Les annonceurs s'arment contre le scad

Par 24 juillet 2008

Les liens sponsorisés trompeurs portent préjudice aussi bien aux marques qu'aux internautes. Les acteurs du marché se sont réunis en une association afin de prévenir les consommateurs des risques de ces publicités.

Les deux tiers des internautes auraient déjà été victime de scads. Derrière ce terme, on retrouve la contraction des anglicismes "scam" (arnaque) et "ad" (publicité) : il s'agit des liens sponsorisés apparaissant sur les moteurs de recherche et qui utilisent des mots clefs qui induisent les internautes en erreur. Ainsi lorsqu'un consommateur recherche des informations concernant sa marque de voiture préférée, il va taper le nom du constructeur dans le moteur de recherche. Des annonceurs crapuleux vont avoir acheté ces mots clefs qui n'ont rien à voir avec leurs propres produits, afin d'attirer du trafic sur leurs sites. Les internautes perdent donc du temps, mais se retrouvent également exposés à des risques de piratage ainsi qu'à une exposition aux virus deux fois plus importante. C'est pour avertir les consommateurs et lutter contre ce type de pratique frauduleuse que s'est créée l'Alliance Against Bait & Click (AABC), association qui a lancé son site cette semaine.
Des mots clefs peu protégés
Le groupe est composé de consommateurs, de marques et d'annonceurs comme Marriott Hotels and Resorts, IHG, Northwest Airlines, mais aussi de chercheurs et de professeurs de la Harvard Business School. "Notre objectif est d'éradiquer ce type de liens, qui portent préjudice aussi bien aux marques qu'aux internautes", déclare à L'Atelier Jarrod Agen, coordinateur du projet. Il explique que cette prévention devrait être menée par les moteurs de recherche eux-mêmes, qui vendent les espaces aux annonceurs. "Mais ces derniers sont peu regardants quant à la légitimité des annonceurs à utiliser certains mots clefs". Pourtant selon Jarrod Agen, il suffirait de resserrer les filtres appliqués par les moteurs de recherche pour arrêter les scads.
Eduquer et sensibiliser au "marketing trompeur"
Cela permettrait de limiter le marketing trompeur, en restreignant l'utilisation du nom d'une marque ou d'un produit à l'entreprise légitime et aux revendeurs officiels. Autre solution : ne vendre le droit d'utilisation de certains mots clefs qu'aux marques qui ont déposé ce mot. "En attendant que les groupes comme Google prennent en compte ces problèmes et s'y attèlent, nous déployons nos propres moyens", ajoute le coordinateur de AABC. Qui explique que la mission de l'association est d'éduquer le consommateur en l'informant des risques qu'il encourre afin qu'il ne se fasse pas berner par ces liens trompeurs. Le lancement du site stopscads.org n'est qu'un premier pas. "Nous prévoyons la réalisation de campagnes de communication visant à éduquer les internautes", annonce Jarrod Agen.

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