L'Atelier veille pour nous

Par 01 septembre 2008 1 commentaire
Mots-clés : Europe

Le 3 septembre 1990 était un lundi. Je me revois pousser la porte du 5 avenue Kléber pour mon premier jour de travail - de formation pour être précis - à la Compagnie Bancaire. Ça fait 18 ans, étonnant non ? Ce jour là, j'ai découvert la banque, ses métiers, ses filiales... et quelques étages plus bas, le garage et l'amphi de l'Atelier,  qui  veillaient déjà pour nous.

Dur, dur !

En ce temps là, la vie n'était pas forcément plus belle, ni le soleil plus brûlant qu'aujourd'hui. Mais par moments, c'était chaud quand même. En cette rentrée de vacances 90, la guerre du Golfe se préparait, le cours du baril  flambait et les filles étaient encore tout bronzées. Globalement, la situation était assez tendue.

Neutralité technologique

C'est dans ce contexte, somme toute assez proche du nôtre aujourd'hui, que j'ai pris contact avec mon métier. En dehors du monde de la Recherche, on ne parlait pas encore d'innovation. Dans la Banque on parlait de veille technologique et les directeurs Informatiques parlaient avec IBM. Les assistantes faisaient du traitement de texte sur des Macintosh, les statisticiens - et une poignée de cogniticiens - communiaient avec des stations SUN, les informaticiens sérieux patientaient devant des terminaux connectés au Site Central et les rigolos s'amusaient avec des PC connectés à rien du tout. Que ça faisait mal, à certains, de voir payés des gens comme ça à jouer toute la journée (je veux dire à autre chose qu'à la belotte) ! Les différents systèmes informatiques pouvaient communiquer entre eux, mais on évitait tellement c'était compliqué et laborieux. Pareil pour les humains qui les pilotaient. Il fallait impérativement choisir un camp. J'ai choisi celui de la neutralité technologique.

On fait pas de la veille pour faire plaisir à son chef

Vers 94 ou 95, j'étais dans une filiale de la Compagnie Bancaire lorsqu'Internet est devenu public.  Dans la demi-heure, l'Atelier a loué une ligne spécialisée et est devenu - à la hussarde - FAI pour le Groupe. La communauté des veilleurs s'est connectée illico et on a commencé à échanger via le Babillard, notre premier email (snif). On m'a demandé de rédiger une note de sensibilisation pour la DG, ça m'a valu les vives félicitations de mon chef  qui m'a conseillé, entre deux jeux vidéo, de ne pas perdre trop de temps sur les effets de mode. La prochaine fois qu'on se voit faudra que je pense à lui demander ce que ça fait, de gagner sa vie depuis plus de dix ans sur un effet de mode. On n'est pas fâchés, on s'aime bien. N'empêche, on fait pas de la veille pour faire plaisir à son chef.

Notre façon de travailler, nos équipes, notre culture

Internet, et tout s'est mis à aller plus vite. Le temps s'est emballé au point qu'il est impossible de trouver, entre 1995 et 2001, un évènement plus important qu'un autre. La fusion de BNP et Paribas, évidemment. Mais côté technos, laquelle, quelle entreprise? Microsoft  avait déjà emporté le morceau en 1995. Google ? Oui, en 1998, Google c'était vraiment une technologie cool, comparé à Yahoo! Mais c'est un anticyclone de technos et d'innovations qui nous est tombé dessus. Et la pression est toujours là, le train de vagues ne faiblit pas. Alors lesquelles on prend, où doit-on se placer pour observer la houle ? La réponse est chez nous, dans notre façon de travailler, nos équipes et notre culture.

Ça fait un bien fou

Il y a 18 ans, la veille technologique était une affaire d'informaticiens. Bien sûr, n'importe qui était informaticien,  y avait pas d'école d'informatique. Mais c'était quand même en gros un monde où on parlait surtout de technologies, voire le langage machine, et où les pieds tendres avaient intérêt à passer leur chemin s'ils n'aimaient pas le goudron et les plumes. A ma connaissance, l'Atelier  était la seule entité sur la place de Paris - avait-t-on vraiment un équivalent en Europe ? - à mélanger joyeusement les codeurs et les gens qui avaient un vrai métier, et ça ne pouvait que faire un bien fou. Et d'ailleurs ça a fait un bien fou.

Notre petite entreprise

Ce que j'aime dans l'Atelier d'aujourd'hui, c'est la pluralité de ses métiers et de ses talents. On est des informaticiens, des analystes, des journalistes, des consultants... On est une société, avec son actionnaire, ses filiales, sa DG, sa Chantal, et ses commerciaux. On a le contrôle de gestion, on a la Com, les sites .Com et on a maintenant ces parenthèses pour dire ce qu'on ne dit pas d'habitude à nos lecteurs, nos clients ou nos petits camarades. Notre force c'est justement de se prendre la tête pour garder chacun son autonomie et son indépendance. Concilier la marque Atelier avec la marque BNP Paribas et continuer à faire, légitimement notre travail. Un Journal qui n'a pas à se poser des questions sur son indépendance éditoriale ça n'existe pas. Si on n'a pas à faire la part des choses entre information concurrentielle et information non concurrentielle, entre information publique et confidentielle, on ne fait pas vraiment du Conseil, on fait juste semblant. Et si on n'est pas soi-même une entreprise, si on n'est pas tenu de vendre ses propres produits et services, de fidéliser ses lecteurs, ses auditeurs, et ses internautes, est-on vraiment légitime pour donner des conseils aux entreprises ? Notre force c'est d'être soumis aux mêmes contraintes que les autres. On comprend leurs problèmes parce que ce sont nos problèmes. On parle leur langage et on choisit de parler d'usages ou de technologies, non pas parce que ce sont celles qu'on préfère, de manière exclusive ou partisane, mais parce qu'elles sont susceptibles de jouer un rôle dans la Santé, l'Energie, la Finance, l'Industrie, la Distribution, l'Education, les Médias, l'Economie, l'Environnement etc.

Parenthèses

Il me semble qu'on est restés fidèles à l'esprit initial de l'Atelier, celui d'un point de rencontre entre les nouvelles technos et l'entreprise. Ce qui a changé c'est qu'on fait partie nous-mêmes des entreprises. C'est une différence capitale. En comparant les deux formules, c'est évident qu'on est aujourd'hui beaucoup plus proches des questions de société et c'est probablement parce qu'on est devenu un média, un vrai. Ça nous rapproche du  sens de l'innovation qui ne se limite pas à la question de l'économie, mais doit intégrer les questions de société. Alors longue vie à l'Atelier BNP Paribas, à Kirikou et à ses parenthèses !

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1 Commentaire

Article long et passionnant Philippe, on se rend bien compte des pas de geants en si peu d'annee. Je retrouve cette culture d'ouverture et de partage si chère à l'Atelier, en esperant qu'elle perdure elle aussi.

Soumis par admin - le 16 septembre 2008 à 00h23

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