L'accès aux technologies, oui, mais après vous promettre que ça marche...

Par 10 novembre 2009 3 commentaires
Mots-clés : Afrique, Europe

L'intérêt d'un salon comme AfricaCom, c'est de permettre aux acteurs du secteur de se rencontrer, de réseauter, de réfléchir ensemble aux moyens de mieux connecter, pour moins cher et avec de belles perspectives de profits. Voilà en gros ce qui va se passer à partir de demain, quand vous grasse mâtinerez tranquillement (une manière détournée de vous rappeler que pour les bienfaits de l'information, oui, je vais travailler un jour férié, sortez les violons, s'il vous plaît, merci).
Reste que, la chose n'est pas nouvelle, tous les pays sont loins d'être au même stade de développement. Je ne vais pas vous faire un cours sur le taux de pénétration du haut-débit pays par pays ni sur le nombre d'abonnés mobiles, mais deux exemples. Le premier, rapporté par une personne rencontrée à Paris et qui travaille actuellement en Centre Afrique. Et qui m'a dit n'avoir pas toujours accès à l'électricité, même dans la capitale. Le deuxième, vécu aujourd'hui. Je rencontre vendredi Julien Faure, dont l'entreprise, Psitek, développe des services utilisant les nouvelles technologies pour améliorer le quotidien des populations défavorisées. Parmi les projets lancés, Kazang, qui propose des points de vente de services prépayés (électricité, assurance...) par réseau mobile dans les townships. Je lui ai proposé de l'inviter pour l'enregistrement de L'Atelier numérique la semaine prochaine, pour discuter de ses projets. Problème : il sera à ce moment-là à Luanda, en Angola et, me dit-il dans son mail, "les lignes téléphoniques sont malheureusement peu fiables", ce qui rend difficile la possibilité de mener une discussion de douze minutes sans interruption.
Dans des pays comme ceux-là, la priorité est de donc de relier les populations à un réseau.
En Afrique du sud,la donne est un peu différente. Un autre exemple. Selon une personne rencontrée aujourd'hui et qui vit depuis quinze ans à CapeTown, les gens - et surtout les Digital Natives - se sont emparés des technologies : mobile, Internet... Le hic, c'est le service après-vente, quasi inexistant. "C'est très long, et peu accomodant", m'a t-elle confié. Comme si opérateurs, fournisseurs de services, etc., s'étaient focalisés sur la technologie et les produits mis à disposition, mais ne s'étaient pas encore penchés sur toute l'infrastructure à construire autour. L'une des conséquences pouvant être une sorte de "consommation jetable" des solutions. Quand ça ne marche pas, on jette ou on va ailleurs. La preuve : sur les adresses mail, l'adresse des serveurs de messagerie change souvent...

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3 Commentaires

Bonjour Mathilde,

Je suis avec intérêt ce que tu nous rapportes de l'AfricaCom.
Je me demandais si des acteurs publics étaient représentés au salon ? comme ubifrance ou d'autres agences ayant vocation à favoriser l'exportation de leurs entreprises nationales? ou par exemple, si un représentant de l'Afrique du Sud ou d'une organisation régionale africaine avait un moment ouvert le débat ?

J'ai vu aussi sur le site d'AfricaCom qu'il y a environ 2% de journalistes (soit envrion 70 sur 3500 participants!). As-tu eu l'occasion de les rencontrer? Sais-tu quels profils de journalistes sont intéressés à couvrir ce genre d'évènements ?

Merci et bon retour !

Soumis par Elodie at Lafayette (non vérifié) - le 14 novembre 2009 à 12h07

Bonjour Elodie,

Merci pour ton commentaire ! Les entreprises internationales étaient très représentées, mais pas les agences comme UbiFrance, ni les organisations régionales pour le développement car ce n'était pas vraiment le but de la conférence. Cela se joue en amont, et étaient sur place les compagnies déjà actives sur le marché ou en train de s'y lancer. Peut-être avec des aides publiques, je ne peux pas te répondre sur ça.
Permettre aux entreprises de rencontrer des entités comme UbiFrance se joue en amont, il doit y avoir des forums spéciaux en France certainement pour cela. Côté africain, il existe des programmes comme celui lancé par la Commission Européenne, Novatech. Il permettait aux acteurs du marché high-tech, et notamment africains, de rencontrer des investisseurs et des organisations.
Tu soulèves un point intéressant : la représentation des entreprises internationales sur le salon. Elle était très importante. Cela confirme le fait que l'Afrique est considéré comme un véritable marché. En plus des opérateurs et fournisseurs africains, il y avait beaucoup d'entreprises qui sont soit présentes depuis plusieurs années sur le marché africain, soit qui s'apprêtent à s'y lancer. On peut regretter le faible nombre de sociétés africaines, si ce n'est les sud-africaines. Deux raisons, loin d'être un compte-rendu exhaustif : je suppose que le prix de location des stands était élevé. Et, après une discussion avec un Français qui travaille pour une société sud-africaine, les populations locales sont souvent impliquées au niveau de la vente et de la distribution, mais encore pas assez au niveau du développement, par manque de qualifications. Tout du moins en Afrique du sud. Mais cela est en train de drastiquement changer.

Quant aux journalistes, nous n'étions effectivement pas très nombreux, mais il y avait toute la presse - principalement anglophone - spécialisée sur le marché africain. Et L'Atelier !
Voilà, j'espère avoir répondu à tes questions,
Mathilde

Soumis par admin - le 15 novembre 2009 à 19h06

Merci Mathilde d'avoir répondu à mes questions et d'avoir profité de l'occasion pour ébaucher d'autres problématiques.

Je me souviens d'avoir participé à un salon business à Alger, où étaient représentés quelques acteurs du pouvoir public (comme "l'ubifrance" italien) mais ils étaient en très petit nombre par rapport aux entreprises du secteur privé.

Et effectivement, les partenariats public/privés ont intérêt à se jouer en amont plutôt qu'après.

Merci encore pour ta réponse!

Bonne soirée,

Elodie

Soumis par Elodie at Lafayette (non vérifié) - le 15 novembre 2009 à 19h19

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