Quand les ailes des papillons aident à supprimer les reflets des écrans électroniques

Par 15 mai 2015
Le Greta Oro

Les propriétés des ailes d’un papillon d’Amérique du Sud pourraient permettre à nos futurs smartphones et écrans d’ordinateurs de ne plus refléter la lumière.

Greta Oro. C’est le nom de ce papillon aux propriétés extraordinaires récemment étudiées par le Karlsruhe Institute of Technology (KIT) en Allemagne. Ce qui rend ce lépidoptère si différent des autres sont les propriétés anti-reflets provenant de ses ailes : celles-ci sont quasiment transparentes, le rendant par conséquent presque impossible à chasser pour ses prédateurs. Une transparence héritée de la structure des ailes du papillon, qui a récemment été modélisée par les chercheurs allemands.

Après étude de la structure des ailes du papillon, les chercheurs ont observé une architecture d’ores et déjà modélisée lors de précédentes études : des nanostructures en forme de piliers, responsables de la faible réflexion de la lumière. En revanche, ce qui différencie le Greta Ono réside dans le fait que ses nanostructures sont arrangées de manière complètement irrégulière et à hauteurs variables (entre 400 et 600 nanomètres), et à une distance entre 100 et 140 nanomètres chacun.

Une représentation microscopique des nanostructures irrégulières présentes sur les ailes du papillon
 

Après avoir modelé mathématiquement ces irrégularités de nanostructures, les chercheurs ont pu prouver que la faible réflexion de la lumière était justement due à ces irrégularités. En contraste avec les autres phénomènes naturels, où la régularité dans la structure est observée, le « chaos » qui règne parmi les nanostructures constitue la force du papillon.

Alors que les écrans de smartphones, tablettes et autres ordinateurs reflètent beaucoup la lumière, les propriétés uniques de ce papillon pourraient possiblement être appliquées à nos écrans pour limiter les reflets provoqués par la lumière, la structure des ailes du papillon ne renvoyant qu’entre 2 et 5 % de la lumière. En comparaison, une surface de verre classique reflète minimum 8 % de lumière (cela pouvant atteindre les 100 %). En plus de ne refléter que très peu la lumière, les ailes du papillon suppriment le rayonnement ultraviolet et infrarouge qui peut être perçu par les animaux. Des éléments cruciaux quant au maintien de la survie du petit animal.

Une telle découverte pourrait conduire à une application directe sur nos appareils électroniques (lentilles ou écrans de téléphones et de tablettes par exemple), puisque ce genre de revêtement de surface posséderait également des propriétés autonettoyantes et imperméables. À l’heure actuelle, l’équipe des chercheurs du KIT seraient en train d’élaborer un premier prototype de revêtement d’écran.

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