Pour anticiper les besoins de l'homme, le robot doit le copier

Par 09 juin 2009
Mots-clés : Smart city

Le projet Jast reproduit les processus cognitifs avec lesquels l'homme comprend ce que ses pairs s'apprêtent à faire. Le but est d'apprendre au robot à prévoir des actions et non plus de seulement les réaliser sur commande.

Parvenir à des robots domestiques capables de véritables interactions avec leur propriétaire demande de leur insuffler de l'autonomie mais aussi des capacités d'anticipation. Les chercheurs du projet Jast travaillent sur une machine qui prédira et de comprendra les intentions des utilisateurs humains. Jast (Joint-action science and technology) reproduit les mécanismes biologiques d'interaction : la capacité de mimétisme et de déduire l'intention de son interlocuteur. L'équipe rappelle ainsi que le cerveau apprend en copiant. En d’autres termes il observe une action de la même façon qu’il la réalise. En permettant à un robot d'associer un comportement à une action, il devient du coup possible de le faire réagir en temps réel à celles que réalisera son propriétaire.
De l’étude de l’homme comme fil conducteur…
Pour vérifier l'efficacité de leur solution, les scientifiques réalisent actuellement plusieurs tests. Le système robotisé possède déjà en mémoire les programmes pour réaliser certaines actions comme ouvrir une porte. Le but est de lui faire reproduire cette tâche, mais aussi d'observer comment son partenaire humain s'en acquitte. "Le robot sur lequel nous travaillons n'observe pas pour apprendre une tâche", rappelle Wolfram Erlhagen, de l'université de Minho. "Il connaît déjà l'action qu'il faut réaliser, mais il observe l'attitude et les gestes de l'être humain qui s'apprête à la faire, et les mémorise afin d'être réactif à l'avenir quand il verra son propriétaire répliquer cette action".
A la robotique…
Et pouvoir lui apporter son aide s'il se rend compte que la personne rencontre des difficultés : c'est-à-dire si elle ne suit pas la procédure mémorisée par la machine. Selon les chercheurs, cette capacité d'anticipation est loin d'être anodine : elle rendra l'interaction entre l'homme et la machine plus naturelle et moins soumise à une simple programmation de tâches à réaliser. Le système sur lequel ils travaillent devrait ainsi permettre aux robots de poser des questions. A terme, l'équipe souhaite adapter cette capacité de déduction des intentions aux robots entre eux pour améliorer la productivité des robots dans l’industrie.

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