Les armées doivent s’assurer que leurs systèmes sont “~an 2000-proof~”.

Par 01 décembre 1998
Mots-clés : Smart city, Europe

Utilisant l’informatique dans toutes leurs armes, les militaires sont autant concernés par le bug de l’an 2000 que les entreprises et les administrations. Seule organisation européenne compétente e...

Utilisant l’informatique dans toutes leurs armes, les militaires sont
autant concernés par le bug de l’an 2000 que les entreprises et les
administrations. Seule organisation européenne compétente en matière de
défense, l’Union de l’Europe occidentale (UEO) a publié le 5 novembre son
“rapport sur le bug” passant en revue les efforts de 21 pays.
Alors que l’Allemagne ou le Royaume-Uni se sont mobilisés depuis 1996, la
France n’a commencé que cette année. La Roumanie, quant à elle, affirme
“ne posséder aucune système d’armes qui soit affecté” par le bug. La
grande inconnue demeure la Russie. Son ministère de l’énergie atomique a
récemment déclaré qu’il attendrait “l’an 2000 pour remédier à toute panne
d’ordinateur due au changement de millénaire”.
Si une panne affecte un ordinateur ou un distributeur de billets, c’est
ennuyeux, mais lorsqu’il s’agit d’un missile hors contrôle, c’est une
catastrophe.
Même si comme l’assure Bao Nguyen Huy, de la délégation générale pour
l’armement (DGA), “dans les missiles, l’information est traitée en temps
réel. Leurs logiciels n’utilisent pas de date. Ils ont des compteurs
initialisés au moment du tir. Peu importe le jour”, le point faible
provient des systèmes de préparation de missions et surtout des systèmes
d’information et de commandement. Il s’agit des ordinateurs et des
télécommunications appelés SIC par les militaires, utilisés par les
états-majors pour conduire les opérations. Pour l’essentiel, ces SIC sont
des matériels civils “achetés sur étagères” et, à ce titre, aussi
vulnérables que les micros de n’importe quelle PME. Tout doit donc être
vérifié avec les éditeurs de logiciels.
Des vérifications systématiques ont été entreprises grâce à des tests
opérationnels sur l’ensemble des systèmes concernés recensé par la DGA
“c’est une tâche laborieuse, il y a près d’un millier de gros systèmes
d’armes concernés”.
Ayant 2 200 systèmes “critiques du point de vue des missions”, les
militaires américains très mobilisés sur le Y2K (Year 2 Kilos, soit
“année 2000”) n’en perdent pas pour autant le sens de l’humour. Ainsi,
trouve-t-on sur le site Internet de l’US Air Force sur le bug, cette
phrase du magicien d’Oz “mais comment pourrais-je savoir où je vais avant
d’y être?”.
(Libération 1er/12/1998)

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