Pour apprendre, les questionnaires en ligne ne sont pas la panacée

Par 22 janvier 2010 2 commentaires
Mots-clés : Smart city, Europe

Les méthodes d'e-learning qui reposent en partie sur des systèmes de questions/réponses voient leur efficacité remise en cause par une équipe américaino-néerlandaise. La faute à la manière dont ils sont construits ?

Pour aider étudiants et professionnels à se former, les questionnaires en ligne sont loin d’être aussi efficaces qu'on le pense. C’est en tout cas ce qu’affirment conjointement les universités d’Eastern Washington et de Twente (Pays-Bas) dans une étude à paraître dans l’International Journal of Information and Operations Management Education. Les scientifiques y expliquent que les résultats pédagogiques des quizz sur Internet sont loin de justifier l’engouement des formateurs pour ce mode d’enseignement. Dans leur étude, ils montrent que le comportement et les performances des étudiants utilisant ces questionnaires pour se préparer n’amélioraient pas leurs notes. Pire, même en s’assurant que tous les étudiants les ont utilisés et en leur laissant du temps supplémentaire pour se préparer, aucune amélioration n’a pu être mise au crédit des questionnaires.
La construction des questionnaires en cause
Les chercheurs américains et néerlandais vont jusqu’à montrer que les cours qui n’utilisent pas de quizz en ligne ont des résultats comparables à ceux qui s’appuient dessus. Philippe Lacroix, directeur du département e-learning de Demos, partage les conclusions de cette étude, du moins partiellement. "Effectivement, apprendre et être formé avec des questions qui n’ont pas beaucoup de sens n’apporte rien", explique-t-il à L’Atelier. Selon lui, plus que le mode d’apprentissage en lui-même, c’est la manière dont sont construits ces questionnaires qui est en cause. "Ils sont souvent réalisés par des experts qui vont paraphraser des situations techniques", poursuit-il. "Etant donné la manière dont les questions sont posées, ce qui est évalué ce n’est pas la compréhension mais la mémoire des apprenants". Malgré tout, le directeur continue de croire que les questionnaires en ligne constituent un bon outil pédagogique, sous certaines conditions.
La réalisation de questionnaires : un travail de couple
"Quand on évalue, il faut savoir ce qu’on mesure et réfléchir à la manière dont on va mesurer les compétences de l’apprenant", insiste-t-il. "C’est le rôle du pédagogue que d’assimiler les notions de base pour créer des questions". C’est aussi un travail de groupe : "Le pédagogue va partir de la connaissance de l’expert, et celui-ci pourra le corriger lorsque les questions ou les situations qu’il va créer seront trop éloignées de la réalité". Le résultat de cette collaboration doit donner un questionnaire qui évalue la compréhension des concepts et pas simplement leur apprentissage. Surtout, il doit servir à identifier les erreurs et leur source. "On n’apprend qu’en se trompant", rappelle Philippe Lacroix. "Poser des questions ne suffit pas, il faut analyser les erreurs et s’occuper des personnes qui les commettent". Rétablir l’efficacité réelle des questionnaires en ligne est d’autant plus important que l’étude rappelle qu’ils sont perçus positivement par les étudiants.

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2 Commentaires

Vous souhaitez évaluer les connaissances de vos apprenants en recourant au quizz... Et bien plutôt que de leur soumettre des quizz, faites leur en concevoir. Ceci constitue une activité cognitive de bien plus haut niveau que la simple mémorisation, seule nécessaire pour répondre aux quizz. Un conseil, soyez-vous même à l'aise avec les principes de construction des quizz tels que formuler des propositions claires et non polysémiques, proposer des distracteurs crédibles, limiter le rôle du hasard par l'adoption d'un barême de points adéquat...Cordialement,Jacques Rodet

Soumis par Jacques Rodet (non vérifié) - le 24 janvier 2010 à 13h30

Bonjour, Comme le fait remarquer Philippe Lacroix, ce n’est donc pas le quiz en soi qui est remis en cause, mais la qualité de sa conception. On pourrait ajouter la pauvreté des usages. Mes commentaires inspirés par ce billet sont trop longs pour les reproduire ici et je vous invite à les consulter sur mon blog.

Soumis par Stephane Wattier (non vérifié) - le 05 février 2010 à 06h32

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