Afrique : les taxes sur le secteur mobile ralentissent la croissance

Par 30 mai 2008
Mots-clés : Smart city, Afrique

La téléphonie mobile est une manne pour les gouvernements africains. Mais les impôts freinent le développement des services.

Entre 2000 et 2012, l'industrie du mobile va générer 71 millions de revenus en l'Afrique Sub-Saharienne, et ce via les taxes gouvernementales telles la TVA mais aussi des taxes spécifiques au secteur. Un chiffre qui serait beaucoup plus élevé si les gouvernements annulaient justement ces dernières. C'est du moins le résultat d'une étude commanditée par la GSMA, et menée par Frontier Economics. Il en ressort en effet que le développement des services mobiles dans la région est freiné par cette fiscalité spécifique, qui augmente le prix des terminaux et des équipements. La conséquence : cela dissuade les consommateurs les plus pauvres et ralentit les investissements des opérateurs dans la région.
Le paradoxe des taxes gouvernementales
Selon le rapport, si toutes les taxes spécifiques à la téléphonie avaient été levées en 2007, 43 millions de personnes de plus auraient pu se connecter dans la région d'ici à 2012. Ce qui aurait mené à une hausse des revenus de l'impôt dans leur ensemble à 930 millions de dollars. "Les consommateurs mobiles en Afrique sont confrontés à des taux parmi les plus élevés du monde dans ce secteur. Et ce sont les plus pauvres qui en pâtissent", explique Gabriel Solomon, vice président de GSMA. "Ces tarifs retardent l'adoption du mobile en Afrique, et ironiquement, rabaissent les revenus potentiels que pourraient collecter les gouvernements". Mohsen Khalil, directeur du département NTIC à la Banque Mondiale, déclare quant à lui : "nous ne pensons pas que l'imposition devrait être décidée selon des considérations à court terme, mais au contraire elle devrait l'être en fonction d'objectifs économiques à long terme".
Un secteur florissant
"Il s'agit d'étendre ces services au plus grand nombre". Car selon lui les bénéfices indirects d'une société où chacun a accès aux nouvelles technologies devraient prendre le pas sur les bénéfices financiers à court terme. L'étude rappelle que l'industrie mobile emploie plus de 3,5 millions de personnes dans la région, directement ou indirectement et le secteur a représenté près de 4 % du produit intérieur brut de l'ensemble de ces pays. La GSMA avait annoncé en octobre que les opérateurs comptaient investir près de 50 millions de dollars dans les cinq années à venir. Or les experts estiment que chaque dollar investi dans la région, génère 80 cents de taxes : ce qui fait que le secteur représente 7 % des recettes totales des gouvernements de la région.

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