3D et intelligence artificielle au service des agriculteurs

Par 25 avril 2008 1 commentaire
Mots-clés : Smart city, Europe

L'agriculture de précision repose sur les nouveaux outils technologiques. C'est ce que prouvent deux applications venues d'Espagne qui devraient rendre plus efficace la gestion des exploitations.

La recherche espagnole (*) est sur le pont pour optimiser le management des exploitations agricoles, à la fois au niveau économique, agronomique et environnemental. Premier projet, proposé par l'UPV : le développement d'un mécanisme qui simule l'angle de vue humain pour recréer les paysages agricoles en trois dimensions. Cet usage des outils high-tech veut rationaliser l'agriculture. La production de plans en trois dimensions permet de conceptualiser plus simplement de nombreuses applications : développement de véhicules automatiques sans chauffeur, mesures de sécurité accrues, organisation des tâches en fonction des conditions climatiques du terrain (humidité, vent, qualité de la terre, etc.). L'agriculture de précision est une discipline qui repose sur la technique du GNSS, ou Global Navigation Satellite Systems. L'équipe de l'UPV propose d'ajouter une troisième dimension à ce mode de navigation : l'altitude.
Des cartes en 3D pour mieux appréhender le terrain
"Ce qui donne un niveau de détail seulement atteignable par un système de géolocalisation basé sur des caméras", indique Francisco Rovira, à l'origine du projet. Une caméra stéréoscopique et des capteurs sont ainsi fixés sur un véhicule agricole, comme un tracteur. Les images ainsi obtenues sont modélisées en 3D, et déterminent la localisation et l'orientation du terrain, en simulant le regard humain : en effet, le système permet de recueillir deux images du même endroit simultanément. Ces images sont ensuite comparées l'une à l'autre par un logiciel, ce qui permet au final de déterminer leur distance par rapport au véhicule qui embarque capteurs et caméra. Le tout est coordonné à un système GPS qui permet de situer le véhicule en temps réel, et ainsi d'évaluer sa vitesse et sa position. Quant à l'UCM, il lance une solution logicielle qui permet d'appliquer des herbicides seulement sur les zones à traiter.
Cibler les traitements
Ce système propose ainsi un usage sélectif des produits grâce à un système intelligent. "Cette solution est basée sur un logiciel qui permet d'identifier les zones infestées qui requièrent un traitement", explique Gonzalo Pajares, membre de l'équipe de chercheurs. La procédure se fonde sur l'analyse de séquences d'images du terrain à traiter, capturées par une caméra. Les images sont divisées en parcelles, et le logiciel détecte les zones qui nécessitent un traitement. Il déduit ensuite, en fonction des images, la quantité d'herbicide à vaporiser. Ce choix est rendu possible par un processus d'Intelligence Artificielle : une technique mathématique qui permet de trancher entre deux alternatives. "Ce qui permet au final de doser les herbicides, et de les appliquer seulement là où on en a vraiment besoin", indique le chercheur. Un système qui a été testé avec succès dans des cultures de maïs et de céréales en Espagne.
(*) l'UPV (Universidad Politecnica de Valencia) et l'UCM (Universidad Complutense of Madrid)

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1 Commentaire

Bravo pour les percées de l'informatique dans le suivi agricole et environnemental.
Cependant, nous, nous sommes des écologistes qui rejetons tout ce qui fait recours aux pesticides et engrais chimiques. Nous pratiquons l'agroforesterie (utilisant des arbres fertilitaires) pour fertiliser les cultures agricoles et fourragères.
Donc nous serions fortement intéressés par l'apport des sciences informatiques dans le développement des l'assiette racinaire de ces arbres fertilitaires.
Également nous serions intéressés par l'apport des sciences informatiques dans la diffusion d'insectes utiles employés dans la lutte biologique contre les déprédateurs des plantes cultivés.

Soumis par Mansour Ndiaye (non vérifié) - le 06 novembre 2013 à 16h56

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