je n'aime pas Spotify, mais cela ne devrait pas durer, à l'insu de mon plein gré

Par 04 janvier 2012
Machine industrielle

Commencer la nouvelle année avec des pensées de vieux chnoque, je n'avais pas encore testé. C'est désormais chose faite, et je remercie les services de musique en ligne.

Durant la nouvelle année, j'ai du dans un geste amical m'inscrire au service Spotify, qui offrait 48 heures de musique gratuite. Je le regrette déjà. C'est comme si j'avais validé le principe. Je n'aime pas l'idée de pouvoir écouter n'importe quoi, n'importe quand. J'aime l'effort et la frustration de ne pas pouvoir savourer un disque. J'apprécie ce supplice qui à mon époque consistait à attendre la sortie du vinyle, puis du CD en import des Pixies - au hasard - chez un disquaire indépendant d'Evry, puis dans une grande surface culturelle parisienne quand ceux-ci ont disparu, puis sur un service d'achat de musique numérique quand « ripper » des CD est devenu trop fastidieux. Je suis fan de l'idée de se dire, « zut, je n'ai pas cet album sur mon baladeur », parce que cet album est soir sur l'ordinateur central, soit sur les serveurs de mon prestataire de stockage, soit sur un autre dispositif.

Attendre, se déplacer physiquement dans un endroit où il y a un réseau haut-débit. Etre fébrile, avoir envie mais ne pas être contenté. Devenir adulte. Écouter sur Spotify et consors à la Deezer est pour moi comme consommer des galettes des rois en décembre, se rendre dans toute ville du monde et tomber inexorablement sur les mêmes échoppes vestimentaires. C'est une perte de sens, une perte de repères. Cela fait bientôt cinq années que j'ai la chance de partager l'enregistrement de L'Atelier Numérique, et cela fait cinq année que je hausse les épaules et que je grommelle quand François s'extasie sur ce principe de forfait annuel qui permettrait de télécharger toute œuvre culturelle disponible. Pourtant cela semble inéluctable. Amusant de voir des tendances d'usage qui ne vous plaisent pas s'imposer dans le paysage. Heureusement, le cerveau est bien fait, et bientôt je devrais être très content d'utiliser le système.

 

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