En Afrique du sud, la mode est au Blue Gene

Par 11 novembre 2009
Mots-clés : Afrique

Quid de la recherche en Afrique du sud ? C'est pour commencer à explorer la question que je suis allée hier au CHPC, le Center for High Performance Computing, qui se trouve à CapeTown. Le centre, créé en 2007 par le gouvernement, et hébergé par le Meraka Institute du CSIR (Council for Scientific and Industrial Research), a pour but d'accélérer la compétitivité du pays et de participer au développement socio-économique grâce à des infrastructures solides et de grandes capacités de calcul. Vaste programme, n'est-ce pas... Mais pour y parvenir, le CHPC a quand même un sérieux atout : il héberge en son antre un Blue Gene, le super ordinateur made in IBM.
Il y en a que la bête laissera froid - et je ne parle pas de la température qui règne dans la pièce qui l'accueille. Moi, par exemple, pour qui admirer ce bloc au look 2001 l'Odyssée de l'espace égale la joie que je ressens au visionnage d'un match de foot. J'ai fait des efforts, pourtant, devant l'empressement du directeur du CHPC à me le montrer avec emphase. Et à me faire découvrir aussi tout le système de sécurité autour : la porte est protégée par un système biométrique à empreintes digitales et auquel le directeur même n'a pas accès.

Selon Happy Sithole, le maître des lieux, IBM a choisi l'Afrique du sud pour faire don de son super calculateur de 14 téraflops car il considérait le pays comme avancé en terme de recherche.

Et c'est vrai que le système, en parallèle des autres serveurs dont dispose le centre, a un effet dynamisant sur la recherche. Happy Sithole m'a montré un certain nombre des projets sur lesquels le CHPC travaille : climatologie, recherche médicale contre la malaria et le HIV, astronomie, modélisation des fluides... Le supercalculateur servant aussi à permettre la visualisation - en 3D ! - des molécules, organismes, fluides etc. étudiés.

L'autre intérêt, c'est que cela permet aussi au pays de développer ses propres algorithmes et applications. Ce qui est primordial, m'a souligné Marjolaine Rouault, chercheuse en ressources naturelles et en environnement, non seulement pour le développement de programmes de recherche pertinents mais aussi pour la compétitivité : les systèmes développés en Afrique du sud peuvent intéresser d'autres pays. Dernière chose : cela participe à la création d'une véritable communauté de chercheurs dans le pays. Chercheurs bien formés et qui ne sont pas tentés de s'expatrier pour mener leurs projets et leur carrière. Un constat confirmé par un autre chercheur du pôle, Nicolas Fauchereau - à qui j'ai posé la question en soulignant le fait que tous deux étaient Français - et par Happy Sithole. Le mérite n'en revenant pas évidemment qu'au Blue Gene ! Mais au secteur de la recherche en Afrique du sud en général, m'a rappelé Happy Sithole qui m'a expliqué être revenu dans le pays après des études à l'étranger.

L'entretien avec Happy Sithole sera à retrouver dans les prochaines semaines sur la web TV de L'Atelier.

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