En Afrique, chaîne de distribution rime avec téléphone portable

Par 20 février 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Utiliser le téléphone portable, mais aussi Internet et les emails permet aux producteurs les plus isolés d'Afrique de partager leurs techniques, d'améliorer leurs revenus et de se garantir un accès durable aux marchés.

First Mile Project a pour but de créer une chaîne de distribution efficace allant du producteur le plus isolé au consommateur en Tanzanie. Pour ce faire, le programme de l'IFAD (International Fund for Agricultural Development) préconise l'utilisation des outils modernes de communications comme le téléphone portable et Internet afin de faire remonter le prix des denrées depuis les villes jusqu'au producteurs isolés. De meilleures informations sur les marchés sont d'après les développeurs du projet la meilleure façon d'accéder au marché de façon durable. L'utilisation du téléphone portable permet, par exemple, de remplir une des premières conditions de l'économie de marché : une information parfaite sur les dits marchés. En effet, ils sont utilisés comme un outil de veille économique.
Le téléphone portable rend le marché plus transparent
Des personnes appelées shu shu shus, et qui se définissent comme des espions, vérifient les prix sur les marchés en ville. D'un simple SMS ou appel, ils préviennent les producteurs ou un réseau de communication local afin de limiter les abus des intermédiaires et de créer un nouveaux business model qui garantit une juste rémunération à chacun. Un site Internet a également été développé pour favoriser l'émergence d'un marché B2B (business to business) Linking Local Learners et de forums. Internet permet ainsi aux consommateurs et aux producteurs de communiquer et d'avoir un retour sur leurs échanges. Susan Gweba une productrice de fruit sec précise : "Internet permet d'explorer des marchés potentiels grâce aux informations récoltées à l'international".
Du liens commercial à la durabilité
D'après les responsables du projet, ces technologies permettent de créer un véritable lien social dans la chaîne de distribution. "Dans les zones rurales, le contact personnel est crucial. La communication doit être directe pour construire des relations", souligne ainsi le coordinateur de l'AMSDP (Agricultural Marketing Systems Development Programme) Nathaniel Katinila. Et d'ajouter : "le nombre d'utilisateurs des mobiles et d'Internet augmente ce qui va montrer la valeur que l'on peut en tirer". Pour les coordinateurs, l'élément le plus complexe de ce programme sera d'en garantir la durabilité. Le projet sera présenté à l'occasion du forum international Tech For Food qui aura lieu au salon international de l'agriculture de Paris, et dont L'Atelier est partenaire.

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