Des applications moins énergivores passent par la compréhension du mobile

Par 12 avril 2011
Mobiles

Pour réduire la surconsommation d'énergie des batteries de smartphones provoquée par l'utilisation des applications, il faut regarder du côté du réseau cellulaire et maîtriser les cycles des mobiles.

Comment expliquer que certaines applications consomment très rapidement la batterie de son smartphone ? C'est la question que s'est posée une équipe d'AT&T, en partenariat avec des chercheurs de l'université du Michigan. Ces derniers rappellent qu'il y a des interactions complexes entre l'appareil et le réseau cellulaire. Interactions difficiles à percevoir de prime abord, en raison de la nature en silos de l'architecture réseau. Les scientifiques veulent du coup attirer l'attention des développeurs sur les cycles du mobile, qui passent par différents états en fonction de la demande. Selon eux, adapter leurs applications non pas tant par rapport à l'état du réseau qu'en fonction du mobile permet d'optimiser les applications et les rendre moins énergivores. En fait, pour chaque transfert, les smartphones passent d’un état d’inactivité, soit de basse consommation d’énergie, à un état intermédiaire, puis à un état de pleine puissance afin de traverser les strates du réseau cellulaire jusqu'au contenu.

Regrouper les requêtes

Or, au cours de l’utilisation des applications, ces dernières transmettent des rafales de petits paquets de requêtes de données qui font faire des allers-retours d’envoi d’informations dans les strates du réseau. C'est-à-dire entre le terminal mobile et la tour de transmission d’informations. Ces chemins nécessitent plusieurs secondes d’attente, surtout si le réseau est saturé. Ils sollicitent également l’état de pleine puissance de l’appareil, qui du coup est inutile dans l’attente entre deux transmissions. La solution, qui existe déjà, est de rassembler ces rafales de données en une seule transmission. Ceci en canalisant les requêtes de pages web vers les serveurs dans un seul transfert, soit un seul fichier. Ou en réduisant le nombre de connexions de l’appareil vers le réseau cellulaire en une seule. En regroupant ainsi les allers-retours sur le réseau cellulaire en un seul protocole de transmission et donc en réduisant le temps passé en pleine puissance de l’appareil, les applications et les batteries sont utilisées plus efficacement et le réseau est ainsi moins encombré

Minimiser le temps de pleine puissance

"C’est ce qu’on appelle 'mettre le contenu en cache'  dans le jargon des développeurs", explique à L’Atelier, Hubert Fisselier, directeur associé de Digidust. "Ainsi, une fois l’appareil en off line, l’utilisateur peut récupérer des informations déjà stockées dans le mobile, sans que celui-ci ait à se reconnecter et donc, à utiliser ses ressources énergétiques",ajoute-t-il. Ici, ce que conseillent les chercheurs, c'est de se tourner vers le comportement du mobile pour mieux adapter le fonctionnement de leur application. En effet, jusqu'à présent, la méthode dite de transmission unique était en règle générale utilisée en fonction du réseau. C'est-à-dire sans prendre en compte le fait que les ressources de la batterie pouvaient s'épuiser et surtout que cette batterie n'était pas toujours opérationnelle pour assurer les transmissions.

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