2016, année de l’assistant virtuel ?

Par 05 février 2016
Un assistant virtuel

Les intelligences artificielles capables d’interagir par commande vocale se perfectionnent de jour en jour, constituant à elles seules une mini révolution technologique aux airs de science-fiction.

Est-on en train d’assister à une nouvelle révolution technologique ? C’est du moins ce que laissent à penser les progrès fulgurants récemment effectués par les technologies proposant des robots parlants. Ces avancées ont notamment permis la mise au point d’assistants virtuels non-humains, dotés d’une intelligence artificielle impressionnante, évoquant les ordinateurs capables de communiquer aisément avec les êtres humains que l’on retrouve dans 2001, odyssée de l’espace, et dans bien d’autres oeuvres de science fiction.

Ces progrès ont notamment été permis par d’importantes avancées en matière de reconnaissance vocale. Lors du Virtual Assistant Summit organisé par RE.WORK, Tim Tuttle, CEO et créateur de MindMeld, start-up spécialisée dans les technologies vocales, a fourni quelques statistiques éloquentes. « Les machines de reconnaissance vocale ont pour la première fois surpassé les humains en la matière. Les progrès effectués par ces machines sur les trois dernières années ont été supérieurs à ceux des trente dernières années combinées. » a-t-il affirmé. « Très récemment, sur la période 2014-2015, de nouveaux systèmes sont nés, capables de répondre  à un large panel de questions complexes. »

Hal, le robot-assistant de 2001, odyssée de l'espace

Ainsi, « alors qu’il y a encore deux ans, les seules personnes à utiliser Siri le faisaient pour rire, poser des questions absurdes et envoyer les réponses du logiciel à leurs amis, un nombre croissant d’utilisateurs commence à utiliser ce type de technologies au jour le jour. » Autre conséquence des progrès en matière de reconnaissance vocale : les recherches sur l’internet sont de plus en plus effectuées à l’aide de la voix au détriment du clavier : « Aujourd’hui, plus de 10% du trafic de recherches est effectué à l’aide de la voix. Dans cinq ans, cette part pourrait passer à 50%. » a prédit Tim Tuttle.

Dans ce contexte, toute application dénuée d’une option vocale deviendra extrêmement frustrante, comme l’étaient les sites internets dénués de barres de recherche il y a quelques années, a-t-il analysé. Chaque entreprise des nouvelles technologies se devra donc de posséder une expertise en matière de reconnaissance vocale, sous peine de disparaître.

Une révolution en marche ?

Ces progrès ont permis le développement fulgurant des assistants virtuels, les plus célèbres étant Siri chez Apple, Cortana chez Windows et Google Voice chez... Google. De là à affirmer que 2016 sera l’année d’une petite révolution, celle des assistants vocaux, il n’y a qu’un pas.

Cette question a été débattue par un panel de spécialiste lors du Virtual Assistant summit. « Il y a incontestablement une montée de l’intérêt autour de l’assistant virtuel dans le monde des nouvelles technologies, mais je ne crois pas pour autant que le marché soit encore parfaitement mûr. » a commencé Jasons Mars, professeur assistant à l’Université du Michigan. « Je ferais une analogie avec le Palm Pilot, qui ressemblait beaucoup à un prélude de l’Iphone, avec un système d’applications quasiment identiques. Néanmoins, à l’époque, on ne voyait pas de manière évidente comment cette technologie pouvait nous être utile au quotidien, et le Palm Pilot a fini par disparaître. Quelques années plus tard, en revanche, l’iPhone a créé une petite révolution. Pour l’heure, je crois que, sur le marché de l’assistant virtuel, nous sommes plus à l’étape du Palm Pilot qu’à celle de l’iPhone. » a-t-il conclut.

« Je crois en effet que tout l’enjeu va consister, pour les gros acteurs du marché, à trouver une technologie à combiner avec l’assistant virtuel, afin d’obtenir des gains concrets dans la vie de tous les jours. » a renchéri Nick Triantos, managing director chez SRI Ventures. « L’enjeu va également se situer au niveau de la maîtrise des données. » a complété Steve Ardire, strategic advisor pour différentes startups. « En effet, pour que ces logiciels fonctionnent, il faut les entraîner à l’aide d’importantes quantités de données. C’est pourquoi les entreprises ayant une grande expérience en la matière partiront avec un avantage. Cette expertise sera nécessaire pour passer de systèmes avec mémoires à des systèmes intelligents, susceptibles de résoudre les problèmes humains au jour le jour. »

Quel impact au quotidien ?

Cette question de l’impact concret sur nos vies quotidiennes a fait l’objet d’une seconde table ronde lors de l’évènement. Selon Drew Austin, CEO et co-fondateur de Wade & Wendy, l’assistant virtuel agira, à l’aide des mégadonnées, comme un assistant polyvalent dans toutes les tâches du quotidien. Luca Rigazio, Director of engineering au Panasonic Silicon Valley Laboratory, pense de son côté que la capacité des assistants virtuels à exprimer des émotions et à entretenir des discussions permettra d’établir des relations de long terme inédites entre humains et machines.

Han Shu, data scientist sur Airbnb, s’interroge quant à lui sur la future segmentation ou concentration du marché : « Les assistants virtuels nous permettront bientôt de relier nos objets connectés les uns aux autres, de tisser des ponts entre les différents services qui s’offrent à nous grâce aux nouvelles technologies. Mais nous dirigeons-nous vers un marché dominé par un assistant virtuel tout puissant, que ce soit celui d’Apple ou un autre, ou vers un marché fragmenté, composé de plusieurs assistants virtuels dotés chacun de leur propre personnalité ? » Le débat reste ouvert.

 

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas