La biométrie simplifie la vérification et l'identification aux contrôles

Par 03 avril 2009
Mots-clés : Smart city, Europe

Remplacer les dispositifs traditionnels de sécurité par une simple vérification de l'empreinte digitale ou de l'iris facilitera la circulation des personnes dans les aéroports. Tout en renforçant les normes de sécurité.

Pour fluidifier le trafic dans les aéroports sans rogner sur la sécurité, les transporteurs aériens doivent miser sur la biométrie, estime Juniper Research. Ce système automatisé, qui propose des solutions d'identification en temps réel (vérification de l'iris, des empreintes digitales...), sera en effet capable de remplir deux fonctions prépondérantes au niveau de la sécurité : vérification et identification. Deux conditions qui permettront de sécuriser et d'accélérer l'embarquement, mais aussi l'enregistrement ou la circulation des voyageurs dans les aéroports. "Les mesures en matière de sécurité sont telles aujourd'hui qu'il est nécessaire de les automatiser, et ce de manière sécurisée", note à ce sujet Denis Fortier, directeur chez Logica*. Plusieurs initiatives existent déjà. Le fournisseur de technologies spécialisées dans le transport aérien Sita a ainsi participé à un programme pilote à l'aéroport d'Heathrow.
Un problème pour la vie privée ?
Le projet vise à éliminer tout papier d'embarquement : les passagers de la compagnie Scandinavian Airline Systems se voient ainsi proposer d'utiliser leurs empreintes digitales pour l'ensemble des procédures. Selon le fournisseur, la quasi-totalité des volontaires se montreraient satisfaits de cette initiative. Ce, même s'ils doivent sacrifier une partie de leur liberté individuelle. Pour Denis Fortier, certaines techniques obtiennent la comparaison entre l'empreinte inscrite sur son passeport et celle du propriétaire du document sans stocker de données dans une base. Un lecteur se contente de vérifier qu'elles concordent. Et dans tous les cas, "toutes ces opérations sont analysées et contrôlées par des organismes certifiés". "La généralisation de la biométrie devra cependant tenir compte de la culture d'un pays", ajoute-t-il.
30 % des aéroports passeront à la biométrie dans 5 ans
Certains d'entre eux comme la France se montrent réfractaires à la capture de l'iris, alors que cette méthode ne gêne pas outre-Manche. "Et il y a des pays où la biométrie ne pose aucun problème. De toute manière, le débat permet d'éclairer ces technologies et de mettre des garde-fous", nuance l'expert. Il vaut mieux que les consommateurs approuvent l'initiative : ce ne sont pas moins de 30 % des aéroports internationaux qui devraient en généraliser l'utilisation d'ici 5 ans, contre 2 % aujourd'hui. Pour le moment, l'utilisation de solutions biométriques reste une exception : selon le rapport 2008 Airport IT Trends Survey, moins de 20 % des aéroports les utilisent, et encore de manière sporadique. Celui de Ben Gourion, en Israël, a recours à un tel système pour simplifier les déplacements au sein de l'aéroport. 15 % des passagers sont actuellement concernés, et selon l'aéroport, cela a réduit les temps d'attente aux points de passage.
*Denis Fortier est également expert auprès de la Cour d'Appel de Paris.

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