Andy Grove, le patron d'Intel, dans une interview exclusive à la Tribune

Par 11 mars 1998

prédit "une belle pagaille" informatique pour l'an 2000. Selon lui, les réseaux dominent aujourd'hui l'informatique. Bien que les marges soient plus importantes sur les matériels puissants, les mic...

prédit "une belle pagaille" informatique pour l'an 2000.
Selon lui, les réseaux dominent aujourd'hui l'informatique. Bien que les
marges soient plus importantes sur les matériels puissants, les
micro-ordinateurs bon marché et les microprocesseurs à faible coût sont
aussi porteurs de bénéfices. Actuellement, les microprocesseurs
représentent 10 % des ventes de semi-conducteurs, soit 20 milliards de
dollars environ sur un marché global de 200 milliards de dollars. Si
certains semi-conducteurs sont adaptés à des fonctions de
micro-ordinateurs, la majorité sont destinés aux voitures, aux montres,
etc.. , marché certes disparate mais énorme. Peu présent jusqu'à présent
sur le marché de l'électronique grand public, celui-ci intéresse désormais
Intel avec l'arrivée de la technologie numérique.
Le passage à l'an 2000 sera l'occasion d'une belle pagaille. Si une grande
partie des logiciels aura été adaptée d'ici là, de gros problèmes
subsisteront. Pour adapter ses propres logiciels, Intel dépense une
centaine de millions de dollars. Malgré tous les efforts, Intel s'attend à
connaître des problèmes. Le "bug" de l'an 2000 sera un boulet pour
l'économie mondiale.
Par ailleurs, Andy Grove juge qu'il est "stupide et totalement illogique"
d'inviter des jeunes gens à étudier aux Etats-Unis pour les renvoyer
ensuite chez eux.
Interrogé sur le retard de l'Europe vis-à-vis de l'Internet, il ne
comprend pas d'où vient ce retard, particulièrement en ce qui concerne la
France. Selui lui, "des grands pays européens, la France est le pire, et
ce n'est pas une question de capacités technologiques ou de système
éducatif. Vous qui êtes français, expliquez moi !".
(Deux pages - La Tribune - 11/03/1998)

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