Après Google, eBay pourrait bien être le suivant à quitter la Chine

Par 03 mars 2010

A lire dans la prochaine édition du magazine Connexions (édité par la Chambre de Commerce et d'Industrie de France en Chine - CCIFC), la nouvelle chronique high-tech de L'Atelier : Après Google, eBay pourrait bien être le suivant à quitter la Chine J'aurais l'occasion de discuter de ce sujet aujourd'hui avec Grégoire Favet pour le journal de la matinale (Good Morning Business) sur BFM Radio. La chronique est à lire ci-dessous : *********************

Après Google, eBay pourrait bien être le suivant à quitter la Chine Décidément les temps sont durs pour les entreprises américaines du Web en Chine. Après les menaces de départ de Google de se retirer du marché chinois, il se pourrait bien qu’un autre grand acteur historique du web doive reconsidérer sa présence en Chine : eBay. Les déboires du premier site au monde en matière de e-commerce (276 millions de membres en 2009) font moins la Une des journaux que Google, et pourtant, l’année 2010 pourrait bien lui être fatale. Que s’est-il passé en Chine ? En stratégie militaire on qualifierait cet événement de « retournement d’alliance ». Autrement dit, les cartes ont changé de main et eBay va devoir jouer son avenir en Chine avec un très mauvais jeu. En Chine, eBay est en effet allié depuis 2006 avec la société hongkongaise TOM Group. Ensemble, ils ont créé une société commune pour développer le site de e-commerce EachNet. eBay a misé toute sa stratégie et tous ses espoirs de développement en Chine sur cette alliance. La mission de EachNet : essayer de rattraper la société Taobao, le géant local qui détient à lui seul près de 80% de parts de marché. L’entente entre TOM Group et eBay a commencé à se dégrader à la vue des performances décevantes de EachNet ces dernières années. Les millions de dollars engloutis par l’alliance TOM/eBay n’ont pas suffit à combler le retard de leur « poulain » EachNet. Pire, de seconde plateforme de e-commerce avec 8 à 9% de parts de marché, EachNet a même été rétrogradé à la troisième place du classement. La société s’est fait doublé par un challenger arrivé plus tardivement sur le marché, la société PaiPai appartenant au groupe Internet Tencent. Arrivée de "La Poste chinoise" dans le e-commerce En Chine, où on ne fait jamais les choses à moitié, c’est un géant des entreprises d’Etat, la Poste chinoise (China Post) qui est venu bousculer cette alliance.  En octobre 2009, TOM Group et China Post ont lancé officiellement leur entreprise commune, dénommée « Ule China », en mettant en commun leurs forces respectives. Pour China Post, la puissance de sa logistique avec son demi million de postiers et ses dizaines de milliers de relais de poste. Pour TOM Group, son expérience du e-commerce acquise avec EachNet, ainsi que ses monumentales bases de données (utilisateurs enregistrés) : 300 millions venant de ses services mobiles, 100 millions de son portail d’information (tom.com), 90 millions de services Tom-Skype, et enfin 48 millions de contacts venant de EachNet. Pire encore, Ule China va centrer sa stratégie sur le segment le plus dynamique et le plus rentable du e-commerce en Chine, à savoir le B2C (Business-to-Consumer). EachNet de son côté a pour nouvelle mission de se concentrer uniquement sur le segment C2C (vente de particulier à particulier), modèle qui arrive en fin de course et n’a jamais trouvé de rentabilité réelle. Au total, eBay se retrouve donc seul au bord de la route, son partenaire stratégique ayant pris le large. A moins d’un changement radical de stratégie, à l’heure de faire les comptes eBay pourrait bien décider de plier bagages dès 2010. Peut être de quoi consoler Google de ses propres mésaventures… Patrice Nordey Managing Director (Asia) L’Atelier BNP Paribas Chronique publiée pour Connexions, le magazine de la CCIFC

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