L’agriculture urbaine se met au numérique grâce à l’internet des objets

Par 29 novembre 2013
Agriculture urbaine et Internet des Objets

L’expansion de l’agriculture urbaine a su tirer parti du digital pour son optimisation.

58% de la population mondiale vit aujourd’hui en ville et selon la FAO, l’agriculture urbaine est déjà pratiquée par plusieurs centaines de millions de citadins. Des citoyens qui transforment les villes en espaces verts et comestibles, créateurs de liens sociaux. Les projets d’agriculture urbaine se multiplient ces dernières années et voient leurs formes se diversifier et innover avec des objectifs variés allant de l'autosuffisance à la réappropriation citoyenne de la ville en passant par l’éducation et la sécurité alimentaire. Le secteur agricole en général est en pleine évolution et les nouvelles technologies que peut offrir l’internet des objets permettent de contrôler des paramètres et ainsi de gagner du temps, de faciliter les processus et de réduire les pertes. Rapporté à une plus petite échelle telle que l’agriculture urbaine, ces objets connectés sont un atout certain pour son developpement et sa perennisation avec l’avantage d’être plus abordables car en fonctionnement sur des plus petites surfaces.

L’internet des objets fait parler les plantes

Plusieurs projets ont vu le jour s’appuyant sur les sondes électroniques. Des petites sondes sont placées sur les plantes et sont connectées à des applications mobiles permettant de connaître en temps réel l’état de la plante et ainsi d’optimiser sa croissance. Le groupe Oso Technologies a dans cette optique levé en début d’année près de 100 000 dollars sur la plateforme Kickstarter pour le développement d’un dispositif de sonde éléctronique Plant Link. Cet appareil sera disposé à coté de la plante et connecté au site internet sur lequel l’utilisateur aura entré des indications quant à son type de sol et la variété des vegetaux plantés. Grâce à ses informations, Plant Link aura un étalon de mesure et grâce à ses capteurs il saura en temps réel le niveau hydrique de la plante. Ces données sont stockées grâce au cloud et permettent aux utilisateurs d’y accèder en ligne ou via l’application qui pourra aussi les alerter par SMS ou par mail sur les actions à effectuer avec des messages du types “votre plant de tomate a soif”. L’outil offre également la possibilité d’activer à distance un système d’arrosage grâce à la “valve intelligente”.  Dans la même tendance s’inscrit aussi l’application Harvest geek, sortie en début d’année et qui ajoute à l’internet des objets une partie sociale qui permet d’échanger avec d’autres utilisateurs sur le développement de leurs plantes et ainsi obtenir des conseils supplémentaire.

L’agriculture urbaine remise en question

L’agriculture urbaine, malgré des avantages certains, a aussi subi de nombreuses critiques quant à la qualité des productions. Des chercheurs de l'Université Technique (TU) de Berlin ont donc étudié les effets de la pollution urbaine sur les denrées produites en agglomération. Ils ont mesuré des taux de concentration élevés de métaux lourds dans certains légumes produits au cœur de la ville et particulièrement là où le trafic routier est élevé. On se préoccupe donc ici d’importantes fréquentations routières, cependant si les citoyens habitant dans ce type d’environnement souhaitent tout de même participer au jardinage urbain ils le pourront grâce notamment à Grow Cube. C’est un cube connecté de la taille d’une machine à laver qui n’a pas de contact avec l’air extérieur et n’est donc pas soumis à la pollution urbaine. Il est connecté à une application mobile permettant de suivre et contrôler le micro climat intérieur en temps réel. Les objets connectés apparaissent là encore comme un levier de développement de l’agriculture urbaine qui rajoute au suivi des paramètres environnementaux un aspect relié à la qualité des produits non négligeable.  

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