Bien que conscients du potentiel d’Internet, les patrons européens

Par 04 septembre 1998

hésitent à franchir le pas. En préambule d’une étude sur le commerce électronique, Rosemary O’Mahony, associée d’Andersen Consulting met en garde “si des mesures ne sont pas prises rapidement, c’es...

hésitent à franchir le pas.
En préambule d’une étude sur le commerce électronique, Rosemary O’Mahony,
associée d’Andersen Consulting met en garde “si des mesures ne sont pas
prises rapidement, c’est non seulement la performance financière des
entreprises qui sera en jeu, mais aussi la compétitivité de l’Europe à
l’extérieur comme sur son propre territoire”.
Réalisée auprès de 300 cadres dirigeants européens en juillet dernier,
cette étude montre “l’attentisme” qui prévaut chez les chefs
d’entreprise européens. En effet, si
82 % des dirigeants interrogés estiment que le commerce électronique
représente une véritable révolution pour les entreprises, seules 39 %
déclarent qu’il “fait partie intégrante de l’exercice de leur activité”,
contre 77 % aux Etats-Unis.

46 % des patrons suédois envisagent d’utiliser Internet pour régler des
questions stratégiques de leur entreprise, contre 3 % en Allemagne, 6 % en
Italie.
Comme l’explique Rosemary O’Mahony “l’Europe est à l’heure des choix.
Soit elle se lance dans le commerce électronique qui générera une
explosion des échanges et créera des emplois. Soit l’attentisme prévaut,
laissant le champ libre aux entreprises non européennes”.

Selon Andersen Consulting, le marché électronique avoisinera dans cinq ans
les 500 milliards de dollars (10 milliards aujourd’hui). Si les
entreprises européennes “faisaient aussi bien que leurs concurrentes
américaines”, le commerce électronique atteindrait en Europe 12,1
milliards de dollars, dépassant alors celui des Etats-Unis (8,5
milliards), alors qu’en réalité il avoisine 1 milliard de dollars
seulement.
Il faut dire qu’il existe environ cinq sites français pour mille
habitants, une quinzaine pour mille en Allemagne, une vingtaine en
Grande-Bretagne, contre soixante aux Etats-Unis.
Plusieurs facteurs identifiés par l’étude d’Andersen Consulting expliquent
les réticences des dirigeants européens.
Pour 50 % d’entre eux, les consommateurs comprennent mal les potentialités
du commerce électronique. Une majorité des cadres interrogés évoquent des
problèmes de respect de la vie privée, de sécurité des transactions et
d’absence de cadre juridique.
De plus, 80 % souhaitent une collaboration des gouvernements pour la
création d’un cadre international commun.
(Le Figaro - La Tribune - 04/09/1998)

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