Quand l'automesure permet à l'entreprise de prendre soin de ses salariés

Par 12 juin 2012
Healthrageous

Healthrageous propose des applications d'enregistrement de mesures physiologiques. Un service qui peut être vendu aux entreprises, qui le proposeront à leurs employés. Un système transposable en France, sous conditions.

Jusqu'à quel point une entreprise est-elle responsable de ses employés ? Aux Etats-Unis, jusqu'à prendre en charge leur santé. C'est d'ailleurs sur ce constat que s'est développée notamment Healthrageous, une plate-forme web et mobile qui propose à ses utilisateurs une surveillance à distance de leur santé grâce au calcul et à la visualisation de données. Et donc également de gestion de sa personne et de changement des comportements. Cela, de la perte de poids au diabète. Parmi ses clients, Healthrageous compte des entreprises. Et ce n'est pas par simple altruisme que celles-ci s'intéressent à ces solutions de mesure. D'abord parce qu'aux Etats-Unis ce sont les entreprises qui sont responsables de la santé des employés, ce qui implique donc des risques financiers à maîtriser. Ensuite, parce que des employés en mauvaise santé représentent des coûts pour une organisation, ou "soft costs", par exemple lorsqu'il est souvent absent. Enfin, parce qu'avoir une culture de promotion de la santé est un bénéfice d'image.

Un service exportable ?

Et aussi une véritable valeur ajoutée puisque cela permet d'attirer et de garder des talents. Selon Doug McClure, CTO de Healthrageous, ces deux dernières raisons feraient d'ailleurs que ce type de service fourni par les entreprises ne fonctionnerait pas que dans un pays où ce sont celles-ci qui payent pour la santé des employés. Et le responsable d'expliquer que la startup dispose de "quelques clients au Canada, où ce sont les services publics qui prennent en charge la santé de la population mais où, comme souvent, les entreprises ont des programmes de santé comme des salles de sport", précise t-il. Ce que ne nie pas Philippe Torres, responsable Conseil et stratégie digitale de L'Atelier, qui nuance toutefois ce constat. "S'il s'agit d'applications de prévention, cela peut se transposer dans un pays comme la France mais, s'il s'agit de soins, comme pour le diabète, l'application devra être validée par le système traditionnel de santé publique, comme la sécurité sociale, car les soins doivent être accessibles à tous, de manière égale".

Des motivations à apporter

Et d'ajouter : "il faut encore que l'application respecte les conditions européennes de la CNIL et il faudrait, pour une telle plate-forme, diviser les deux activités pour l'implanter, par exemple via le CE pour la prévention, et via le secteur public pour le soin". Une question légitime car c'est bien un investissement qui permet également de minimiser les dépenses. A noter que, comme souvent, ce n'est pas parce qu'il existe un service nouveau que celui-ci est adopté. C'est pourquoi les entreprises peuvent également ajouter à Healthrageous un système de jeu et de récompenses : "certaines entreprises, afin de maximiser l'engagement, proposent un système de points, ce qui peut même permettre de recevoir des récompenses", développe Doug McClure. Et pousser les employés à l'utiliser.

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