Bébé-chroniqueur devient grand

Par 12 septembre 2008

Ma première de L'Atelier Numérique ? Pas il y a cinq ans. A ce moment-là, je sortais - presque - du lycée. Mais il y a un peu plus d'un an. J'étais "stagiaire", à peine arrivée à L'Atelier. Et toute émerveillée par un monde que, étudiante en lettres et plus amatrice des salles de cinémas d'art et d'essai que du rayon multimédia de la Fnac Digital, je n'avais même jamais envisagé. Passe encore sur Internet. Entre le moment de la rédaction et celui de la publication, j'avais le temps d'écumer les sites pour vérifier que je n'avais pas dit d'âneries plus grosses qu'une tour d'ordinateur. Mais là, je me retrouvais en plein dans l'antre du direct, entourée de spécialistes nourris à la high-tech et qui, me disais-je, il ne fallait pas décevoir...

Pourtant Jean m'avait bien que j'y passerais, à la casserole radiophonique. Et je m'y préparais, doucement, à la fois impatiente et bien contente qu'il ne m'aie pas encore fait venir dans son bureau pour me dire : tiens demain, tu vas à la radio ? Et puis ce jour est venu.

Renaud le dit très bien, avec qui il semble que j'ai partagé tous ces petits travers physiques qui trahissent le stress du chroniqueur en herbe : estomac noué, gorge sèche, filet de voix que l'on veut assuré mais qui tremblote - surtout quand on croise le regard de François, à qui on veut montrer que la radio, on maîtrise, même pas peur - mains crispées sur ses fiches qu'on ne va même pas regarder. Et puis le jingle est lâché. Et on finit tellement concentré que, finalement, eh bah, l'émission, elle se passe pas si mal que ça. Même qu'on a réussi à dire deux ou trois choses qui n'étaient pas soulignées au marqueur en gros et en rose sur notre pense-bête. Comme ça, spontanément. Et qu'après on finit dans la rue un petit sourire béat aux lèvres, le regard souverain sur les passants, l'impression d'être un peu différent. La radio ? Facile !

Bon, après, on y repense, et c'est la valse des regrets. J'aurais dû dire ça, et là, pourquoi cette réflexion idiote. Ah si j'avais été plus courageuse et que j'avais donné mon opinion. Puis on se rassure, en se disant que ce qui est bien, c'est que ça recommence chaque semaine.

En un an, j'ai pris du galon en terme de présence dans l'émission. J'ai surtout pris de l'assurance, à l'antenne comme en dehors. L'impression de devenir un peu adulte, un peu comme les grands. Mon nom ? pas encore. Les marches se gravissent une à une, et certaines semblent des falaises.

Cette deux cent cinquantième, pour moi ? Mon premier fou rire, pour avoir buté sur un mot que je prononce toutes les semaines mais qui, allez savoir pourquoi, m'a plongée d'un seul coup dans des méandres d'hilarité. Mon premier coup de tête avec Renaud, que la roulette manquante de son fauteuil a précipité brutalement contre moi - oui le monde de la radio est violent et sans pitié. Et puis l'envie de continuer à grandir. Avec cette émission.

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