Bilan de l'euro depuis son lancement.

Par 12 février 1999
Mots-clés : Europe

Un mois après le lancement de l'euro, les consommateurs sont passés d'une "indifférence abyssale à -pour une infime minorité- la curiosité, pour replonger début février dans le plus profond des déda...

Un mois après le lancement de l'euro, les consommateurs sont passés d'une
"indifférence abyssale à -pour une infime minorité- la curiosité, pour
replonger début février dans le plus profond des dédains". La pilule est
dure à avaler pour un grand nombre de distributeurs. Directeur projet Euro
chez Auchan, Michel Paillard admet "on est déçu par cette faible réaction,
alors que nous avons largement investi en amont". Résultat, malgré tous
les efforts de la distribution, les Français sont restés fidèles au franc.
Si plus de 10 000 transactions ont été effectuées en euros au mois de
janvier, cela représente à peine 0,1 % des paiements mensuels dans les
hypermarchés français. Si en France, les transactions sont faibles, elles
sont quasi-inexistantes en Espagne, Italie ou Allemagne. Quant aux
Pays-Bas et en Finlande, les paiements en euros ne pourront s'effectuer
qu'à compter du 1er janvier 2002, ce qui ne semble perturber ni
distributeurs, ni consommateurs. Du reste, Ahold aux Pays-Bas n'a pas
voulu développer le double-affichage. Sjaak Duin a ainsi expliqué aux
membres du CIES "il n'est pas nécessaire de pratiquer le double-affichage
qui n'éduque en rien le consommateur. Au contraire, cela crée la confusion
plutôt que la clarté. On court le risque de diluer l'information sur
l'euro, alors que le consommateur paie avec sa monnaie nationale. Tant que
la monnaie locale a cours, le consommateur est insensible au
double-affichage".
Pourtant en France, l'instauration du double-étiquetage fait l'unanimité
que ce soit dans la distribution alimentaire ou spécialisée. Toutes les
enseignes s'y mettent.
En revanche, bien que toutes les enseignes clament que leurs magasins
acceptent les paiements en euros, chez certaines, cela ne se passe sans
mal. Dans les trois quart des cas, il faut libeller le chèque
manuellement. Pour les cartes bancaires, rares sont les lignes 100 %
équipées, c'est souvent un TPE portable qui navigue de caisses en caisses.
Dans certains cas, il faut même se déplacer vers une caisse dédiée à
l'euro.
Néanmoins, les enseignes sont bien décidées à accélérer les actions
d'informations au travers de jeux dans les écoles, d'un double affichage
plus présent, de rencontres dans les lieux de vente. Même si elles ne
parviennent pas à convaincre le consommateur, elles doivent apporter la
preuve de l'intérêt de son utilisation.

Bilan des paiements en euros en janvier 1999 dans certaines enseignes.
Carrefour a enregistré 6 500 paiements CB (dont 3 500 la 1ère semaine et 1
400 la dernière), 1 150 chèques (130 la 1ère semaine, 400 la seconde, 620
la 3ème). Aucun règlement en Espagne et Italie, 3 au Portugal.
A Auchan, 3 000 transactions chèques et CB ont été réalisées en euros (1
paiement sur 100 en zone urbaine et frontalière, 1 sur 300 ailleurs).
Cora : 850 transactions en euros (50/50 chèques/CB). Avec 160 paiements,
Strasbourg a réalisé la meilleure performance. Montant moyen du ticket de
caisse : 70 euros.
Leclerc : 5 000 CB et 2 000 chèques.
Continent, Champion, Groupement des Mousquetaires, Castorama : non
significatif.
Leroy Merlin : 560 paiement (410 CB, 150 chèques)
Au Printemps Haussmann, 40 transactions ont été réalisées en euros, dont
30 au secteur mode (10 en chèques, 20 en travellers) et 10 sur les
secteurs Maison et Brummell.
Galeries Lafayette (Paris Haussmann) : 1 000 chèques et travellers en
euros.
(Dossier de quatre pages - Points de Vente - 10/02/1999)

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