Acheter en ligne, ça rapporte et ça annule le carbone

Par 21 avril 2008
Mots-clés : Future of Retail, Europe

FroggyBank propose aux internautes de toucher une commission sur chaque emplette effectuée depuis sa plate-forme. Les sommes acquises peuvent ensuite être redistribuées à des associations environnementales.

Consommer en ligne est bon pour la planète. Tel est le credo de l'anglais FroggyBank, qui lance une plate-forme d'e-commerce un peu particulière : les internautes reçoivent une rétribution qu'ils sont ensuite libres de reverser à des associations d'action environnementale. Le but étant de compenser la quantité de carbone consommée pour le transport des produits achetés. L'argent distribué provient de la commission que le prestataire touche de la part des entreprises pour distribuer leurs produits en ligne. Selon lui, près de 200 millions de livres sterling (environ 260 euros) auraient ainsi été déboursées par les professionnels en 2007 au Royaume-Uni. Via cette initiative, il espère compenser près d'un million de tonnes de carbone d'ici 2012. Le processus est simple : avant toute emplette, les internautes doivent se rendre sur le site. Là, ils sélectionnent une rubrique qui les intéresse pour leurs achats - livres, vêtements, informatique, alimentation, téléphones portables, etc.
Rembourser son empreinte carbone
Les noms des entreprises partenaires s'affichent alors, ainsi que le pourcentage de la rétribution - entre 1 et 15 % généralement - qui sera accordée aux consommateurs. Il suffit ensuite à ces derniers de cliquer sur le lien du commerçant qui les intéresse pour être renvoyés sur son site et remplir leur panier. Leur compte sera ensuite crédité automatiquement. Et les clients peuvent alors sélectionner depuis FroggyBank les associations partenaires auxquelles ils souhaitent donner cette somme, comme Pure. Selon les responsables du site, chaque famille britannique pourrait gagner - ou redistribuer -380 livres sterling (500 euros) par an en effectuant ses achats habituels depuis la plate-forme. Seule somme à débourser pour les membres : 5 livres (6,5 euros). Soit les frais d'inscription, déduits de l'argent acquis au fur et à mesure des achats. "Ce projet est intéressant mais il reste anecdotique s'il est seulement lié à l'empreinte carbone de l'achat", souligne cependant Gilles Berhault, directeur de l'association Acidd*.
Le web 2.0 favorise la communication écologique
D'autant que l'argent reversé aux associations n'étant pas celui des internautes, le dispositif pourrait virer à l'opération de bonne conscience écologique plutôt qu'à celle de véritable action. "La compensation n'est qu'un prétexte. Ce type d'initiatives n'a de sens que si elles aboutissent à une démarche sur le choix même des achats", ajoute-t-il. Une démarche qui implique que les produits achetés respectent eux aussi l'environnement : ordinateurs peu consommateurs, batteries propres, etc. Reste que la Toile représente de plus en plus un moyen de communication "verte" privilégié. Une communication facilitée par le développement des outils collaboratifs, souligne Gilles Berhault. Le responsable d'Acidd modère cependant : "le Net ouvre une nouvelle voie à l'action environnementale, mais celle-ci est encore un peu brouillonne. Nous sommes actuellement en pleine phase de multiplication des projets, qui précède celle de la structuration du marché". 

Les GluPod en guerre contre le carbone
Autre moyen de sensibiliser les internautes aux problématiques environnementales : le jeu. Facebook lance ainsi l'application Glupod, qui permet aux utilisateurs de contribuer à la réduction de l'empreinte carbone en collectionnant des créatures tirées du jeu vidéo éponyme. Ce, en envoyant des invitations à leurs amis inscrits sur le réseau social.
Un Glupod = 202 livres
A chaque pallier de dix personnes atteint, le participant gagne un ange Glupod. Chacun de ces petits personnages permettant à la société Something Inc., créatrice du jeu, de distribuer à des associations environnementales des sommes d'argent équivalentes à une compensation de plus de deux cent livres d'émission d'oxyde de carbone.

*Association de Communication et d'Information pour le Développement Durable.

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