"En Afrique, l'innovation est aussi une affaire d'éducation"

Par 11 mars 2011
Mots-clés : Digital Working, Afrique
Education_Afrique_Tendance

Pour poursuivre harmonieusement son développement dans les technologies, le continent devra disposer des compétences adéquates. D'où la nécessité d'investir aussi massivement dans la formation. Rencontre avec Mayan Mathern, directeur technique de Dimension Data pour la zone Moyen-Orient et Afrique. Dimension Data est une SSII internationale basée à Johannesburg.

L’Atelier : La demande en télécommunications est croissante en Afrique. Peut-on y répondre sans problèmes ?

Mayan Mathern : Le continent dispose des technologies nécessaires pour suivre la demande et lui répondre. Ce dont il manque, c'est de personnel qualifié. Or il est important de trouver des moyens pour partager notre intelligence et notre savoir faire dans le secteur. Cela passera par d’importants financements dans l’éducation. Il faut éviter la fuite des cerveaux et privilégier le développement de compétences dans nos territoires, ce qui fait écho à la trame des politiques gouvernementales. L’innovation passe par la recherche et donc par l’éducation. En ce sens, nous créons des programmes en collaboration avec certaines écoles où nous formons des étudiants qui pourront ensuite venir faire des stages dans notre entreprise.

L’Atelier : la tendance sur le continent Africain, c’est les réseaux mobiles…

Mayan Mathern : En Afrique le développement d’Internet est considérable, notamment l’Internet mobile. Mais ce n’est plus LA tendance, c’est une actualité bien installée. L’avenir, c’est le marché des tablettes : cet outil pourra utiliser des connexions fiables comme les futures 4G – actuellement à l’essai - et finira par dominer le marché des ordinateurs. Il faut donc fournir des solutions aux entreprises, chercheurs, services publics et étudiants. Les jeunes sont d’ailleurs de gros consommateurs de ce type de technologies, sur les réseaux sociaux et les jeux, mais bientôt de plus en plus dans les outils éducatifs, l’enseignement et même la recherche grâce au développement de centres de données.

L’Atelier : Comment se traduiront donc les investissements ?

Mayan Mathern : Le challenge c’est d’accompagner le développement du continent dans son ensemble. Donc oui, l’innovation passe par la recherche mais également par les techniques de communication et de collaboration permises notamment par le cloud computing. Le défi sera également celui de la couverture géographique : il faudra faire en sorte de fournir tout le monde, partout. Le tout est de pouvoir équiper les entreprises et les instituts de recherches en solution de communication interne comme en vidéoconférence ou plates-forme de collaboration, pour leur permettre de partager leur matière grise. Enfin il faut continuer à améliorer les services dans les secteurs qui en réclament le plus comme la finance, les télécoms et les services publics. Ces derniers investissent de plus en plus, notamment dans l’éducation, la santé et la recherche.

 

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