L’assistant virtuel au service des patients atteints de maladies chroniques

Par 11 février 2016
Sense.ly

La start-up Sense.ly développe un assistant virtuel permettant aux médecins de surveiller plus facilement leurs patients atteints de diabètes, maladies cardiaques et troubles mentaux.

Tirant profit de l’amélioration des technologies de reconnaissance vocales, les assistants virtuels se sont récemment multipliés. Les plus connus du grand public sont bien sûr ceux des géants des nouvelles technologies : Siri, Google Now ou encore Cortana. Mais l’assistant virtuel est aussi capable d’effectuer des missions spécialisées, et de faire souffler un vent nouveau sur de nombreux marchés. La santé, notamment, est un terrain fertile : les assistants virtuels pourraient aider les médecins, souvent débordés, dans leur quotidien, les soulager des tâches les plus fastidieuses et répétitives pour leur permettre de se concentrer sur leurs patients. La start-up Sense.ly développe ainsi une intelligence artificielle, dotée d’un nom (Molly) et d’un visage, capable d’assister les patients atteints de maladie chronique dans leur quotidien. L’objectif : surveiller l’état de santé des malades, détecter les cas préoccupants et en avertir un professionnel de la santé afin qu’il prenne les choses en main. « Imaginez un médecin ayant 500 patients atteints de problème cardiaque. C’est beaucoup trop pour qu’il puisse surveiller chacun d’entre eux au quotidien. » explique Cathy Pearl, en charge de l'expérience utilisateur chez Sense.ly. « Grâce à Molly, le docteur peut se concentrer sur les patients ayant des problèmes urgents, sans avoir à surveiller tout le monde en permanence. »

Sonder l’état de santé des patients

Sense.ly se concentre plus particulièrement sur les patients atteints de diabète, de problèmes cardiaques ou de maladies mentales. Molly, l’assistant virtuelle, interagit au quotidien avec ces derniers, sur tablette ou mobile. Elle vérifie leur état de santé en les questionnant, les aide à prendre leur pression artérielle, leur poids, et autres mesures à l’aide d’objets connectés. Les informations sont ensuite rassemblées et transmises au médecin en charge du patient. L’assistant virtuel peut même faire la conversation aux patients, une fonction moins anecdotique qu’il n’y parait, selon Cathy Pearl : « Le fait que Molly soit dotée d’un visage conduit les patients à s’engager davantage. Converser à voix haute avec un interlocuteur est bien plus stimulant que de simplement appuyer sur un bouton. Ainsi, loin d’être rebuté par les tâches répétitives que leur traitement implique de faire au quotidien, ils sont heureux de parler à Molly et sont plus consciencieux dans leur traitement. »

                  Présentation de la startup Sense.ly et de son assistante virtuelle Molly

Outre l’aspect purement médical, le fait de disposer d’un interlocuteur toujours disponible serait également un atout pour la guérison : « Il y a un fossé entre ce dont les patients ont besoin et ce qu’il est actuellement possible de leur procurer. Il ne leur faut pas seulement un traitement, mais aussi de la compagnie, et bien qu’un assistant virtuel ne puisse naturellement pas remplacer un médecin, sa présence peut leur faire sentir que l’on prend soin d’eux, qu’ils sont écoutés, ce qui peut aider leur guérison. » affirme Cathy Pearl. L’assistant virtuel est également parfaitement adapté aux personnes souffrant de troubles de la mémoire : il peut leur rappeler de prendre leur traitement et répondre plusieurs fois à la même question sans perdre patience.

Prévenir plutôt que guérir

Actuellement disponible dans toute l’Amérique et en phase d’implantation au Royaume-Unis, l’assistant personnel conçu par Sense.ly pourrait à l’avenir remplir d’autres missions. Il pourrait ainsi être étendu aux personnes ne souffrant d’aucune maladie particulière, mais souhaitant simplement prendre soin d’elles, opter pour un régime alimentaire spécifique ou se fixer un programme sportif. L’assistante pourrait alors les entretenir régulièrement sur l’état d’avancement de leurs objectifs. Aux Etats-Unis, la moitié des dépenses de santé engendrées en 2014 l’ont été pour des patients hospitalisés à cause de complications engendrées par une maladie chronique. Une meilleure surveillance médicale, des consultations plus fréquentes pourraient réduire considérablement le risque de voir ces complications se produire. Cependant, l’industrie médicale est loin d’avoir les ressources suffisantes pour surveiller chaque patient en permanence. L’intelligence artificielle a ici un rôle certain à jouer. La start-up 22otters propose elle aussi un service assistant les patients au quotidien, avec une application proposant une liste des tâches à effectuer pour leur traitement, les symptômes à surveiller et les prochains rendez-vous médicaux planifiés, avec également la possibilité de transmettre des questions au médecin traitant. Ordinateur quantiquegoogle glass, et désormais assistant virtuel : les nouvelles technologies offrent un important vivier de ressources aux professionnels de la santé.

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