Les bannières publicitaires à l'image de celui qui les regarde ?

Par 14 décembre 2009
Mots-clés : Future of Retail

Un chercheur du MIT propose d'adapter les réclames en fonction de la personnalité de celui qui navigue. Pour l'identifier, il a mis au point une application qui évalue l'attitude de l'individu à différents stimuli.

Pour améliorer le taux de clics des bannières publicitaires présentes sur les sites, un chercheur de la MIT Sloan School of Management propose de les adapter à la personnalité de l’internaute qui les regarde. Comment ? En faisant télécharger à ce dernier une application qui évalue sa réponse à différents éléments visuels et textuels. Cela lui permet de catégoriser le style cognitif qui les caractérise, et de s’y adapter. "Les internautes qui cherchent à faire des achats sur Internet ont des comportements bien distinctifs quand on leur présente une information", explique le chercheur au New Scientist. "Ils peuvent être réfléchis ou impulsifs, avoir une approche générale ou analytique, visuelle ou verbale". En adaptant l’apparence de la bannière à leur type de personnalité, il est donc possible de rendre la publicité plus attractive.
Améliorer le taux de clics de 60%
"On rêve toujours de cibler les publicités en ligne, ça fait dix ans qu’on l’attend ", explique à L’Atelier Erwan Gauthier, consultant en e-marketing chez Adequat. "Cette solution semble prometteuse pour proposer plus d’interactivité entre les publicités sur Internet et les consommateurs". L’information récoltée sera stockée dans le navigateur Internet de l’utilisateur sous forme de cookie. Les paquets de données seront ensuite récupérés par les propriétaires d’un site pour faire correspondre leurs bannières à la personnalité de l’internaute. Le chercheur explique que cette solution a permis d’augmenter de près de 60 % le taux de clics auprès d’un panel contrôlé dans le cadre d’une étude pour un fabricant automobile.
Garantir la confiance
Pour Erwan Gauthier, le souci de transparence qu’implique le téléchargement est louable. "C’est certainement indispensable, même si finalement aujourd’hui peu d’internautes se soucient de tous les cookies qu’ils sauvegardent en surfant". Le chercheur américain ne dit pas autre chose : "La confiance est primordiale dans le commerce", explique-t-il au New Scientist. "Si l’utilisateur se désinscrit, les données récoltées sur son compte seront détruites". Erwan Gauthier reconnaît cependant que cela pourrait aussi constituer la limite du système. "Il faut imaginer un moyen d’inciter les internautes à utiliser l’application pour que ça fonctionne", explique le consultant. "Par exemple en leur proposant des promotions sur leurs achats lorsqu’ils l’utilisent". Des tests grandeur nature seront menés en janvier auprès d’un grand opérateur de télécom.

Mentions légales © L’Atelier BNP Paribas