La bataille du libre appel a débuté.

Par 25 février 1999

Depuis quelques mois, France Télécom n'est plus seul sur le marché du libre appel en pleine expansion. Selon le cabinet d'études Eurodata, le marché européen des numéros libres appels devrait atte...

Depuis quelques mois, France Télécom n'est plus seul sur le marché du
libre appel en pleine expansion. Selon le cabinet d'études Eurodata, le
marché européen des numéros libres appels devrait atteindre en 2002 les 30
milliards de F.
Aux Etats-Unis, le numéro 800 est une véritable institution. Un appel
longue distance sur deux est destiné à un numéro 800. Ainsi, les 8,1
millions de numéros gratuits mis en service sur le marché américain des
numéros 800 a rapporté aux opérateurs 13,5 milliards de dollars. Ces
numéros ont engendré un courant d'échange estimé à 157 milliards de
dollars.

Fin 1998, Cegetel fut le premier à proposer une offre en numéros 0 800,
très agressive en termes de tarifs et de services. Cegetel a ainsi choisi
de facturer 1 F HT par appel à l'appelé, soit 50 % de moins que le tarif
le plus élevé pratiqué à l'époque par France Télécom. Le service est
proposé sans abonnement mensuel (chez France Télécom, il pourrait
atteindre 420 F HT par mois). Les clients ne s'acquittent que des frais de
mise en service de 500 F HT (590 F HT chez France Télécom). Cegetel exige
en échange un minimum de 12 000 F HT de communication par an et par
numéro. Tout une gamme de services complémentaires a également été mise en
place. Ainsi, pour résoudre le problème des petits plaisantins encombrant
les centres d'appels, France Télécom propose une option permettant
d'exclure les appels provenant des cabines téléphoniques publiques. Pour
sa part, Cegetel innove en offrant une assurance contre ce type d'appels
(90 F HT par mois). Seconde difficulté pour les entreprises, le
débordement éventuel du standard ou du centre d'appels. Les deux
opérateurs proposent en option des renvois automatiques en cas de
débordement et mettent des statistiques régulières sur l'ensemble des
appels reçus à la disposition des clients.

France Télécom, longtemps seul sur ce créneau, a réservé la quasi-totalité
de la tranche 0 800, soit près de 3 millions de numéros. Il reste la
tranche 0 805 et certains numéros courts commençant par 30 ou 31 pour les
autres concurrents.
Cegetel dispose de tous les numéros commençant par 0 805 80, 0 805 77 et 0
805 70.
La première tranche a été attribuée aux numéros gratuits. Les deux autres
devraient être utilisées pour finaliser son offre de numéros "à coûts
partagés" concurrents directs des numéros Azur et Indigo de France
Télécom.

Des opérateurs comme 9 Télécom ou Omnicom devraient faire de même. Les
opérateurs disposant d'une couverture nationale peuvent seuls proposer ce
type de services à partir d'un numéro 0 800. Les autres, comme LDI Télécom
doivent trouver des astuces. Cette petite société propose en effet des
numéros gratuits en passant par son propre ... numéro gratuit. Ne
disposant que d'une réserve de 100 000 numéros, LDI Télécom vise
essentiellement les PME/PMI à la recherche d'un numéro vert destiné aux
forces de vente ou au personnel "en aucun cas nous ne visons les sociétés
qui communiquent leur numéro lors de campagnes de publicité télévisée".

Selon une étude de France Télécom, le numéro vert bénéficie d'une
notoriété supérieure à 90 %. Il est une preuve concrète de la qualité d'un
service pour 62 % des consommateurs. De plus il se retient facilement.
Aussi, conscients de l'intérêt de cette mémorisation, les opérateurs
facturent certains chiffres très cher.
Les tarifs vont chez France Télécom de 150 F pour choisir quelques
chiffres à 600 F pour obtenir un numéro composé de six chiffres
consécutifs ou deux triplets différents construits sur la répétition d'un
même chiffre comme 0 800 111 333.
La personnalisation n'est possible chez Cegetel et LDI Télécom que sur
quatre et cinq chiffres respectivement. En fonction de la complexité du
numéro, elle est facturée entre 75 F et 800 F HT par mois.
Pour une entreprise le choix d'un "bon" numéro est d'autant plus important
qu'elle devrait bientôt pouvoir le conserver, même en cas de changement
d'opérateur. Un accord sur la portabilité est en effet en cours de
négociation à l'ART.

Face à cette concurrence, France Télécom a réagi. Tout d'abord,
l'opérateur a baissé ses tarifs au mois d'octobre de 10 %, puis a lancé à
destination des PME trois packs baptisés "conquête", "proximité" et
"terrain". Ces packs comprennent des forfaits de 10, 15 et 20 h associés à
des services adaptés à chaque type de besoin. Les tarifs de France Télécom
restent cependant supérieurs à ceux de ses concurrents.
(Dossier de trois pages - Décision Achats Entreprises & Collectivités -
mars 1999)

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