"En Afrique du Sud, il faut développer une culture de consommation d'électricité durable"

Par 16 juin 2011
Mots-clés : Smart city, Afrique
South Africa

Pour que la distribution d'électricité soit optimale pour tous les citoyens Sud Africains, le smart metering n'est efficace qu'en complément d'une sensibilisation à la consommation.

Entretien avec Hillary Joffe, porte parole d’Eskom, premier fournisseur d’électricité en Afrique du Sud.

L’Atelier : face à quels challenges les fournisseurs d’énergie sont-ils confrontés aujourd’hui en Afrique du Sud ?

Hillary Joffe : Nos principaux challenges sont de faire face au déséquilibre qui subsiste entre l’offre et la demande. Cette dernière est croissante tandis que la capacité de fournir l’énergie n’est pas illimitée. Pour réduire les écarts et limiter les pannes, nous faisons en sorte que les infrastructures du réseau soient mieux sécurisées et que les lignes de transmissions soient le plus fiables possibles. Cela passe par la protection et la qualité de nos réserves de charbon, car 77 %  de notre énergie, provient de cette ressource.

Pour rétablir l’équilibre,  le smart metering peut être un bon outil ?

Hillary Joffe : Bien sûr, le smart metering nous permet de mieux gérer la distribution d’électricité : ce compteur incite les clients à moins consommer en établissant notamment des prix différenciés en temps réel selon les heures et la saison. Le problème aujourd’hui, c’est que ce type d’outil est sujet à des fraudes. Ce sont aussi bien des fraudes directes sur le compteur, mais aussi des fraudes indirectes, c'est-à-dire, des situations de sous-colocation dans un seul appartement, où plusieurs dizaines de personnes se retrouvent parfois à consommer de l’électricité sur un même compte. Pouvoir cerner ces situations est un vrai casse-tête pour nous, en particulier dans les zones rurales.

Un contexte qui vous pousse donc à repenser votre stratégie de communication...

Hillary Joffe : Effectivement, il est impératif que les consommateurs prennent conscience de l’importance de gérer de manière responsable leur consommation. Et c’est à nous de les y aider en créant des campagnes de sensibilisation beaucoup plus efficaces qui vont venir compléter l’utilisation d’outils pertinents comme le smart metering ou encore les cartes prépayées. Notre efficacité énergétique est notre préoccupation première. Pour la distribuer efficacement, nous jouons sur les prix, bien que nos offres soient déjà particulièrement basses. Mais nous sommes prêts à élaborer des campagnes relativement agressives. Il est question de développer une réelle culture de consommation qui sera profitable à tous.

Comment comptez-vous vous y prendre ?

Hillary Joffe : Nous devons être liés à d’autres acteurs du développement de l’énergie: les opérateurs, les marketeurs, mais aussi regarder du côté des infrastructures et du développement des cartes prépayées et des smart metering. Pour communiquer, les SMS, et dans de plus en plus de zones, le web nous permettent de toucher un nombre croissant de consommateurs. C’est un travail de fourmi pour qu’à terme, une  culture de l’efficacité et de la protection de notre énergie se développe. Eskom est le principal fournisseur d’électricité en Afrique du Sud. Nous produisons 95 % de l’énergie consommée. Notre objectif est que la lumière soit toujours allumée, mais il reste indispensable, vu la croissance de la demande, que les consommateurs aient une réelle sensibilisation quant à leur consommation.

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