Des bactéries pour stocker des informations

Par 02 mars 2007
Mots-clés : Smart city, Asie-Pacifique

Et si des organismes vivants pouvaient stocker en eux des données? Loin de jouer aux savants fous, des chercheurs de l'Institut des sciences du vivant de Keio, au Japon, ont annoncé avoir mis au...

Et si des organismes vivants pouvaient stocker en eux des données? Loin de jouer aux savants fous, des chercheurs de l'Institut des sciences du vivant de Keio, au Japon, ont annoncé avoir mis au point un procédé utilisant l'ADN d'une bactérie comme moyen de stockage.
 
Les informations, inscrites dans les gènes même de la bactérie sélectionnée, pourraient être conservées plusieurs siècles. Un premier test a été effectué avec succès sur une bactérie dénommée Bacillius Subtilis.
 
Les scientifiques ont introduit un code permettant de transcrire des données alphanumériques en éléments chimiques sur la bactérie Bacillius Subtilis. Pour lire les données inscrites à différents niveaux des gènes de la bactérie, il suffit alors de séquencer ces gènes et de comparer le génome normal à celui transformé puis de décoder ce dernier.

 
Des chaînes de chromosomes ? Des bactéries?
Non, les cartes mémoire du futur...
 
Les chercheurs soulignent, dans des propos rapportés par l'AFP, avoir "développé une technologie qui permet de stocker des informations en plusieurs endroits sur les gènes d'une bactérie, ce qui permet notamment de diminuer les risques de destruction des informations à la suite des mutations génétiques survenant au fil du temps".
 
Mais pourquoi s'intéresser aux organismes vivants pour stocker des données? Selon les scientifiques, les mini-organismes, "par rapport aux disques durs et aux cartes mémoires, sont extrêmement petits mais peuvent stocker sur leurs gènes des données en grande quantité sur une très longue période".
 
En effet, si les bactéries ont une durée de vie limitée, elles se reproduisent rapidement à partir, et c'est là le point crucial, de leur séquence génétique. En clair: toute bactérie modifiée, en se multipliant, transmettra à ses congénères les mêmes gènes transformés. La conservation des données sur le long terme est dès lors garantie, sauf mutation.
 
Reste à savoir quelles sont les contraintes pour préserver les bactéries de toute dégradation. Le jeu en vaut-il la chandelle?
 
(Atelier groupe BNP Paribas – 02/03/2007)

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