Les autorités de contrôle sont préoccupés par le développement de la

Par 09 mai 1999

Bourse sur Internet. Au premier trimestre 1999, près de 450 000 ordres quotidiens ont transité en moyenne par Internet aux Etats-Unis, soit une croissance de plus de 30 % par rapport aux quatre ...

Bourse sur Internet.
Au premier trimestre 1999, près de 450 000 ordres quotidiens ont transité
en moyenne par Internet aux Etats-Unis, soit une croissance de plus de 30
% par rapport aux quatre derniers mois précédents. Depuis quatre ans, les
transactions par Internet ont fortement augmenté. Selon le General
Accounting Office, Internet compte désormais pour 22 % des échanges.
Aux Etats-Unis, la SEC, le gendarme des marchés boursiers américains,
s'inquiète de la prolifération de la fraude dans les échanges boursiers
via Internet. Bien qu'elle n'estime pas encore nécessaire la mise en place
d'une réglementation spécifique, son président Arthur Levitt n'exclut pas
"qu'elle devienne nécessaire à un moment donné" (voir la revue de presse
du 5/05).
Ne remettant pas en cause la fiabilité des grands courtiers américains par
Internet comme Charles Schwab (2,5 millions de comptes, 150 000 ordres
traités par jour sur Internet) ou E*Trade, Arthur Levitt leur demande de
respecter leurs obligations envers les clients.
Vice-président en charge du marketing européen de Charles Schwab, Guy
Knight souligne "qu'Internet n'est qu'un canal d'accès au marché. Il ne
change pas fondamentalement les responsabilités des courtiers qui sont de
toute façon soumis aux autorités de tutelle de chaque marché". Ce sont en
revanche les comportements des investisseurs qui changent. Charles Schwab
a, dans ce domaine, "une grande responsabilité dans l'éducation des
investisseurs particuliers. Car ce courtier a contribué, en démystifiant
l'accès au marché par Internet et en réduisant sensiblement le coût des
transactions, au développement du "day trading" (achat et vente d'une
action dans la même journée". Réservée jusqu'à présent aux professionnels,
cette technique s'étend désormais aux spéculateurs individuels.
Des publicités faisant croire aux investisseurs qu'ils peuvent s'enrichir
créent "des attentes irréalistes" et "frisent l'irresponsabilité" avertit
le patron de la SEC.
Par ailleurs, les malversations sur le web se multiplient. De fausses
actions sont proposées par les fraudeurs qui manipulent également les prix
des titres de petites compagnies. Par jour, la SEC reçoit jusqu'à 300
plaintes.
Bien qu'elles parviennent à réguler les courtiers, les autorités sont
impuissantes pour intervenir dans le domaine des sites d'informations
boursières. Or, ceux-ci se multiplient diffusant des conseils même si
leurs auteurs n'ont aucune compétence. Leur influence est telle sur les
marchés que les professionnels de la finance sont désormais obligés de s'y
abonner. Gérant de valeurs de haute technologie pour IT Asset Management,
Benoît Flamand observe "c'est une véritable révolution : avec Internet,
les particuliers ont accès aux informations financières en même temps que
les professionnels".
La COB, en France, affirme n'avoir jamais été saisie de plaintes
concernant l'utilisation d'Internet. Ayant mis plus de dix ans pour
publier en 1993 son code de bonne conduite sur le Minitel, la COB a été
beaucoup plus rapide pour diffuser sa note de recommandation sur la
diffusion d'informations financières sur Internet. Adoptée le 15 mars avec
application immédiate, cette recommandation demande aux dirigeants de
sociétés que l'information transmise sur le web soit "exacte, précise et
sincère" et qu'elle respecte le principe général d'égalité d'accès des
investisseurs (voir la revue de presse du 4/05).
La recommandation de la COB a toutefois une portée limitée. Bien que la
COB affirme disposer désormais d'une équipe d'enquêteurs travaillant sur
le Net, elle reste très discrète sur leur nombre. De plus, cette
recommandation n'est assortie d'aucune sanction. N'ayant encore édicté
aucune règle sur la distribution de produits financiers sur Internet, la
COB n'a, en outre, aucune prise sur les sites pouvant diffuser des
informations perturbant le marché français, installés hors de France.
(Le Monde - 9-10/05/1999)

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