En Afrique, la croissance du secteur bancaire stimulée par le mobile

Par 09 septembre 2011
Mots-clés : Smart city, Afrique
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Le continent devrait connaître dans la décennie à venir un développement important de son secteur financier. Cet essor sera dû, notamment, à l'expansion du mobile banking.

Pour le moment, le taux de bancarisation en Afrique sub-saharienne reste peu élevé. Une situation qui devrait évoluer, rapporte l'Economist Intelligence Unit (EIU) dans le rapport "Banking in Sub-Saharan Africa to 2020" : selon ce dernier, la fourchette de progression du secteur bancaire dans seize des pays économiquement clés du continent irait de 178% à 248% (soit 1370 milliards de dollars) d'ici à 2020. Cela sera impulsé par trois facteurs déterminants : croissance économique, besoin en services financiers basiques et essor des nouvelles technologies permettant d'y avoir recours (les téléphones mobiles notamment). Les évolutions seront importantes mais néanmoins disparates sur le continent. Par exemple, des pays aux systèmes bancaires déjà relativement sophistiqués comme l'Afrique du Sud, le Boswana ou la Namibie connaîtront une croissance beaucoup moins importantes que l'Angola dont l'industrie, en plein boom, a longtemps été affaiblie par la guerre civile.

Un continent qui innove dans le domaine bancaire

Cet essor est évidemment nécessaire pour conforter des économies en pleine mutation. Mais l'Afrique sub-saharienne innove pour rattraper son retard sur le reste du monde en la matière. L'adoption massive du téléphone portable sur le continent (près de 300 millions de nouveaux utilisateurs depuis le milieu des années 90), ouvre de nouvelles pistes. La zone est un des leaders dans le domaine du mobile banking : "L'émergence du téléphone portable comme outil financier est un développement important. Ce moyen est extrêmement populaire, étant donné les difficultés pour la majorité de la population d'accéder aux services bancaires classiques", confirme à L'Atelier Pratibha Thaker, directrice régionale en charge de l'Afrique pour l'EIU. "Cette poussée du mobile va faciliter l'expansion du e-commerce et offre une nouvelle plate-forme pour transférer des fonds ou payer des factures".

Un développement rapide du mobile banking dans plusieurs pays

L'Institut estime qu'à l'heure actuelle, plus de 80 % de la population n'a pas accès au système bancaire classique, à cause des charges trop importantes ou des difficultés d'accès aux infrastructures. Il en va de même pour les comptes chèques. D'où la nécessité de trouver de nouveaux moyens de paiement. Et le marché croît rapidement. Plus de 40 % des sud-Africains utilisent déjà l'opérateur MTN, lancé en 2005, en matière de mobile banking. Des modèles similaires existent déjà au Botswana, en Gambie et en Zambie. "Au Kenya, plus de 75 compagnies utilisent le système M-Pesa de mobile banking pour collecter les paiements de leurs clients. On compte environ 11,9 millions d'usagers soit 54 % de la population adulte du pays", ajoute Pratibha Thaker. En 2015, le marché du mobile banking en Afrique devrait peser 22 milliards de dollars. Reste pour les banques à trouver le moyen de s'emparer de l'opportunité.

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