forme est intégrée dans les outils comme Facebook et Twitter qui permettent facilement la collecte de signatures, mais aussi bénéficier de l’accompagnement de nos équipes pour conseiller sur le plan stratégique et médiatique, et pour porter votre campagne avec des résultats tous les jours. Pour vous donner un exemple, récemment une pétition d'un jeune escrimeur qui a forcé France Télévision à revoir sa grille de programmes pour intégrer des émissions à heures de grande écoute concernant les jeux paralympiques qui étaient jusqu’ici ramenées à des 52 minutes à minuit que peu de gens risquaient de suivre pour une épreuve ma foi assez importante vu le succès qu’on a vu pour les JO juste avant.
    François SOREL : Oui, d'accord. Donc, vous avez aidé au retentissement du désir de cet internaute et de cet escrimeur en fait ?
    Benjamin Des GACHONS : Absolument. A la différence d'un site de posts ou de pétitions où finalement vous postez simplement votre pétition, ici vous bénéficiez d'un accompagnement gratuit pour vous conseiller, mieux formuler votre message, aller en parler auprès des médias et faire que votre message soit clairement entendu par les décideurs.
    Lila MEGHRAOUA : D’accord. Pour revenir à la Social Good Week, concrètement c’est quoi ?
    Ismaël Le MOUEL : Concrètement, c’est une semaine où on va mettre un coup de projecteur sur tous les projets qui utilisent les nouvelles technologies pour résoudre des problématiques sociales. Mailforgood et change.org sont deux exemples, mais il y en a des dizaines et même des centaines. Ce qu’on a fait en fait, c’est qu’on a fait une vingtaine d'événements un petit peu partout en France pour justement que ces projets puissent venir parler et présenter ce qu’ils font, et que finalement le grand public, les médias et les associations puissent connaître ces projets et s’en emparer.
    François SOREL : D’accord. Quel genre d'exemples d'événements ou d'animations y a-t-il durant cette semaine ?
    Ismaël Le MOUEL : On a un petit peu toute une palette d'événements. On s’est beaucoup évidemment inspiré et greffé de ce qui se fait sur le numérique classique. Donc, on a des hackathons, on a des tables rondes et on a des BeMyApp Weekends.
    François SOREL : Des ? Pardon ?
    Ismaël Le MOUEL : BeMyApp Weekends.
    François SOREL : BeMyApp.
    Ismaël Le MOUEL : BeMyApp, exactement.
    François SOREL : OK, d’accord. Je croyais que c’était un truc... un seul mot en fait tout accroché. Mais là, non, c’est BeMyApp.
    Ismaël Le MOUEL : Et puis, on a aussi une conférence inaugurale qui a lieu le 25 septembre à l’Université Paris Diderot, où on essaie vraiment de donner un élan à la semaine en faisant venir des talkers très prestigieux pour montrer justement des exemples très précis, mondiaux et très impactants qui font voir de façon très concrète que grâce aux nouvelles technologies, on arrive à avoir des impacts sociaux très larges.
    François SOREL : Très bien. Vous avez parlé de talkers, donc des orateurs en quelque sorte, pour tous ceux qui ne sont pas complètement bilingues. Justement, quelles sont les personnes qui vont prendre la parole ? Vous disiez qu’il y a des noms prestigieux.
    Ismaël Le MOUEL : On a Florence DEVOUARD qui est par exemple l’ancienne présidente de Wikipédia au niveau mondial et qui a remplacé en fait le fondateur de Wikipédia, la première à avoir remplacé le fondateur de Wikipédia, et qui va venir nous parler par exemple de comment est ce que l’open source dans le domaine solidaire arrive à vraiment avoir des impacts. Un exemple très concret, c’est par exemple un tracteur open source que quelqu’un a lancé et qui marche très bien en Afrique et en Inde. Vous pouvez construire vous-même votre propre tracteur. C’est un exemple. Il y en a aussi...
    François SOREL : On peut le faire évoluer, j’imagine, puisque c’est aussi le principe de l’open source.
    Ismaël Le MOUEL : Évidemment.
    François SOREL : Incroyable.
    Ismaël Le MOUEL : C’est un exemple. On a aussi Pierre-Emmanuel WIENINSKI (06:39) qui est le responsable digital du Programme Alimentaire Mondial et qui vient nous parler de toutes les logiques de financement participatif et de gaméification parce que le Programme Alimentaire Mondial en fait a lancé un site qui s’appelle Freerice et qui est en fait un serious game qui vous permet de financer le Programme Alimentaire Mondial. Vous répondez à des questions de culture générale ou sur le sport ou sur ce que vous voulez finalement. Et puis à chaque fois que vous répondez à une question, ça génère de l’argent pour le Programme Alimentaire Mondial.
    François SOREL : Ce n’est pas de l’argent virtuel, c’est du vrai argent qui est converti en riz.
    Ismaël Le MOUEL : Exactement, c’est tout à fait cela.
    François SOREL : C’est super, d’accord. Nous, on a le plaisir de jouer et en même temps on joue pour la bonne cause en fait.
    Ismaël Le MOUEL : Exactement.
    François SOREL : Il faut être plutôt bon alors parce que si on n’est pas terrible, on ne fait pas rentrer beaucoup d'argent. C’est cela le problème.
    Ismaël Le MOUEL : La logique de la Social Good Week, c’est de montrer qu’il y a des exemples mondiaux, mais qu’il y a aussi plein d'exemples aux niveaux locaux qui sont sur ces thématiques-là. Pour reprendre l’exemple de Freerice par exemple, il y a un site français qui s’appelle HappyLife, qui est un jeu sur Facebook et c’est la même logique. Vous jouez et vous générez de l’argent. Là, c’est un projet français. Donc, on essaie vraiment de montrer en fait que tout cet écosystème-là en France est en train d'éclore et on essaie de le structurer pour parler tous ensemble d'une même voix.
    Lila MEGHRAOUA : D’accord. Je me posais la question, Benjamin, vous qui représentez une structure qui est internationale finalement, change.org, où est ce qu’on en est en France concernant le numérique solidaire ? Est-ce que vous remarquez une différence de culture entre par exemple les US où le don en ligne explose actuellement et la France ?
    Benjamin Des GACHONS : Effectivement, c’est une question qu’on s’est posée quand on a lancé Change en français en mai dernier puisque Change existait dans le monde depuis 2007 avec énormément d'utilisateurs aux États-Unis. Actuellement, on a 20 000 000 d'utilisateurs dans le monde. Ce qu’on a remarqué, c’est que finalement tous ces outils numériques, Change ou autres, quand on les contextualise bien, ils rencontrent un succès assez phénoménal dans chaque pays, à condition justement qu’ils parlent dans un contexte local. Pour parler de l’exemple que je connais, la pétition, ce n’est pas un outil nouveau en France. En même temps, apporter quelque chose de neuf, une nouvelle forme de l’aborder, plus ouvert, plus participatif, ça permet de mobiliser. On le voit par le succès de la plate-forme Change en France. C’est le cas sur d'autres outils. Le don en ligne, je parle de sous le contrôle d'Ismaël, mais il y a beaucoup de structures innovantes en France et ça marche. Je connais personnellement aussi d'autres organisations qui fonctionnent énormément sur le don en ligne. Il y a vraiment une culture du don en ligne peut-être qu’on ne soupçonne pas et qui est en train de se développer en France.
    Lila MEGHRAOUA : D’accord. Ismaël.
    Ismaël Le MOUEL : Peut-être pour compléter ce qu’a dit Benjamin, je suis évidemment tout à fait d'accord sur le fait qu’il faut contextualiser et il faut que ça soit local. Sur le don en ligne par exemple, certains des auditeurs qui nous écoutent auront peut-être entendu parler de Causes qui est la première application de don dans le monde. Mais sur Causes, il y a très peu d'associations françaises. C’est pour ça que nous, on a monté Mailforgood, mais il y a aussi évidemment d'autres plates-formes, parce qu’aujourd’hui en fait vous avez une personne sur cinq en France qui a déjà fait un don en ligne, mais vous avez seulement 3 % de la collecte qui se fait en ligne. Ça traduit quoi ? Ça traduit le fait que les gens n’ont pas encore trouvé finalement l’endroit dans lequel ils ont confiance pour aller faire un don en ligne. C’est ça qu’on essaie de construire avec mailforgood.com.
    François SOREL : Il n’y a pas aussi un problème générationnel ? Peut-être que quand on est un petit peu plus vieux, on donne plus facilement, non ? Ce qui fait que si on est assez âgé, on n’est pas forcément, on va dire, au fait de toutes les nouvelles technologies et des outils du Web, non ?
    Ismaël Le MOUEL : Il y a évidemment aussi ce problème-là parce que la moyenne des donateurs en France, elle est au-dessus de 50 ans. Finalement, il y a un problème générationnel. Mais ce problème, il existe aussi aux États-Unis. Pourtant aux États-Unis, on est à plus de 10 % de la collecte qui est réalisée en ligne. Donc, il y a une marge de progression qui est très forte. Et puis même s’il y a un gap générationnel, les donateurs de demain seront des internautes.
    François SOREL : Voilà. Si on veut en savoir plus sur la Social Good Week, j’imagine qu’il y a un site.
    Ismaël Le MOUEL : Tout à fait, il y a un site. C’est socialgoodweek.com où on peut s’inscrire à l’ensemble des événements et puis où on peut aussi découvrir l’ensemble des partenaires parce qu’on n’en a pas parlé, mais ça me paraît important de le rappeler. C’est en fait un collectif, la Social Good Week, avec tout un ensemble de start-ups du numérique solidaire qui l’ont construit et avec aussi des grands partenaires comme SFR ou Suez Environnement ou des grands médias comme 20minutes. On a vraiment essayé de construire quelque chose avec l’ensemble de l’écosystème pour porter ce message que finalement, grâce aux nouvelles technologies, chacun peut devenir un acteur du changement.
    François SOREL : Très bien. Merci à tous les deux.
    Lila MEGHRAOUA : Merci à tous les deux.
    Ismaël Le MOUEL : Merci beaucoup.
    Benjamin Des GACHONS : Merci.
    François SOREL : Merci beaucoup. On revient dans un instant. La suite de l’Atelier, c’est dans une minute sur BFM Business. Ce sera notre rendez-vous avec la Start-up de la Semaine et notre Webstratégie. A tout de suite.

  7. 7 - Les invités de L'Atelier

    Start-up de la semaine, par Frenchweb :  Youscreenit

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business. Dans quelques minutes, on parlera de l’accès au Web en Chine, vous le savez, qui est très décrié. Ce sera notre rendez-vous avec Renaud EDOUARD-BARAUD. Mais pour l’instant, c’est notre Start-up de la Semaine en collaboration avec le site Frenchweb. Nous retrouvons justement pour la présentation de cette Start-up de la Semaine Lila MEGHRAOUA et Marion MOREAU.
    Marion MOREAU : Bonjour François, bonjour Lila. Vous allez bien ?
    Lila MEGHRAOUA : Super et vous ?
    Marion MOREAU : En pleine forme. Aujourd’hui, je vais vous parler de Youscreenit. Youscreenit, ça pose une question, c’est la question de la validation de la vidéo à distance. Est-ce que ça vous est déjà arrivé, Lila, vous qui êtes dans l’univers quand même pas loin de l’audiovisuel, de faire valider ou d'envoyer une vidéo et de savoir ce qu’en pensait votre interlocuteur par exemple ?
    Lila MEGHRAOUA : Effectivement, ça m’est déjà arrivé. C’est surtout très long et très fastidieux.
    Marion MOREAU : Effectivement, c’est long et fastidieux, je vous le confirme. Tous les professionnels aujourd’hui de l’audiovisuel le savent. Quand on fabrique une vidéo pour un client par exemple, ce qui est le cas de nombreuses sociétés aujourd’hui notamment en France, eh bien on doit la faire valider par son client bien sûr qui regarde évidemment ce que ça donne. C’est compliqué parce que c’est toute une série finalement d'échanges de mails. On passe par ce qu’on appelle un timecode, c'est-à-dire la durée de la vidéo du début jusqu’à la fin. Tout cela était très compliqué à monter en place et tout le process finalement de validation était compliqué. Aujourd’hui avec Youscreenit qui est lancé par Christophe RIPPERT, dont je vais vous parler un peu après et qui n’est pas n’importe qui, Youscreenit se lance, lance une vraie plate-forme en mode SaaS sur le cloud, permet finalement de pouvoir poster une vidéo – c’est vraiment une plate-forme très bien faite – et de pouvoir annoter et rajouter des commentaires. On va tout simplement pianoter avec son clavier sur la vidéo et pouvoir dire : « A ce moment-là, vous me rajoutez un sous-titre ; ici, vous mettez un peu plus d'habillages ». Comme ça, ça joue en fait vraiment une interaction entre celui qui fait la vidéo et celui qui l’achète et qui la valide. C’est vraiment nouveau.
    Lila MEGHRAOUA : C’est génial. Vous parliez de Christophe RIPPERT. Qui est-il ? Moi, ça me semble un peu familier.
    Marion MOREAU : Mais ça vous parle, Lila, ça vous parle. Christophe RIPPERT est une figure des années 90. On le connaît grâce à AB Productions, il a joué notamment dans Hélène et les Garçons, toute cette vague des séries télé d’AB Productions. Il est aussi chanteur musicien. Il a monté Happy End qui est en fait la maison mère entre guillemets de Youscreenit. Happy End est une société de production audiovisuelle. Donc, Christophe RIPPERT est quand même resté dans cet univers de la télévision et de la vidéo. Il développe, il va vers le Web et il fait des choses assez innovantes à l’instar de Youscreenit, où il va finalement... il a développé une partie R et D de sa société de production audiovisuelle Happy End pour monter Happy End Factory qui est vraiment une entité qui fabrique et fait des projets sur mesure high-tech, nouvelles technos, dont Youscreenit. Aujourd’hui, ils ont des clients comme Samsung, Havas Productions et Boucheron qui achètent de façon forfaitaire, je dirais, la prestation, le service de Youscreenit. C’est formidable parce que c’est pour eux un terrain nouveau et en même temps une vraie innovation techno comme on en voit assez peu dans la vidéo. Donc, c’est vraiment sympa.
    Lila MEGHRAOUA : D’accord. Ça veut dire que ça se décline comment ? C’est un logiciel propriétaire ou c’est un service qu’ils offrent, eux, en tant qu’agence à d'autres marques ? Comment ça se passe ?
    Marion MOREAU : C’est vraiment une interface unique, c'est-à-dire que Youscreenit, on va au moyen du Net tout simplement, de son serveur, de son navigateur, pouvoir aller se connecter, exporter directement depuis son banc de montage, je vais rentrer un peu dans le détail, Final Cut ou Avid, pouvoir exporter directement la vidéo sur cette interface et envoyer son lien au client avec, je n’en sais rien, la marque Youscreenit. Le client final va pouvoir aller valider directement en ligne en un clic. C’est du streaming, on est vraiment dans la techno streaming. C’est vraiment assez disruptif, on est content d'avoir fait cette découverte.
    Lila MEGHRAOUA : Merci.
    François SOREL : Merci à toutes les deux. On poursuit cet Atelier Numérique maintenant sur BFM Business avec notre rendez-vous Webstratégie. C’est avec vous Renaud EDOUARD-BARAUD.

  8. 8 - Webstratégie

    Avec Thomas Chabrières, DG de Shanghai Sideways

    Renaud EDOUARD-BARAUD : Je suis avec Thomas CHABRIERES pour une Webstratégie chinoise. Bonjour Thomas.
    Thomas CHABRIERES : Bonjour.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Vous êtes créateur et PDG de sideways.com. Est-ce que vous pourriez nous expliquer un petit peu le concept de votre société ?
    Thomas CHABRIERES : C’est un groupe qui agit aujourd’hui dans 4 villes chinoises, où nous faisons des city tours, des tours de ville, dans des vieux side-cars vintage, un peu comme ces motos qu’on voit dans la Grande Vadrouille, et aussi des expéditions longue distance dans des coins reculés de Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Ce sont des side-cars qui étaient au départ utilisés par l’armée chinoise, c’est ça ?
    Thomas CHABRIERES : En fait, l’origine de ces motos remonte aux BMW de la 2ème Guerre Mondiale. Après la 2ème Guerre, les Russes ont récupéré ces motos et ont créé une autre marque qu’ils ont appelée Ural. En 57, KHROUCHTCHEV a fait un transfert de technologie vers Mao, où il a donné dans le transfert les plans de la moto que l’armée a utilisés jusqu’en 1997.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Vous êtes présents dans ces 4 villes. Quels sont vos clients principaux ?
    Thomas CHABRIERES : À 99 % des occidentaux. Nos marchés principaux, la première nationalité, ce sont les Français. Mais la première langue parlée va être l’anglais avec énormément de Néo-zélandais, d'Australiens, de Nord-américains et d'Anglais, donc des citoyens d'absolument partout.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Quand on entend ça, on se dit que tout ce qui est attrape-client sur le Web doit se faire sur le Web et les technologies occidentales.
    Thomas CHABRIERES : Oui, tout à fait. On n’est absolument pas présent sur le Web chinois puisqu’on n’en a pas vraiment besoin. Donc, on est plus sur les réseaux sociaux effectivement occidentaux.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Est-ce que ça vous sert d'ailleurs à attraper les clients ?
    Thomas CHABRIERES : Au début quand on s’est lancé évidemment, c’était pour attraper les clients. Et puis, on s’est retrouvé face à une problématique assez unique, c’est que nous avions trop de clients. Or, la manière dont nous avons monté notre entreprise, nous ne souhaitons pas nous développer à l’infini et avoir des dizaines de milliers de clients par an. Donc, nous avons dû revoir notre stratégie pour mieux qualifier notre clientèle et pour plutôt lancer un dialogue avec notre clientèle pour perfectionner nos tours, plutôt que de ramener des nouveaux clients puisque maintenant l’affaire est lancée et on ne travaille pas trop mal. Rien que le bouche-à-oreille en fait suffit à alimenter nos besoins hebdomadaires.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Cette interaction justement se fait comment ? On la fait sur Facebook ? On la fait directement sur le site via des messageries instantanées ?
    Thomas CHABRIERES : Sur Facebook, nous avons effectivement des pages de fans. Maintenant, on n’a pas encore vraiment compris comme se servir de Facebook au mieux. Donc, on explore. Déjà, je pense qu’on a fait une erreur, c’était d'avoir une page de fans par ville. On n’aurait dû en faire qu’une seule pour toutes les villes. C’est beaucoup d'échanges mail avec les clients, c'est-à-dire qu’on a des templates de mails avec des feedbacks. Il y a toujours systématiquement un call for action quand on reçoit un retour d'un client. C'est-à-dire que si le retour est négatif, il faut qu’il y ait au moins deux actions qui soient lancées. On tient le client au courant et on le remercie. Si le retour est positif, on ouvre le champagne, on est content et on passe au prochain.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Vous avez pas mal passé d'accords avec des hôtels et avec des grandes entreprises justement pour qu’elles vous amènent du trafic. Toutes ces démarches-là en Chine se font comment ? Est-ce que ce sont des démarches que l’on peut faire d'un point de vue électronique ? Est-ce que ça peut être du référencement naturel ? Ou est-ce que là, ce sont uniquement des actions physiques « je vais voir des gens, je prends rendez-vous au téléphone et c’est parti » ?
    Thomas CHABRIERES : Ça se fait à plusieurs niveaux. Déjà, on a eu beaucoup de chances, c’est que ce sont en général les tour-operators et les hôtels qui sont venus nous voir puisqu’ils sont toujours demandeurs de nouveaux services et que le nôtre est assez innovant. Donc, ils sont venus nous voir. Après, les échanges pour les tour-operators en général se font par mail puisqu’ils ne sont pas forcément sur place. Ils sont un peu partout dans le monde. Les hôtels effectivement, il y a une rencontre physique. En général, on peut faire un tour ou deux. Et puis après, ils le recommandent. Là où on retourne dans du numérique, c’est que les hôtels très souvent nous incluent dans des offres packagées de week-end : « Venez vendredi et samedi soir et on vous offre un tour en side-car par exemple ».
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Si on finit maintenant sur les petites start-ups de la Californie, vous êtes présents sur quoi ?
    Thomas CHABRIERES : Les types de médias sociaux sur lesquels nous sommes présents : Twitter. On vient de créer un compte sur Pinterest et on est sur Instagram et LinkedIn.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Merci beaucoup, Thomas CHABRIERES. Je rappelle que vous êtes le créateur et patron de Sideways.
    François SOREL : Renaud, merci. On revient dans un instant. Renaud, on vous retrouve dans une minute justement depuis la Chine pour notre sujet sur l’accès au Web en Chine avec vous et votre invité. A tout de suite.

  9. 9 - Les Envers du Milieu

    L’accès au web en Chine. Avec Loïc Hennocq, Ecritel

    François SOREL : L’Atelier Numérique qui va vous faire voyager. Dans un petit quart d'heure, nous serons du côté de San Francisco avec Alice GILLET pour notre Dossier de l’Atelier. Elle va nous parler de TechCrunch Disrupt depuis San Francisco. Et puis juste avant, écoutez, on va pratiquement à l’autre bout du monde puisque nous sommes en Asie, en Chine plus précisément. On va parler maintenant avec vous, Renaud EDOUARD-BARAUD, de l’accès au Web en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Je suis au 9e étage d'une tour près du (00:34) Hôtel. C’est le siège de l’Atelier. Je suis avec Loïc HENNOCQ qui est china director, donc on peut dire directeur Chine, d’Ecritel. Bonjour Loïc.
    Loïc HENNOCQ : Bonjour Renaud.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Chers auditeurs, nous allons parler hébergement. Nous allons parler CDN, serveur aussi peut-être. Donc, ne fuyez pas. Il n’est pas question de parler de technique, mais des conséquences que finalement le métier de Loïc, c’est de faire de l’hébergement de serveur et de la distribution de contenu Web. Globalement, c’est ce que voit l’internaute quand il arrive devant son PC et qu’il va sur un site Web. C’est ça ?
    Loïc HENNOCQ : Oui, c’est exactement ça. La première chose qui est surprenante en Chine lorsqu’on est sur Internet, c’est qu’on n’a pas accès à tous les sites Web, c'est-à-dire que le premier rapport et constatation, c’est que les sacro-saints Facebook, Twitter et YouTube ne fonctionnent pas en Chine. Donc, c’est déjà une petite censure. La deuxième constatation, c’est que tous les sites qui sont hébergés en dehors de la Chine continentale sont très lents, c'est-à-dire qu’on ne peut pas accéder... si vous accédez sur des sites comme TF1 ou des sites grand public à partir de la Chine, c’est très lent.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Qu'est-ce qui explique justement cette lenteur ? C’est le fait qu’il y ait des liens vers Facebook et des liens vers Twitter qui gêne le téléchargement de la page ?
    Loïc HENNOCQ : La Chine en fait a ce qu’on appelle un grand pare-feu, c'est-à-dire que c’est un système de censure qui filtre toutes les communications Internet entre la Chine et le reste du monde. Donc à partir du moment où vous filtrez les communications, que vos serveurs sont basés par exemple en France, si vous voulez y accéder depuis la Chine, il va être très lent. Dans certains cas, si par exemple votre page Web comprend un lien vers Facebook qui l’a complètement bloqué, le site va être arrêté.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Il y a toujours cette barrière entre le Nord et le Sud de la Chine, c’est-à-dire que si jamais si vous voulez adresser des consommateurs au Nord ou des consommateurs au Sud, vous ne devez pas héberger votre site de la même façon ?
    Loïc HENNOCQ : Effectivement en plus, l’hébergement, la Chine, c’est un très grand pays. Il y a deux fournisseurs Internet et télécoms principaux qui sont concurrents, c'est-à-dire qu’il y en a un qui est très fort dans le Nord de la Chine et un dans le Sud de la Chine et les deux ne communiquent pas forcément. Donc, l’emplacement de vos serveurs va être prépondérant parce que vous devez accéder lorsque vous faites du e-commerce à l’ensemble de la Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Souvent, on pense peut-être à tort, mais à mon avis non, que le gouvernement chinois est très proche des fournisseurs de technologie chinois. Ils ne font rien pour essayer d'aplanir ces différends qui finalement desservent aussi la croissance de son innovation sur place ?
    Loïc HENNOCQ : Le gouvernement intervient au niveau de la régulation et au niveau du contenu des sites. Après, il a deux gros poids lourds de l’Internet et des télécoms. Donc, il joue un peu aussi de ça pour les mettre un peu en concurrence et améliorer finalement la capacité et la qualité des réseaux aussi. Avec un seul réseau, je pense que la Chine n’aurait pas un réseau de télécommunications tel qu’il a maintenant.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Imaginons que je suis un internaute français. Je me déplace en Chine, je vais dans un cybercafé ou à l’hôtel je surfe. Est-ce que je vais obtenir la même vitesse à page équivalente si on prend deux sites qui ont à peu près les mêmes caractéristiques en-dehors des liens Facebook, etc. ? Est-ce que je vais surfer à la même vitesse ? Est-ce que finalement les Chinois en sont arrivés à la même maturité technologique ?
    Loïc HENNOCQ : Si votre site est hébergé en Chine, oui, vous allez surfer d'une façon très rapide. Il y a des chiffres qui sont assez parlants, c'est-à-dire que si votre site est hébergé en Chine, en gros vous allez avoir une page qui s’affiche en 8 sec. Si votre site est hébergé hors de Chine, ça va mettre entre 30 et 40 sec, voire 1 min pour s’afficher. Donc en Chine, pour les sites chinois en chinois, c’est très rapide. Les Chinois ne se rendent pas compte qu’il y a une barrière, qu’il y a un filtrage. Mais pour les sites étrangers, si vous voulez consulter de Chine, ça va être très lent, d’où l’intérêt d'héberger. C’est là notre métier en fait d'héberger les serveurs Web pour le e-commerce en Chine, sinon c’est complètement inutilisable.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On va parler un petit peu des dessous de votre métier. Comme on le disait, vous êtes hébergeur, c’est-à-dire que pour expliquer rapidement et sans dire des mots techniques – c’est interdit – déjà, est-ce que... On parle souvent de cloud, d'informatique dans les nuages, de gros serveurs qui hébergent des sites. En France, il y a des guéguerres pour savoir qui va avoir le cloud français. Mais vous, le cloud chinois, il est où ?
    Loïc HENNOCQ : Oui, le cloud, c’est quand même un terme un petit peu marketing pour reprendre en fait le fait que l’on mette les données dans des banques de données qui sont accessibles après de n’importe où, c'est-à-dire sur un PC, sur un téléphone, sur une tablette. On en fait tous depuis des années. Maintenant, on industrialise un peu plus le cloud, notamment en Chine. On est un des seuls acteurs français à fournir des solutions de cloud computing et d'hébergement en Chine, mais la Chine rattrape bien son retard. Le principal moteur de recherche chinois qui est Baidu, qui est l’équivalent de Google en Chine, vient d'annoncer qu’il allait faire plus de 1 500 000 000 d'investissement dans le cloud computing en Chine. Donc, c’est quelque chose qui est en train de se développer à une croissance très forte, qui est à l’échelle de la Chine. Il y a 10 ans, il n’y avait pas d'Internet en Chine. Maintenant, on a des investissements et on a des villes complètes qui se construisent, qui sont basés... qui ne sont que des villes qui sont composées d'ordinateurs et de serveurs juste pour faire du cloud computing ou de l’hébergement de sites Internet.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Vous alors justement, où sont-ils vos serveurs ?
    Loïc HENNOCQ : Nous, ils sont basés à Shanghai. On les met dans des data centres des deux principaux fournisseurs Internet de Chine, China Unicom d’un côté et China Telecom de l’autre. Pourquoi deux ? Pour une histoire de redondance d'une part, mais aussi deux parce que justement avec les deux data centres, on peut couvrir toute la Chine. Nos machines, ce sont nos machines, nos serveurs. On les met dans ces data centres. C’est compliqué parce que ce sont des data centres très gros, très sécurisés. Mais c’est aussi une sécurité parce que dans ces data centres, on va trouver les principales assurances, les principales banques, le gouvernement chinois. Donc, la sécurité physique des data centres est assurée. Il est gardé par l’armée d'ailleurs.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Oui, mais est ce qu’on n’a pas peur que ces données confidentielles soient espionnées par le gouvernement chinois ? On n’a rien contre le gouvernement chinois, le gouvernement américain fait la même chose avec Echelon. Le gros principe de dire « On va créer un cloud français », c’est justement pour éviter l’intervention de puissances étrangères. Est-ce que le fait pour des entreprises françaises ou européennes de mettre leurs données dans votre cloud, ce n’est pas s’exposer à ça, à l’intervention d'une puissance étrangère ?
    Loïc HENNOCQ : Je pense en fait qu’il y a plusieurs phénomènes, c'est-à-dire que si une puissance étrangère s’intéresse à votre technologie en Chine, le fait qu’elle soit dans un data centre ou le fait qu’elle soit dans votre entreprise, elle ira. Ce qu’on limite en fait là surtout, c’est le fait d'avoir toutes les données centralisées dans une entreprise dans un pays tel que la Chine, avec un directeur technique ou informatique chinois, qui accède finalement très facilement à vos données. Là s’il y a un risque d'espionnage industriel, il est beaucoup plus facile d'acheter le directeur informatique qui va vous piquer vos données et les vendre à la concurrence que d'aller dans le data centre où se trouvent les grandes banques principales chinoises pour aller sur le serveur qui va bien. Ce n’est pas impossible, rien n’est impossible effectivement, mais vous limitez quand même sérieusement le risque d'espionnage industriel en mettant vos données dans des data centres sécurisés.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On va continuer avec China Telecom et China Unicom. Est-ce qu’ils arrivent à comprendre un petit peu les spécificités et les exigences européennes ou américaines qu’on demande pour les hébergeurs ? Est ce qu’ils sont au même niveau ou est-ce qu’il y a des choses encore qui pêchent et là vous avez vraiment du mal à vous faire comprendre ?
    Loïc HENNOCQ : Les hébergeurs chinois ne sont pas du tout au niveau des hébergeurs occidentaux. Il y a deux choses dans l’hébergement. Il y a l’emplacement physique où on met ces serveurs. Donc, c’est le bâtiment, c’est la sécurité, c’est l’électricité, la ligne internet. Et puis, il y a la partie ce qu’on appelle infogérance, c'est-à-dire qu’une fois qu’on a mis les serveurs, il faut faire en sorte qu’ils fonctionnent et que tous les applicatifs fonctionnent. Clairement sur la première partie, les infrastructures, la Chine met les moyens et elle met la sécurité. Il n’y a pas tellement de soucis. Sur la partie infogérance, donc la gestion au jour le jour des serveurs, là clairement il y a un gros gap. C’est là aussi notre valeur ajoutée, c’est qu’on va faire de l’infogérance avec les normes qualité occidentales en Chine.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Comment on arrive à faire de la qualité occidentale avec des infrastructures qui sont gérées par des Chinois qui n’ont pas la même vision ou la même problématique ?
    Loïc HENNOCQ : C’est là en fait la difficulté et c’est aussi notre métier, c’est de gérer nos deux data centres pour leur demander exactement ce que l’on veut. C’est aussi la difficulté d'héberger en Chine, ce n’est pas uniquement la partie maintenance ou mettre en place des serveurs. C’est aussi obtenir ce que l’on veut et obtenir ce que l’on veut dans la durée, c'est-à-dire qu’il ne faut pas que ce soit pendant 2 mois une sale situation et après 2 mois on nous dit : « Non, ce n’est plus possible ». Donc, c’est un travail au jour le jour qui nécessite de l’expérience technique, mais aussi de l’expérience de la Chine et de négociation avec les Chinois.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : On suppose, puisque vous êtes une filière chinoise d'une entreprise française, que vos clients sont la plupart du temps européens ou internationaux. Déjà, un, est ce que j’ai raison ? Et deux, est ce que vous arrivez à avoir des clients chinois ?
    Loïc HENNOCQ : Notre cible principale effectivement, ce sont les clients d'abord occidentaux pour une raison de simplicité, c'est-à-dire qu’on se développe commercialement d’un point de vue marketing. Donc, on adresse d'abord les clients occidentaux. Par la suite, on va effectivement adresser, je pense peut-être les clients chinois. Ça demande une adaptation particulière. Il faut des commerciaux chinois et il faut peut-être un réseau de distributeurs chinois, même pour des services comme les nôtres. Donc, c’est plutôt une deuxième étape. Mais c’est vrai qu’on a déjà eu des touches d'une grosse société française qui a de gros sites Web en chinois ici et qui a une division chinoise de la société. Pour le coup là, c’est vraiment une société qui est dirigée par des Chinois en Chine et qui est managée à la chinoise. Donc, on attend, mais c’est peut-être la prochaine étape, oui.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : C’est-à-dire que vous n’avez même pas une touche d'une vraie société chinoise, c'est-à-dire d’une pure société chinoise qui n’aurait aucun lien avec l’international ?
    Loïc HENNOCQ : Non parce que si on regarde bien l’informatique des sociétés chinoises, elles sont... la sécurité et la disponibilité des données, ce n’est pas quelque chose qui est très important pour elles. Donc, elles ne voient pas la valeur à payer un service qui est plus cher pour assurer cette disponibilité des données ou la sécurité des données.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Comment on explique ça ? Il ne faudrait surtout pas qu’on donne l’image d'une société chinoise bête ou ignorante. C’est même plutôt l’inverse, c’est des gens très affûtés. Qu'est-ce qui fait qu’ils ne voient pas leur intérêt ? Vers quoi ils se concentrent justement pour oublier cette partie-là ?
    Loïc HENNOCQ : Ils ont une vision court terme d'un point de vue marketing ; ils ont une vision à court terme d'un point de vue investissement, y compris d'un point de vue investissement informatique. Donc, il n’est pas rare d'entendre notamment sur Shanghai des histoires où on retrouve les bases de données client de sociétés qui sont revendues à des journaux pour faire du spam derrière. Ça arrive tous les jours. Ce n’est pas naturellement le réflexe des Chinois de voir sur le long terme et c’est vrai dans le marketing. Dans le marketing, les Chinois commencent à faire des progrès, mais ne voient pas l’intérêt de faire du marketing. Ils voient à court terme. Dans l’informatique, c’est un peu la même solution.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Et les internautes, ils s’en fichent, c’est-à-dire que globalement ils surfent sur des sites qui ne sont pas sécurisés, avec des systèmes où ils peuvent perdre leurs données ? Ce n’est pas non plus une préoccupation ?
    Loïc HENNOCQ : La grande majorité n’a aucune conscience de ce qui peut être fait de leurs données. Ils utilisent effectivement les données via leurs téléphones portables, via les systèmes de paiement bancaire ou des Taobao – ce sont des systèmes d’achat d'achats groupés. Ils n’ont aucune notion du domaine d'insécurité au niveau des données. Le pendant de ça quand je dis qu’il faut modérer ce que je dis, parce que lorsque vous voulez acheter avec votre carte bancaire chinoise sur des sites comme Taobao qui est le numéro un dans la vente groupée en Chine, c’est quand même un casse-tête, c'est-à-dire qu’il y a des sécurités que je n’ai jamais vues en Europe, ni aux États-Unis, simplement pour pouvoir payer 20 yens. Il y a des tokens, il y a des sécurités dans tous les sens, il faut déclarer sa carte d'identité. Donc, il y a un excès de sécurité au niveau des banques parce qu’ils savent que de l’autre côté, ça peut être piraté en permanence.
    Renaud EDOUARD-BARAUD : Écoutez, merci beaucoup pour cet aperçu de l’Internet chinois. Je rappelle, Loïc, que vous êtes patron en Chine d’Ecritel. Merci encore.
    François SOREL : Renaud, merci. On revient dans un instant. La suite de l’Atelier Numérique sur BFM Business, c’est dans une minute. À tout de suite.

  10. 10 - Le dossier de l'Atelier

    Débrief de Tech Crunch Disrupt depuis San Francisco! Avec Valentin Squirelo et Arnaud Coomans de Tactilize, et Gwendall Esnault, entrepreneur

    François SOREL : Dans quelques minutes nous irons du côté de la rédaction de 01net.com avec Éric Le BOURLOUT pour retrouver l’actualité que vous avez pu lire cette semaine sur 01net.com. Mais, dans l’immédiat, direction San Francisco pour notre Dossier de l’Atelier de cette semaine avec vous Alice GILLET.
    Alice GILLET : Oui, François. Alors, écoutez, comme vous le savez donc l’Atelier Numérique couvrait TechCrunch Disrupt et bien pour la première fois donc à San Francisco. Et j’ai chopé au passage dans les allées quelques français et Belges en tout genre pour faire un petit débrief de la conférence, voilà pour nos auditeurs, histoire que vous puissiez voir un petit peu ce que ça a donné. Et donc, avec moi à TechCrunch Disrupt Valentin.
    Valentin : Tout à fait. Bonjour.
    Alice GILLET : Arnaud.
    Arnaud : Bonjour.
    Alice GILLET : Et Gwendall.
    Gwendall : Oui, bonjour.
    Alice GILLET : Alors, on va faire un petit tour de table rapide, est-ce que vous pourriez nous raconter juste un petit peu qui vous êtes et d’où vous venez ? Gwendall.
    Gwendall : Oui, alors j’ai grandi à Paris. Je suis parisien d’origine, mais j’ai déménagé à New York il y a environ un an. Et je suis dans l’internet, je suis designer et je suis simplement venu à San Francisco pour l’évènement.
    Alice GILLET : Juste pour TechCrunch Disrupt ?
    Gwendall : Simplement pour Disrupt. C’est quand même une occasion, c’est un évènement qui vaut le déplacement, donc oui.
    Alice GILLET : Oui. C’est une grosse conférence quand même TechCrunch Disrupt.
    Gwendall : C’est, c’est vraiment principalement donc pour ce qui est Tech vraiment l’Internet, c’est la conférence de référence, c’est vraiment ce qu’il y a de plus gros. Il y a le web également, la conférence avec Loïc Lemeur (01:35) à Paris qui assez intéressante mais ça reste à San Francisco aux États-unis la plus grosse conférence. Donc, oui, ça vaut le coup.
    Alice GILLET : Valentin.
    Valentin : Donc, je suis le cofondateur de Tactilize qui est une plateforme et une application iPad qui permet de créer du contenu interactif. Et donc je suis ici maintenant à San Francisco. Je vis ici depuis quelques semaines.
    Alice GILLET : Bienvenu à San Francisco.
    Valentin : Merci.
    Alice GILLET : Et Arnaud.
    Arnaud : Oui donc, moi je suis aussi cofondateur de Tactilize. Et moi ça fait en fait un petit bout de temps là que je suis là, ça fait bientôt un an, et toujours travailler dans les start-ups. Voilà maintenant avec la grande équipe de Tactilize avec qui on construit une belle aventure ici.
    Alice GILLET : Alors Gwendall. Toi, tu as assisté au Hackathon de TechCrunch Disrupt. Donc il y a la conférence mais avant il y a Hackathon, est-ce que tu peux nous raconter un petit peu, où est-ce que c’était ce Hackathon, à quoi ça consistait ?
    Gwendall : Oui bien sûr. Alors pour les personnes qui ne connaissent pas le terme Hackathon qui peut être un peu barbare, en gros l’idée c’est de réunir des personnes pendant 24 heures qui ne se connaissent pas nécessairement et de construire une application, vraiment une plateforme, produit Internet en un temps restreint, donc en 24 heures en occurrence. Donc oui, j ‘ai fait cet événement qui était le week-end, week-end dernier simplement avant la conférence. Et c’était vraiment intéressant, c’est des centaines de personnes qui se réunissent des quatre coins du monde, qui collaborent, qui travaillent ensemble, qui forment des groupes pour construire des applications pas nécessairement toujours utiles, mais vraiment l’idée de s’amuser, voilà, de rencontrer des gens, de networker, de passer un moment.
    Alice GILLET : On peut te demander ce que tu as construit justement ?
    Gwendall : Bien sûr oui. Ce n’est pas l’application nécessairement la plus utile au monde.
    Alice GILLET : Oui, mais c’est un peu le but d’un Hackathon, c’est de construire un prototype.
    Gwendall : L’idée étant, le principe étant qu’il y ait des sponsors en fait, des compagnies qui viennent proposer leurs données et leurs plateformes et en gros l’idée est que les développeurs se servent de ces données que ces sociétés mettent à disposition. Donc en l’occurrence on s’est servi des données d’une plateforme qui propose une base de données de menu de restaurants. Donc on a cherché une idée pour utiliser ces données. Donc en fait voilà, on s’est dit qu’il y avait un vrai problème au niveau du restaurant, de la manière dont les gens dînaient. C’est que 1) à la fin du dîner, il y a toujours quelqu'un qui doit payer, mais c’est toujours assez compliqué de décider qui doit payer. Donc on a simplement fait une application qui permet de rentrer ce que les personnes ont pu dîner, d’indiquer qui a mangé, donc on connecte avec Facebook, et c’est une application qui va au hasard choisir une personne qui doit payer l’addition à la fin du repas.
    Alice GILLET : Et alors ça a été apprécié par les membres du jury qui sont en général assez incisifs, et pas forcément hyper sympas.
    Gwendall : Ça a été apprécié mais par la foule on a eu le bon feed-back, les personnes ont trouvé ça plutôt marrant. On est assez content du nom d’ailleurs, c’est Cadrolet (04:18).
    Alice GILLET : Cadrolet (04:19).
    Gwendall : Cadrolet.me (04:21). Donc c’est là, vous pouvez vérifier, vous pouvez aller jeter un coup d’œil.
    Alice GILLET : Et alors Valentin et Arnaud, vous, vous apportez un point de vue un tout petit peu différent puisque vous étiez ici, si j’ai bien compris, pour présenter en fait votre nouveau produit. Et vous aviez un petit stand. Vous pouvez nous raconter un petit peu ce qui se passe quand on est dans un stand, comment ça marche ?
    Valentin : C’est clair que TechCrunch Disrupt est une vraie opportunité pour nous puisque pendant trois jours on a plusieurs milliers de personnes, tout l’écosystème qui est ici, les médias de références, les investisseurs, tout le monde est rassemblé, donc avoir la chance d’avoir un stand, bon pour le coup c’est un seul jour, mais il nous a permis vraiment de rencontrer plusieurs centaines de personnes, pitcher plusieurs centaines de fois en une journée. On était venu aussi en masse puisqu’on est sept personnes, dont quatre qui sont venus de France pour l’évènement. Et donc ça nous a permis vraiment de prendre énormément de contacts, de travailler le pitch, et de vraiment avancer et passer une step au-dessus. Donc c’est vraiment quelque chose qui est très positif et que je recommande à toutes start-ups, que vous viviez ici ou en France, c’est une vraie opportunité de pouvoir venir ici puisque tout le monde est là, tout le monde est abordable, il suffit d’aller attraper les personnes qui vous plaisent, on lit le badge on se rend compte que c’est tel investisseur, tel investisseur, hop on fonce et ça y est, on est là en train de pitcher. Donc vraiment quelque chose qui permet d’accélérer l’histoire quand on est une start-up.
    Alice GILLET : Arnaud, comment est-ce qu’on fait pour avoir un booth à TechCrunch Disrupt ? Est-ce qu’il y a des conditions ? Est-ce que toute start-up peut venir ici présenter son produit ?
    Arnaud : Je pense que ce qui compte c’est d’avoir un bon produit et après…
    Alice GILLET : Parce qu’il y a une sélection ?
    Arnaud : Je ne sais plus exactement, c’est Valentin.
    Alice GILLET : Alors Valentin.
    Valentin : En fait à vrai dire, il faut ne pas avoir ne pas avoir levé plus d’un million en founding.
    Alice GILLET : Pourquoi ? Parce que l’objectif c’est quoi ? C’est vraiment de repérer les toutes nouvelles start-ups en fait ? Oui, Arnaud.
    Arnaud : Oui, c’est ça. C’est plutôt les petite start-ups qui sont en train de démarrer. Et alors je pense qu’il y avait aussi un concours ici à la start-up allée où il y a la possibilité de voter, donc où il y a un moyen pour les participants de voter et éventuellement de participer demain à la battle je crois qu’ils appellent ça. Le battlefield, c’est ça.
    Alice GILLET : Valentin.
    Valentin : Oui, il n'y a pas de temps des sélections, c’est même une offre spéciale de TechCrunch, justement le but c’est d’amener les start-ups qui vont lancer un produit ici, qui sont en prélancement comme c’est notre cas, on faisait notre pre-launch. Et donc l’idée est vraiment d’amener, voilà, les tous nouveaux produits, que ça soit la première fois où on les présente, que ça soit à TechCrunch Disrupt, soit isl font des offres très intéressantes pour pouvoir avoir un stand et c’est l’offre qu’on a saisie.
    Alice GILLET : Globalement, le niveau des start-ups qu’il y a ici, vous le trouvez comment ? Gwendall.
    Gwendall : Globalement le niveau est assez bon. C’est vrai que c'est une ville dans laquelle il y a vraiment de très bons designers, très bons développeurs, c’est un évènement dans lequel le ticket d’entrée est quand même assez élevé. Donc si les personnes viennent ici c’est qu’elles ont nécessairement un intérêt assez important dans la tech. Donc oui, généralement le niveau est assez élevé, les start-ups sont plutôt de qualité.
    Alice GILLET : Valentin, tu voulais ajouter quelque chose.
    Valentin : Non, c’est vrai que les gens qui viennent ici, c’est vrai qu’ils ont le niveau élevé. On ne vient pas à TechCrunch Disrupt pour rien, c’est qu’on se sent prêt, c’est qu’on veut présenter le produit et saisir l’opportunité. Donc clairement je pense qu’il y a un certain niveau à l’entrée avant de venir ici. Alors on a fait le tour nous, parce qu’on a quand même à explorer toutes les start-ups, il y a beaucoup de très bons produits qui vont arriver sur le marché. Il y a toujours cette grande question vu qu’on n’est face qu’à des produits qui se lancent, ce n’est qu’une question de traction du nombre de User qui vont l'adopter (07:53). Notre problématique comme ça l’est pour toutes les start-ups présentes ici, c’est vraiment comment on va atteindre un nombre d’utilisateurs suffisant pour voir pouvoir vraiment se développer. Et c’est vrai qu’à coup sûr sur les 100 start-ups qui ont présenté ici, je pense que dans deux ans il n’y en aura plus que cinq ou quatre qui existeront, mais c’est la vie de l’écosystème et c’est l’enjeu quoi, c’est être sur un niveau d’excellence tel qu’on passe dans le haut du panier.
    Alice GILLET : Et alors, effectivement c’est des start-ups qui démarrent mais néanmoins même si elles ne vont peut-être pas toutes survivre, et bien ça permet quand même d’avoir une bonne idée de ce qui se fait en ce moment et de tester les eaux, de voire un peu la température de l’écosystème. Est-ce qu’il y a une tendance ou plusieurs tendances qui vous ont marqués ? Moi j’ai remarqué pas mal de start-ups sur la santé, est-ce que vous, vous avez remarqué des choses qui vous ont frappé ? Arnaud.
    Arnaud : Oui, moi j’ai l’impression d’avoir vu pas mal de jeux en fait, ça c’est la première chose. Il y avait aussi pas mal de chose sur du referral (08:51), des applications sociales encore et toujours. Voilà. Moi, j’ai repéré beaucoup ça en fait oui.
    Alice GILLET : Et alors un des thèmes aussi, un des mots de l’année à TechCrunch Disrupt c’était « Enterprise is sexy », donc un peu l’émergence du B2B et de tous les services B2B. C’est quelque chose qui vous a frappé aussi ? Gwendall.
    Gwendall : C’est vrai que sur le segment de l’enterprise, c’est vrai que c’est quelque chose qui n’était pas sexy par définition, enfin c’est quelque chose qui n’attirait pas nécessairement les entrepreneurs, notamment les jeunes entrepreneurs. Mais donc de plus en plus, c’est vrai qu’il y a un segment sur lequel il n’y avait pas énormément d’offres et sur lequel il y avait des opportunités à saisir. Donc c’est vrai qu’on voit pas mal de start-ups se positionner sur ce créneaux et essayer vraiment d’insister sur tout ce qui est expérience utilisateur et essayer de rendre ces plateformes plus conviviales, plus facile d’utilisation, sachant que… Voilà, c’était simplement de gros groupe comme la Microsoft notamment qui trustait (09:43) un petit peu ses marchés en proposant des produits pas nécessairement ergonomiques et simples d’utilisation, donc oui c’est une tendance assez intéressante oui.
    Alice GILLET : Et alors juste dernière question et après on retourne tous à nos (09:55) parce que c’est la fin de la journée, il faut se récompenser. Et la soirée effectivement chez Zynga je crois. Donc ma question, donc il y a eu énormément aussi de speaker, vraiment de très haut niveau, Ron CONWAY, Jack DORSEY, Mark ZUCKERBERG par exemple. Donc est-ce que vous avez vu une de ces conférences. Et si oui, laquelle vous avez aimé, ou est-ce que vous avez des réactions par rapport à tout ça, Arnaud.
    Arnaud : Oui, moi je souris parce qu’en fait non, je n’ai absolument rien vu du tout. Et en fait parce que, nous, avec Tactilize en tout cas, on n’est pas tellement pour, on est plus là pour présenter notre propre produit pour récolter des feedbacks, pour discuter avec des investisseurs, etc. Donc oui, il y a un beau panel de gens mais on n’a pas eu tellement l’occasion de profiter de ça.
    Alice GILLET : Dur, dur la vie de Tactilize à TechCrunch Disrupt, Gwendall.
    Gwendall : J’ai assisté à quelques conférences, cet après-midi j’avis vu Mark ZUCKERBERG qui présentait. C’est relativement intéressant en ce qui le concerne, ça tournait beaucoup autour de « l’IPO et de la relative échec de son IPO et de son introduction en bourse. Mais c’est généralement assez intéressant, il y a eu Jack DORSEY, le fondateur de Square.
    Alice GILLET : Qui était vraiment bien.
    Gwendall : Qui était vraiment bien, qui a vraiment fait une présentation, qui inspirait les foules et qui était relativement intéressante. Donc généralement le niveau est assez bon pour tout ce qui est présentation.
    Alice GILLET : Merci à tous les trois, je rappelle que nous étions avec Valentin, Arnaud et Gwendall ici à TechCrunch Disrupt, peut-être qu’on se croisera à nouveau l’année prochaine qui sait. Merci à tous les trois.
    François SOREL : Alice GILLET Merci. On revient dans un instant, l’actualité lue sur 01net.com dans un instant avec Éric Le BOURLOUT, et puis juste après ça sera le Silicon Carnet et le Crash Test d’Antoine SIRE, à tout de suite.

