Les acheteurs prêts à payer pour être fixés sur leurs données privées

Par 27 juillet 2011
Mots-clés : Smart city, EMEA
sécurité online

Les consommateurs accepteraient de payer un surcoût à des sites marchands expliquant clairement ce qu’ils font de leurs données personnelles.

Un lieu commun du marketing affirme que les gens achètent sur Internet en priorité pour payer moins cher. Rien n’est moins sûr. Une expérience menée au laboratoire Carnegie Mellon Usable Privacy and Security (CUPS), à Pittsburgh, et rapportée le 2 juin 2011 dans la revue Information System Research du club scientifique Informs, tend à montrer que les cyberacheteurs sont prêts à payer plus sur des sites marchands signalant clairement comment ils utilisent les données privées de leurs clients (facilité d’accès, clarté). En moyenne, 60 cents. Les chercheurs ont fait appel a des participants de 18 ans et plus issus de la population lambda de Pittsburgh et leur ont demandé d’acheter, sur de vrais sites, des piles Duracell et un vibromasseur.

Le niveau d’information affiché

Ces acheteurs utilisaient un moteur de recherche, Privacy Finder, qui associe aux sites remontés par Yahoo! et Google un niveau de la qualité de l’information sur les donnée personnelles fournie par ces sites. Il existe trois niveaux : nul, moyen, haute qualité. Les participants se sont vu attribuer 45 dollars pour payer mais devaient le faire avec leurs propres cartes bancaires et donc fournir leurs données personnelles (noms, coordonnées bancaires). Un groupe d’acheteurs ne disposaient pas du système de notation ; un autre l’avait ; un troisième aussi mais en croyant qu’il concernait l’accessibilité pour les handicapés (un moyen de voir si c’est bien la notion de vie privée qui entre en jeu, et pas seulement l’évaluation pour elle-même).

59 ou 62 centimes de surcoût

Résultat ? Sans équivoque, quand les acheteurs savent sur quels sites ils seront bien informés sur l’utilisation de leur données personnelles, ils les privilégient : 47,4 % des acheteurs de piles et 33% des acheteurs de sex toys sont allés sur les sites les mieux notés, contre 5,6 et 0% sur les sites avec un niveau "nul". Le fait d’acheter un objet comme un vibromasseur, où l’on aurait pu penser que l’acheteur est particulièrement soucieux de sa vie privée, n’a pas un grand impact. Dans un deuxième temps, les participants à l’étude ont montré qu’ils étaient prêts à payer un peu plus que le prix des produits pour bénéficier de la meilleure politique de confidentialité. En moyenne, dans le cas des achats de piles, ils sont prêts à verser 59 cents, et 62 cents concernant l’achat de l'objet. Si cette étude n’est qu’un premier pas qui doit être approfondi, elle montre que les politiques de confidentialité, leur contenu mais aussi leur accessibilité, peuvent être un facteur de compétitivité.

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