2005 : la guerre de la recherche sur Internet aura bien lieu, dans la Valley

Par 07 janvier 2005
Mots-clés : Smart city

Le Web, c'est d'abord une foison d'informations. Google indexe à lui seul plus de 8 milliards de pages Web de tout genre (Web, PDF, PowerPoint…), contre 5 milliards pour Yahoo ! Et c'est sans compter toutes les informations qui se trouvent sur nos disques durs, dans nos messageries...

Le Web, c'est d'abord une foison d'informations. Google indexe à lui seul plus de 8 milliards de pages Web de tout genre (Web, PDF, PowerPoint…), contre 5 milliards pour Yahoo ! Et c'est sans compter toutes les informations qui se trouvent sur nos disques durs, dans nos messageries, dans les bases de données de nos entreprises, ou qui ne sont pas encore directement accessibles (vidéo par exemple, ou contenu d'ouvrages non encore numérisés…).
Dés lors, l'acteur qui va être capable de donner de façon simple et pertinente accès à l'information joue un rôle clé sur Internet : il en est la porte d'entrée naturelle et sert de guide à l'Internaute pour l'emmener là où il souhaite aller, ou là où « on » souhaite le mener. Selon que vous êtes un cyber marchand (Amazon ou eBay par exemple), un « vendeur » de liens sponsorisés (Google ou Yahoo), ou un acteur plus global (Microsoft), vous avez tout intérêt à retenir l'internaute consommateur dans un univers que vous maîtrisez, et que vous pouvez monnayer.
Jusqu'à présent, ce rôle de « porte d'accès au Web » avait pu être tenu par les fournisseurs d'accès, notamment grâce à leurs grands portails et au fait qu'ils sont bien souvent la page d'accès par défaut à Internet des navigateurs. La maturité venant, les internautes apprennent progressivement qu'ils peuvent changer cette page.
Google a d'ailleurs le premier contourné cette difficulté grâce à sa Toolbar, qui s'installe de façon permanente dans le navigateur et permet d'accéder directement au moteur de recherche. Mais depuis 2004, le rôle des moteurs de recherche a encore pris de l'ampleur . D'ailleurs, les grands acteurs ne s'y sont pas trompés, puisqu'ils ont tous sorti des produits de recherche en 2004 : Microsoft, Yahoo ! et Amazon pour ne citer que les plus grands. Avec un seul ennemi en tête : Google. Les intérêts sont clairs pour tous :
Pour Yahoo et son PDG, T. Semel, l'enjeu est évident : conserver son audience est la clé de son business model. Et pour cela, il dispose de son moteur de recherche et de sa messagerie. Mais Google, avec Gmail lancé cette année et une grande capacité de stockage mais aussi des fonctionnalités avancées et originales de gestion des mails fait au moins aussi bien, si ce n'est mieux.
Pour Jeff Bezos, le PDG d'Amazon , l'enjeu est différent. Internet vous permet de rechercher et de trouver ce que vous souhaitez acheter rapidement, facilement, et pour peu cher. Google organise l'information sur Internet de sorte qu'il est facile de trouver et d'acheter. N'est-ce pas la même chose ? D'où la sortie d'A9, le moteur de recherche maison…
Du côté de Microsfot , l'enjeu est plus important encore. La firme de Bill Gates contrôle aujourd'hui le PC et les applications qui tournent dessus presque sans partage. Mais le Web est inéluctablement la plateforme du futur, et c'est Google qui règne en maître dessus pour le moment. Il y aurait comme une ironie du sort pour Microsoft à rater une seconde fois la révolution Internet (la firme de Bill Gates a tardé à se lancer au début du Web) …
Quant à eBay , l'entreprise ne peut que constater qu'il est de plus en plus simple et moins coûteux pour un magasin de faire de la publicité sur Google (avec une bonne politique d'achat de mots clés et de positions payantes) pour amener directement les clients sur son site Web que de payer eBay pour conduire une enchère. Et eBay est le seul à ne pas encore avoir lancé de réponses…
Les motifs de guerre sont donc clairs, et les armes lourdes sont en partie sorties. La bataille aura lieu sur au moins deux fronts, en 2005 :
1- Le développement de nouvelles fonctionnalités , tant par des innovations internes que par des rachats de sociétés.
Le mouvement lancé en 2004 va se poursuivre. Amélioration de la recherche sur disque durs, augmentation des tailles de messagerie…Et cela se fera tous azimut, dans une vraie course à l'innovation. Sur ce terrain, Google est très fort et souvent leader. Et sais flairer les bonnes affaires : comme pour l'achat de Blogger , la société de création de blogs, ou Picasa , qui permet de partager ses photos en ligne. Justin Frankel , le créateur de WinAmp et de Gnutella voit en Google la seule vraie grande société encore innovante de la Silicon Valley, capable d'avoir su gérer une forte croissance, une introduction en bourse et de ne pas avoir perdu son âme et sa capacité de réactivité.
Pourtant, du côté des rachats – autre source importante pour ajouter de nouvelles fonctionnalités – Google dispose d'un trésor de guerre moins important que la plupart de ses compétiteurs. Et notamment du plus dangereux : Microsoft. Et il y a fort à parier que 2005 dans ce domaine verra de grandes batailles se dérouler.
2- L'amélioration des technologies de recherche
Le domaine est extrêmement complexe et promet encore de belles inventions. Du multilinguisme, à l'amélioration des algorithmes, aux capacités d'indexation, à l'intégration de recherches en langages naturel… Et c'est certainement du côté de l'extension des capacités d'indexation de documents de types hétérogènes que viendront les plus grands progrès. Tous les analystes attendent beaucoup de la recherche sur des supports non textuels, comme la voix ou la vidéo. Mais, là, il ne faut pas rêver : ce ne sera sans doute pas pour 2005. Les domaines de la recherche sont donc sans fin, et nos grands acteurs ne cherchent à recruter que les meilleurs. Google, avec sa bonne image, a très certainement une chance dans ce domaine.
La grande question est de savoir si 2005 sera encore une année Google ? Dans la Silicon Valley, on n'a pas beaucoup de doutes…Mais il y a sûrement de la place pour tous. Du moins, c'est ce que pense Google, qui trouve cette compétition particulièrement stimulante. Privilège du leader ou inconscience de la jeunesse ?

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