  11. 11 - News 01Net

    François SOREL : L’Atelier Numérique sur BFM Business, comme chaque week-end, vous le savez, toute l’actualité des nouvelles technologies vues par toute l’équipe de l’atelier. Sachez maintenant que nous allons faire un petit détour du côté de la rédaction de 01net.com comme chaque semaine d’ailleurs et c’est avec Éric Le BOURLOUT qui est journaliste à 01. Bonjour Éric.
    Éric Le BOURLOUT : Bonjour.
    François SOREL : Alors quelques uns des titres de l’actualité que vous avez pu lire cette semaine sur 01, et on va commencer par le gros morceau de cette semaine, c’est l’annonce de iPhone 5. On en parlait tout à l’heure en début de l’émission. On va s’intéresser à un aspect un peu technique de l’iPhone 5 puisque vous le savez sans doute, en tout cas si vous êtes un peu passionné par tout ce qui touche les nouvelles technologies et aux opérateurs mobile, la France est en train de déployer, les opérateurs mobile français sont en train de déployer le futur réseau mobile de quatrième génération qui s’appelle la 4G. Et là patatra, l’iPhone, donc 5, ne sera pas compatib

  12. 12 - Silicon Carnet

    TechCrunch Disrupt

    François SOREL : Votre rendez-vous dédié aux nouvelles technologies, c’est l’Atelier Numérique sur BFM Business, et c’est chaque semaine, chaque week-end, merci d’être là. Dans quelques instants le Crash Test d’Antoine SIRE mais auparavant le Silicon Carnet c’est avec Alice GILLET, alors Alice cette semaine vous allez nous parler du TechCrunch Disrupt,d e quoi s’agit-il, kézako Alice.
    Alice GILLET : Alors comme je vous en ai un petit peu parlé au début de cette émission, donc TechCrunch Disrupt, pour ceux qui ne connaissent pas c’est un des rendez-vous phares de la Silicon Valley, une grande conférence qui rassemble les grandes figures, les grands personnages de la vallée, qui donnent des keynotes, qui interviennent lors de panels. Et puis il y a aussi et surtout des centaines de jeunes start-ups qui se lancent, qui lancent leur produit officiellement à TechCrunch Disrupt. Donc c’est une conférence qui a été lancée par Michael HARRINGTON, le fondateur de TechCrunch et qui est très marqué par sa personnalité assez, assez fulgurante, assez étonnante. Alors quelques tendances qu’on a pu remarquer cette années, alors déjà il faut savoir qu’à TechCrunch il y a des start-ups dans tous les coins, des entrepreneurs qui vous font des démos de leur service ou de leur produit, alors il y a de tout, des lampes de poche connectées, des outils pour organiser son mariage, des jeux vidéo, etc., de la télé connectée. Mais quelques tendances, alors déjà pour commencer, beaucoup de start-ups santé, des applications pour discuter avec votre médecin, des capteurs qui vous signalent lorsque vous adoptez une mauvaise posture qui vous fera mal au dos, des outils qui permettent de gérer sa sécurité sociale et ses frais de santé, notamment aux États-unis c’est un gros problème. Bref, il y a de tout et même un incubateur de start-up qui s’appelle Rock Health, spécialisé justement dans les start-ups de santé. Rock Health ce n’est pas tout à fait nouveau, mais c’est pour vous dire il y a vraiment quelque chose qui se crée autour de la santé en ce moment ici. Et alors l’autre tendance, il y a la grosse tendance de cette année à TechCrunch Disrupt, c’est le B2B. C’est vrai que les entreprises sociales, les start-ups qui se focussent sur tout ce qui est problématique de l’entreprise, ça n’a jamais été très sexy, mais une des phrases clés de l’année à TechCrunch Disrupt c’était « Enterprise is sexy », donc le retour de…
    François SOREL : De l’entreprise sexy.
    Alice GILLET : De l’entreprise sexy, ce qui est quand même assez chouette pour les entreprises traditionnelles justement puisque de plus en plus de start-ups se penchent sur tout un tas de questions, telles que comment améliorer les outils de communication en interne pour les entreprises ? Comment améliorer la collaboration entre les équipes ? Comment développer des outils pour mieux manager sa stratégie sur les réseaux sociaux ? Comment collecter et traiter de la data, etc., etc. Et alors par exemple, j’ai découvert une start-up qui s’appelle Board Prospect, alors qui est vraiment très éloigné de moi, mes centres d’intérêts à la base mais que j’ai trouvé justement très intéressante néanmoins, qui s’appelle donc Board Prospect et qui est une plateforme qui permet aux entreprises de trouver des Board members. Donc si vous êtes une start-up et que vous avez besoin de trouver des membres pour votre board, vous pouvez les trouver sur Board Prospect et le contraire est également possible. Donc si vous êtes un professionnel et que vous avez envie de rejoindre le board d’une entreprise, vous pouvez également le faire grâce à Board Prospect, donc quelque chose que je n’avais jamais vue avant. Donc voilà, pour tous nos auditeurs français, je ne sais pas quand est-ce que ces tendances-là vont arriver en France, c’est peut-être déjà le cas. En tout cas, peut-être un renouveau de l’entreprise pour l’année prochaine.
    François SOREL : Voilà, le TechCrunch Disrupt qui a beaucoup plu à Alice visiblement. Merci en tout cas Alice.

