La bande passante se traite déjà comme une matière première, au même titre que l'or.

Par 14 janvier 1999

La bande passante est la capacité de débit des réseaux. Internet et les autoroutes de l'information accueillant à la fois du téléphone, des données, des images et du son. elle devient aujourd'hui in...

La bande passante est la capacité de débit des réseaux. Internet et les
autoroutes de l'information accueillant à la fois du téléphone, des
données, des images et du son. elle devient aujourd'hui indispensable.
Des sociétés spécialisées dans la production de capacités à traiter les
informations sur la bande passante font ainsi leur apparition. On assiste
également à l'arrivée des premiers "comptoirs" de négociation dédiés à la
fixation du prix de la minute de téléphonie. Certaines grandes maisons de
courtage vendront, d'ici six ou douze mois, de la bande passante comment
elles vendent aujourd'hui d'autres matières premières.
Une société américaine Pulver.com a déjà réservé quelques pages de son
site Web à la publication de cours "spot" de la minute de téléphonie
Internet. Les parties concernées, devenues membres de cette Bourse
virtuelle, peuvent vendre et acheter des minutes de téléphonie selon les
règles en matière de courtage et selon le principe du market making
donnant droit à la perception de commissions sur les transactions
réellement conclues.
Une autre société new-yorkaise, Arbinet, n'hésite pas à se baptiser le
Nasdaq des communications, assurant non seulement les négociations, mais
aussi le règlement-livraison de la matière première ainsi qu'un certain
nombre de prestations de services.
Directeur de la recherche technologies de l'information chez Hambrecht &
Quist Euromarkets, Jean-Pierre Gérémy tente d'expliquer cette explosion de
la bande-passante "avec la déréglementation débutée en 1984 aux Etats-Unis
puis en 1998 en Europe occidentale, le secteur des télécommunications a vu
d'abord les coûts de la minute de téléphone baisser, puis le volume du
trafic augmenter".
Il faut y ajouter la naissance de nouveaux services et la migration de la
valeur ajoutée d'un service de base dédié à la voix vers un service
sophistiqué orienté vers le transport de données comme les fichiers, les
images ou encore la vidéo.
Selon la société californienne RateXchange, spécialisée dans la
négociation de minutes de téléphone et de bande passante sur le Web, 40 %
du trafic sera constitué en 2004 par des données, contre 18 % en 1998. En
revanche, représentant aujourd'hui 78 % du trafic, le transport de la voix
chutera à 30 % en 2004.
Selon BancBoston Robertson Stephens, le développement d'Internet fait que
la demande en bande passante pour le réseau des réseaux croît en Europe
annuellement de 200 %.
Augmentant actuellement de 100 % par an, le commerce en ligne permet de
mettre à la disposition d'une clientèle potentielle un volume
d'informations et de services qu'aucun magasin physique ne peut fournir.
L'explosion des galeries commerciales et des sites de commerce
électronique a généré une demande supplémentaire en bande passante.
L'élargissement du public visé à travers la mise de place de boucles
locales constitue aussi un autre facteur d'explosion. Christine Naime,
analyse en charge des télécoms chez BancBoston Robertson Stephens précise
qu'aujourd'hui "certaines technologies, intéressantes en termes de coûts,
sont porteuses de grands espoirs pour relier le "dernier kilomètre" au
reste du réseau téléphonique".
Le téléphone mobile enfin va permettre de transporter de plus en plus
d'informations, contribuant aussi à amplifier la demande en bande passante.
La société WRQ édite un logiciel permettant aux internautes d'économiser
leur bande passante en supprimant notamment les publicités.
Aujourd'hui, plusieurs technologies de gestion de la bande passante
existent et se développent.
La société Allot Communications économise les réseaux.
(Dossier de trois pages - La Tribune - 14/01/1999)

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas