Les amphis virtuels facilitent le travail en petit groupe

Par 18 janvier 2010

L'université de Laval donne désormais certains cours dans des amphithéâtres virtuels contenant jusqu'à trois cents ''places''. Originalité : la plate-forme se subdivise en temps réel pour des travaux en équipes.

Recréer de manière virtuelle un amphithéâtre de cours universitaire. C'est ce que propose l’université Laval, au Québec. Elle a mis au point une plate-forme qui recrée sur le Net les caractéristiques d'une classe traditionnelle. "Nous avons maintenant trois cents places disponibles dans notre classe virtuelle synchrone",explique à L’Atelier Claude Potvin, conseiller pédagogique à la faculté. Avec une particularité : il est possible de subdiviser la classe afin de rassembler les élèves en équipes. Ce qui facilite grandement les travaux de groupe. "C’est comme si notre amphithéâtre comportait des cloisons pivotantes. Des sous salles se créent à l’intérieur de l’espace virtuel", ajoute-t-il."Chacune d’entre elles possède d’ailleurs les mêmes outils". Des outils de communication audiovisuelle d’une part, et d'autres de collaboration avec un système de partage de fichiers.
L’enseignant dirige l’ensemble des travaux de ses étudiants
Le logiciel offre également la possibilité d’effectuer des sondages rapides, avec des questions à choix multiples. Point important : l’enseignant garde le contrôle. S’il décide  par exemple d’explorer un site avec ses étudiants, c’est lui qui oriente la visite comme il le souhaite. Et pour les cours magistraux, il lui suffit de couper les micros de ses élèves, afin d’éviter la cacophonie. "Les classes virtuelles de plus de trente personnes posent souvent des problèmes techniques au niveau des serveurs", nuance cependant Olivier Leclercq, de e-doceo, interrogé par L'Atelier."Le partage des fichiers et la gestion des flux vidéos pèsent en effet très lourd en bande passante". Un constat que Claude Potvin reconnaît."Les algorithmes de compression qu’utilisent le logiciel permettent au plus grand nombre de suivre les cours".
La classe virtuelle ne vient pas se substituer aux cours réels
"Mais nous sommes encore loin de la qualité HD (haute définition) pour la vidéo",admet-il. "Il faut néanmoins bien comprendre une chose : la classe virtuelle synchrone demeure un outil complémentaire".Certains contenus ne pouvaient pas être enseignés à distance auparavant, les cours de langue notamment. Pour Thierry Nabeth, chercheur à l’INSEAD CALT, une telle initiative est intéressante. "Mais recréer les mécanismes du réel est une chose. Ce qui est intéressant, c’est d’aller au-delà. C’est de s’interroger sur ce que les systèmes digitaux permettent de faire de plus qu’un cours traditionnel", confie-t-il à L’Atelier. "L’avenir, ce n’est plus d’opposer le off line et le synchrone, mais de bâtir des solutions capables de prendre le meilleur des deux mondes",conclut-il.

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