"Les applications rénoveront l'écosystème mobile"

Par 20 juillet 2009
Mots-clés : Smart city

L'engouement pour les applications mobiles présage de l'apparition de nouveaux modèles d'affaires, en permettant notamment à des PME de s'imposer. Le point avec Alessandro Thellung, PDG et fondateur de Redshift*.

L’Atelier : Quels sont selon vous les nouveaux modèles d'affaires que cet engouement pour les applications mobiles laisse envisager ?
Alessandro Thellung : Les applications introduisent plusieurs nouveautés dans l'écosystème mobile : tout d'abord elle permettent une mise en relation directe entre la marque et le consommateur, sans que ce dernier ne soit obligé de passer par le portail de son opérateur, ce qui ne fait qu'accélérer la tendance de fond vers le off portal.  Au passage, signalons que cela permet aussi à des entreprises de taille moyenne d'émerger, ce qui n'était pas le cas quand il fallait traiter avec le portail des opérateurs pour exister sur le mobile. Ensuite, il y a la facturation : au-delà  du traditionnel paiement au téléchargement, qui est typique d'un achat de contenus sur un portail opérateur, l'application permet l'introduction d'autres formes de facturation, basées sur la valeur ajoutée réellement  livrée à l'utilisateur : on peut acheter un événement  (une place de concert), un module ou une option (un niveau pour un jeu) ou encore une durée d'abonnement. 
Opérateurs et constructeurs commencent à lancer leurs appStores. Comment organiser la commercialisation de ces applications ? Peut-on envisager des partenariats ?
Cela serait souhaitable pour l'utilisateur, mais je n'y crois pas vraiment. La logique d'un "store" est celle d'une totale intégration verticale. Pour le moment, ce qu'on constate c'est qu'il y a des "stores" qui fonctionnent, et d'autres qui démarrent à peine ou se contentent de faire des annonces. On verra dans les douze prochains mois quels acteurs arriveront à emboîter le pas d'Apple et quels accords stratégiques se rendront nécessaires.
Le nombre de modèles de téléphones est important, ce qui laisse présager de problèmes d’interopérabilité. Peut-on imaginer une plate-forme de développement unique ?
En général, il faut vraiment se méfier de cette exportation de la logique des modèles web vers l'univers mobile : le web est un monde fait principalement de deux OS - PC et Mac -  dans lequel existent maintenant des standards bien établis. Le mobile est un monde certes en évolution, mais les standards n'existent pas,  les acteurs ne sont pas les mêmes (et les opérateurs y jouent un rôle fondamental), et les business model non plus. Sans compter que  la "biodiversité" entre modèles de téléphones  et OS mobiles (plus de 150 OS mobiles différents à ce jour  et environs 5000 modèles de téléphones) font qu'il est vraiment très dangereux de penser - comme le font certains - que le mobile, ce n'est que "le web en plus petit...".
Dans une de ses récentes publications, "ABI Research" propose de dématérialiser l’ensemble des applications mobiles dans les nuages. Cela vous semble t-il réalisable ?
Je crains que le "cloud computing" pour les applications mobiles ne soit pour le moment qu'un joli rêve, il y a tellement de barrières à l'entrée, et tellement d'intérêts en jeu, que cela me semble un peu trop visionnaire.
* Redshift est notamment à l’origine de MobileCut une plate-forme qui permet la création d'un site Internet Mobile en quelques minutes.

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