L'absence d'émotions, préjudiciable à l'efficacité des robots ?

Par 07 décembre 2011
robot emotion

Et si ce qu'il manquait réellement aux machines et autres intelligences artificielles pour surpasser les humains, c'était la motivation et le contrôle des émotions ?

A la croisée des chemins entre la théorie, la biologie et la philosophie, l'hypothèse de Claudius Gros, chercheur à l'Institut de Physique Théorique  de la Goethe University de Francfort a de quoi interpeler. L'Homme est la seule créature sur Terre à posséder une mécanique de contrôle de ses émotions grâce à la neuromodulation. Partant du principe que l'être humain représente le pinacle de l'évolution, il s'agirait de recréer artificiellement ce système, notamment pour les machines et les IA, afin d'améliorer leurs performances.

Puisque toutes les émotions se caractérisent par la sécrétion et la libération de substances chimiques dans notre organisme, reproduire ce processus ne devrait, selon lui, pas être impossible. Intégrer de toutes pièces un élément impliquant la "motivation" représenterait alors, d'après le chercheur allemand, un moyen idéal de faire avancer l'informatique et la robotique qui ne fait que reproduire les capacités cognitives des humains (langage, mémoire, raisonnement, décision...).

Bien sûr, déterminer un concept est une chose, le réaliser effectivement en est une autre et nous en sommes encore bien loin. Mais ce serait quand même bien paradoxal et amusant si cette facette émotionnelle unique que nous possédons, souvent décriée dans la rationalisation des processus de décision, était justement celle qui nous permettait de nous maintenir encore au-dessus de nos créations...

Après, l'amateur de science-fiction que je suis ne peut s'empêcher de frémir à l'idée de l'implantation d'émotions et d'un libre arbitre chez des robots ou des machines. Asimov nous a déjà prévenus il y a pratiquement 60 ans, ça finit toujours mal...

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