Quand le bitcoin dispose de son propre laboratoire à Paris

Par 13 mai 2014
Maison du bitcoin

La capitale inaugure aujourd'hui la Maison du Bitcoin, un laboratoire dédié à la monnaie virtuelle. Celui-ci souhaite faire œuvre de pédagogie et accompagner des startup qui souhaitent se lancer sur le créneau.

Inaugurée ce mardi 13 mai, la Maison du Bitcoin s’installe à Paris. Sa mission? Promouvoir le développement du bitcoin, monnaie virtuelle qui a fait couler beaucoup d'encre ces derniers temps. Cette "Maison", sorte de laboratoire, se caractérise d'abord comme un lieu physique pour échanger des euros contre des bitcoins. Mais le rôle que veut lui donner son créateur, Eric Larchevêque, est également d'accompagner les innovations liées à cette monnaie et d'aider les startup prêtes à investir dans cette technologie. En plus du matériel, les entrepreneurs y trouveront une gamme de services et d'expertise technique sur le bitcoin. Le grand public pourra quant à lui y acquérir ses premiers bitcoins ou tout simplement découvrir l'écosystème de cette cryptomonnaie.

Une place sur les marchés financiers et commerciaux

Pour Natalie Michel, Global Head of Strategy & Marketing chez BNP Paribas (dont L'Atelier est une filiale), DMS, "Il faut un système qui permette de faire des transactions dans le monde virtuel comme on en fait dans le monde physique" et le bitcoin pourrait répondre à ce besoin. Eric Larchevêque, le fondateur de la Maison du bitcoin, voit même le secteur apte à se développer et aboutir d'ici deux ou trois ans à l'utilisation d'objets connectés augmentés d'outils transactionnels pour des micro-paiements en bitcoin. Et d’évoquer notamment des voitures connectées qui paieraient elles-mêmes leur place de parking... Pour l’heure, il estime que le principal frein au développement du bitcoin est sa difficulté d'accès. "Or, si le public ne se lance pas dans l'exploitation du bitcoin, les liquidités manquent, ce qui rend le cours volatile et freine les investissements.". Avec le lancement de ce laboratoire du bitcoin, Eric Larchevêque espère offrir la possibilité à cette cryptomonnaie de se faire une place sur le marché financier et du commerce. Il assure que la France dispose des ingénieurs et des savoir-faire nécessaires pour développer la technologie sur laquelle repose le bitcoin.

Combler un manque

Natalie Michel, tout comme Eric Larchevêque reconnaissent tous deux qu'acheter sa baguette de pain en bitcoin a peu d’intérêt. Concrètement, selon l’experte, la monnaie virtuelle serait plus utile par exemple dans la situation suivante : je dois rembourser une amie à distance d’une petite somme de 10 euros. Une monnaie virtuelle serait alors un moyen plus simple et rapide que le chèque ou le virement. A condition qu'il n'y ait ni surcoût, ni risque pour la transaction. Selon elle, la monnaie virtuelle et le bitcoin en l’occurrence, répondent à une situation et non un besoin. Pour le fondateur de la Maison du Bitcoin, celui-ci pourrait se révéler comme un mode sécurisé de paiement distant. Mais avant cela, et pour que l'investissement bitcoin soit complètement fiable, il faudrait qu'un cadre réglementaire soit mis en place et que son utilisation soit reconnue par les autorités. "C’est le challenge principal", juge l’experte. En effet, à l'heure actuelle, le bitcoin n'a pas de cadre légal en France. "Les startup, poursuit-elle, ont de fortes chances d'être intéressées par le bitcoin. Mais le problème de la monétique, c’est qu’il faut quelqu’un qui accepte de recevoir ces valeurs en monnaie d’échange. La présence d'autres acteurs devrait être nécessaire pour créer un système vertueux.".

 

 

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