Accessibilité du Web : opportunité commerciale & levier de compétitivité

Par 18 juin 2004

« Que faut-il comprendre lorsque l’on parle d’accessibilité du Web ? » lance en introduction Jean de Chambure, responsable éditorial de l’Atelier. « L’accessibilité, c’est permettre à tous les internautes (personnes handicapées ou non) d’accéder au même contenu,...

« Que faut-il comprendre lorsque l’on parle d’accessibilité du Web ? » lance en introduction Jean de Chambure, responsable éditorial de l’Atelier. « L’accessibilité, c’est permettre à tous les internautes (personnes handicapées ou non) d’accéder au même contenu, dans les meilleures conditions possibles ». « Le pouvoir du Web réside dans son universalité » rappelle Tim Bernes-Lee, directeur du W3C (l’instance mondiale du Web) et inventeur du World Wide Web.

« D’accord, mais où est le business ? » rétorquent les esprits réticents. Rendre accessible un site Web, c’est ouvrir le contenu et les services en ligne d’une entreprise à un marché de 3,2 millions de personnes handicapées, et 12 millions de personnes déclarant « au moins une incapacité » (Source : Insee). De plus, on compte actuellement 9,5 millions de seniors en France, 127, 4 millions en Europe, et parmi eux 85 % souffrent de problèmes de vues (Sources : Ipsos, Datamonitor, Insee/Sesi). Loin de bouder Internet, selon les derniers chiffres connus, les plus de 55 ans seraient en France 2,6 millions à surfer sur le Net, contre 11,5 millions à l’échelle de l’Europe ; 79,2 % d’entre eux consultent des sites marchands (Source : Observatoire FT R&D, mai 2004). Cette population, dont la très grande majorité demande des sites Web accessibles, représente un marché essentiel pour les entreprises présentes sur la toile. Deux données importantes : le pouvoir d’achat des seniors (environ 70 % des richesses en Europe), et leur évolution socio-démographique : arrivée sur le marché de la « génération 68 », habituée à un mode de consommation épicurien, prête à acheter des voyages en lignes, des produits culturels, des services financiers…

« Les opportunités commerciales qui découlent de la mise en ligne d’un site Web accessible, ne sont toutefois pas les seuls gains que peut attendre une entreprise. Le retour d’expérience de BNP Paribas sur le sujet met aussi en avant une compétitivité accrue : hausse de productivité dans la gestion du contenu, amélioration de la visibilité des sites dans les moteurs de recherche, amélioration de la convivialité des sites… » poursuit Jean de Chambure.

« D’autre part, le contexte législatif en faveur de l’accessibilité du Web s’accélère. En 2003, le Comité interministériel pour la société de l’information exigeait que l’accessibilité du Web soit une obligation légale intégrée dans le projet de loi sur les personnes handicapées [validé par l’Assemble Nationale, le 15 juin dernier]. La même année, l’Union Européenne demandait aux Etats membres de mettre en place une marque « e-accessibilité », tandis que les Etats-Unis, via le National Council on Disability recommandait que le Disability Act (section 508 consacrée à l’accessibilité Web, en vigueur depuis 2001 pour les services publics) soit également appliqué aux sites commerciaux et privés » explique-t-il. « D’où la nécessité pour les entreprises de se mettre aux normes d’accessibilité Web développées par le W3C, d’autant que la deuxième version (WCAG 2.0) a acquis une maturité supérieure » a-t-il conclu.

Pour en savoir plus : www.w3.org/WAI

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