38 % des films sortis en salle sont piratés sur Internet

Par 24 octobre 2005
Mots-clés : Future of Retail, Europe

Le Centre national de la cinématographie (CNC) et l'Alpa (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) ont publié samedi une étude dans laquelle ils affirment que sur la période allant...

Le Centre national de la cinématographie (CNC) et l'Alpa (Association de lutte contre la piraterie audiovisuelle) ont publié samedi une étude dans laquelle ils affirment que sur la période allant d'août 2004 à juillet 2005, 37,9 % des films sortis dans les salles françaises sont disponibles au téléchargement, en version française, sur les réseaux d'échange de fichiers de type Peer to peer (P2P).

Sur cette période, 92,1 % de ces films piratés sont disponibles avant leur sortie en DVD, puisqu'ils apparaissent en moyenne sur les réseaux de P2P quatre mois et dix jours plus tôt. Les productions françaises ne représentent que 26,8 % de ces films, contre 72,7 % pour les films américains.

34,5 % des films piratés sur Internet sont disponibles avant même leur sortie dans les salles obscures françaises. Puisque de nombreux films américains n'arrivent en Europe que plusieurs semaines ou plusieurs mois après leur sortie outre-Atlantique, ce sont naturellement eux les plus touchés.

Un petit tour sur les réseaux de P2P suffit à nous convaincre de la réalité des chiffres annoncés par cette étude : plus le film est attendu du public, plus vite il se retrouve sur la Toile. Les films dont la sortie en DVD a été prévue pour la fin d'année afin de profiter de l'effet stimulant des fêtes sur les ventes sont déjà quasiment tous disponibles au téléchargement...

Réunis ce week-end à l'occasion des Rencontres cinématographiques de Beaune, les professionnels du cinéma et les fournisseurs d'accès à Internet (FAI) ont réaffirmé leur volonté d'enrayer ce mécanisme. Bien que le téléchargement d'un film puisse être considéré comme légal au titre du droit à la copie privée, les professionnels souhaitent faire comprendre aux internautes que le partage de films sur la Toile est une pratique condamnable.

Ils comptent toujours sur le principe de la riposte graduée pour freiner les ardeurs des pirates : d'abord un mail d'avertissement, puis un courrier recommandé en cas de récidive, puis en dernier recours, une amende, qui n'absout pas le pirate et ne le protège pas d'éventuelles poursuites judiciaires. Les professionnels du secteur comptent que les courriers d'avertissement devraient dissuader la plupart des pirates et leur éviter d'entamer de longs et onéreux procès.

Certains se prennent également à rêver que l'arrivée d'offres de téléchargement légales pourraient inciter les internautes à quitter leurs réseaux favoris. Mais au vu des délais entre sortie en salle et arrivée sur les services de vidéo à la demande comme ceux que TF1 et Canal + viennent de lancer (neuf mois, soit trois de plus que pour la sortie en DVD), il est permis d'en douter...

(Atelier groupe BNP Paribas - 24/10/05)

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