En Afrique, à chaque opérateur son portefeuille mobile

Par 13 novembre 2009
Mots-clés : Afrique

Vous allez dire que c'est ma marotte, que je me répète (cf. le post précédent, je précise car si vous lisez dans l'ordre chronologique, c'est tout à l'heure que vous vous exclamerez : mais dîtes-donc, elle radote !! D'où mon intention de prendre les devants, on n'est jamais assez prudent), mais c'est encore de services financiers sur mobile que je vais vous parler. Ou plutôt dont j'ai fait parler Philippe Lavigne, directeur des ventes et des partenariats chez Kabira.

Kabira qui propose entre autres produits une plate-forme de m-paiement pour les opérateurs, capable de gérer les transactions, le calcul des commissions, des taxes, des transferts internationaux pour chaque opération.

L'Atelier : Comment expliquer cet engouement des opérateurs pour les services financiers mobiles ?

Philippe Lavigne : De telles initiatives servent à attirer et à fidéliser. S'ils ne se lancent pas, les opérateurs vont perdre des clients. Quant à savoir s'ils vont faire de l'argent avec, je n'ai pas la réponse.

Dans le détail, ce sont surtout les services de m-paiement et de transfert de personne à personne qui vont être exploités dans les pays émergents, notamment pour atteindre les populations non bancarisées. Les PME sont aussi une cible pour les opérateurs.

Quant aux solutions de m-banking, elles ne concernent qu'une toute petite partie de personnes disposant d'un compte bancaire. Mais elles ne devraient pas être négligées, car si elles ont un compte c'est qu'elles ont de l'argent, et s'annoncent comme rentables.

La voie semble toute tracée, du coup.

Non, il reste un certain nombre de freins difficiles à dépasser. Principalement au niveau de la régulation. Elles changent en fonction des pays, elles peuvent être très strictes. Certains opérateurs veulent lancer ou étendre leurs services mais ne disposent pas de licence, comme M-Pesa, et se retrouvent confrontés à des problèmes. D'autres ont l'intention de lancer une même solution dans plusieurs pays en même temps, et se retrouvent confrontés à des règles non homogènes.

Une fois de tels problèmes surmontés, il est très probable que chaque opérateur ait sa solution de portefeuille mobile, son service domestique.

Si tous les opérateurs proposent le même type de services financiers, sur quel plan va se jouer la concurrence ?

Sur le premier à lancer sa solution. A terme, il faudra cependant qu'ils s'entendent pour assurer l'interopérabilité entre opérateurs. Ce qui, il me semble n'est pas prévu pour le moment.

De toute façon, en dehors de la problématique fidélisation du consommateur, l'argent se trouve dans le transfert international - du Nigeria au Ghana par exemple - et inter-opérateurs. Parce qu'il y aura des commissions, des taxes...

L'autre grand flux financier se trouve sur l'axe Nord/Sud. Les opérateurs vont vouloir trouver une alternative à une solution comme Western Union. Ce sera la deuxième phase de leur intérêt pour les services financiers mobiles. Pour pouvoir faire du transfert international, il faut avoir son réseau domestique.

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