Pourquoi AOL TW a souhaité enterrer la hache de guerre avec Microsoft

Par 26 mars 2004
Mots-clés : Smart city

Rivaux pour la domination d'Internet, Microsoft et AOL Time Warner ont mis fin aux procédures judiciaires qui les opposaient en signant, en mai dernier, un pacte qui installe les technologies de...

Rivaux pour la domination d’Internet, Microsoft et AOL Time Warner ont mis fin aux procédures judiciaires qui les opposaient en signant, en mai dernier, un pacte qui installe les technologies de Microsoft au cœur de la distribution en ligne des contenus de Time Warner. Comment transformer un concurrent de toujours en un allié stratégique ? C’est, à la surprise générale, ce qu’est parvenu à faire Microsoft en concluant, le 30 mai dernier, un accord avec le groupe AOL Time Warner. Portant sur de nombreux domaines, celui-ci pourrait modifier en profondeur le paysage de l’Internet. C’est Bill Gates lui-même qui a pris l’initiative d’appeler le PDG d’AOL T-W, Richard Parsons, il y a deux mois, pour lui suggérer que les deux firmes avaient plus à gagner à s’entendre qu’à engager une longue procédure judiciaire devant les tribunaux. Déposée en janvier 2002 au nom de sa filiale Netscape, la plainte d’AOL visait à obtenir plusieurs milliards de dollars de dommages et intérêts de la part de Microsoft. Elle s’appuyait sur les conclusions du procès pénal anti-trust ayant reconnu l’éditeur coupable d’abus de position dominante en intégrant le logiciel de navigation Explorer à son système d’exploitation Windows, ce qui avait provoqué la marginalisation de Netscape. Auparavant, AOL avait racheté en novembre 1998 Netscape pour près de 10 milliards de dollars, alors que l’éditeur de Navigator contrôlait encore 60 % du marché des logiciels de navigation du Net. Aujourd’hui, ce pionnier du Net ne compte plus que 300 salariés dans la Silicon Valley et son avenir semble définitivement compromis. Le versement par Microsoft à AOL de 750 millions de dollars en cash peut sembler bien peu au regard des espoirs initiaux, d’autant que les juristes estimaient que le dossier du plaignant était particulièrement solide. L’explication tient à ce que la situation d’AOL Time Warner a beaucoup changé en 18 mois. Après avoir annoncé des pertes records de près de 100 milliards de dollars pour 2002 et accumulé 26 milliards de dollars de dettes, le groupe new-yorkais a plus besoin d’alliés que d’ennemis et n’a plus les moyens d’attendre 2 ou 3 ans pour décrocher une hypothétique compensation financière de la part de Microsoft.« AOL Time Warner a besoin de réduire ses dettes, de redresser sa division AOL et d’alléger la pression concurrentielle exercée par Microsoft. L’accord de coopération technologique conclu répond à tous ces objectifs », explique Jessica Reif Cohen, analyste de Merrill Lynch. Un point de vue partagé par l’ensemble des observateurs et par la Bourse, puisque vendredi le cours d’AOL gagnait 3 %, à 15,29 $, alors que celui de Microsoft progressait légèrement, confirmant l’opinion selon laquelle cet accord est mutuellement avantageux.De fait, si Microsoft a pu si facilement obtenir un accord financier avec son rival, qui égratine à peine ses réserves financières de 46 milliards de dollars, c’est surtout parce que celui-ci n’est plus dirigé par les anciens d’AOL mais par ceux de Time Warner. Steve Case, ex-PDG du groupe et fondateur d’AOL, voulait concurrencer Microsoft directement sur le terrain de la technologie. Parti, il rêve aujourd’hui de reprendre son ancienne entreprise si celle-ci devait un jour être filialisée ou vendue. Steve Parsons n’a pas cette ambition. Ancien responsable des contenus du groupe Time Warner, il est prêt à confier à Microsoft la gestion technologique de la distribution des contenus en ligne, ce qui constitue la base même de l’accord entre les deux entreprises (voir encadré). Objectif à long terme : augmenter les recettes du groupe en bâtissant des modèles économiques viables pour mieux distribuer ses contenus sur le Net. Avec l’aide de partenaires technologiques, dont Microsoft.Michel Ktitareff, pour l’Atelier BNP ParibasPour plus d’infos sur la côte Ouest : cliquer ici<< precedent

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