Anti-terorrisme : le logiciel rend le contrôle imprévisible

Par 17 avril 2008

L'aéroport de Los Angeles a testé Armor, un système qui recalcule en permanence les endroits à surveiller. Intérêt : rendre les contrôles aléatoires pour empêcher les terroristes d'identifier des zones vulnérables.

Rendre imprévisibles les déplacements policiers et les opérations de surveillance dans les aéroports permettrait de réduire la menace terroriste. Ce, en empêchant ces derniers de repérer les habitudes des forces de l'ordre afin de monter des attaques en ciblant les failles (zones non couvertes à une heure précise, etc.). C'est en partant de ce constat qu'une équipe du centre Create* de l'université de Californie du sud a développé un système informatique, Armor (Assistant for Randomized Monitoring over Routes). Celui-ci donne la possibilité de calculer en permanence les endroits vulnérables et d'y envoyer le personnel adéquat. Un dispositif qui permet un contrôle de l'ensemble des zones de l'aéroport sans que ce dernier soit l'objet de rondes quotidiennes et prévisibles. "Armor systématise la recherche permanente des endroits sensibles et la rend à la fois efficace et aléatoire", explique Milind Tambe, professeur de sciences informatiques et l'un des responsables du projet.
L'algorithme contrôle les zones sensibles
Le système a été déployé à l'aéroport de Los Angeles, le Lax, dans le cadre d'une phase de test arrivée récemment à terme. L'aéroport, qui estime que l'essai a été fructueux, souhaite d'ailleurs utiliser aujourd'hui Armor d'une manière permanente.  Pour fonctionner, le logiciel intègre de nombreuses données, comme une carte des emplacements de parking, la surveillance vidéo des points d'enregistrement des véhicules et de bagages, les effectifs disposant de chiens dressés et les zones qu'ils couvrent. Il bénéficie également d'informations fournies par la police sur les zones pouvant être concernées par une attaque. Des données qui sont susceptibles de changer jour après jour, si les forces de l'ordre repèrent des personnes ayant des activités douteuses. Ou si certaines failles de sécurité surviennent en raison d'un problème technique. Plusieurs algorithmes calculent ensuite automatiquement les endroits à inspecter selon ces informations.
Les entreprises plébiscitent le contrôle aléatoire
Pour rappel, les individus souhaitant monter une attaque passent entre dix-huit et trente-six mois à étudier un lieu cible. Or il est difficile, voire impossible, pour les responsables de sécurité de changer efficacement au quotidien les déplacements de leurs équipes. Selon les chercheurs, il est impossible pour un être humain de superviser sur le long terme des systèmes aléatoires. Milind Tambe estime ainsi que l'homme se réfère automatiquement à son expérience ou à d'anciennes décisions avant d'en prendre de nouvelles. Un processus que ne suit pas la machine, qui se contente de réaliser des calculs afin d'identifier sans aucune idée préconçue un endroit vulnérable ou un véhicule à contrôler. Et Armor ne vise pas qu'à renforcer la sécurité dans les aéroports. En effet, si d'autres bases devraient le déployer prochainement, plusieurs agences gouvernementales et entreprises privées se sont également déclarées intéressées.
*pour Center for Risk and Economic Analysis of Terrorism Events.

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