  13. 13 - Crash Test

    Helle Nice

    François SOREL : Après Alice, vous le savez, c’est le Crash Test pour terminer cet Atelier Numérique sur BFM Business, le Crash Test avec Antoine. Nous allons nous intéresser à un personnage, Antoine, que vous allez nous présenter.
    Antoine SIRE : Et oui, le Crash Test d'aujourd’hui va nous parler de femmes, d'automobiles et de nostalgies.
    François SOREL : Ça commence bien.
    Antoine SIRE : Il va être consacré à Hellé NICE.
    François SOREL : Hellé NICE ?
    Antoine SIRE : Hellé NICE. Alors, comment ça s’écrit Hellé NICE ? Ça s’écrit H-E-L-L-E N-I-C-E. C’est un jeu de mots parce qu’en fait, cette femme qui s’appelait Hellé NICE s’appelait en réalité Mariette Hélène DELANGLE.
    François SOREL : Oui, ce n’est pas tout à fait la même chose.
    Antoine SIRE : Voilà. Donc, elle s’appelait Hélène, elle était née en 1900. Elle a commencé vers 1917 une carrière de danseuse sous le pseudonyme de Hélène NICE ou Hélène NICE. Après, c’est devenu Hellé NICE, she’s nice. C’est une espèce de jeu de mots, vous savez, un peu dans les années folles où on découvrait un peu les anglicismes. Donc, on les mélangeait de façon un peu rigolote. Donc, c’est devenu Hellé NICE. Cette Hélène DELANGLE devient danseuse au début du XXe siècle. Elle devient une danseuse qui réussit très bien, d’abord plus ou moins danseuse classique, mais elle devient quand même assez vite danseuse de cabaret. Elle s’achète une grande maison et elle s’achète un yacht. Elle devient une...
    François SOREL : Ça marchait bien.
    Antoine SIRE : Ça marchait très bien pour elle. Un jour, elle découvre des gens qui font une course automobile. Dans cette course automobile en 1927, il y avait une femme qui y participait et qui s’appelait Madame VERSIGNY. Donc, elle est inspirée par cette personne et elle décide de faire...
    François SOREL : Pourquoi pas moi ?
    Antoine SIRE : Pourquoi pas moi ? Donc, elle décide à partir de 1929 de faire de la course automobile. Tous les détails biographiques que je vous donne sur les débuts de la carrière de Hellé NICE, je les ai trouvés dans un site Internet qui est le site de la commune où est enterrée Hellé NICE. Vous allez voir, c’est la commune de Saint-Mesme. Voilà.
    François SOREL : Saint-Mesme ?
    Antoine SIRE : Saint-Mesme. Saint-Mesme, ça s’écrit... ou Sainte-Mesme, pardon, ça s’écrit M-E-S-M-E. Donc, à Sainte-Mesme est enterrée Hellé NICE qui est morte en 1984. Mais pendant très longtemps, ses cendres étaient au cimetière de Sainte-Mesme, mais sa tombe n’était même pas identifiée. Alors, pourquoi ?
    François SOREL : Oui parce que c’est un peu mystérieux.
    Antoine SIRE : Quand on continue à lire le site de la commune de Sainte-Mesme qui nous raconte la vie de Hellé NICE, on voit que dans les années 30, elle fait vraiment de grandes courses automobiles. Elle remporte des compétitions, pas des très grandes compétitions, mais quand même des compétitions. En 1936, elle fait le Grand Prix du Brésil. Elle se retrouve en 2e position du Grand Prix du Brésil. Là, elle a un accident absolument terrible qui tue 4 spectateurs et qui en blesse 30 autres. Elle est éjectée et elle percute un militaire de plein fouet, ce qui lui sauve la vie à elle, mais pas au militaire. Elle se retrouve à l’hôpital.
    François SOREL : Quelle horreur.
    Antoine SIRE : Là, l’effet a eu tellement d'impact sur l’opinion publique brésilienne que les gens ont été absolument subjugués par cette femme qui était une héroïne et qui faisait un sport très dangereux. Ils ne lui en ont pas voulu du tout.
    François SOREL : Parce qu’elle a fait quand même des dégâts mine de rien.
    Antoine SIRE : Oui, mais suite à ça, il y a plusieurs familles brésiliennes qui ont appelé leurs enfants Hellé NICE ou Hellé NICE, comme vous voulez. Elle devient un peu une star. Mais malheureusement, les blessures de cet accident vont l’empêcher pendant un moment de...
    François SOREL : De pouvoir recommencer.
    Antoine SIRE : De pouvoir recommencer. Et puis là, arrive la guerre. En 1949, elle est censée participer au Rallye de Monté Carlo. Il y a des gens qui se sont cotisés parce qu’elle n’était plus très riche après la guerre, des gens qui se sont cotisés pour l’aider à participer à une compétition. Donc, elle se présente à une soirée qui est organisée juste avant le Rallye de Monté Carlo. Là, un autre site qui parle de Hellé NICE, qui est le site Mémoire des Stands, qui est un site pour les passionnés de sport automobile, nous met la traduction d'un livre qui a été consacré à Hellé NICE, qui est écrit par une femme qui s’appelle Miranda SEYMOUR et qui nous dit ce qui va arriver à Hellé NICE ce jour de 1949. Vêtue d'une splendide tenue de soirée, elle assiste à la réception organisée pour les pilotes et en leur honneur en vue de la reprise du rallye. Alors qu’elle était en grande conversation avec d'autres femmes pilotes, Anne ITIER, Yvonne SIMON, Germaine ROUAULT, une grande figure s’est détachée d'un groupe d'hommes de l’autre côté de la pièce et s’est dirigée vers elle. Pointant du doigt Hélène, en élevant la voix afin que personne ne puisse manquer d'entendre ses paroles, il la dénonça comme un agent de la Gestapo. « Ainsi, dit-il, la honte rejaillirait sur Monaco et sur la manifestation si cette femme était admise au départ. Que faisait-elle ici ? ». Un lourd silence s’abattit sur la salle, tous les pilotes se tournèrent vers Hélène encore sous le choc, blême et sans réaction. Donc, tous attendent qu’elle se défende. Et puis en fait, elle dit : « J’étais perdue de m’entendre appelée un agent de la Gestapo. Je ne savais pas quoi dire, je n’ai même pas réagi ». Il faut savoir que Louis CHIRON, c’était le plus célèbre des pilotes automobiles français à l’époque. Il était en plus monégasque et ça se passait à Monaco. Donc, il était chez lui. Personne n’a jamais su exactement quel était le mobile de CHIRON qui pendant la guerre, contrairement à d'autres pilotes français, n’avait pas eu un comportement héroïque. Il avait été en fait un peu planqué à Monaco. Peut-être pour se dédouaner de ce comportement, il s’est levé. La Miranda SEYMOUR, l’écrivain anglais dont le texte est traduit sur le site de Mémoire des Stands, est vraiment une biographe anglaise très sérieuse et qui a fait beaucoup de biographie. Elle a enquêté dans des tas d'archives de la Collaboration et de la Résistance et elle n’a trouvé aucune trace d'un fait de Gestapo qui puisse être reproché à Hellé NICE. Pourtant, ça va briser la carrière et le restant de la vie de Hellé NICE qui va finir sa vie dans un petit appartement triste sur la Côte-d'Azur et finalement mourir à 84 ans, seule et oubliée. Ce qui s’est passé simplement, c’est qu’il y a eu cette Anglaise, Miranda SEYMOUR, qui s’est passionnée pour la vie de Hellé NICE et qui a écrit ce roman. Ce roman a suscité une espèce de mouvement de solidarité pour sa mémoire et notamment au sein même, si je puis dire, de sa commune de Saint-Mesme. Sachant que les cendres de Hellé NICE avaient été renvoyées à Saint-Mesme, les habitants de Saint-Mesme ont décidé de lui recréer une tombe et de lui rendre quelque part cet hommage. Donc en 2010, il y a eu une cérémonie où des tas de pilotes du monde entier, la seule personne de sa famille qui l’avait connue et qui s’appelle Robert DELANGLE et puis quelques femmes pilotes qui ont marqué ensuite l’histoire de la course automobile sont venus lui rendre hommage. Là sur un site qui s’appelle hellenicefoundation.blogspot.com, les femmes rapides, c’est joli, c’est un site en anglais, il y a toutes les vidéos en français et en anglais des gens qui sont venus rappeler la mémoire de Hellé NICE avec des liens vers YouTube.
    François SOREL : D'accord, voilà. Belle histoire en tout cas, histoire un peu triste, mais qui a été racontée grâce au Web et par Antoine. Ce Crash Test est terminé, et l’Atelier aussi est terminé. On se retrouve bien sûr la semaine prochaine. D’ici-là, portez-vous bien. L’Atelier Numérique, tous les week-ends sur BFM Business. Salut à tous.

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