Argunaut rend le bavardage utile à la formation

Par 06 janvier 2009
Mots-clés : Smart city

Le logiciel issu de ce projet permet à un modérateur de gérer l'ensemble des échanges entre apprenants répartis en groupes. Il analyse aussi les rapports entre les participants et leurs conséquences sur la discussion.

Rendre l'apprentissage moins théorique permet une meilleure acquisition des connaissances. Serious games et réalité alternée l'ont déjà montré. Le projet européen Argunaut, pour sa part, table sur le débat en petits groupes pour favoriser la compréhension de certaines notions. Pour rendre ce fonctionnement efficace, ses fondateurs ont développé un logiciel de supervision en open source. Avec lui, un modérateur est à même de gérer l'ensemble des discussions menées dans une classe. Les participants ont aussi la possibilité d'interagir avec les autres groupes via différents outils de discussion et de collaboration. Le logiciel fait apparaître les conversations à l'enseignant sous forme de graphiques et distingue deux solutions d'analyse des données.
Comprendre les facultés de communication d'un élève
La première, quantitative, donne des informations sur ceux qui parlent dans chaque groupe, et le laps de temps écoulé entre chaque prise de parole et pour chaque élève. Il est aussi possible de savoir quand certains mots-clés sont prononcés, et si les personnes en formation parlent de sujets différents de ceux au programme. Le second, qualitatif, définit les rapports entre les étudiants et leur possible intérêt dans le déroulement de la discussion et le processus d'acquisition des informations. Ce, afin de permettre au formateur de superviser et d'intervenir plus facilement dans un groupe. Les chercheurs appellent ce processus celui de la "deep loop". Il repose sur plusieurs solutions d'intelligence artificielle, qui permettent au logiciel de prendre en compte plusieurs discussions - échelonnées dans le temps - ainsi que les annotations faites par le professeur sur les commentaires des apprenants.
Des applications en entreprise
"Le problème jusqu'à présent était que la discussion en classe n'était pas très flexible. Il était possible de faire deux groupes, mais pas plus. Ce, sous peine de rendre impossible au professeur la tâche de suivre et contrôler ce qui se passe", explique Raul Drachman, coordinateur du projet. Ce dernier, lancé en décembre 2005, vient d'arriver à terme. Il a déjà été testé dans plusieurs centaines d'établissements répartis dans une douzaine de pays. Ses responsables cherchent désormais à le commercialiser. D'autres applications sont également envisagées en dehors du cadre scolaire. Le système pourrait ainsi être utilisé en entreprise comme outil de gestion de projet et de planning. Selon Raul Drachman, il permettra de prendre en compte les idées de tous les participants, de les consulter et de les analyser en un coup d'oeil.

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