Après le gouvernement en ligne, la gouvernance par self-service ?

Par 06 janvier 2012
Mots-clés : Smart city, Europe
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Si l'administration en ligne simplifie de nombreuses démarches, elle reste parfois encore assez rigide. Une alternative ? Un système où chacun pourrait intervenir pour mettre à jour les systèmes informatiques et les bases de données.

Vous passez votre permis de conduire. L’examen réussi, cette information est immédiatement saisie dans une base de données informatique par le président de la commission chargé de mener les examens de conduite. Associée au fait que vous avez l’âge légal et que vous êtes physiquement apte à conduire, cette donnée vous donne le droit de rouler sur les routes. Pas besoin d’attendre un document officiel d’une administration impénétrable et centralisatrice, il suffit que l’information ait été saisie par une personne habilitée. C’est le modèle de la gouvernance par self-service décrit par Alois Paulin, de l’école des hautes études sociales de Nova Gorica, en Slovénie.

Mieux que l’e-administration

L’auteur expose sa vision, purement théorique pour l’heure, d’une administration qui ne fonctionnerait plus comme une instance officielle délivrant un service, un document, un formulaire à remplir sur demande. L’administration électronique n’a de ce point de vue rien changé, sinon la dématérialisation. De plus, souligne Alois Paulin, si l’administration classique peut être sujette à des lenteurs et à la corruption entraînant son dysfonctionnement, l’e-administration souffre de la rigidité propre à l’informatique, où les interactions ne laissent passer aucune ambiguïté ni marge d’interprétation ni liberté du sujet dans son expression.

Un modèle éclaté

La gouvernance de self-service, c’est la possibilité de faire évoluer le statut légal d’une personne en modifiant quasiment en temps réel ses informations : changement d’âge, situation familiale, professionnelle. Les personnes habilitées à recueillir les informations seraient aussi celles autorisées à mettre à jour le dossier du sujet. Le sujet lui-même devrait lui-même pouvoir changer des informations le concernant sans passer par l’étape des formulaires à remplir. C’est donc un modèle plus éclaté, moins centralisé, que décrit Alois Paulin. Il reste la nécessité de définir les droits d’accès de qui et à quels dossiers ; les juristes devront cumuler compétences en droit et en informatique ; le système est totalement dépendant de la sécurité et solidité technique du réseau.

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